Appel pour une Université de l’Europe

Appel de la Fondation pour l’Innovation Politique - Fondapol

, par Franck Debié

Appel pour une Université de l'Europe

En juin 2009, lors des prochaines élections européennes, on devrait être parvenu à achever la ratification du Traité réformateur. Ce nouveau texte, destiné en priorité à améliorer le fonctionnement institutionnel de l’Union européenne, n’effacera pas la crise identitaire qui s’est exprimée dans les deux « non » français et néerlandais de 2005, d’autant plus qu’il sera ratifié par voie parlementaire. L’Europe risque d’être encore perçue comme la construction d’une élite, insuffisamment à l’écoute des attentes des citoyens et incapable de les préparer aux défis de la mondialisation.

Pour créer un nouvel élan européen, il faut un projet concret, qui rende l’Europe visible aux citoyens et qui contribue à fonder une identité commune : la construction européenne s’est bâtie à l’origine autour d’un idéal unificateur et pacificateur ; maintenant que la paix est confortée sur son territoire et que l’unité d’Europe est presque achevée, il faut une nouvelle ambition commune.

Or, les peuples européens sont liés par un héritage culturel, issu de la tradition médiévale, humaniste et des Lumières. C’est dans l’Université que s’est formée cette identité culturelle et que l’on a pu cultiver ce qui a fait la force des Européens : le goût des sciences et l’esprit d’innovation.

L’Université est également un lieu ouvert, « universel », où, à l’origine, la circulation des personnes et des idées se faisait naturellement : voulant renouer avec cette tradition, Erasmus a stimulé la mobilité des jeunes et leur a permis de connaître d’autres façons de vivre, de penser et d’étudier.

La création d’une Université de l’Europe permettra de prolonger cette expérience, en bâtissant - tout en respectant et valorisant les identités nationales - un sentiment d’appartenance à un ensemble plus vaste. Enfin, ce projet contribuera à renforcer l’Europe de la connaissance : objectif qui a été intégré dans les stratégies communautaires depuis une dizaine d’années, du processus de Bologne à celui de Lisbonne, en mettant l’accent sur la formation tout au long de la vie, l’excellence et le rayonnement international de nos universités.

Qu’est-ce que l’Université de l’Europe a de plus à offrir par rapport aux expériences de Florence et Bruges ou aux universités traditionnelles ?

D’abord, elle sera fondée sur un principe de gratuité, grâce à l’octroi d’un nombre important de bourses de différentes origines : Erasmus, Héraclite (une bourse pour la formation continue qui pourra être créé au niveau européen), nationales ou d’entreprise. Ceci permettra non seulement de stimuler l’ascenseur social sans entraver la recherche de l’excellence, mais donnera aussi un contenu concret à la politique de voisinage et au partenariat euro-méditerranéen, grâce à l’ouverture aux étudiants non communautaires.

Ensuite, l’enseignement y sera multidisciplinaire : il n’y aura pas de facultés, mais trois collèges (sciences de la matière, du vivant, de l’homme), permettant des parcours individualisés et originaux. L’Université de l’Europe visera un équilibre entre spécialisation et ouverture, entre sciences et savoirs professionnels, et valorisera l’interaction entre étudiants et enseignants. L’organisation devra être souple, les chaires pouvant être spécifiquement conçues pour un chercheur qui ait fait preuve d’excellence.

La formation délivrée sera de deux types : doctorats et post-doctorats, mais aussi masters professionnels, répondant à une double exigence de formation tout au long de la vie et de mobilité pour ceux qui n’ont pas pu bénéficier d’Erasmus.

Cette Université de l’Europe sera accompagnée d’un réseau d’universités d’excellence, autonomes dans la gestion de leurs budgets et dans la définition des programmes et délivrant des diplômes reconnus au niveau européen.

Pourquoi établir cette Université en France et à Strasbourg ?

Il y a d’abord une raison symbolique : Strasbourg représente la réconciliation européenne et la France incarne une tradition universitaire fondée sur la notion de bien public et le lien étroit entre recherche et enseignement.

Plus concrètement, en reprenant les locaux du Parlement européen, on pourra faire des économies de temps et d’argent, en renforçant l’efficacité du processus décisionnel européen et en libérant des moyens financiers pour un projet d’envergure. Cette initiative se fonderait néanmoins d’abord sur une coopération intergouvernementale, pour assurer une mise en place rapide ainsi que l’implication volontaire des Etats membres et de la communauté universitaire.

Ce serait pour la France, qui assumera en 2008 la Présidence de l’UE, l’opportunité de prendre les rênes d’un projet important, qui symboliserait le « retour de la France dans l’Europe ».

Illustration : couverture de l’appel réalisée par la Fondation pour l’Innovation Politique.

Vos commentaires

  • Le 6 décembre 2007 à 11:11, par Krokodilo En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Des cours dans quelle(s) langue(s) ?

  • Le 7 décembre 2007 à 19:59, par KPM En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Franchement, utiliser des locaux comme ceux du Parlement pour y mettre une université... je trouve cela déplacé et peu respectueux. D’ailleurs je n’ai pas très bien compris ce qu’une telle université apporterait de si innovant. Ca me semble plutôt un prétexte mal fagoté - et, pour tout dire, assez hypocrite - pour déplacer le Parlement à Bruxelles.

    Décidément je ne comprendrai pas cette tendance jacobine à tout vouloir centraliser à Bruxelles alors que la démocratie européenne est censée être fondée sur le fédéralisme et la séparation des pouvoirs.

    Il serait plus pertinent de libérer un peu de place à Bruxelles en remettant toutes les sessions parlementaires à Strasbourg. Et de lancer enfin la construction d’une ligne de TGV Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg.

  • Le 8 décembre 2007 à 10:45, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Où l’on découvre que la France (?) (et bon nombre de français, en tout cas...) sont visiblement complètement résignés à ce que le Parlement européen quitte un jour - prochainement - Strasbourg.

    Reprenant en cela les arguments des partisans de Bruxelles comme siège unique : un parlement itinérant, c’est décidément trop cher ; il vaut mieux tout regrouper à Bruxelles ; le projet européen (’’contre la guerre’’) ne saurait se résumer aux éternelles sanglantes (et désormais nombrilistes ?!) querelles franco-allemandes pour l’Alsace.

    Nb : le symbole ’’strasbourgeois’’ n’ayant - soit disant - absolument aucune valeur pour certains de nos partenaires (Grecs, Balkaniques, Baltes, Scandinaves, etc) : tous présumés complètement incapables de situer sur la carte d’Europe une ville de Strasbourg dont ils n’auraient - a priori - absolument rien à... faire, pour rester poli.

    Reste donc aux Eurorésignés à l’abandon de Strasbourg qu’à se trouver un projet de substitution (ici : une université européenne) qui leur permette d’effectuer une retraite honorable qui ne passe tout de même pas pour une lâche capitulation intégrale, piteusement acceptée en rase campagne, dans un climat de lâche abandon et de triste résignation.

    C’et vrai que l’Europe aurait sans doute besoin d’une Université européenne digne de ce nom (pourquoi pas à Strasbourg ?!). C’est vrai que les locaux du Parlement européen sont magnifiques et fonctionnels. M’enfin, utiliser les locaux du parlement européen pour y faire autre chose que la vocation politique (et démocratique) initiale de tels bâtiments (ici : des cours de fac...), ce serait un peu comme utiliser une Rolsce-Royce pour faire du ramassage scolaire : du gâchis à la hauteur des sommes d’argent public englouties (et des symboles politiques enterrés).

    Quant à la ville de Strasbourg, pour elle, c’est dramatique : voilà une charmante ville de province (de taille moyenne à l’échelle française, et de taille modeste à l’échelle continentale) qui n’a visiblement guère le choix que d’être capitale démocratique européenne ou trou perdu du monde : faute de volonté politique, faute de moyens financiers déversés aux bons endroits, faute également d’avoir pu obtenir (et faute d’avoir voulu investir dans...) les structures adéquates indispensables à ses ambitions ’’européennes’’ (véritable aéroport international, lignes ferroviaires, parc hotelier). Tout ça est infiniment triste, désolant, consternant... et montre à quel point la France prend l’Europe au sérieux (en fait, si peu...).

  • Le 8 décembre 2007 à 23:18, par Valéry En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Pourquoi « résigné » ? Je trouve que c’est une excellente idée. On n’est pas tenu de soutenir le couteux siège strasbourgeois du PE parce qu’on a un passeport français.

  • Le 10 décembre 2007 à 03:21, par yoplait En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Je me demande ce que les tenants du plurilinguisme véhiculaire vont nous trouver comme solution. Sachant que le monolinguisme anglais est exclu puisqu’il serait un pas de plus vers une Europe anglophone très éloignée du respect des cultures.

    Reste la solution d’un plurilinguisme rigide de quelques langues officielles. En ce cas, c’est encore un manque de respect envers les cultures relevant de langues moins prestigieuses ou parlées, et surtout, c’est la garantie de performances médiocres et d’un certain élitisme puisque maîtriser plusieurs langues à un niveau permettant d’appréhender l’université est une gageure.

    Mais je doute que cela suffise à la classe politique pour prendre le problème linguistique à bras le corps. Je parie mon chapeau que si université d’Europe il y a, université anglophone ce sera.

  • Le 10 décembre 2007 à 18:30, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Il est étonnant de voir à quel point ce ’’débat’’ sur le siège du parlement européen est régulièrement l’occasion d’un déluge de mauvaise foi, d’analyses unilatérales, de malhonnêtetés intellectuelles diverses et variées et de propos à sens unique...

    Ainsi on parle là (voir plus haut) du ’’couteux siège strasbourgeois’’ comme si le siège bruxellois ne l’était pas moins, couteux... (alors qu’en fait, ce sont les ’’transhumances’’ du parlement qui sont couteuses... et qu’il suffirait de le ’’baser’’ une bonne fois pour toutes à Strasbourg - ou Bruxelles, peu importe - pour qu’on cesse ainsi - effectivement - certains gaspillages...).

    De même, il est par trop commode, malhonnête et franchement de mauvaise foi d’affirmer que ceux qui défendent le siège de Strasbourg le font parce qu’ils ont un passeport français. Comme si c’était là, franchement, le noeud du problème !!! Comme si l’Alsace, terre entre deux mondes - germanique de culture, française par élection - n’en n’avait finalement pas assez souffert comme ça, de ce genre de considérations...

    Je ne connais que bien trop certains arguments - parfaitement acceptables - des partisans du ’’tout Bruxelles’’. Je m’en suis même fait (Cf. plus haut) l’avocat du diable. Mais je pense que les partisans du ’’tout Bruxelles’’ feraient tout de même bien de réfléchir à au moins trois arguments des ’’pro-Strasbourg’’.

    - 1- Dans l’opinion, Bruxelles est aujourd’hui fondamentalement impopulaire... plus encore que les gaspillages financiers dûs à ces ’’transhumances parlementaires’’. Et l’UE n’a absolument aucun intérêt psychologique à voir sa seule et unique institution véritablement démocratique (i. e : le Parlement) amalgamé à la ’’nouvelle Babylone’’ technocratique, bureaucratique et mercantile (i. e : la Commission).

    Car l’éventuel déplacement définitif du Parlement à Bruxelles nuirait dramatiquement à l’image de marque du Parlement européen sans pourtant jamais rien apporter de positif à celle - aujourd’hui profondément dégradée - de la Commission (même auprès d’européistes convaincus, pire encore auprès de nombreux fédéralistes...).

    - 2- La séparation des pouvoirs : l’exécutif à Bruxelles, le législatif à Strasbourg et le judiciaire à Luxembourg. Et le moins possible de relations intestines entre ces trois pouvoirs. (C’est pourtant pas plus compliqué que ça...). Comme en Afrique du sud (triangle institutionnel ’’segmenté’’ entre Prétoria, le Cap et Bloemfontein).

    - 3- Ceux d’entre les partisans de Bruxelles qui n’en n’ont décidément rien à cirer (pour rester poli) du projet politique idéaliste ’’européen’’ des Pères fondateurs, pour la paix (meilleur symbole : Strasbourg) feraient donc bien de préciser quel est donc leur projet politique alternatif. Si c’est seulement l’Europe du marché, pour le fric (tout ce que symbolise aujourd’hui Bruxelles ; à tort ou à raison, finalement peu importe...) : sans moi.

  • Le 10 décembre 2007 à 18:41, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Comment ça fonctionne à Bruges ?! Comment ça fonctionne à Florence ?!

    Pourquoi ne pas imaginer qu’il y aurait là des cours en anglais (effectivement), en français et en allemand (comme de coutume à Strasbourg), en italien, en espagnol... voire en polonais. Ainsi que des cours dans d’autres langues (voire de découverte de ces autres langues) selon la demande exprimée des étudiants inscrits.

    En tout cas, je n’ose imaginer pourquoi certains de nos habituels interlocuteurs vont bien évidemment rétorquer que tout ça n’est pas possible (car trop compliqué et je ne sais trop quoi encore...) : parce que le seule moyen d’essayer de faire avancer leurs idées, c’est d’utiliser l’anglais (honni ?!) comme d’un repoussoir...

    Quant au respect dû aux ’’petites langues’’ je ne vois décidément pas du tout où est le ’’respect supérieur’’ que leur témoigneraient - soit disant - vraiment tout ceux qui vont bien évidemment nous dire que le meilleur moyen de leur témoigner encore du respect est finalement de parler non pas ces langues mêmes, mais encore autre chose : à savoir l’espéranto, bien entendu.

  • Le 12 décembre 2007 à 10:27, par Franck Debié, Fondation pour l’innovation politique En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Comme indiqué dans le document téléchargeable sur le site de la Fondation, les cours seront assurés, dans un premier temps, en français et en anglais. Compte tenu de la position géographique de Strasbourg, ils pourraient aussi être délivrés en allemand. Il est bien évidemment impossible de dispenser le même cours dans les 23 langues officielles de l’Union, mais les étudiants auraient la possibilité d’apprendre les autres langues européennes. La pluralité linguistique est un facteur important pour un projet qui vise à créer une Université de l’Europe, qui soit un creuset de cultures et de nationalités. L’Université de l’Europe se veut en effet ouverte aux meilleurs étudiants européens, mais aussi de pays tiers, en particulier ceux de notre voisinage, afin de donner un contenu concret et visible aux différents partenariats. Pour rendre possible cette mobilité et rendre l’Université de l’Europe accessible à tous les étudiants de talent, indépendamment de leur origine sociale et géographique, il faudrait généraliser le système des bourses d’études. Un déménagement du Parlement européen à Bruxelles rendrait disponibles 250 millions d’euros par an, qui pourraient être réorientés vers le financement d’un nombre beaucoup plus important de bourses Erasmus et la création d’un nouveau régime de bourses (qu’on appellerait « Héraclite »), destinées aux professionnels en congé de formation continue. Enfin, ce caractère multinational doit caractériser non seulement la population étudiante, mais aussi le personnel enseignant et le conseil d’administration.

  • Le 12 décembre 2007 à 11:01, par Franck Debié, Fondation pour l’innovation politique En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Ce n’est pas un prétexte, c’est une opportunité. Le projet d’Université de l’Europe est né à la Fondation sur initiative de Bronislaw Geremek et Jean-Didier Vincent, sans autre arrière-pensée que de se mettre au service de l’identité européenne, qui nous paraît pour l’instant un peu en déserrance. Le site de Strasbourg nous a paru intéressant pour de multiples raisons, géographiques, culturelles et bien entendu économiques. Il est clair que si ce projet est prêt au moment où, ce qui paraît inévitable, le Parlement Européen quittera Strasbourg, plus pour des raisons de commodité et de budget qu’idéologiques, un projet d’Université du type que nous cherchons à définir est le seul qui puisse dignement remplacer cette institution.

    Sans vouloir choquer, je crois que ce n’est pas amoindrir l’un ou l’autre que de mettre le Parlement Européen et une grande Université sur un pied d’égalité. Au contraire, le but de ce projet est aussi celui de restituer à cette institution séculaire qu’est l’Université tout son prestige.

    En ce qui concerne le caractère innovateur de cette proposition, trois points méritent d’être abordés :

    1. il s’agit de mettre en place une nouvelle forme d’Université, qui, comme toute nouveauté, s’inspire d’un grand passé, celui des universités médiévales et du modèle humboldtien : pluridisciplinarité, souplesse, gratuité et mobilité en sont les mots d’ordre

    2. dans un moment où on parle de relancer la stratégie de Lisbonne, il est important de mettre l’accent sur ce qui en constitue un point central : le développement de la formation professionnelle (ce qui représente la principale différence par rapport aux Instituts européens de Florence et Bruges). Il ne s’agit pas de former des technocrates, mais des « ouvriers de l’Europe »

    3. l’Université de l’Europe ne constituerait pas juste « une université de plus », mais le nœud de communication nécessaire d’un réseau d’Universités européennes d’excellence, le lieu où échanger les expériences et diffuser les bonnes pratiques

  • Le 12 décembre 2007 à 11:55, par Franck Debié, Fondation pour l’innovation politique En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    La critique de Bruxelles comme siège du Parlement est pertinente mais le déplacement complet du siège à Strasbourg est politiquement et pratiquement impraticable. De plus, séparation des pouvoirs ne signifie pas l’isolement complet de chaque institution : législatif et exécutif, même dans un système fédéral et de checks and balances comme les Etats-Unis, travaillent ensemble, bien qu’indépendants l’un de l’autre.

    De toute façon, le système communautaire n’est pas fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs (le pouvoir législatif étant partagé entre les trois institutions et le pouvoir exécutif entre Commission et Conseil), mais sur celui de la recherche de consensus, qui implique une concertation permanente entre les différents acteurs. Le procédures décisionnelles ne se terminent d’ailleurs souvent pas par un vote formel, afin d’éviter de créer une majorité et une minorité (et donc des perdants et des gagnants). Le fait que parlementaires, commissaires et représentants des Etats membres se côtoient n’est pas source de corruption ou de conflits d’intérêts, mais au contraire gage d’une décision respectant les différents intérêts et sensibilités en jeux et limitant au maximum les occasions de conflit. Dan le cadre de ce concert précaire de nations que reste encore la symphonie européenne, il serait plus judicieux de ne pas briser ce mécanisme de recherche d’accord.

  • Le 12 décembre 2007 à 16:50, par KPM En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Allons, vous ne me ferez pas croire que cette initiative n’a pas pour but de saper un peu plus la légitimité du siège strasbourgeois du Parlement... sinon vous auriez développé votre projet sans vous soucier de son implantation. Or vous faites tout le contraire : réutiliser les locaux du Parlement de Strasbourg est presque votre principal argument - comme en témoigne votre choix de le mettre dans le titre même de votre initiative.

    Le siège strasbourgeois du Parlement est certes attaqué (avec l’aide toute particulière d’initiatives comme la vôtre), mais en aucun cas vous ne pouvez dire qu’il est inéluctable que le Parlement déménage, sauf à vouloir précisément agir en ce sens.

    Or, il me semble assez caractéristique d’une certaine idéologie - que je combats - que de considérer que les symboles ont moins de valeur que l’argent. Si encore il s’agissait d’un gouffre financier... même pas ! Et de surcroît, s’il s’agissait vraiment de faire des économies, on pourrait tout aussi bien supprimer plutôt les sessions bruxelloises, ce qui aurait l’avantage de ne pas toucher au symbole de la réconciliation franco-allemande et de maintenir (et même renforcer) une forte séparation des pouvoirs. Mais de cette éventualité, les pseudo partisans de l’économie ne veulent même pas entendre parler. Curieux, non ?

  • Le 12 décembre 2007 à 16:55, par KPM En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    « le système communautaire n’est pas fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs (le pouvoir législatif étant partagé entre les trois institutions et le pouvoir exécutif entre Commission et Conseil) »

    C’est fort regrettable, et cela participe de l’affaiblissement du Parlement devant les représentants des États et les haut fonctionnaires. Je crois justement qu’il faudrait au contraire renforcer l’indépendance du Parlement.

  • Le 12 décembre 2007 à 22:38, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Monsieur,

    Vous lire est un plaisir stylistique : vos propos sont tout à fait compréhensibles et votre argumentation est parfaitement claire. De plus, la création d’une Université européenne est effectivement un vrai grand et beau projet.

    Mais vouloir absolument la mettre en place dans les actuels locaux du parlement européen strasbourgeois est malheureusement l’une des plus mauvaises idées de la tristement longue histoire des très mauvaises idées.

    Supprimer le symbole ’’strasbourgeois’’, pour l’UE c’est - aux yeux de nos opinions publiques - se tirer dans le pied, sinon directement dans le coeur ou la cervelle (et l’UE actuelle en a-t-elle vraiment les moyens ?!).

    Pire encore, si c’est pour aller dans le sens et - en fait - faire plaisir à cette poignée de libéraux anglo-saxons et scandinaves qui, pour tout dire, n’en n’a en fait jamais rien eu à faire du projet initial d’ ’’Europe politique’’ des Pères fondateurs, n’ont de l’Europe qu’une vision comptable et mercantile strictement ’’utilitaire’’ (et qui, aujourd’hui, participent très largement à l’abandon des ambitions, à l’impuissance et au discrédit de l’actuelle Union européenne...).

  • Le 13 décembre 2007 à 12:51, par Franck Debié, Fondation pour l’innovation politique En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Tout à fait d’accord avec vous sur la nécessité de renforcer le rôle du Parlement européen dans le processus législatif. Ceci étant dit, cela n’est pas incompatible avec un déplacement du siège à Bruxelles

  • Le 13 décembre 2007 à 15:51, par Franck Debié, Fondation pour l’innovation politique En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Que la réconciliation franco-allemande et la pacification du continent ne soient plus le moteur de la construction européenne est un fait. On peut faire semblant de ne pas le remarquer, ou alors chercher un nouveau projet susceptible de mobiliser les citoyens européens. Il ne s’agit pas de « remplacer les symboles par l’argent », mais de trouver de nouveaux symboles qui parlent aux gens. L’Université, qui a longtemps été le lieu où l’identité européenne s’est formée, à travers les échanges d’idées et de personnes, peut en être un, pourvu qu’on parvienne à réhabiliter l’image de cette institution, affaiblie par les développement récents. C’est pour cela que le projet de l’Université de l’Europe met l’accent sur la gratuité et la généralisation des bourses (qui permettent de récompenser le mérite, au-delà des origines sociales et géographiques) et sur le lien entre recherche et enseignement.

    Quant au choix du siège de Strasbourg, il s’est imposé comme une évidence à la réflexion du groupe qui a lancé les bases du projet : bien que tout le monde ne se souvienne plus nécessairement de la raison, Strasbourg reste tout de même une capitale de l’UE. De plus, un projet, pour être réalisable, doit être réaliste et prévoir notamment ses moyens de financement : réorienter les inutiles frais de déplacement des parlementaires, de leurs assistants, du personnel administratif et des documents de travail est certainement plus aisé que de parvenir à un accord sur l’augmentation du budget européen. Cela ne signifie pas être partisans d’une Europe « utilitaire » ou « ultralibérale », mais au contraire vouloir renouer avec les ambitions originaires d’une Europe qui aille au-delà du simple marché unique (un extrait de l’appel : « L’idée de progrès s’est aujourd’hui essoufflée parce que personne n’a pris garde à en entretenir la flamme, la construction européenne s’étant plus préoccupée du marché et des institutions que de l’esprit européen »), tout en se donnant les moyens de réaliser cette ambition, plutôt que de rester dans le domaine des rêves et de réflexions abstraites.

    Certes, si, lorsque le projet parviendra a maturité, le Parlement sera encore partiellement installé à Strasbourg, l’Université de l’Europe devra se trouver un autre siège, mais cela signifierait mobiliser d’autres sources de financement. On pourrait effectivement faire les mêmes économies en supprimant les sessions bruxelloises, comme vous le suggérez. Il ne faut toutefois pas oublier que les sièges des institutions sont inscrits dans une décision prise d’un commun accord des représentants des gouvernements des Etats membres et qu’ils peuvent donc être modifiés seulement à l’unanimité. Or, comme mis en évidence sur ce même site dans un article de juin 2006 (« Pour un siège unique du Parlement européen : Bruxelles », de Anders Ekberg), la majorité des citoyens européens considère que le Parlement devrait siéger uniquement à Bruxelles. Il est vrai que Bruxelles est aujourd’hui impopulaire, mais ne serait-il pas souhaitable de changer cet état de fait (notamment en arrêtant de l’utiliser comme bouc émissaire pour des raisons de politique interne), plutôt que de s’y résigner ? Est-ce que le Parlement serait délégitimé par son installation à Bruxelles, ou au contraire cette institution, dont le rôle est renforcé par le Traité réformateur, apporterait à la ville une nouvelle source de légitimation ?

  • Le 13 décembre 2007 à 22:15, par KPM En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Au moins l’hypocrisie a cessé : vous vous positionnez clairement en faveur de la disparition du siège strasbourgeois et le regroupement de toutes les institutions à Bruxelles (Luxembourg est donc menacé également si je ne m’abuse).

    Vous aurez compris que je suis opposé à un tel changement, que je considère contre-productif et comme allant à l’encontre d’un rapprochement de l’Europe vers ses citoyens. Déplacer le Parlement à Bruxelles, c’est isoler un peu plus les institutions dans leur tour d’ivoire, petit îlot complètement déconnecté du terrain et où le monde est vu selon le prisme du Financial Times...

    C’est vrai, l’OTAN est proche à Bruxelles. Mais que les citoyens sont loin...

  • Le 14 décembre 2007 à 08:25, par Valéry En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Les citoyens ne sont pas plus loin de Bruxelles que de Strasbourg. Ton affirmation est parfaitement gratuite. Ce que les citoyens veulent c’est un Parlement qui travaille efficacement et qui contrôle au plus près l’action de la Commission et du Conseil.

    Luxembourg ne pose aucun problème puisque ne s’y trouve que des services administratifs et la cour de justice. En revanche les eurodéputés ont besoinde pouvoir rencontrer physiquement et fréquemment des personnes travaillant dans les autre sinstitutions et les représentants de la société civiles qui ont tous leurs sièges à Bruxelles, y compris notre association : va savoir pourquoi. Il se trouve que des factos les eurodéputés sont présents à Bruxelles la plupart du temps. il reste hjuste à mettre fin à ce nomadisme qui perturbe leur travail, coûte cher au contribuable, sans compter son empreinte écologique.

    Ce changement doit se faire par le haut. Transformer les locaux libérés en Université de l’Europe me semble le meilleur moyen de le faire. C’est aussi le point de vue de gand nombre de nos amis puisque c’est al position de notre association au niveau européen et celle d’eurodéputés proches de nos idées comme M. Cohn-Bendit.

  • Le 14 décembre 2007 à 09:31, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Il est intellectuellement excessif de présenter l’article (publié en juin 2006) intitulé « Pour un siège unique du Parlement européen : Bruxelles » (Anders Ekberg) comme exprimant qu’ ’’une majorité des citoyens européens considère que le Parlement devrait siéger uniquement à Bruxelles’’. Pour le savoir vraiment, faudrait-il qu’une vraie consultation démocratique ait vraiment lieu sur ce seul sujet.

    De même qu’il est franchement très malhonnête de laisser ainsi entendre que cet article (dont, voir ci-dessous, l’antithèse existe également sur ce même site...) révélerait un point de vue ’’officiel’’ sur cette question de la part de la part de la rédaction de ce webzine ou de la part des associations françaises et européennes dont il est l’émanation.

    Quant à l’opinion de la rédaction du webzine sur ce sujet, jusqu’à dernière nouvelle, soucieuse de liberté et de pluralité d’expression (ayant donc adopté un point de vue neutre sur ce sujet : ’’vivre et laisser vivre..’’), elle était néanmoins très partagée : entre partisans de Bruxelles (il y en a...), partisans de Strasbourg (il y en a aussi...), partisans du statu quo (itou...) et partisans (fatigués de la polémique et, parfois même, très remontés...) du ’’ras le bol de ce débat stérile qui ne mène décidément à rien’’.

  • Le 18 décembre 2007 à 11:00, par Nini En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    extrait de l’article cité : « Début mai, un sondage pan-européen montrait que 68% des personnes interrogées estimaient que le Parlement européen devait n’avoir qu’un seul siège - 76% d’entre eux optant pour Bruxelles. »...je ne suis pas très forte en math, mais 76% de 68% ça fait toujours la majorité ! Donc oui, cet article dit que la plupart des Européens sont favorables à un siège unique à Bxl.

    Après, c’est vrai qu’un sondage est juste un sondage et moi aussi je suis d’accord pour une consultation populaire sur le sujet...(j’aime bien l’idée des référendums européens mis en avant par le Mouvement européen à plusieurs reprises...) Par contre, je ne vois pas en quoi citer un article publié par le Taurillon implique soutenir que cela est sa position officielle...je trouve qu’entre Ronan et KPM, vous faites un peu trop de procès aux intentions...

    Je suis aussi d’accord avec Valéry pour dire que le Parlement européen ne serait pas plus proche des Européens juste parce qu’il passe quelques jours à Strasbourg (tout au plus, il serait plus proche des Français, mais, cela vous étonnera peut être, ce n’est pas la même chose)

  • Le 18 décembre 2007 à 18:44, par Ronan En réponse à : Appel pour une Université de l’Europe

    Je persiste et signe :

    - 1- Un sondage n’est effectivement qu’un sondage. Pour un changement de cet ordre, il faut une véritable consultation démocratique vraiment digne de ce nom. Nous vivons en Démocratie, pas en ’’sondageocratie’’.

    D’autant plus que j’ai de plus en plus le sentiment que nos contemporains se foutent finalement pas mal de ce genre de polémique... (ou disons juste que celle-ci n’est sans doute pas prioritaire). Je pense que nos contemporains seraient très certainement beaucoup plus intéressés par les fonds européens mobilisés pour atténuer les effets sociaux de certaines délocalisations (par exemple...) que par les ’’scandaleux’’ frais financiers que coûte l’actuelle transhumance parlementaire.

    - 2- Je maintiens qu’il est fort malhonnête de dire en substance ’’voyez, j’ai raison : puisque même votre webzine va jusqu’à publier tel ou tel article allant exactement dans mon sens’’, tout en passant sous silence - en même temps - l’existence d’articles défendant rien de moins que le point de vue pourtant diamétralement opposé. (Sans doute que notre invité ne connaît finalement pas le « Taurillon » aussi bien que ça...) (?!).

    - 3- Personne - en tout cas pas moi - ne prétend que le Parlement - où qu’il siège - serait ’’objectivement’’ plus ou moins ’’proche’’ des Européens, qu’il soit installé ici ou ailleurs. En revanche, je pense qu’en cas de transfert définitif du siège parlementaire à Bruxelles le ressenti de nos contemporains à cet égard serait absolument désastreux tant l’opinion publique (pour ce que j’en vois et pour ce que j’en entends tous les jours...) vômit aujourd’hui Bruxelles par un peu tous les trous. (Et de là à vouloir absolument tenter l’expérience ’’pour vérifier’’, franchement j’hésites...).

    - 4- Malhonnêteté, toujours (scandaleuse, d’ailleurs) : celle qui poussent certains à prétendre que les soutiens au siège parlementaire alsacien seraient exclusivement le fait de ’’crypto-nationalistes’’ français (ou, apparemment, tout comme...) avant toute chose soucieux de ’’garder le siège parlementaire à la maison’’. Pour ma part autant dire que je me fous pas mal que l’Alsace d’aujourd’hui soit française, allemande, encore autre chose ou tout simplement alsacienne, pourvu seulement qu’elle soit européenne. En d’autres termes : le symbole alsacien se suffit à lui-même (enfin : devrait...).

    PS : Quid de l’avenir de la Belgique et de Bruxelles ?! Je ne suis décidément pas sûr que le caractère ’’européen’’ de Bruxelles ne préserve encore longtemps cette ville des turbulences communautaires qui secouent actuellement le ’’plat pays’’’. Ne suis pas sûr non plus que le caractère ’’européen’’ des institutions communautaires siégeant dans cette ville ne lui fournisse pourtant jamais le ’’supplément d’âme’’ visiblement aujourd’hui nécessaire pour tenter de ressouder la Belgique.

    Moralité : je pense que - dans le contexte politique actuel - ceux qui souhaitent organiser un déménagement parlementaire définitif vers cette ’’destination-finalement-pas-si-paisible-que-ça’’ feraient sans doute bien d’y réfléchir à deux fois... (et d’attendre au moins de voir dans quel sens veulent bien évoluer les événements politique locaux en question...).

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