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Quel choix pour votre voix ?

, par Antoine Espinasse, Julie Tirtiaux

Qui dit élection, dit choix. Le temps de prendre connaissance des candidats aux élections européennes devient urgent. Electeur passionné ou citoyen désenchanté, c’est en votant que l’on s’engage dans un avenir lisible. C’est en prenant conscience de nos choix et du fonctionnement du Parlement européen qu’on décide du futur de l’Europe.

Cette fois c’est différent

Le vote du 25 mai revêt quelque chose de nouveau : plus que l’élection des membres du Parlement européen, votre choix aura une répercussion sur la désignation du président de la Commission européenne, ce dernier étant élu par le Parlement européen à la majorité des membres qui le composent. Cette nouvelle dimension ne vous excite guère ? Peut-être que l’idée de fêter le 35ème anniversaire de l’adoption du suffrage universel direct pour les élections européennes vous convaincra davantage de passer dans l’isoloir.

Chaque renouvellement de législature pose la question du choix du candidat pour sa circonscription et apporte son lot d’hésitations pour le citoyen qui se trouve souvent mal informé des diverses possibilités et des modalités de fonctionnement de ces élections.

Déroulement des élections européennes : on vote où et pour qui ?

L’élection des membres du Parlement européen se fait via le suffrage universel direct depuis 1979. Les élections se déroulent selon le processus choisi par chaque État membre. En France, il s’agit d’un scrutin de liste à la proportionnelle découpé en huit circonscriptions régionales : Ile de France, Nord-Ouest, Ouest, Sud-Ouest, Est, Massif central-Centre, Sud-Est et Outre-mer .

Vous serez appelés à voter pour une tête de liste représentant un parti politique située dans votre circonscription. Il y a 74 sièges à pourvoir pour la France.

Une fois les listes élues, elles ne seront pas reprises telles quelles au sein du Parlement européen mais constitueront des groupes politiques avec les listes des autres États membres en fonction des affinités politiques de chacun. On dénombre actuellement sept groupes au Parlement européen : Gauche unitaire européenne (GUE), Verts, Sociaux et démocrates (S&D), Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe (ADLE), Parti populaire européen (PPE), Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et Europe liberté démocrates (ELD). Le nombre total de députés siégeant au Parlement européen est de 751.

Quel enjeu ?

Alors que l’Union n’a jamais été aussi impopulaire, les européens continuent de monter leur confiance à la monnaie unique. Etrange paradoxe qui conduit à faire de ces élections européennes un combat pour une vision de l’Europe qui ne soit pas tournée vers le populisme et l’euroscepticisme. Il faut savoir douter mais encore faut-il le faire de la meilleure des manières qui soit, c’est-à-dire en agissant en citoyen éclairé.

Quel parti pour quelle Europe ?

Pour une Europe fédérale

Europe-Ecologie-les verts (EELV) défend une Europe écologique fondée sur la solidarité. Pour favoriser l’émergence d’une Europe verte, EELV a élaboré un projet de 20 mesures. Ainsi, il propose que l’Europe sorte du nucléaire et refuse l’exploitation du gaz de schiste. Il s’engage en faveur d’une Europe sociale avec l’instauration d’un salaire minimum européen, un fonds européen d’indemnisation chômage et un dispositif universel d’accès aux soins dans toute l’Europe. EELV s’engage aux côtés des paysans pour une agriculture raisonnée en affectant 50 % du budget de la PAC à l’agriculture paysanne et aux circuits courts. Il propose également la séparation des banques de dépôt et d’investissement. Enfin, EELV entend garantir les droits des citoyens européens en prônant l’égalité, en luttant contre les discriminations et en renforçant la protection des droits des consommateurs via le développement de l’action de groupe .

PS via le parti socialiste européen (PSE) défend une « Europe qui avance, qui protège et qui agit », soit une Europe forte, démocratique et socialement juste. Pour faire de cette Europe, une Europe qui change, le PS a élaboré un projet de 10 mesures. Ainsi, le PS a choisi d’orienter sa politique d’action vers l’emploi en donnant priorité aux jeunes en leur faisant bénéficier de la « garantie européenne ». Au titre de la garantie des droits des citoyens européens, le PS prône également l’égalité de tous et la lutte contre les discriminations ainsi qu’un respect de la diversité. Il entend aussi renforcer la protection des droits des consommateurs. Au titre de la transition énergétique, le PS souhaite lutter contre « la précarité énergétique » et garantir un accès minimum à l’énergie. Enfin, le PS aspire à promouvoir l’influence de l’Union européenne dans le monde notamment en développant des relations fortes avec la région méditerranéenne .

UDI/MODEM défendent une « Europe recentrée sur l’essentiel pour la rendre plus efficace, plus protectrice et plus démocratique ». Pour ce faire, l’UDI et le MODEM veulent poursuivre l’approfondissement de la construction européenne en fédérant les 18 pays qui partagent l’euro dans un véritable gouvernement économique, financier et budgétaire commun. Ils souhaitent ainsi mettre fin à l’élargissement des frontières de l’Union européenne tout en développant les accords d’association avec les pays de la périphérie tels que l’Ukraine ou les pays des Balkans. A ce titre, ils souhaitent aussi la mise en place d’une véritable politique commune d’immigration avec l’instauration de quotas par année et par métier et une police européenne des frontières. L’UDI et le MODEM s’engagent en faveur de l’emploi notamment chez les jeunes en créant un « contrat européen d’apprentissage ». Ils œuvrent aussi pour une « révolution écologique européenne » en instaurant une taxe carbone sur tous les produits fabriqués hors de l’Europe ne respectant pas les règles environnementales. Enfin, l’UDI et le MODEM s’engagent aux côtés des citoyens en protégeant les données personnelles collectées sur Internet, en renforçant la participation effective des citoyens via le développement de l’initiative citoyenne ou encore par l’élection d’un Président de l’Union européenne au suffrage universel direct qui regrouperait les fonctions du Président de la Commission européenne et celles du Président du Conseil européen.

Pour une Europe au cœur des souverainetés

UMP veut redonner à la France une place dans l’Europe pour que l’Europe soit « une ambition ». Pour ce faire, l’UMP souhaite arrêter les élargissements à celui de la Croatie et s’oppose à l’adhésion de la Turquie. Il propose également la suspension des accords de Schengen sous une période de douze mois si aucun progrès vers une réforme n’était fait. L’UMP s’engage en faveur de l’emploi en soutenant la mobilité professionnelle grâce à une meilleure reconnaissance des diplômes et des qualifications professionnelles et, en favorisant la croissance via l’adoption d’un « Buy European act » qui permet de réserver aux entreprises qui fabriquent en Europe une part des marchés publics de l’Union européenne. Enfin, l’UMP aspire à la création d’une politique de défense commune avec une mutualisation des moyens à l’échelle de l’Union européenne .

Pour une refonte de l’Europe

Front de gauche défend un nouveau modèle de développement en Europe en rompant avec l’Union européenne actuelle « pour refonder une autre Europe, solidaire et démocratique ». Pour ce faire, le Front de gauche défend un droit d’opposition et dénonce les traités négociés qui ont fait l’Union. A cet effet, il souhaite une modification des règles actuelles et le cas échéant, une désobéissance aux règles européennes avec l’ensemble des pays membres de l’Union européenne qui le souhaiteraient. Favorable à l’euro mais opposé à une politique d’austérité budgétaire, le Front de gauche souhaite la « tenue d’une conférence sur les dettes publiques qui aboutirait à l’annulation d’une grande part des dettes insoutenables des Etats membres et une révision des échéances et conditions de remboursement voire l’annulation pure et simple ». En outre, la dette publique serait soumise au contrôle des citoyens et du Parlement. La Banque centrale européenne (BCE) devrait également être en mesure de prêter directement aux États et aux collectivités territoriales. Le Front de gauche propose aussi la création d’une taxe couvrant toutes les transactions financières, d’une taxe kilométrique au niveau national et européen et, de visas sociaux et environnementaux aux frontières de l’UE. Il s’oppose à la création du grand marché transatlantique (GMT) entre l’Union européenne et les États-Unis. Il œuvre également pour l’écologie en proposant l’instauration « d’une planification écologique et le retour des biens communs de l’humanité et des services d’intérêt général dans le giron public ». Le Front de gauche souhaite renégocier les accords de Schengen et l’abrogation de la directive de 2008 dite « directive retour ». Enfin, le Front de gauche défend l’idée d’une Europe laïque .

Pour un chacun pour soi

Front National s’oppose au « système destructeur et antidémocratique de l’Union européenne ». Pour marquer son opposition à l’Union européenne, le Front National souhaite « renationaliser » la Politique agricole commune (PAC) notamment en « interdisant ou en taxant, via les barrières douanières, les produits issus des pays qui ne respectent pas nos normes ou ont massivement recours au dumping social ». Le Front National œuvre également en faveur de la protection des citoyens européens en défendant un droit à l’oubli numérique, soit l’effacement des données personnelles collectées sur Internet. Opposé à l’euro et à la politique d’austérité, il propose le rétablissement de la monnaie nationale et les prérogatives de la Banque de France. En ce qui concerne l’emploi, le Front National propose l’abrogation de la directive sur le détachement des travailleurs. Enfin, le Front national s’oppose à la conclusion du traité transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis et prône la sortie de l’espace Schengen .

Le 25 mai sera donc l’heure d’un choix dont dépendra la voie que vous souhaitez voir pour l’Union européenne… Alors peu importe votre choix, faites pour le moins entendre votre voix ! C’est cette même voix que fit entendre Simone Veil lorsqu’elle déclarait que « Nous avons tous conscience que les défis, ressentis d’un bout à l’autre de l’Europe avec la même acuité, ne peuvent être efficacement relevés qu’en commun ».

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Vos commentaires

  • Le 24 mai 2014 à 14:59, par Arthur En réponse à : Quel choix pour votre voix ?

    Votre image compte une erreur : l’UDI (dont le Nouveau Centre fait partie) est membre du groupe ADLE et soutient Guy Verhofstadt.

  • Le 24 mai 2014 à 18:03, par François-Xavier HEN En réponse à : Quel choix pour votre voix ?

    +1 Arthur

    Par ailleurs, le Nouveau Centre est une composante de l’UDI - et soutient donc également Guy Verhofstadt. Il n’est pas utile de le distinguer puisque vous mentionnez déjà l’UDI.

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