Aujourd’hui, 14 pays d’Europe reconnaissent le mariage homosexuel. Outre le mariage, d’autres formes d’union civile existent afin de garantir des droits aux couples homosexuels. Du référendum sur le mariage homosexuel en Irlande à l’arrêt rendu par la CEDH sur la création d’une forme d’union civile dans tous les pays d’Europe, cette année 2015 a été marquée par des changements d’envergure pour le statut des homosexuels.

Mariage et union civile, quel constat dans l’Union européenne ?

Depuis la légalisation du mariage homosexuel par les Pays-Bas en 2001, 14 pays d’Europe ont franchi le pas et autorisent aujourd’hui le mariage homosexuel. Parmi ces 14 pays, 12 sont membres de l’Union européenne. Les pays légalisant le mariage sont donc : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009, avec une disposition obligeant l’Eglise à trouver un pasteur pour célébrer les mariages religieux), la Norvège (2009), le Portugal (2010), l’Islande (2010), le Danemark (2012), la France (2013), la Grande-Bretagne (Angleterre et Pays de Galles en 2013, Ecosse en 2014), le Luxembourg, la Slovénie, la Finlande et enfin l’Irlande (2015).

Rappelons que dans l’Union européenne, aucune législation n’oblige les pays à reconnaître le mariage homosexuel. Toutefois la question de la reconnaissance de l’union civile des homosexuels dans l’Union européenne reste une question d’actualité puisque la non reconnaissance des droits accordés aux homosexuels peut constituer une discrimination et donc entraver la liberté de circulation de ces derniers.

Et en Europe qu’en est-il ?

La CEDH s’est jusqu’à l’heure montrée très prudente sur la question du mariage homosexuel. Si elle n’est pas en capacité d’obliger un Etat à reconnaître le mariage gay, elle s’applique toutefois à assurer une égalité de traitement aux couples. Ainsi la Grèce, pour exemple, avait été condamnée pour avoir créer une forme d’union civile réservée uniquement aux couples de sexes opposés.

Depuis l’heure la CEDH a fait évolué sa jurisprudence et dans son arrêt du 21 juillet dernier elle a conclu que les pays d’Europe devaient prévoir une forme d’union civile pour les couples homosexuels. Cet arrêt est fondamental pour le droit des homosexuels. C’est en condamnant l’Italie que la CEDH a permis d’offrir un cadre légal pour une union civile aux couples de même sexe tout en réaffirmant sa jurisprudence selon laquelle la Convention européenne des droits de l’Homme ne consacre pas le droit au mariage homosexuel.

L’union civile a le vent en poupe

Contrairement au mariage homosexuel, l’union civile est beaucoup plus répandue en Europe. Ainsi 23 pays européens, dont 19 de l’Union européenne, offrent actuellement un cadre légal à l’union civile pour les personnes de même sexe.

Dans l’Union européenne, seuls 9 pays n’offrent toujours aucune possibilité aux couples homosexuels de faire reconnaître leurs droits : Italie, Grèce, Chypre, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Bulgarie, Pologne.

Avec le récent arrêt rendu par la CEDH, nous devrions rapidement constater un changement de législation à l’encontre des droits des homosexuels.

Une réception inégale dans les pays

Outre la question du droit, le mariage ou l’union civile pour les personnes de même sexe est avant tout une question sociétale. Il apparaît ainsi que ce changement n’a pas connu la même acceptation dans les pays qui ont choisi de franchir le pas.

Il semblerait d’ailleurs que cette acceptation pourrait être conditionnée au mode d’adoption du mariage. Si le débat en Irlande s’est apparenté à une véritable campagne politique avec des groupements présentant leur arguments pour ou contre avant l’organisation d’un référendum, la question du mariage en France a été plus difficilement reçue. Le défaut de consultation de la population laisse un sentiment amer aux citoyens qui se sont sentis lésés, ce qui peut expliquer les mouvements de contestations et les manifestations organisées, parfois violentes et aux propos virulents. Peut-être l’adoption aurait-elle était facilitée en impliquant les citoyens dans le débat politique.