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Une plateforme pour protéger les journalistes

, par Claire Courbet

Créée en partenariat avec plusieurs associations, la plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes permet de recenser et de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse au sein des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe. Le but ? Endiguer une détérioration générale de la liberté de la presse à travers le continent, dénoncée par les associations.

Alors que l'opposant russe Boris Nemtsov a été assassiné en février dernier à Moscou, les inquiétudes quant à la liberté de la presse de plusieurs Etats membres du Conseil de l'Europe se multiplient. En Russie, en Turquie, en Azerbaïdjan ou en Ukraine, mais aussi dans des pays de l'Union européenne, comme la Grèce ou la Hongrie, la presse fait l'objet de pressions ou de menaces qui ne rassurent pas l'institution strasbourgeoise, garante des droits de l'Homme sur le continent. Ici, une manifestation d'Amnesty international en Russie. - Alecska

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« L’union fait la force » aurait pu être le slogan de la plateforme lancée par le Conseil de l’Europe en ce début d’avril. Dans un communiqué, l’organisme explique vouloir recenser toutes les atteintes à la liberté des médias afin de « protéger le journalisme et promouvoir la sécurité des journalistes. »

Recenser les atteintes à la liberté de la presse

A l’aide d’associations comme Article 19, l’Association des journalistes européens, la Fédération européenne des journalistes, la Fédération internationale des journalistes et Reporters sans frontières, le site sera un moyen de réunir sur un seul espace tous les actes mettant à mal la liberté des médias, de favoriser le dialogue pour résoudre ces problèmes et, si cela ne suffit pas, de prendre des mesures à l’encontre des responsables.

Si l’organisme recense les atteintes à la liberté de la presse, c’est d’abord pour pouvoir agir en faveur de cette liberté. Le Conseil souhaite « réagir de manière plus efficace en réponse aux alertes et d’engager le dialogue avec les Etats membres concernés sur les recours possibles et les mesures de protection éventuelles. » La plateforme compte déjà une quarantaine de signalements. La majorité d’entre eux concerne des pays qui ne sont pas membres de l’Union européenne : la Russie, la Turquie, l’Azerbaïdjan et l’Ukraine. Cependant, les pays membres de l’Union ne sont pas épargnés : des actes malveillants à l’encontre des journalistes en Espagne, au Danemark, en Slovénie, et en Grèce figurent sur le site.

La France est elle aussi présente sur cette liste en raison de l’attentat perpétré le 7 janvier dans les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo qui a fait 12 morts et du blocage par l’administration française de cinq sites pour incitation au terrorisme ou apologie du terrorisme sans autorisation d’un juge, ce qui est légal depuis la loi antiterroriste votée en novembre 2014. Cependant, selon plusieurs médias français, au moins l’un des sites ne faisait pas « d’apologie directe du terrorisme ».

Comment ça marche ?

La plateforme classe les atteintes à la liberté d’informer en six catégories : « atteintes à l’intégrité physique des journalistes », « harcèlement de journalistes », « impunité », « menaces à l’encontre des sources des journalistes », « actes ayant des effets dissuasifs sur la liberté des médias ». La dernière catégorie intitulée « autres » sert à signaler les blocages des sites web, les piratages et la censure de certains médias. Les différents actes à l’encontre de la liberté des médias recensés sont divisés en trois catégories suivant leur importance. Ainsi, le meurtre d’un journaliste sera classé en niveau 1 tandis qu’une accusation de « terrorisme » à l’encontre d’un journaliste sera classée en niveau 2. Les actions menées par le Conseil de l’Europe apparaîtront au fur et à mesure sur la plateforme.

Inverser la tendance

Cette initiative naît alors que différentes associations qui militent en faveur de la liberté de la presse tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Dans son rapport concernant l’année 2014, l’association Reporters sans frontières, qui a pris part au projet du Conseil, met en avant une détérioration générale de la liberté de la presse. Selon l’ONG deux tiers des pays du monde affichent de moins bonnes performances que l’année précédente. D’après le mémorandum d’accord entre le Conseil de l’Europe et les organisations partenaires de ce projet, la durée initiale de fonctionnement de la plateforme est d’un an, son efficacité sera évaluée à l’issue de cette période. Affaire à suivre.

Voir en ligne : Photo : CC

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