Au pouvoir en Allemagne depuis le 22 novembre dernier

Angela Merkel, la Kanzlerin.

Le portrait d’une nouvelle Européenne.

, par Sophie Gérardin

Angela Merkel, la Kanzlerin.
Photo : Visite d’Angela Merkel, chancelière fédérale allemande, à la Commission européenne, le 23 novembre 2005. (c) Médiathèque de la Commission européenne.

À l’initiative de la très sérieuse « Société pour la langue allemande » l’expression « chancelière fédérale » a été élue « expression de l’année 2005 » en référence à Angela Merkel : récemment désignée, le 22 novembre dernier -suite aux élections générales de septembre 2005- pour occuper la Chancellerie de la République fédérale d’Allemagne.

Ainsi, à l’occasion du dernier sommet européen de Bruxelles de ce mois de décembre 2005, les Vingt-cinq ont eu l’occasion de se découvrir un chef de file inattendu en la personne d’Angela Merkel. Mais qui est Angela Merkel ?

Devenue la première chancelière allemande le 22 novembre dernier, « Angie » -comme on la surnomme- a fait preuve, à l’occasion du Conseil européen de Bruxelles de décembre dernier, d’un rare esprit de compromis lors de la récente controverse sur le budget communautaire.

Mais, Angela Merkel, c’est d’abord un parcours politique atypique. Ainsi, cette « Ossie », fille de pasteur et venue de l’ex-Allemagne de l’Est, a su s’imposer dans un parti conservateur dominé par les hommes : la CDU.

Un parcours personnel atypique

Née le 17 juillet 1954 à Hambourg, en Allemagne de l’Ouest (à l’époque : la RFA), Angela Kasner a grandi à Templin, en Brandebourg. En effet, peu après sa naissance, son père, pasteur protestant, décide de quitter l’Allemagne fédérale pour s’installer en RDA.

Élève studieuse, elle entre en 1973 à l’université de Leipzig où elle obtiendra son doctorat de physique en 1986. Mariée à Ulrich Merkel en 1977, elle divorce cinq ans plus tard et se remariera avec le chimiste Joachim Sauer.

Son destin va basculer avec la chute du mur de Berlin. En effet, elle devient alors porte-parole adjointe du gouvernement du Premier ministre est-allemand Lothar de Maizières, en 1990, et adhère à la CDU. Peu après, elle décroche un siège de député. Helmut Kohl croit en elle et la nomme ministre de la Condition féminine et de la Jeunesse en 1991, puis de l’Environnement.

En décembre 1991, Angela Merkel succède à Lothar de Maizières, comme vice-présidente de la CDU. Après la défaite d’Helmut Kohl, en 1998, elle en deviendra secrétaire générale.

En 2000, éclate le scandale des boîtes noires du parti. S’extirpant alors de la tutelle de son mentor, Angie devient présidente du parti chrétien-démocrate et par là même, la première femme à diriger un grand parti allemand.

Cependant, beaucoup, au sein même de sa formation politique, ne lui pardonnent pas ses origines et sa fulgurante ascension. Lors des législatives de 2002, elle est ainsi écartée de la course à la candidature conservatrice pour la chancellerie par le dirigeant de l’Union chrétienne-sociale, Edmund Stoiber.

Angie ne se décourage pas pour autant : dotée d’une grande force de caractère, elle décide alors de s’imposer sur la scène médiatique et change totalement de look, adoptant un style plus classique et féminin.

Cependant, elle souffre encore d’un manque de charisme auprès des Allemands qui la considèrent comme une technocrate, loin du peuple.

Une femme de poigne et de dialogue

Ses proches la décrivent pourtant comme une femme de dialogue et de persuasion, mêlant conservatisme et progressisme.

Ces qualités lui ont dans aucun doute permis de sortir de l’impasse l’Union européenne.

La presse a en effet salué son rôle clé dans le compromis financier trouvé par les vingt-cinq en décembre dernier, à Bruxelles, à l’occasion d’un sommet européen décisif où elle a su rapprocher les positions britannique et française sur le budget européen (tout en ménageant les intérêts des nouveaux entrants...).

Pour arriver à cette entente, Angie a tout de même cédé 100 millions d’euros à la Pologne pour lui permettre de développer ses voïevodies orientales de Podolie, Podlachie et Mazurie qui sont parmi les régions plus pauvres de toute l’Union européenne.

Et ce geste est d’autant plus remarquable que ces 100 millions d’euros ont été pris aux länder nécessiteux de l’ex-RDA, territoires en difficulté précisément bien connus d’Angela Merkel...

Enfin, pour parvenir à cet accord budgétaire, la Chancelière Merkel a réussi à faire en sorte que la Grande-Bretagne accepte de réduire sa fameuse « ristourne » (et que la France assouplisse ses positions sur la révision des aides agricoles).

Quoi qu’il en soit, cet accord remet l’Union en marche après l’échec des négociations budgétaires en juin dernier (et après les rejets français et néerlandais à l’égard du traité constitutionnel européen).

Ainsi, Angela Merkel a prouvé qu’elle connaissait bien les dossiers européens et les arcanes communautaires (et cela, notamment grâce à son passage au ministère de l’Environnement, au début des années 1990).

En tout cas, par ses talents de médiatrice, la Chancelière a déjà prouvé que son gouvernement de coalition (formé entre son parti -la CDU-CSU- et le parti social-démocrate SPD), est un partenaire européen sérieux avec lequel il faudra désormais compter...

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