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Sport et Citoyenneté au Forum européen du sport

, par Anton Rombouts, Sport et citoyenneté

Le Forum Européen du Sport, qui rassemble des acteurs clés du secteur sportif, s’est tenu à Milan en Italie, le 1er et 2 décembre 2014. Anton Rombouts, ancien président de la Commission EDUC du Comité des Régions (CoR), maire de la ville de ’s-Hertogenbosch et membre du Conseil d’administration de Sport et Citoyenneté, y a tenu un discours dans lequel il a réitéré sa vision du sport comme outil éducatif et social, le rôle des autorités locales et régionales dans ce domaine, ainsi que sa volonté d’impliquer tous les acteurs.

L’Union européenne doit s’investir dans le développement du sport et des secteurs qui en dépendent, notamment dans les pratiques à destination des personnes en situation de handicap. - Marc Caraveo

Auteurs

  • Sport et Citoyenneté est le premier « think tank » européen créé dans le domaine du sport. C’est un lieu de réflexion et de mise en réseau auprès des pouvoirs publics, du secteur économique et des acteurs associatifs afin de promouvoir les valeurs du sport et de militer pour leur meilleure implantation dans notre société.

  • Ancien président de la Commission EDUC du Comité des Régions (CoR), maire de la ville de ’s-Hertogenbosch et membre du Conseil d’administration de Sport et Citoyenneté.

« Nous devons faire bouger les gens »

Quand on s’interroge sur les perspectives pour favoriser les politiques sportives, l’un des points de départ devrait être les résultats de l’Eurobaromètre spécial « Sport et Activité Physique » de mars 2014 où la majorité des personnes interrogés (59%) disent qu’ils ne font jamais (42%) d’exercice physique ou de sport, ou rarement (17%). Les résultats sont proches de ceux de 2009, mais la part des interrogés qui ne font jamais d’exercice physique ou de sport a augmenté (de 39% à 42%).

Nous devons donc « faire bouger » les gens. Cela a déjà été dit, les auspices sont favorables : un nouveau Plan de travail de l’Union européenne en faveur du sport, un nouveau Parlement européen et une nouvelle Commission européenne, dans laquelle le sport est réapparu dans le nom du portefeuille du commissaire Tibor Navracsics. Ce sont des signes que le sport devient un objet politique au sein de l’Union européenne et cela a des répercussions positives sur toutes les institutions.

J’ajouterais aussi l’adoption en novembre 2013 de la toute première Recommandation du Conseil de l’Union européenne sur la promotion de l’activité physique bienfaisante pour la santé (HEPA), qui a créé un élan pointant la nécessité de combattre la boucle de l’inactivité et d’encourager la participation au sport et à l’activité physique. L’initiative de la Semaine européenne du sport sera aussi lancée cette année.

« Les autorités locales et régionales dans le domaine du sport »

Afin de répondre à ce défi global, les autorités locales et régionales (ALR) ont évidemment un grand rôle à jouer. En effet, le sport est pratiqué généralement à ce niveau. De plus, les ALR ont le potentiel pour être des passerelles entre l’Union européenne et le terrain, en touchant les clubs, les écoles mais aussi les initiatives prises par les parents. Ainsi, les ALR soutiennent les activités sportives et financent le plus souvent les installations, assurant ainsi la mise à disposition de services sportifs au public. Ceci est capital car ces services sont d’importants instruments pour l’inclusion sociale et le combat contre les discriminations.

Il est important de garder en mémoire que les ALR reconnaissent et exploitent le potentiel éducatif du sport en l’incorporant aux politiques d’éducation et aux mesures pour améliorer la qualité de vie, notamment en matière de santé publique.

Le sport pour tous : un défi européen majeur au niveau local

Il faut ensuite insister sur un défi majeur et très particulier : la promotion du sport pour tous. C’est important pour encourager la participation et tous les bénéfices qui se répercutent sur d’autres secteurs. Cela facilitera aussi l’intégration sociale. De plus, le sport et les organisations qui le gèrent et le régulent peuvent contribuer de manière efficace aux objectifs stratégiques de long terme de l’Union européenne, en particulier les objectifs liés à la Stratégie « Europe 2020 », et ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi, en particulier pour les jeunes.

Ce défi de promotion du sport pour tous est aussi un bon exemple de l’atout que constituent les ALR. C’est une préoccupation majeure pour nous. Par exemple, sur la base d’un avis d’initiative, dont le rapporteur est Jacques Blanc, eurodéputé PPE, nous avons suggéré à la Commission européenne de soutenir spécifiquement des actions et des projets qui promeuvent le sport pour les personnes en situation de handicap au niveau local et régional. C’est aussi valable pour la future Semaine européenne du Sport. De plus, la mise en place annuelle d’une « Journée européenne du Sport pour les personnes en situation de handicap » devrait aussi être envisagée. Dans le même esprit, des campagnes d’information et des formations devraient être organisées pour s’assurer que les personnes en situation de handicap sont acceptées dans les activités sportives. Les ALR doivent être impliquées sur ces questions.

Un défi plus internationalisé : la nécessité d’intensifier la collaboration entre institutions européennes et parties prenantes

Pour conclure, je souhaiterais rappeler que « l’approche de gouvernance multi-niveaux » doit être un principe directeur pour l’Union européenne. Les régions et les municipalités sont clairement les échelons les plus adaptés pour promouvoir l’activité physique et le sport pour tous et doivent donc être impliquées. Il est nécessaire d’intensifier l’implication des autorités locales et régionales sur la base d’un agenda commun avec la Commission européenne, le Conseil et les autorités nationales du sport.

Enfin, le programme d’Erasmus+ est une excellente nouvelle opportunité pour le secteur sportif. Mais le programme doit inclure toutes les parties prenantes : le mouvement sportif, le monde académique, le secteur privé (à but lucratif et non lucratif) mais aussi les think tank et actions tanks (comme Sport et Citoyenneté) dans et hors du sport. Ils offrent une expertise objective et externe des institutions européennes et contribuent à fournir une base factuelle pour les décisions dans le milieu du sport. Ils vont aider à inclure le sport comme un véritable outil au service des politiques publiques.

Voir en ligne : Photo : CC

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P.-S.

Cet article est extrait de la revue européenne n°30 du think tank Sport et Citoyenneté sur la thématique Sport et Diversité www.sportetcitoyennete.com.

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