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Pourquoi NewDeal4Europe ? (1)

L’oubli de l’objectif de la construction européenne à l’origine de la crise de la zone euro

, par Bernard Barthalay

Bernard Barthalay, économiste, titulaire de la chaire Jean Monnet (1991-2010) d’économie européenne à l’Université Lumière (Lyon 2) et président de Puissance Europe/Weltmacht Europa, prend la plume et nous explique la nécessite d’un New Deal européen, celle du NewDeal4Europe. Première partie d’une intervention éclairante.

Bernard Barthalay, économiste, fut titulaire de la chaire Jean Monnet (1991-2010) d'économie européenne à l'Université Lumière (Lyon 2).

Auteurs

  • Bernard Barthalay, économiste, fut titulaire de la chaire Jean Monnet (1991-2010) d’économie européenne à l’Université Lumière (Lyon 2). Il est président du réseau d’initiatives Puissance Europe/Weltmacht Europa.

Mots-clés

NewDeal4Europe se justifie d’abord par les maux qu’il entend guérir, au premier chef, la panne du régime actuel de croissance, à l’origine d’un chômage massif de longue durée, et massivement jeune.

Quelques mots pour commencer sur la situation de l’économie européenne.

Le PIB des Etats désunis d’Europe a décroché par rapport à celui des Etats-Unis d’Amérique en 2011, et les deux économies divergent depuis. Le PIB européen reste inférieur de 2 % à celui de 2007.

L’investissement réel par habitant aux Etats-Unis d’Amérique a dépassé en 2013 son niveau de 2007. La crise de la zone euro a plombé l’économie européenne où l’investissement réel par habitant était en 2013 de 18 % inférieur à celui de décembre 2007. Une baisse aussi longue de l’investissement prépare une stagnation séculaire. A continuer ainsi, les Européens ne seront jamais plus riches dans une société de plus en plus inégalitaire : un capital productif rétréci sera concentré entre les mains de ceux qui réussiront à en augmenter leur part, dans une compétition sans frein où le salaire et l’emploi seront les variables d’ajustement. Jusqu’au point de rupture.

Le crédit réel par habitant (crédit aux ménages et aux entreprises) est aujourd’hui aux Etats-Unis d’Amérique de 10 % supérieur à ce qu’il était en 2007. Dans les Etats désunis d’Europe, après une embellie, il est retombé à son niveau de 2007. Aucune progression du crédit sur 6 ans.

Le tableau est calamiteux. Cherchez l’erreur.

Les Etats-Unis d’Amérique sont un Etat dont le budget fédéral, qui s’élevait à un tiers (et plus) du PIB au tournant du siècle, a bondi à 40 % au lendemain de la crise de 2008. Crise ou pas, le budget de l’Union européenne peine à dépasser 1 % du PIB.

Les Etats-Unis ont une politique budgétaire arrêtée souverainement par la majorité du Congrès à Washington. Au contraire, la politique économique européenne est la résultante d’un compromis recherché dans l’entre-soi gouvernemental, où la volonté des débiteurs est écrasée par celle des créanciers, à la remorque du plus gros d’entre eux, l’Allemagne. Dans cette configuration impériale, au sens de l’ « empire inintentionnel » d’Ulrich Beck, si l’Allemagne pratique la « dévaluation interne », tout le monde doit baisser les salaires, à moins de quitter la zone euro. En revanche, aucun Etat fédéré américain, même la Californie, 12e puissance économique mondiale, n’est en état de dicter à Washington sa politique économique. Elle est endettée comme l’Italie, avec un PIB comparable, mais personne ne l’a jamais invitée à « sortir du dollar ».

Il y avait soixante ans le 30 août dernier, l’Assemblée nationale française, à deux pas d’ici, a fait dérailler l’Europe. Les initiatives conjuguées de Monnet et de Spinelli, la volonté politique d’Adenauer, de De Gasperi et de Pleven (ministre de la Défense dans le gouvernement précédent) avaient conduit à un traité de Communauté européenne de défense, incluant une Communauté politique. L’Europe était au seuil de la fédération.

Après le projet Spinelli, voté par le Parlement européen le 14 février 1984, il y avait trente ans le 14 février dernier, et après l’euro dont la mise en place effective commença le 1er janvier 1994 par la création de l’Institut monétaire européen, le précurseur de la Banque centrale européenne, demander aujourd’hui, en 2014, un NewDeal4Europe, c’est rien moins que vouloir une fois de plus, remettre l’Europe sur les rails des Etats-Unis d’Europe.

Voir en ligne : Signez l’ICE NewDeal4Europe

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