Déception

Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

Quand l’Europe s’inflige - toute seule - un cinglant 5/0…

, par Fabien Cazenave, Ronan Blaise

Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

Certains Européens ont souvent pour coutume de s’égarer à marquer des buts contre leur camp [1]. Une discipline "auto-destructrice" à laquelle semble récemment s’être à nouveau essayé un eurodéputé, pourtant membre du « Mouvement européen », personnalité dont on avait pris pour habitude de lire des propos souvent plus incisifs et tellement plus pertinents…

En effet, ces derniers jours (mardi 22 octobre 2008), le quotidien le Monde publiait une interview par les internautes de l’eurodéputé Alain Lamassoure portant sur les questions européennes : un échange qui se révèle être surtout un fort soutien à l’égard du président de la République, M. Nicolas Sarkozy…

Mais ce n’est pourtant pas là le plus consternant. En effet, à l’une des questions de Sylvain Savier, à savoir « Sarkozy est-il un européen fédéraliste ? », l’eurodéputé interviewé répondait cela :

« Un européen, oui. Un grand européen, oui. Un fédéraliste, non. L’Europe dont nous avons besoin n’est pas une Europe fédérale du modèle des USA.

Car nous aspirons à la fois à l’unité des règles économiques au sein de l’Union européenne et à l’unité d’action sur la scène internationale, tout en maintenant notre identité, notre indépendance et notre souveraineté sur tous les sujets qui ne nécessitent pas une action commune. C’est donc une forme politique originale.

Si la construction européenne exige tellement de temps, c’est justement parce qu’il nous faut inventer et parce que nous nous obligeons à n’avancer qu’avec l’accord unanime de tous les Etats membres. »

Des propos assez concis et ramassés mais à propos desquels il est tout de même possible d’émettre quelques critiques…

Autogoals en série...

D’abord parce qu’il est - une fois encore - très contestable à chaque fois qu’on évoque le terme fédéralisme dans le débat européen (vu par le petit bout de la lorgnette franco-français…) d’en renvoyer - comme un fait exprès - à l’épouvantail bien pratique d’un fédéralisme américain prétendument centralisé à l’extrême et en fait si mal connu et si mal compris en France.

Sur la réalité fonctionnelle de ce fédéralisme américain là et sur tous les fantasmes dont sont nourris certains esprits chagrins à ce propos en France, M. Lamassoure est pourtant fort bien informé… Mais en favorisant là une lecture si floue, M. Lamassoure commet donc là un premier but contre son camp…

Combattre le fédéralisme à l’aide d’une lecture profondément inexacte de son application concrète, on aurait tout de même pu rêver mieux.

Première erreur rapidement suivie d’une deuxième autre lorsque M. Lamassoure laisse lourdement entendre que le fédéralisme serait donc antithétique avec la possibilité de maintenir "notre identité, notre indépendance et notre souveraineté sur tous les sujets qui ne nécessitent pas une action commune". Or qu’est-ce là donc sinon une énième définition de ce fameux principe de subsidiarité au cœur même de tout pacte fédéral ?!

Pour quoi donc dénigrer le fédéralisme à l’aide des principes de base mêmes du fédéralisme ?

Et le troisième but marqué par l’eurodéputé contre son camp suit de près lorsqu’il relaie complaisamment l’idée fausse selon laquelle il serait pertinent de vouloir l’efficacité de l’Union sans en accepter jamais les rigueurs : idée pernicieuse selon laquelle on pourrait fort bien obtenir donc tous les avantages de la supranationalité sans jamais en accepter les disciplines et les pertes de souveraineté qui, pourtant, la nécessitent et forcément l’accompagnent.

Une "originalité" dont on se passerait bien...

Et le score se complète d’un nouvel autogoal quand notre eurodéputé justifie tous les actuels atermoiements de l’actuelle européenne en évoquant le caractère prétendument "original" d’une telle construction dont il relève à peine l’anachronisme - et complètement surréaliste - d’un fonctionnement "à l’unanimité" ! Si « nous nous obligeons à n’avancer qu’avec l’accord unanime de tous les Etats membres », on se demande encore bien pourquoi ?!

Où l’on retrouve donc cette prétendue "originalité" qui n’est en fait - comme bien souvent - que le début de tous les renoncements et qui fait le lit des promoteurs d’un conservatisme frileux - et prétendument "réaliste" - qui n’ose pas même dire son nom.

Pourtant, nous sommes nombreux à estimer que peu nous importe franchement de vivre dans une Europe "originale", si cette prétendue "originalité" vraiment détestable qu’est l’intergouvernementalisme n’est en fait qu’un pâle synonyme "euphémisant" des termes "Conservatisme" et "Frilosité".

Puisque la question à se poser aujourd’hui est pourtant simple (et la réponse, évidente…) : la situation et le fonctionnement de l’Europe actuelle sont-ils satisfaisants ? Non. Répond-elle efficacement aux aspirations populaires à plus de démocratie, plus de transparence, plus de lisibilité politique, plus de justice sociale, plus de solidarité ? Non, mille fois Non. Et est-il donc possible de faire mieux : Oui !

Mais en fait, cela, nos dirigeants le veulent-ils vraiment ?! Car c’est en fait là que réside encore à ce jour tout le suspense... Et, à ce seul titre, le ton employé par M. Lamassoure est-il vraiment à la hauteur des enjeux ?! Et bien non, justement. Et cela n’est guère encourageant pour l’avenir. Et c’est précisément ce qu’on peut lui reprocher…

Une Europe de peu...

On attendait d’un Lamassoure qu’il secoue le cocotier et qui dise clairement les choses : qu’il demande clairement un gouvernement économique européen et la fin de l’unanimité paralysante, qu’il nous parle plus d’intégration que de coopération (contrairement à ce qui est dit dans la suite de l’interview…), voire qu’il défende l’option d’un noyau dur et l’éventualité de coopérations renforcées (puisque la question lui est en effet posée…).

Au lieu de quoi on se retrouve donc là avec une défense du statu quo actuel au nom du résigné et sempiternel "que voulez-vous, c’est comme ça, ma bonne dame : faut faire avec…", sans élan. Comme ce qui suit :

"Personne n’envisage qu’il y ait une seule politique économique européenne. Il y en a vingt-sept. Ce qu’a toujours souhaité la France, depuis les présidents Giscard et Mitterrand, c’est que les pays européens coordonnent leurs politiques nationales. C’est le sens de la formule du "gouvernement économique européen" qu’avait employée pour la première fois François Mitterrand, et que Nicolas Sarkozy reprend à son compte".

Ultime autogoal sur lequel il serait donc sage de clore le score avant que ça ne tourne vraiment à la débâcle européenne générale et au triomphe total des eurosceptiques "souverainistes" sans doute beaucoup trop contents qu’on reconnaisse ainsi - quasi officiellement - la validité et la pertinence de leurs thèses…

Car que nous importe vraiment l’hyperactivité de certains (on pensera ici à celle de l’actuel président Sarkozy…) si les structures intergouvernementales européennes interdisent qu’elle ne se traduise en action véritable ; ou permettent que ne lui succède - en janvier prochain - une "présidence" tchèque sans doute aussi paralysante que celle-là n’aura été médiatiquement agitée, sinon véritablement politiquement productive...

Un Européisme qui n’est pas flamboyant...

En tout cas cette interview aura eu le grand mérite de confirmer l’état d’esprit absolument catastrophique qui semble aujourd’hui animer la classe politique "européiste" : complètement aveugle (autiste ?!) à l’égard de certains problèmes rencontrés (notamment à propos de la nature de la "crise irlandaise"), sur la défensive dans tous les compartiments du jeu, caractérisée par un manque d’ambition à l’évidence contagieux et tout juste bonne à faire de la surenchère dans la tiédeur.

Un état d’esprit inquiétant qui semble d’ores et déjà la préparer (faute d’adopter un ton plus offensif et plus réformateur encore...) aux pires déconvenues lors des élections européennes de juin prochain.

Bref, que M. Lamassoure exprime un soutien affiché à l’action du Président de la République, c’est une chose… Mais rien de l’oblige pourtant - néanmoins - à s’aligner ainsi sur les thèses les plus euro-conservatrices actuellement à l’UMP…

Illustration : le visuel d’ouverture de cet article est une photographie d’Alain Lamassoure, eurodéputé UMP dont il est question ci-dessus.

Notes

[1Souvenez-vous ainsi de Jacques Delors, lors de la campagne référendaire de 2005, avec des propos idéalement confus à propos de quelque hypothétique plan B…

Vos commentaires

  • Le 26 octobre 2008 à 10:31, par Valéry En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogols…

    Excellent article, Ronan. On ne peut en effet que condamner les approximations et les lâchetés de l’establishment européiste : c’est en effet cette attitude qui empêche la clarté dans le débat public sur la construction européenne.

    M. Lamassoure a pourtant raison sur un point : Sarkozy n’est en rien fédéraliste. Il a montré ces derniers mois et lors de son discours au Parlement européen que ce qu’il souhaite c’est une Europe fondée sur un intergouvernementalisme traditionnel, assorti de la nomination d’un porte parole à poser devant les caméras de télé, lui en l’occurence. Les gesticulations de la présidence française du Conseil ne peuvent pourtant pas tenir lieu de mode de gouvernance pour l’Union européenne. L’Europe démocratique qu’exigent les fédéralistes n’est donc pas son soucis et tant pis si ce comportement nourrit l’euroscepticisme de nos concitoyen et mène dans une impasse dramatique à une époque où l’Europe a pourtant besoin d’avancer.

  • Le 26 octobre 2008 à 10:45, par Fabien Cazenave En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogols…

    C’est quand même dingue de lire de tels propos dans la bouche de Lamassoure, lui dont on connaît son envie d’Europe et la simplicité avec laquelle il en parle quand on est en direct avec lui.

    Pourquoi tant de peur à s’afficher clairement ?

  • Le 26 octobre 2008 à 18:51, par Julie En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Mais pourquoi toujours vouloir interpréter négativement les propos de certains... Dire que le modèle fédéral américain ne convient pas à l’Europe ne veut pas dire qu’on est contre le fédéralisme. Peut-être faudrait-il interroger directement Monsieur Lamassoure pour lui demander de préciser sa pensée plutôt que lui faire un procès d’intention ...

  • Le 26 octobre 2008 à 19:38, par Fabien Cazenave En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Ah et quand c’est écrit noir sur blanc, on fait quoi ? On se base sur quelque chose de publier sur le site du Monde et on précise bien que M. Lamassoure est normalement beaucoup plus incisif... c’est faire un procès d’intention ?

    Par ailleurs, je vous trouve bien gentille, parce que personne ne demandait à M. Lamassoure de s’exprimer sur le fédéralisme américain et l’Europe. C’est lui qui y est venu tout seul.

    Mais s’il veut répondre, les portes du Taurillon lui sont grandes ouvertes.

  • Le 27 octobre 2008 à 06:43, par Ronan En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    C’est vrai que - caricature mise à part (du système américain, s’entend...) - on aimerait vraiment bien savoir en quoi « le modèle fédéral américain ne convient pas à l’Europe »...

    Franchement, si c’est pour dire des âneries en surfant sur les pires préjugés (sous prétexte qu’ils sont populaires, même s’ils fondés sur l’ignorance...), nos politiques feraient mieux de se taire...

  • Le 27 octobre 2008 à 23:48, par Schams E. En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    J’ai du mal à être satisfait de cet article : il soulève des points pertinents et notamment la tiédeur des hommes et des femmes politiques en France sur l’Europe, ce qui est tout sauf souhaitable quand on sait à quel point l’Europe est fragile, mais on tire trop vivement sur un homme qui ne le mérite pas.

    Comme Fabien le dit également, Alain Lamassoure a montré à de nombreuses reprises son engagement européen et notamment quand les Jeunes Europeens Sciences Po l’ont invité à discuter de Lisbonne en janvier dernier.

    Donc d’accord sur la faiblesse de cette intervention, mais pas d’accord sur la gravité de celle-ci. S’il doit certes modeler un peu son discours pour rassurer la droite de l’UMP moins européenne que lui, on ne peut nier que dans la grande majorité de ses interventions il reste l’un des seul homme politique à s’engager autant et sans ambigüité pour l’Europe.

    Tirons sur les bonnes personnes, sans oublier de rappeller (plus doucement) à la raison nos amis.

  • Le 28 octobre 2008 à 08:26, par Fabien Cazenave En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    C’est justement parce qu’on aime bien M. Lamassoure que ces propos sont décevants... C’est le problème : de nombreux parlementaires pro-européens ne tiennent pas le même discours suivant le public. Qu’il y ait besoin de pédagogie, oui. Qu’il faille raboter comme ça le discours, non.

  • Le 28 octobre 2008 à 09:25, par Ronan Blaise En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Bien au contraire, je trouve très désagréable ce « double-discours » de certains de nos hommes politiques prétendument européens qui, d’une main, caressent les cheveux des enfants (à coups de belles déclamations européennes formulées dans le cadre feutré et discret du monde associatif...) et qui, de l’autre, leur piquent leurs bonbons (à grand renfort de propos tiédasses à la limite de l’euroscepticisme dès qu’il s’agit de s’exprimer publiquement dans la presse nationale...).

    Voilà ce qui arrive en politique, à force d’essayer de rassurer ses adversaires : on finit par perdre le respect de ceux-là et jusqu’au soutien de ses amis. En politique, décidément, on a rien à gagner à jouer les timorés. Quant à l’Europe, de façon plus générale : aujourd’hui elle crève du manque d’ambition de nos dirigeants et de la tiédeur de ses soutiens. De quoi s’agacer...

  • Le 28 octobre 2008 à 13:44, par Valéry En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Ce dont l’Europe a besoin aujourd’hui ce sont des discours clairs sur l’Europe que chacun souhaite. C’est de l’ambiguïté coupable de l’establishment européiste qu’est né le doute qui a conduit à l’échec de 2005.

    Ce n’est pas un hasard si les critiques des fédéralistes envers la construction européenne ont été entendues dans le camp du Non : notre critique, fondée, des insuffisances actuelles de l’Union européenne, ne peut être contrée que par les réponses que nous y apportons.

    Écarter la perspective des réformes prônées par les fédéralistes, comme le fait ici M. Lamassoure, c’est prêter le flanc aux critiques en renonçant à donner des réponses satisfaisantes. Cette attitude reflète très précisément le problème principal du débat européen aujourd’hui qui est que nul ne prend la parole pour défendre une vision pro-européenne cohérente.

    Écarter une évolution fédéraliste c’est au final défendre le statu-quo, c’est un dire un machin mal défini dominé par les mécanismes intergouvernementaux. Or cette situation ne suffit ni à garantir une Europe efficace et certainement pas à renforcer la démocratie européenne.

    L’Europe n’est utile que si elle a du pouvoir et si on lui donne du pouvoir elle doit être démocratique. C’est au final ce que demandent les fédéralistes. Le refuser c’est proposer une Europe anti-démocratique ou sans pouvoirs, donc inutile. IL faut rappeler que tout ce qui fonctionne bien aujourd’hui est ce qui relève des mécanismes communautaires, donc fédéralistes, et que le seul organe qui semble bien refléter le sens de l’opinion est le Parlement européen, qui fait obstacle dans la mesure de ses pouvoirs aux dérives des uns ou des autres (on l’a vu encore récemment sur les tentations de permettre le retrait de l’accès internet à certains citoyens que les eurodéputés ont cherchés à contrer).

    Si M. Lamassoure défend une Europe faible et non démocratique, qu’il l’assume, s’il se reconnaît plutôt dans ce que nous proposons, qu’il le dise et l’explique. L’ambiguïté de tels propos c’est véritablement tirer une balle contre son camp.

  • Le 31 octobre 2008 à 17:54, par Pierre-Jean VERRANDO En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    La réponse d’Alain Lamassoure sur le fédéralisme américain ne me semble pas aberrante, je partage d’ailleurs l’idée selon laquelle un pastiche de fédéralisme américain comme système institutionnel pour l’Europe ne serait pas judicieux. Ce qui me dérange c’est l’utilisation qui est faite du propos d’Alain Lamassoure pour placer notre argumentaire fédéraliste, argumentaire qui s’attache plus à marteler que les non-fédéralistes sont « dans le faux » plutôt que d’apporter une démonstration construite. Tout cela laisse un arrière goût de procès d’intention. Je vous rejoins sur l’Européisme peu flamboyant de notre classe politique, à sa décharge elle ne fait que se complaire dans l’euroscepticisme ambiant de nos sociétés civiles. C’est peut-être aussi pour cela que nous existons : plus de pédagogie, moins de dogmatisme !

  • Le 31 octobre 2008 à 19:23, par Fabien Cazenave En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Mais quel procès d’intention ? On lui reproche ses paroles qui manquent pour le coup de pédagogie. Quelqun qui ne connaît rien à l’Europe comprendra que c’est très compliqué de faire avancer le schmilblick et qu’il n’est pas possible d’avoir autre chose que l’Europe intergouvernementale (ce côté si « original »).

    Super, on aura tout gagné si même une personne engagée comme Lamassoure ne va pas plus loin dans l’explication.

  • Le 31 octobre 2008 à 20:29, par Pierre-Jean VERRANDO En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    le ton de l’article ne ment pas : « Mais rien de l’oblige pourtant - néanmoins - à s’aligner ainsi sur les thèses les plus euro-conservatrices actuellement à l’UMP », tout ça parce que Alain Lamassoure ne développe pas son point de vue sur le fédéralisme américain, nous sommes dans le domaine de l’extrapolation.

  • Le 31 octobre 2008 à 21:15, par Ronan Blaise En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Personne n’oblige pourtant M. Lamassoure à ne produire - à propos du fédéralisme américain - des propos qui ne sont en fait que des clichés mensongers et paresseux.

    En quoi le fédéralisme américain est-il vraiment si négatif que ça ?! C’est précisément ce qu’on aimerait savoir... Ah, oui, on sait : il s’agit de défendre notre originalité, notre identité.

    Bien malheureux les peuples qui se gargarisent de leur passé, qui remâchent leurs vieilles gloires jusqu’à ce que la tête leur en tournent (et qui n’ont finalement en fait guère que ça à se mettre sous la dent...).

    Valéry, plus haut, posait pourtant la bonne question : à quoi sert donc l’Europe si elle n’a pas de pouvoir ?! A quoi rîme-t-elle donc si elle n’est pas une démocratie ?! A quoi ça rîme de prétendre vouloir construire l’Europe si on lui refuse en fait et l’un, et l’autre ?! Et à quoi ça rîme donc de protéger jalousement nos souverainetés, nos identités, notre originalité si ça nous condamne l’avenir ?!

  • Le 1er novembre 2008 à 09:04, par Ronan En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    tout ça parce que Alain Lamassoure ne développe pas son point de vue sur le fédéralisme américain,

    Non. Parce qu’il se prononce aussi - entre autres choses - contre toute coopération renforcée, par exemple. Relisez son interview. Relisez notre article (en entier). Et critiquez ceux qui méritent vraiment de l’être. A ce titre, les auteurs de cet articles sont beaucoup coupales de quoi que ce soit que M. Lamassoure !

  • Le 1er novembre 2008 à 13:14, par Pierre-Jean VERRANDO En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Je suis tout a fait d’accord avec les ambitions et les questions que formulent Valery pour l’Europe. Par contre je ne vois pas le rapport avec le discours d’Alain Lamassoure, à vous lire nous somme en plein complot nationaliste masqué par de faux discours européens. Je ne comprend ni l’article ni même les justifications que vous lui apportez.

    Si j’insiste à ce point c’est que plusieurs adhérents m’ont fait signalé leur désaccord profond avec cet article, désaccord que je partage entièrement.

  • Le 1er novembre 2008 à 13:42, par Fabien Cazenave En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Que cet article suscite le débat, tant mieux ! Nous ne nous sommes pas fondés sur les intentions cachées de Lamassoure derrière ces déclarations. Mais bien au résultat : comment un citoyen lambda perçoit-il ce texte ? Et bien exactement dans le sens contraire qu’Alain Lamassoure défend quand il s’exprime devant « nous » (jeunes européens ou autres). Pourquoi être ainsi tiède dans le propos ?

  • Le 1er novembre 2008 à 17:22, par Ronan En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Par de tels discours, M. Lamassoure fait effectivmeent le jeu des nationalistes (eux, ils se retrouveront sans peine dans des discours comme celui-là). Font le jeu des nationalistes tous ceux qui disent systématiquement « c’est trop compliqué, ça va trop vite » qui lmasque ça sous de l’originalité. L’originalité de quoi ?! d’être fier d’avoir pondu un système qui s’avère n’être ni démocratique ni efficace ?!

  • Le 3 novembre 2008 à 12:55, par D’Jor-Krévys MOUEZA En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    Si l’article relaie très bien le manque d’ambition et d’audace politiques dont peuvent faire preuve notre classe politique, il ne faut tout de même pas crier trop tôt au loup.

    On peut tout à fait être un véritable européiste sans pour autant être partisan d’un fédéralisme européen. La thèse qui consiste à dire que les anti-fédéralistes sont dans le faux manque de poids, comme le souligne Pierre-Jean, du fait que les partisans d’un fédéralisme européen ne précisent pas leur pensée. Les anti-fédéralistes n’ont plus alors qu’à brandir le spectre d’un fédéralisme à l’américaine pour faire resurgir la fibre nationale qui sommeille en chacun d’entre nous. Les Etats sont fondamentalement attachés à leur souveraineté ; le fédéralisme américain n’a triomphé qu’a l’issue d’une guerre, est-il besoin de le préciser ?

    De plus, il faut aussi accepter le fait que tous nos gouvernants, même s’ils se prétendent euro-progressistes, rechignent à donner plus de pouvoir à l’Europe, parce qu’ils s’affaibliraient du même coup. Là est le granc écueuil de nos démocraties : les dirigeants sont plus attachés au pouvoir qu’à l’exercice de celui-ci.

    En définitive, il faut améliorer les critiques, non seulement en les fondant, mais en proposant un système alternatif. Quand on parle de fédéralisme, on ne voit que les Etats-Unis ou l’Allemagne. Il faudrait que les eurofédéralistes puissent définir leur conception.

  • Le 3 novembre 2008 à 16:02, par Ronan Blaise En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    le spectre d’un fédéralisme à l’américaine

    Au passage, ça serait quand même bien que nos responsables politiques arrêtent de dire des âneries (pour rester poli) sur le sujet plutôt que d’alimenter les fantasmes du public (oui, oui : fantasmes...), sous prétexte que ça les rend populaires à peu de frais que de dire au public ce qu’on sait par avance qu’il aime entendre (définition même du terme « démagogie »).

    Mais il est vrai que s’il y a bien en France un sujet au moins aussi ignoré que le fonctionnement véritable des Etats-Unis, c’est la substance même du terme fédéralisme...

    D’où l’intérêt d’une rubrique comme celle-là : Découverte du fédéralisme.

  • Le 5 novembre 2008 à 16:33, par KPM En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    « L’Europe n’est utile que si elle a du pouvoir et si on lui donne du pouvoir elle doit être démocratique. C’est au final ce que demandent les fédéralistes. Le refuser c’est proposer une Europe anti-démocratique ou sans pouvoirs, donc inutile. »

    Excellent résumé.

  • Le 25 novembre 2008 à 08:20, par Valéry En réponse à : Alain Lamassoure : ses propos, ses ambitions, ses autogoals…

    En plus, brosser dans le sens du poil ne semble pas particulièrement efficace : Comment les partis français casent leurs copains à Strasbourg

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