Attac répond par communiqué de presse au Figaro qui l’avait accusé de faire du prosélytisme dans les écoles de la République (voir l’article « Enquête : comment Attac infiltre l’école » du 05 août 2005, signé Saïd Mahrane). Les Jeunes européens qui animent un programme d’information sur l’Europe, « Europe à l’école », avaient pu déjà se rendre compte par eux mêmes de l’influence de cette association dans certains milieux de l’éducation nationale. David Soldini, membre des Jeunes Européens Sorbonne s’insurge contre cet état de fait qui remet en cause les fondements même de l’éducation républicaine.

Que l’école française ne soit pas aussi indépendante et capable d’assurer une éducation non idéologisée à nos enfants, on s’en doutait depuis longtemps, peut être depuis que Péguy clamait haut et fort : « Enseigner à lire, telle serait la seule et la véritable fin d’un enseignement bien entendu ; que le lecteur sache lire et tout est sauvé. » Que l’association Attac utilise des méthodes pour le moins douteuses, comme l’agitation populiste ou la désinformation systématique, nous nous en étions rendus compte plus récemment mais nous le savions également. Que ces deux fléaux se conjuguent pour rendre l’école de la République encore moins neutre et républicaine et Attac encore moins supportable et plus propangandiste, cela nous paraît suffisamment nouveau et suffisamment grave pour être dénoncé vigoureusement.

Ces programmes teintés de nationalisme et de nombrilisme ne gagnent en rien à être réformés par les militants d’Attac et mériteraient une bien autre cure de jouvence.

Il est difficile de reprocher à Attac qu’un tiers de ses adhérents soient salariés de l’éducation nationale, mais par contre il est normal de critiquer la présence de tracts, affiches et autres instruments de propagande ou de diffusion idéologique dans les écoles de la République. L’organisation de réunion «  d’information » au sein des établissements scolaires est aussi déplorable. Il est également navrant de constater que le dogme anti-libéral de cette association puisse contaminer l’enseignement de certains professeurs, d’histoire ou d’économie.

L’élaboration d’un enseignement idéologisé en vue de contrer une soit disant « offensive libérale » qui viendrait « de l’intérieur même du secteur public » apparaît comme une négation du caractère indépendant et républicain de l’école française, dont les programmes et les enseignements devraient être libres de toute empreinte idéologique.

En tant que fervents partisans de l’unification européenne on ne peut que déplorer ces dérives alors même que l’européanisation de nos programmes scolaires se fait à reculons. L’enseignement des langues étrangères est toujours délaissé, et l’enseignement de matières comme l’histoire ou l’économie continue de se focaliser presque exclusivement sur le cas français. Ces programmes teintés de nationalisme et de nombrilisme ne gagnent en rien à être réformés par les militants d’Attac et mériteraient une bien autre cure de jouvence. Ouvrir nos écoles au monde, à l’Europe et aux autres cela signifie accepter de découvrir, développer l’esprit critique, permettre aux jeunes d’apprendre par eux-mêmes, se former des convictions indépendamment de ce que peuvent bien penser et voter leurs chers professeurs. Cela ne peut passer que par une confrontation active de notre jeunesse avec les autres jeunesses d’Europe et du monde. Le bourrage de crâne nationalisant ou idéologisant, qu’il soit mené par les jacobins de l’ancienne école ou par les militants d’Attac ne semble pas en mesure de préparer nos enfants à l’avenir.

Alors, parce que l’avenir de nos enfants nous tient à cœur nous demandons instamment à Attac de bien vouloir rester à la porte de nos écoles et à nos écoles de bien vouloir ouvrir leurs portes à l’Europe.