Présidence des Jeunes Européens France

2007 : l’Europe au programme !

Perspectives pour notre Association

, par Pauline Gessant

2007 : l'Europe au programme !

Le débat européen fut difficile en 2006, la période de réflexion décrétée au niveau européen est devenue une période d’hibernation. L’Europe est redevenue un sujet tabou, notamment en France. Aucun plan B n’a été proposé. Pourtant l’Europe ne se porte pas mieux depuis le rejet du TCE :

Retour des nationalismes, impuissance sur la scène internationale... L’Union européen souffre toujours d’un manque d’efficacité et d’un déficit démocratique vis-à-vis des citoyens.

Après l’enthousiasme qui nous a guidé pendant la campagne référendaire, il fut parfois difficile pour notre association de se remotiver et de trouver une nouvelle dynamique dans le contexte actuel : la montée de l’euro-scepticisme et des nationalismes en tout genre, l’absence de leadership européen.

Pourtant, si les médias et les partis politiques ne se saisissent pas de l’enjeu européen, c’est à nous, militants européens, de nous mobiliser pour que la question européenne soit au cœur de la vie publique.

Pour cela, les Jeunes Européens France doivent continuer leurs actions en direction des citoyens (information, pédagogie, promotion de la construction européenne), tout en poursuivant leur réflexion politique afin de proposer une nouvelle vision de l’Europe, vision qu’il faudra porter auprès des décideurs politiques et médias, notamment dans l’optique des campagnes électorales de 2007.

L’Européisme ne suffit plus

Si nous sommes de fervents européens, nous ne nous satisfaisons pas de l’Europe telle qu’elle existe aujourd’hui. Nous voulons promouvoir les changements nécessaires dans l’Union européenne. Certes, nous nous reconnaissons dans le processus de la construction européenne, engagée depuis 50 ans. Mais nous sommes les premiers critiques de son fonctionnement actuel.

Nous militons ainsi pour une union politique fédérale européenne, plus efficace, plus démocratique et capable d’agir dans le monde. L’Europe ne peut plus progresser sans les citoyens. Faute de progrès évident et victimes de l’inertie d’un système politique fondé sur l’Etat national, incapable de résoudre les problèmes des Européens, les citoyens ne se reconnaissent plus dans l’Union telle quelle est et demandent un véritable projet européen.

Sans l’appui des citoyens européens, il ne peut y avoir de progrès dans l’intégration. Le risque de voir se démanteler une partie de la construction européenne est réel. Il faut replacer le citoyen au centre du système politique, national et européen.

Nous avons besoin d’une Europe fédérale

C’est pourquoi, l’Europe ne peut achever sa construction que par sa transformation en une véritable démocratie transnationale sur le mode fédéral. Les citoyens sont plongés dans la confusion et il nous fait faire tomber les masques de ceux qui profitent aujourd’hui comme hier de la situation. L’Europe ne peut exister à terme si l’objectif indiqué par les Pères fondateurs de l’Europe n’est pas rapidement atteint : l’Europe doit être fédérale.

Mais notre conviction ne peut pas seule emmener l’adhésion de nos concitoyens. Il nous faut aussi devenir un acteur de la vie démocratique de notre pays en jouant un rôle de catalyseurs du débat public sur les politiques menées par l’Union européenne qui préoccupent en premier lieu les Français. L’Europe - telle qu’elle existe aujourd’hui et sans attendre sa réforme - doit davantage impliquer les citoyens. Les responsables politiques doivent justifier leur choix européens, débattre publiquement des politiques menées.

La prise de conscience, à travers le débat, des problèmes européens, des solutions qu’il est possible de mettre en œuvre ensemble, mais aussi la connaissance des blocages et des raisons de ces blocages doit permettre aux citoyens de développer une vision critique mais constructive de la question européenne.

Les JE-France en 2006-2007

Nous devons inlassablement poursuivre notre travail d’information et de pédagogie sur l’Union européenne. Particulièrement en 2007 qui verra le cinquantième anniversaire du Traité de Rome et du lancement de la CEE.

Nous devons pareillement contribuer à animer l’espace public afin que les questions européennes soit au cœur de la vie politique française. Surtout dans le cadre des échéances électorales de 2007. Nous devrons porter auprès des candidats les positions de l’Association, et assurer la promotion de notre proposition de service civil européen.

Nous devons également contribuer au débat sur la relance du processus constitutionnel en demandant la mise en place d’une procédure démocratique. Nous participerons ainsi à la campagne pour le référendum pan-européen, impulsée par l’UEF et la JEF-Europe.

Un programme chargé, où les groupes locaux ont une grande importance

Nous devons devant cette tâche immense fidéliser, répondre aux attentes et proposer à nos adhérents une variété de thèmes et de modes d’action qui leur permettent de trouver leur place dans l’Association. Notre démarche, selon un mode déconcentré, doit permettre au plus grand nombre d’adhérents de s’impliquer dans le fonctionnement de l’Association.

Grace à notre maillage local et à notre engagement fort et critique, nous souhaitons poursuivre et diversifier le pilier « pédagogie et information » de l’Association, tout en renforçant nos réflexions politiques et nos actions de lobbying auprès des institutions publiques et de nos partenaires associatifs. Nous devons jouer à plein notre rôle de vigilance européenne, et accroître notre visibilité dans les sphères médiatiques et politiques.

Notre Assemblée Générale vient de nommer un nouveau Bureau national à mes côtés. Avec nos groupes locaux, faisons en sorte que cette année soit marquée du sceau de l’Europe : militons sur le terrain et sur internet, investissons les blogs et les meetings politiques, développons nos réflexions et nos propositions…

Alors en 2007, l’Europe sera au programme !

Vos commentaires

  • Le 2 décembre 2006 à 10:34, par Jacques Chauvin, VP, UEF-France. En réponse à : 2007 : l’Europe au programme !

    On ne saurait mieux dire. Merci de le dire. JEF et UEF sont partenaires. Nos objectifs et nos méthodes sont les mêmes : travaillons ensemble. Que 2007 soit « marquée du sceau de l’Europe » !

  • Le 2 décembre 2006 à 12:56, par Fabien Cazenave En réponse à : 2007 : l’Europe au programme !

    Pas de problème pour marquer 2007 du sceau de l’Europe. Informez-nous dès que l’UEF fait quelque chose !

    Commme l’a dit Pauline, le débat européen a été très pauvre en 2006 malgré les promesses de 2005. Pourtant, certains candidats commencent à se positionner... A nous de faire aussi parler d’Europe !

  • Le 2 décembre 2006 à 18:06, par de Kermel En réponse à : 2007 : l’Europe au programme !

    Bonjour.

    Je partage votre enthousiasme pour l’Europe, mais il me semble que rien ne pourra se faire tant que nous ne serons pas sortis de l’impasse institutionnelle dans laquelle nous nous trouvons.

    Je vous proose donc ci-dessous une solution (parmi d’autres, sans doute) pour remettre l’Europe sur les rails, afin, dans un deuxième temps, d’approfondir l’Europe.

    Dans l’immédiat, il faut un texte qui réponde aux motivations de ceux qui ont voté non au référendum, mais qui soit tout aussi acceptable par les 17 pays qui ont voté oui, et par ceux qui ne se sont pas encore prononcés.

    Il me semble que c’est possible ; C’est la démonstration qui suit.

    Bonne lecture !

    Une note plus détaillée peut être téléchargée à partir du site : www.pauvrete-politique.com

    Relancer l’Europe grâce au développement durable

    Au mois de juin 2006, les chefs d’État ont demandé à l’Allemagne (qui va présider l’Union Européenne au cours du premier semestre 2007) de présenter « une synthèse des solutions possibles » pour relancer le processus de ratification du projet de constitution européenne

    Perfidement ( ?) ils ont également confié à la France le soin de formuler une proposition concrète lorsqu’elle présidera l’Union, soit au deuxième semestre 2008.

    Comment procéder ? A nos yeux, il faut commencer par identifier les raisons exactes du NON au référendum. La revue « Futuribles » d’avril 2006 contient un très intéressant article expliquant les raisons des non français et néerlandais à la constitution, à partir de sondages, et non pas sur la base de simples conjectures.

    Selon l’auteur de l’article (Eddy Fougier, politologue) les causes du non français peuvent être classées en quatre grandes catégories :

    1. la sanction du pouvoir politique en place,

    2. le refus du chômage et de l’insécurité sociale 3. le rejet de l’ultra libéralisme économique

    4. l’opposition aux élargissements réalisés ou programmés de l’Union.

    En ce qui concerne le premier point, le problème sera traité lors des prochaines échéances électorales.. Quant au point 4, le Parlement Européen s’en est saisi récemment. Il souhaite fixer des limites géographies à l’Union Européenne.

    Restent les points deux et trois : ne serait-il pas prudent d’y apporter une réponse dans le projet de constitution, avant de le présenter à nouveau à l’adoption ?

    La première chose à faire est de définir clairement un projet consensuel pour l’Europe des 25, en ce début du 21ème siècle. Et un projet simple. Il pourrait se résumer en deux objectifs :

    -  l’Europe, comme modèle de paix et de respect de l’autre dans sa différence,
    -  l’Europe, comme modèle économique, social et environnemental, qui doit se faire reconnaître comme l’alternative au modèle libéral américain, dominant sur la planète.

    Pour cela, il n’y a pas lieu de bouleverser le texte de la constitution. Il suffit de quelques lignes, mais essentielles sur le fond. Plus précisément, il s’agit de compléter quelques dispositions lénifiantes par des engagements fermes, comme pour les chapitres consacrés à l’économie.

    En effet, le modèle économique, social et environnemental européen est décrit dans les articles 2 (les valeurs) et 3 (les objectifs). Mais ces deux articles sont loin d’être aussi engageants que les dizaines (plus de cent) d’articles concernant l’économie. Il s’agit de dispositions sympathiques, mais vagues, et surtout non contraignantes. Elles ressemblent à du faire valoir. Là est sans doute la ligne de divorce entre l’ambition des français pour l’Europe, et le texte qu’on leur a proposé.

    Pour corriger cette situation, il suffirait d’introduire une précision ( mais une précision de taille !) aux articles relatifs aux grandes orientations et à la coordination des politiques économiques. (articles 15, 178 et suivants).

    Il serait indiqué que ces grandes orientations économiques fixées chaque année par le conseil des ministres comprennent des objectifs mesurables en termes :

    -  de progrès économique,
    -  de lutte contre la pauvreté, dans le but d’éradiquer la grande pauvreté et de prévenir les précarités,
    -  d’amélioration de l’environnement,
    -  et de développement de la recherche.

    Des critères précis pour chacun de ces objectifs seraient fixés par le conseil des Ministres. Il existent, Il n’y a que l’embarras du choix. Cela ne pose aucun problème.

    Et pour en garantir le respect, la constitution devrait également prévoir un rapport annuel qui serait présenté par la Commission Européenne devant le Parlement Européen et devant le Conseil Economique et Social Européen, sur les performances et les progrès des Etats dans ces domaines. La presse, les élus et l’opinion publique n’auraient plus qu’à jouer leur rôle, pour faire pression sur les pays les moins performants dans ces domaines.

    Cette proposition n’est pas une nouveauté. Elle consiste simplement à appliquer aux trois piliers du développement durable (économie, social et environnement) les méthodes qui fonctionnent parfaitement dans le domaine de l’économie (pacte de stabilité monétaire, négociations de l’organisation mondiale du commerce etc…). Il s’agit de s’engager sur des objectifs précis, mesurables et mesurés.

    Si nous voulons que les citoyens s’approprient l’Europe, sur la base du projet défini ci-dessus (L’Europe modèle de paix, et alternative au libéralisme américain dominant sur la planète), il n’y a pas d’autre solution que de PROUVER que l’article 3, en visant notamment le développement durable, ne se limite pas à de bons sentiments, mais se décline en objectifs bien précis. Il faut surtout cesser de séparer soigneusement l’économie, le social et l’environnement. Ils forment un tout. Là est le grand apport du développement durable.

    Le problème de la pauvreté, tout comme celui de l’environnement, est majeur. Il concerne tous les pays. On ne peut plus feindre de croire qu’il se réglera par le seule croissance économique. Le concept du développement durable a été conçu pour cette raison. Mettons-le en œuvre. L’Europe doit montrer qu’elle est capable de replacer l’économie au service de l’Homme.

    C’est à ce prix qu’elle s’imposera comme un acteur incontournable aux côtés de Etats Unis, de la Chine, de l’Inde ou de l’Afrique. C’est à ce prix qu’elle mobilisera les citoyens européens. Ils n’attendent que ça.

    Bertrand de Kermel Président du Comité Pauvreté et Politique www.pauvrete-politique.com

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