L’amplification de la puissance technologique ébranle l’architecture des relations internationales. Dans ce contexte inédit, le président d’honneur de Publicis, Maurice Lévy, a frappé fort avec le succès en juin 2026, de la dixième édition de Viva Technology, à Paris. Jean Monnet avait posé les fondements d’une diplomatie sans État, qui donna progressivement corps à la construction européenne. En tant que co-président de VivaTech, Maurice Lévy s’affirme désormais comme le chef d’une diplomatie technologique sans État. Il s’inscrit ainsi dans la continuité d’une œuvre diplomatique, tout en l’entraînant dans le domaine décisif de la révolution technologique.

Les chefs de diplomatie sans État

L’action diplomatique n’est pas mécaniquement corrélée à l’existence d’un État. La diplomatie se déploie au cœur de la réalité des relations internationales, dès lors qu’elle prend forme à partir d’un écosystème organisé, lui-même doté de la capacité d’être représenté et d’instruments de puissance.

Jean Monnet a représenté l’archétype du diplomate technocratique sans État, post-westphalien, extrêmement influent au sein du système international. Mais il n’a jamais été un chef de diplomatie sans État.

Les Hauts Représentants de l’Union européenne, Javier Solana, Catherine Ashton, Federica Mogherini, Josep Borrell, ont été des chefs de diplomatie sans État. C’est aujourd’hui Kaja Kallas qui assume cette charge. Elle incarne et dirige un écosystème diplomatique, à une échelle supra-étatique.

L’ascension de la diplomatie technologique sans État

Le déploiement de l’informatique, le développement fulgurant de l’intelligence artificielle, l’expansion de la robotique et l’émergence du quantique, ont produit une amplification considérable de la puissance technologique.

La technologie reconfigure la hiérarchie des puissances. Elle est devenue la source même de la prééminence, au sein de l’arène des relations internationales. Les États-Unis et la Chine font la course en tête. Le sort de l’Europe est-il définitivement révolu ? L’Europe est-elle condamnée à demeurer une spectatrice impuissante de la révolution technologique ?

C’est au carrefour de ces enjeux, qu’émerge une forme de diplomatie technologique sans État, distincte des institutions européennes.

VivaTech : le pari de Maurice Lévy

En 2016, alors qu’il est encore à la tête de Publicis, Maurice Lévy a décidé d’engager l’Europe dans la compétition, avec la fondation d’un nouveau rendez-vous de l’innovation : Viva Technology. Paris capitale de la créativité scientifique et technologique ? Le pari était conséquent.

Mais le co-président de VivaTech n’a jamais été un Don Quichotte. Extrêmement organisé, Maurice Lévy est un redoutable architecte de puissance. L’homme d’affaires a d’abord exercé ses capacités de leadership à la tête du groupe français Publicis, de 1987 à 2017, et il est parvenu à l’imposer à la troisième place mondiale de la communication.

Fin observateur des dynamiques technologiques, Maurice Lévy cerne le potentiel d’un écosystème européen dédié à une forme de puissance émergente. Doté d’un sens aigu de l’organisation, il mène VivaTech dans une ascension décisive.

La genèse de l’écosystème VivaTech

Maurice Lévy noue une alliance avec Francis Morel, alors président-directeur général du Groupe Les Échos, qui partage son ambition de créer un événement d’envergure internationale consacré à l’innovation, aux technologies et aux startups.

Maurice Lévy obtient également le soutien de Bernard Arnault. LVMH devient l’un des partenaires fondateurs de VivaTech. Le ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron, apporte lui aussi son appui à cette initiative.

Maurice Lévy, maître d’œuvre de la puissance collective

Ce qui rapproche Maurice Lévy de grands entrepreneurs américains comme Elon Musk ou Jeff Bezos, c’est sa capacité à identifier les innovations décisives, ainsi que sa volonté de chercher la puissance et de parvenir à la déployer.

Mais les leaders de la tech américaine représentent essentiellement une puissance centralisée. Maurice Lévy connaît parfaitement les univers entrepreneuriaux américain et européen. Il a ainsi développé un modèle de puissance écosystémique, adapté à la réalité de l’espace économique européen.

Maurice Lévy est un fin connaisseur de la cartographie humaine, au sein de laquelle il évolue. Sa pratique du pouvoir se caractérise nettement par sa dimension arendtienne, car elle est focalisée sur l’interdépendance, la formation et l’expansion d’une puissance collective.

VivaTech, une ruche de la puissance technologique

En 2026, VivaTech réunissait plus de 200 000 visiteurs issus de 165 nationalités, plus de 1155 speakers et plus de 15 000 startups. Une vraie démonstration de puissance en Europe, alors les États-Unis et la Chine affirment leur domination technologique.

VivaTech est devenu une ruche supra-étatique de la puissance technologique, où les chefs de diplomatie sans État se sont succédés : Mark Zuckerberg, Elon Musk, Jensen Huang, Arthur Mensch, ou encore Joe Tsai. En 2026, c’est Jeff Bezos qui montait sur la scène centrale de l’événement.

Au cœur de cette ruche, Maurice Lévy s’est résolument imposé comme le chef d’une diplomatie technologique sans État. Co-actionnaire de VivaTech depuis 2025, il incarne politiquement et diplomatiquement cet écosystème. Doté d’une solide autorité, Maurice Lévy mobilise un important réseau à l’échelle internationale et déploie une capacité décisive pour capter les acteurs les plus puissants de la planète.

Alors que l’année franco-indienne de l’innovation battait son plein, Maurice Lévy recevait le Premier ministre d’Inde, Narendra Modi, qui prononçait un discours volontariste sur la scène de VivaTech face à un public enthousiaste. Par la suite, le Président de la République française, Emmanuel Macron, rejoignait VivaTech et parcourait les allées de l’événement, en compagnie de Narendra Modi.

La consécration de la diplomatie technologique sans État

Présent régulièrement lors des différentes éditions de VivaTech, Emmanuel Macron organisait, le 19 juin 2026, une réception au Palais de l’Elysée pour célébrer les 10 ans de l’événement, en rassemblant plusieurs centaines d’acteurs de la tech française, européenne et internationale. Maurice Lévy représentait alors la figure de proue de ce puissant écosystème technologique.

La diplomatie technologique de Maurice Lévy accompagne et amplifie l’influence de la France et de l’Europe dans le monde. Elle est interdépendante des États comme des institutions de l’Union, mais elle s’en émancipe par son autonomie et ses actions propres.

Les grandes puissances du XXIe siècle seront celles qui déploieront les écosystèmes les plus décisifs. Maurice Lévy a ouvert la voie à une prise de conscience des Européens. Pour la France et l’Europe, VivaTech représente un instrument de puissance.