Ça se passe en Europe

“L’après-Merkel" se dessine enfin en Allemagne

Les électeurs allemands étaient appelés ce dimanche aux urnes pour mettre fin au long règne d’Angela Merkel à la chancellerie du pays. Avec 16 années passées au pouvoir, elle est la plus ancienne cheffe de gouvernement des États de l’Union européenne, devant l’indéboulonnable hongrois Viktor Orbán et l’infatigable néerlandais Mark Rutte (même si ce dernier a bien du mal à concrétiser sa quatrième victoire en mars dernier). Qui pour remplacer la plus grande figure européenne de ces dix dernières années ? À huit mois de l’élection présidentielle française, c’est l’avenir du couple franco-allemand qui se joue maintenant.

Par ailleurs, ce week-end était particulièrement chargé en scrutin sur le continent : des élections sénatoriales pour les Français établis hors de France, des municipales au Portugal, des régionales en Haute-Autriche, des régionales à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie occidentale et des référendums en Suisse (qui a vu l’adoption du mariage homosexuel à 64,1%) et à Saint-Marin (qui a vu la légalisation de l’avortement à 77,3%).

mardi 28 septembre 2021

Hongrie : Un référendum pour légitimer la politique hongroise anti-LGBT

Le 15 juin dernier le parlement hongrois, l’Országház, adoptait à 157 voix pour et 1 voix contre un texte de loi pour le moins controversé, source de tensions entre la Commission européenne et la Hongrie. Un bras de fer juridique qui pourrait bien dans les semaines à venir basculer dans un conflit plus idéologique. Le texte qui a été soumis au vote des parlementaires hongrois a en effet été qualifié “d’horrible attaque contre la communauté LGBT de Hongrie“ par la vice-présidente de l’intergroupe LGBT au Parlement européen Liesje Schreinemacher. Cette loi, entrée en vigueur le 7 juillet, portait initialement sur la pédocriminalité à la suite d’une affaire impliquant un ambassadeur hongrois en Amérique du Sud condamné pour des actes de pédopornographie mais dont la peine était apparue aux yeux de la population trop faible. Le gouvernement hongrois n’a pas tardé à rectifier le tir en proposant ce texte visant à renforcer les peines pour les actes de pédocriminalité en créant notamment un registre répertoriant les pédophiles, registre qui permettra par la suite de leur interdire l’accès aux emplois dans les milieux de la santé, de la politique, de l’éducation et de l’encadrement des jeunes. Enfin il est prévu que les peines de prison soient réévaluées à la hausse avec une peine plancher de 20 ans de prison pour ces crimes. Cependant c’est un amendement à cette loi proposé au cours du processus législatif hongrois qui pose problème à l’Union européenne et aux associations de défense des droits LGBT. Cet amendement propose en effet que “la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité“ ne soient pas accessibles aux enfants de moins de 18 ans. En plus de restreindre la liberté d’expression et les droits fondamentaux de la communauté LGBT, cet amendement opère un amalgame dangereux entre pédophiles et personnes LGBT qui tend à isoler encore un peu plus une communauté déjà malmenée depuis plus de 10 ans dans le pays.

vendredi 24 septembre 2021

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