25 mars 1957

50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

, par Pauline Gessant

50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

Pour ma génération, le Traité de Rome est un paragraphe dans un livre d’Histoire. Mais les réalisations de l’Europe depuis un certain 25 mars 1957 sont bien concrètes : la paix, l’élargissement ou plutôt la réunification de l’Europe, la libre circulation, l’euro, l’élection au suffrage universel du Parlement européen ou encore les droits liés à la citoyenneté européenne.

Pour notre « génération Euro » qui ne se rappelle plus de la forme d’une pièce de deux francs et qui n’a pas connu la guerre, la commémoration de la naissance de la CEE doit prendre un aspect particulier.

D’abord parce qu’il faut lui faire comprendre, lui expliquer le contexte dans lequel l’Union européenne s’est construite : D’où vient l’Europe ? Pourquoi des pays ont voulu s’unir ? Ensuite parce qu’il faut lui faire aimer l’Europe, lui présenter l’Europe en tant que projet humain en rappelant les valeurs humanistes qu’elle porte. Mais également parce qu’il faut faire participer les jeunes à cette aventure unique : ce sont eux qui devront prendre le relais des Monnet, Schuman, Spaak, Adenauer et poursuivre la construction européenne.

Notre « génération Euro » a déjà une conscience européenne : Erasmus, Internet, les voyages et échanges scolaires ont déjà inscrit cette génération dans un vouloir-vivre européen. Mais notre « génération Euro » rêve aussi du développement d’une Europe politique forte, synonyme de solidarité, de bien-être économique, de poids sur la scène internationale. Les jeunes ont beaucoup d’idées pour la construction européenne et sont prêts à reprendre l’héritage légué par les pères fondateurs et à le faire fructifier. Mais pour cela, ils ont également besoin que le chemin leur soit rappelé et sincèrement montré pour qu’ils se sentent responsables de l’avenir européen.

Le 25 mars 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement devraient adopter une déclaration solennelle pour marquer le cinquantenaire du Traité de Rome. Espérons une nouvelle déclaration de Messine qui relança en 1955 la construction européenne après l’échec de la Communauté européenne de Défense en 1954 et aboutit au Traité de Rome. Comme 1957 fut synonyme de naissance de l’Europe communautaire, 2007 doit être synonyme de sa renaissance.

Souhaitons que la déclaration de Berlin du 25 mars 2007 puisse lancer un signal fort et ambitieux à destination des jeunes générations pour qu’elles soient fières de participer à la poursuite de ce rêve européen, jeune de 50 ans.

Cette tribune de la Présidente des Jeunes Européens France a déjà été publiée sur le site des 50 ans du Traité le 5 mars 2007.

Illustration : logo créé à l’occasion du cinquantenaire du Traité de Rome

Mots-clés

Vos commentaires

  • Le 25 mars 2007 à 21:45, par jean-christophe En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    L’Europe au coeur

    La question européenne n’est pas un sujet de débat dans la campagne présidentielle. Normal peut-on penser, il s’agit d’un enjeu national. On assiste même ces derniers jours à une course à l’échalotte nationaliste : De Nicolas Sarkozy souhaitant un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, à Ségolène Royal entonnant la marseillaise en boucle dans ses meeting, et proposant que chaque foyer se dote d’un drapeau français pour fêter le 14 Juillet.

    Pour ma part je préférerais que chacun se munisse d’un drapeau bleu étoilé pour fêter le 9 Mai ! Que ce soit l’immigration, la protection contre les délocalisations, les budgets de défense, l’écologie, bien des sujets majeurs ne trouveront une réponse valable qu’à l’échelle de l’Europe.

    Mais aujourd’hui est un jour particulier, nous célébrons les 50 ans du traité de Rome. Occasion (unique) de parler d’Europe ! Alors profitons-en. Et je le fais à ma façon, en dehors des discours historiques et journalistiques. J’ai l’Europe au coeur. J’aime l’idée fragile de cette communauté improbable. L’Europe est une construction politique émouvante. Tout s’oppose à ce qu’elle existe, mais elle grandit inéxorablement, portée par l’idéal qui l’anime depuis ses débuts.’Faisons la paix pour toujours’. Il n’y a pas plus simple ni plus puissant comme programme ! Parlons-nous au-delà de nos plus grandes differences, les differences culturelles, celles au nom desquelles nous nous sommes fait la guerre pendant des siècles. Soyons unis dans la diversité. Et n’en restons pas aux bonnes intentions. Lions nos intérêts majeurs. L’Europe s’est faite économiquement, sur des réalisations concrètes : la production commune de charbon, d’acier, puis la libre circulation des marchandises, des hommes, enfin une monnaie commune.

    Dans mon village, quand je vais emprunter du sel chez un voisin, je reviens toujours avec bien plus que du sel. Je reviens avec une connaissance, la promesse de le revoir (pour rendre le sel !), l’envie de dire merci, de donner à mon tour. Soudain ce voisin existe, j’ai vu son chez lui, il m’a présenté sa petite fille. On est plus étranger l’un à l’autre. On échange d’abord des biens, puis des nouvelles, puis des sentiments et enfin des rêves.

    L’Europe est à la croisée des chemins. Les biens s’échangent, plus que jamais, avec violence même. Les nouvelles circulent. On commence à se connaître. Tony, Angela, Romano, sont des familliers. Des voisins à qui on peut demander du sel. Mais les sentiments ? et les rêves ? Les pères fondateurs de l’Europe ont créé des liens forts, des liens économiques, financiers, juridiques. Ils ont privilégié le concret pour garantir la paix. Et ils y sont magnifiquement parvenus. Mais maintenant que faisons-nous ? Allons nous emprunter le sel un peu plus loin ? pour ne pas faire de jaloux ? ou demandons-nous plutôt des nouvelles de la petite dernière ? et quand on se fait un week-end ensemble à la mer ?

    Je fais partie de cette génération de citoyens européens qui a fait connaissance avec le voisin, qui connait sa vie, sa famille, sa langue. C’est la magie d’Erasmus. Et qui prend conscience que c’est cette europe du coeur qui doit gagner. Je veux Plus d’Europe. Pas une Europe plus grande, plus forte. Non, une Europe plus proche, plus solidaire, plus fraternelle, plus humble. Une Europe qui se contente de sa valeur d’exemple dans le monde. Qui n’existe que pour faire emerger face à elle, une union africaine, une union russe, une union méditerranéenne, une union indienne, une union chinoise. Une europe qui soit le premier anneau politique d’un drapeau olympique.

    On fête les 20 ans d’Erasmus. 1,5 millions d’enfants d’erasmus sont aujourd’hui orphelins d’une Europe du coeur. Alors à nous d’écrire le prochain traité de Rome. Rendez-vous en 2009 !

  • Le 27 mars 2007 à 08:36, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Quel que chose de profondément et très maladroitement surestimé dans l’actuelle vulgate européenne : le discours sur la paix.

    Certes, l’Europe a pour finalité d’essayer de conserver la paix entre ses pays membres et d’essayer de la promouvoir en dehors même de ses ‘’frontières’’ (et il est agréable à l’oreille comme à l’esprit d’entendre parler de cette Europe qui essaie de faire la paix en Afrique - au Darfour comme au Congo RDC - ou de participer financièrement au réglement pacifique du conflit israélo-palestinien ou de participer militairement à la stabilisation politique des Balkans à l’heure même où les Etats-Unis, puissance impériale et militaire, font la guerre en Irak…).

    Néanmoins, on ne peut tout de même pas dire que l’Europe - en tant que construction communautaire - soit pour grand chose dans le maintien de la paix sur notre continent depuis 1945 (ou, plus précisément, entre 1947 et 2007…).

    (1) D’abord parce que paix, depuis lors, il n’y a pas dans de nombreux endroits de notre continent, dans des pays mêmes de l’Union (en Corse, au Pays basque, en Irlande du nord) : des conflits - de basse intensité, certes, mais qui brutalisent néanmoins les populations civiles - dans lesquels l’implication de l’Europe dans leur réglement pacifique est, à l’heure actuelle, singulièrement timide.

    (2) Ensuite, parce que l’état de paix ‘’global’’ en Europe - entre 1947 et 1990, écorné en Hongrie lors des événements de 1956 et en Pologne lors des événements de 1970-1973 et 1980-1981 (par exemple) - n’était alors absolument pas garantie par la construction européenne mais bel et bien par la guerre froide, par l’équilibre de la terreur, par la peur de la destruction mutuelle, par la stricte discipline des blocs idéologiques et par la présence de forts contingents militaires soviétiques ou américains au coeur même du continent. Et par des considérations géopolitiques mondiales et par des enjeux à côté desquels l’existence même du processus de construction européenne - bricole somme toute assez négligeable aux yeux des principaux acteurs du drâme - ne comptait finalement pas pour grand chose.

    (3) De même, l’absence de conflit entre pays participants à la construction européenne ne s’explique pas par le fait qu’ils participent à ce processus politique, mais surtout par le fait qu’ils soient souvent membres d’une alliance militaire contraignante (l’OTAN), illustration parfaite de convergences de vues qui - par elles-mêmes et en seuls termes de sécurité - rendent complètement impossibles tous véritables risques de conflits sérieux entre eux (éventuels conflits qui relèvent là d’une hypothèse peu sérieuse, même et surtout entre Grèce et Turquie, par exemple : les événements de 1974 sont là pour le démontrer : grâce aux autorités otaniennes, l’invasion du nord de Chypre par les armées turques n’aura finalement pas débouché sur une guerre entre Grèce et Turquie, deux pays alors ennemis mais alliés…).

    (4) De même, il ne faut pas non plus oublier que - dans les années 1990, lors des ‘’guerres de sécession yougoslave’’, l’Europe communautaire, alors aux ‘’abonnés absents’’ et singulièrement impuissante, ne fit… quasiment rien. Et qu’il fallut alors attendre l’impulsion politique des Etats-Unis pour essayer de trouver une solution militaire et politique au conflit.

    (5) De même, que fait l’Europe communautaire en et pour la Tchétchénie (sur un plan strictement humanitaire) alors que la Russie oppressive et quasi-génocidaire, elle-même, préside le Conseil de l’Europe… (sans parler même de ce que la République de Turquie fait actuellement subir aux populations kurdes de l’Est anatolien).

    Alors, l’Europe pour la paix : Oui, dans l’idéal. Et c’est d’autant plus nécessaire au vu des tensions que - notamment - l’actuel changement climatique risque prochainement de faire subir à nos sociétés (pressions sur les ressources énergétiques, pressions sur les écosystèmes, risque de migrations massives, risques de conflits dans les régions du monde les plus mises à l’épreuve, etc). Mais, pour ce faire, il faudra alors que l’UE se dote de moyens militaires, d’infrastructures, d’institutions et de lignes politiques claires dont l’Union européenne est, on peut et on doit le dire - actuellement singulièrement dépourvue…

    Donc il me semble qu’il serait vraiment beaucoup plus sain d’essayer de construire concrètement cette Europe pour la paix qui est effectivement vraiment nécessaire pour notre avenir que de se gargariser d’un discours profondément anti-historique et d’un passé déjà mythologique qui n’a - en fait - absolument jamais existé.

  • Le 27 mars 2007 à 18:49, par Fabien Cazenave En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    « ... Ce dosage subtil d’indépendance nationale dans l’interdépendance européenne, variable suivant les enjeux, a donné à l’Europe occidentale, puis à l’Europe tout court, une paix qui n’a jamais été aussi durable et aussi profonde. Aucune nation européenne n’a fait la guerre à l’une de ses nations soeurs, ni même manifesté une tension hostile, de 1945 à 2006, pendant plus de 60 ans. La plus longue période de paix sur le continent remontait à 1871-1914, soit 43 ans vécus pour une bonne partie dans l’espérance ou la crainte de la revanche des vaincus de la denrière guerre... »

    In L’Opinion européenne en 2007, « la Nation, l’Europe, la puissance », par Alain Lancelot, président du comité scientifique de la Fondation Robert Schuman. (p 15-16)

    Pas si « passé mythologique » que cela donc...

    Cependant, nous sommes d’accords que pour assurer la paix dans le futur, nous nous devons doter l’UE « de moyens militaires, d’infrastructures, d’institutions et de lignes politiques claires dont l’Union européenne est, on peut et on doit le dire - actuellement singulièrement dépourvue… »

    Ne crachons donc pas sur notre histoire sans pour autant tout rejeter sous prétexte que tout n’est pas parfait. La paix est là entre les anciennes nations guerrières qui composent aujourd’hui l’UE, c’est déjà pas mal ?

  • Le 28 mars 2007 à 10:19, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Qu’il y ait eut la paix, c’est parfaitement évident. Mais l’attribuer à la seule construction européenne est complètement abusif et complètement antihistorique.

    En la matière, on ne peut pas faire comme s’il n’y avait aucun contexte historique et comme si la construction européenne était, à elle seule, le seul événement important et décisif s’étant déroulé durant les cinquante dernière années.

    Un seul processus de construction politique qui - à lui seul - expliquerait absolument tout, à commencer par la paix, comme si rien d’autre n’avait jamais existé et comme si d’autres lignes de force n’avaient pas, en fait, bien davantage (bien davantage...) compté...

    Il ne s’agit pas de cracher sur quoi que ce soit ni de tout rejeter (ais-je jamais dit ça ?!), il s’agit juste de remettre les choses à leur place, sans survalorisation, sans surestimation : juste à leur place.

  • Le 29 mars 2007 à 07:57, par Fabien En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    En même temps Ronan, le processus de rapprochement issu de la construction européenne a permis de nouer des liens que nous n’avions jamais eus. Ce processus a donc une part importante dans la réalisation de la paix sur notre continent, alors que les bases pour créer une synergie commune avec des institutions en commun ou une diplomatie en commun ou une armée en commun ne sont pas là comme tu l’as souligné.

    La construction européenne est un élément clé de ce contexte historique qui a permis d’amener la pays entre des pays qui se faisaient la guerre il n’y a pas encore si longtemps.

  • Le 29 mars 2007 à 10:59, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Pour évaluer véritablement la contribution du processus de construction européenne dans la mise en place d’un état de paix (récent et au combien relatif) en Europe, il faut résolument se placer dans un contexte post-guerre froide (et ne prendre en compte que les événements postérieurs au démantellement de l’URSS et du Pacte de Varsovie).

    Car, dans la situation antérieur (années 1947-1989), l’équilibre entre l’état de paix et l’état de guerre étaient conditionnés par bien d’autres paramètres. Et la construction européenne n’était là qu’un élément secondaire et subsidiaire dans un contexte brûlantissime où il était alors surtout question de blocs politiques, de guerre nucléaire, de destruction mutuelle, d’hiver nucléaire et d’annéantissement total de l’humanité à coup d’armes atomiques. Et les considérations ’’européennes’’ étaient alors de bien peu de poids dans un tel contexte.

    NB : Ce n’est pas la CEE qui a empêché la ’’réunification-neutralisation-dénuclérisation’’ de l’Allemagne (et la sortie de la RFA de l’Allinace atlantique) que - dans les années 1960-1970 - demandaient les soviétiques : c’est la volonté politique américaine et c’est l’OTAN...

    Les liens tissés entre européens dans un tel contexte sont effectivement riches de potentialités positives pour l’avenir. Les événements qui se sont déroulés dans la quinzaine d’année suivante (1990-2005) semblent en tout cas, grosso modo, accréditer cette idée. Et la paix à venir (si elle existe bien...) leur devra alors sans doute beaucoup. En tout cas voilà un pari qui mérite effectivement d’être pris en considération et regardé avec sympathie.

    Mais, de grâce, dans l’analyse des faits historiques du passé, regardons le contexte, respectons la chronologie des faits, ne trafiquons pas trop la réalité de ceux-ci par convenance idéologique, ne confondons pas causes et conséquences et ne surestimons pas certains faits sympathiques au détriment d’un contexte qui l’est moins (mais semble, curieusement, avoir déjà été complètement oublié...).

  • Le 29 mars 2007 à 17:59, par Fabien Cazenave En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Si tu estimes que des Delors, Giscard, Prodi, Spaak, Schuman, Monnet, Mitterand ont tort de le dire... Libre à toi !

  • Le 31 mars 2007 à 15:42, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Ce qu’en dit untel ou untel, là n’est pas la question. (D’ailleurs beaucoup des gens que tu cites ci-dessus ne se permettent d’ailleurs absolument pas de commettre de tels raccourcis historiques...).

    Le seul moyen de valoriser encore le projet européen, de lui garantir un véritable avenir tout en lui maintenant un minimum de crédibilité dans l’opinion publique, c’est bien évidemment d’exercer un devoir de mémoire et d’inventaire critique et complètement lucide sur ce qui a effectivement déjà été fait (et d’éviter de raconter au grand public des ’’carabistouilles’’ antihistoriques sous prétexte qu’elles sont jolies et font - idéologiquement - plaisir à entendre...).

    A force d’accoler à l’UE des vertus qu’elle n’a absolument pas, il ne faudra alors pas se plaindre (propagande contre propagande, et simple effet mécanique) d’en voir d’autres lui reprocher des défauts qu’elle n’a pas...

    Quand le mur de Berlin est tombé (en novembre 1989), j’avais déjà 16 ans. Et assez de conscience politique et de souvenirs inquiets mais bel et bien tangibles pour pouvoir constater que la paix en Europe avant 1989 (à supposer, d’ailleurs, que la guerre froide fut véritablement une paix...), à l’ombre des missiles intercontinentaux et dans la peur de l’apocalypse nucléaire, ne devait alors absolument rien à la CEE de l’époque.

    Pour la bonne et simple raison que la délicate question de la guerre ou la paix en Europe dépassait alors de très loin le seul cadre européen et ne se décidait alors ni à Paris, ni à Berlin, ni même à Londres ni à Bruxelles (siège de la Commission exécutive de la CEE) mais à Washington, à Moscou ou encore à Bruxelles (mais alors au siège de l’OTAN), avec une CEE jamais impliquée et jamais consultée par qui que ce soit sur ce brûlant sujet.

    Comme, par exemple, lors de la querelle des euromissiles « Pershing contre SS 20 », missiles Pershing dont le déploiement en Europe occidentale (épisode bien connu de la course aux armements nucléaires et préfiguration de l’étouffement et de la faillite financière de l’URSS) ne doit absolument rien à la CEE de l’époque (bien au contraire...) : soit une décision américaine, réclamée à corps et à cris par le gouvernement ouest-allemand de l’époque, alors soutenu par le gouvernement français (de front populaire) de l’époque ; une décision multilatérale et intergouvernementale alors prise dans le cadre de l’Alliance atlantique et dans laquelle les autorités communautaires européennes n’ont jamais été politiquement impliquées (même indirectement).

    Non, franchement, en cherchant ainsi à réécrire l’histoire malgré les faits et malgré les évidences, les européistes prennent aujourd’hui le risque dangereux de se décrédibiliser auprès de ceux d’entre nos compatriotes qui ont encore une mémoire aiguë et très vive de ces temps passés.

    Bref : pour que le projet européen puisse rester un projet d’avenir, il faut aussi que ses promotteurs gardent leur sérieux et s’abstiennent de toute propagande mensongère (car un tel projet ne saurait se permettre une telle... mauvaise publicité).

  • Le 31 mars 2007 à 15:57, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Delors, Giscard, Prodi, Spaak, Schuman, Monnet, Mitterrand : Il est très malhonnête de citer, en rafale et de façon gratuite, des noms de personnages prestigieux pour leur faire ainsi tenir, hors contexte et sans contextualisation des faits, des propos imprécis qu’ils n’ont d’ailleurs sans doute jamais tenu et à propos de responsabilité politiques qu’ils n’ont jamais exercés et de dossiers qu’ils n’ont précisément jamais eu à traîter.

    Et ce, à propos d’un monde d’aujourd’hui qu’ils ne connaissaient pas, n’ont jamais connu et ne connaitront jamais (et pour cause : certains d’entre eux - Spaak, Monnet, Schuman - sont décédés depuis belle lurette...).

  • Le 1er avril 2007 à 09:38, par Fabien Cazenave En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Ils ont tous dit que « l’Europe c’est la paix »... Pas la peine de dé-contextualiser ou de contextualiser. Ronan, ne faisons pas de mauvaises polémiques : nous sommes d’accords que l’Europe d’aujourd’hui devrait prendre cette paix par les cornes et prendre les repsonsabilités qui en découlent (notamment au niveau institutionnel).

  • Le 1er avril 2007 à 18:56, par Ronan En réponse à : 50 ans du Traité de Rome : Faire comprendre, faire aimer, faire participer

    Non, je ne suis décidément pas d’accord. Il ne s’agit pas ici d’une mauvaise polémique. Mais au contraire d’un sujet très grave qui montre très bien à quel point le discours européiste parfois perd tout sens de la mesure et s’emballe, au risque de discréditer l’ensemble du projet.

    Ici, il s’agit juste de prévenir les européistes que s’ils continuent à raconter des sornettes sur certains sujets comme celui-là (et de vouloir absolument faire passer des vessies pour des lanternes aux yeux de nos contemporains, fort bien informés sur ce sujet...), il ne faudra alors pas qu’ils se plaignent si nos contemporains finalement se détournent définitivement d’eux.

    La paix entre 1945 et 1990 ne doit strictement rien à la construction européenne. Raconter le contraire est une absurde sornette qui ne tient pas la route. D’ailleurs nos contemporains - bien informés - le savent fort bien. Et ce, sans détour. Je ne comprends pas qu’on s’empêtre à soutenir de telles absurdités qui décrédibilisent jusqu’à l’idée européenne et tous ceux qui la portent.

    L’Europe d’aujourd’hui a besoin d’une vision de l’avenir et de réformes, mais pas de mensonges officiels, ni d’absurdes relectures idéologiques biaisées du passé ni de quelques nouveaux mythes fondateurs qui, après analyse, ne tiendraient de toute façon pas la route.

    En d’autres termes : l’étude de l’Histoire, OUI. Mais l’instrumentalisation politique mensongère d’un passé ’’idéologisé’’, NON. Et ce, même si c’est au service d’une grande cause (re-NON).

Vos commentaires

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom