Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

Pour propos national-souverainistes et pour propos eurosceptiques.

, par Ronan Blaise

Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

Vainqueur de l’élection présidentielle polonaise du 18 octobre dernier, Lech Kaczynski, 56 ans, ex-maire de Varsovie, avait alors obtenu 54% des voix. Depuis lors, on assiste effectivement à une radicalisation droitiste de la vie politique polonaise. Autant de menaces pour l’engagement européen du plus grand des dix pays néo-entrants de mai 2004.

Suite à la réception récente de quelques courriels enflammés sans doute plus amusants que réfléchis (et parfois plus bêtes que méchants...), nous rappellons tout d’abord à nos éventuels lecteurs que la rubrique ’’Carton rouge’’ du webzine « Taurillon » n’a bien évidemment pas pour objet de demander arbitrairement l’exclusion de la vie politique des personnes ainsi ’’stigmatisées’’ par le dit ’’carton’’. Mais juste à manifester et signifier notre simple désaccord politique avec la dîte personne (et rien de plus...).

Et ce, de façon aussi fondée que possible et pour des raisons politiques précises, détaillées et argumentées que nous estimons être -nous aussi- en droit d’exposer librement sur la scène publique dans le cadre d’un débat toujours courtois, mais aussi libre et -bien évidemment- pluraliste.

Une fois cela dit, autant passer aux choses sérieuses.

En effet, nous tenons donc à manifester ici notre profond désaccord politique avec M. Lech Kaczynski, Président de la République de Pologne depuis les élections d’octobre dernier.

De très nombreux motifs de désaccords :

En effet, il y a de nombreuses ’’petites choses’’ pour lesquelles nous sommes aujourd’hui en profond désaccord politique avec le nouveau résident du Palais du Belweder.

Ainsi, nous aurions très bien pu évoquer l’alliance électorale récemment conclue par le parti de Lech Kaczynski (PiS / ’’Droit et Justice’’ / Droite conservatrice) avec des partis politiques cléricaux ultra-catholiques et populistes nationalistes LZPR (’’Ligue des familles polonaises’’) et Samoobrona (’’Autodéfense’’) dont les dirigeants (les hommes politiques Roman Giertych et Andrzej Lepper) s’affirment eux-mêmes ouvertement eurosceptiques et national-souverainistes, viscéralement hostiles à tout éventuel projet d’intégration politique européenne.

Une Alliance électorale qui semble aujourd’hui ouvrir la voie à la mise en place d’une nouvelle ’’IVe République polonaise’’ d’Ordre moral, fondée sur un Etat fort et au service -unilatéral- des seules valeurs chrétiennes et traditionnelles les plus conservatrices. Une alliance parlementaire qui a récemment fait l’objet d’un article de la part de nos amis et partenaires des « Euros du village » (document publié dans nos colonnes, ce lundi 20 février 2006...).

Mais, sans même parler de ces projets d’orientation politique strictement intérieure, ce n’est malheureusement pas tout ce que nous pourrions éventuellement reprocher au nouveau président polonais comme en témoigne sa récente proposition de campagne électorale de rétablir la peine de mort en Pologne.

Nationalisme, Populisme, Germanophobie, Russophobie, etc

Des propos populistes et excessifs de surrenchère électoraliste qui l’ont aussi conduit à de très nombreuses déclarations publiques empreintes de germanophobie et de russophobie.

Instrumentalisant ainsi les souvenirs douloureux et mal cicatricés de la seconde guerre mondiale (allant jusqu’à évoquer la possibilité de demander à l’Allemagne libérale, pacifique et démocratique d’aujourd’hui de nouvelles réparations de guerre pour la destruction partielle de Varsovie, pendant le conflit...). Et jouant pareillement avec la crainte infondée de quelque hypothétique ’’droit au retour’’ (cause de quelque nouvelle spéculation foncière et immobiliaire...) pour les descendants des anciens résidants germanophones de Silésie et de Poméranie.

Quand il ne s’agit pas d’actes ou de propos ouvertement homophobes (puisque l’homosexualité étant, à ses yeux, ’’contraire à la nature’’, sic...). Par exemple, on se rappellera qu’au printemps dernier, en tant que Maire de Varsovie, il avait alors pris sur lui d’imposer en tant que premier édile de la ville la décision arbitraire - et pas franchement très libérale, on voudra bien en convenir - de faire interdire la ’’Gay pride’’ alors pourtant prévue de longue date. Et l’on aurait aussi pu évoquer les récents et ridicules propos échangés sur l’éventuelle interdiction de la fête ’’non-chrétienne’’ d’Halloween !

Bref : autant de propos démagogiques et populistes où on l’aura vu - par pure stratégie politicienne - exploiter les peurs, attiser les tensions, diviser pour régner et spéculer sur les rancoeurs : pour se hisser ainsi plus facilement jusqu’au sommet du pouvoir.

De nombreux propos eurosceptiques :

Mais aussi, sans même parler de tout cela, nous pourrions très bien adresser l’un de nos fameux cartons rouges à M. Lech Kaczynski. Ne serait-ce que pour son Euroscepticisme déclaré, tout récemment encore exprimé.

En effet, lors d’un sommet ’’polono-tchèque’’ qui s’est récemment tenu à Prague, ce vendredi 17 février 2006, les présidents de la République tchèque et de la Pologne ont souhaité -à l’occasion d’une conférence de presse commune- que l’Union européenne élabore un nouveau projet de Constitution qui soit en fait plus conforme à leurs aspirations que l’actuel TCE encore en discussion ici ou là (la Belgique et l’Estonie ayant finalement adopté ce document, ces tous derniers jours...).

Lors de cette fameuse conférence de presse, le Président tchèque Vaclav Klaus (dont nous avions déjà parlé lors d’un ’’carton rouge’’ précédant...) avait déclaré à propos du TCE : "Aucun d’entre nous n’est un fan de ce document". Soulignant qu’après son rejet dans les référendums aux Pays-Bas et en France on devrait finalement le remplacer par un autre document. Et plaidant alors pour - qu’à la place du TCE - soit élaboré un nouveau texte qui "définisse mieux, et de façon plus réfléchie, l’avenir du continent européen". Et Lech Kaczynski alors de surrenchérir ainsi qu’ "Il est nécessaire de commencer à travailler sur un nouveau projet, et plus tôt sera-t-il prêt, mieux ce sera".

Jusque là apparemment rien de bien grave en l’occurrence, sauf si l’on se penche attentivement sur les propos des deux présidents tchèques et polonais : propos hostiles par principe à toute union européenne un temps soit peu supranationale. Et qui vont tous, malheureusement, dans un sens bien évidemment eurosceptique et antifédéraliste, bien entendu...

Haro sur le TCE !

En effet, le Président polonais a alors émis l’opinion comme quoi le TCE était une idée beaucoup trop avant-gardiste pour notre temps (puisque se référant à une communauté politique européenne à ses yeux inexistante, voire non souhaitable...).

De même, le Président polonais a pareillement déploré le fait qu’avec ce TCE, risquait d’être mise en place une structure supranationale dont il a cherché à souligner le caractère prétendument despotique en la qualifiant de ’’super Etat’’ (puisque projet politique imposant aux citoyens beaucoup plus d’intégration qu’ils ne sauraient jamais être en état d’accepter...).

Enfin, quitte à parler d’intégration européenne, juste souligner que le Président polonais ne semble l’envisager que dans certains domaines limités mais qu’il juge lui-même secondaires (comme une éventuelle politique commune de l’énergie ou de la recherche scientifique, par exemple).

Préconisant ainsi la mise en place d’une ’’Europe à la carte’’ où l’Union européenne n’aurait plus guère que des compétences extrémement limitées et serait mise à la remorque d’Etats membres gardant en fait toutes cartes en main (et, bien entendu, toute souveraineté...) sur l’essentiel des sujets jugés par eux seuls comme étant les plus importants.

Des raisons très claires et très précises d’être -donc- en désaccord :

Bref, il nous a semblé juste et fondé de ’’décerner’’ un nouvel exemplaire de nos cartons rouges aux actuels dirigeants tchèques et polonais en général (et aux présidents Vaclav Klaus et Lech Kaczynski en tout particulier, donc...).

La proximité des vues des deux chefs d’Etat est en effet évidente : non seulement ils partagent visiblement une même attitude critique vis-à-vis de la forme actuelle de l’intégration européenne mais aussi ils estiment que le projet de Traité constitutionnel pour l’Europe menace la souveraineté bien entendu ’’spirituellement supérieure’’ et bien évidemment ’’inaliénable’’ de leur pays.

Un carton rouge qui se justifie donc de notre point de vue pour la simple et bonne raison que MM Vaclav Klaus et Lech Kaczynski nous semblent désormais décidément être tous deux sur la même longueur d’ondes pour, tentant de tirer parti des « NON » français et néerlandais à la Constitution (et faute de plan B...), nous proposer aujourd’hui quelques nouveaux plans « D » ou « R » : avec un D comme démantèlement (ou déconstruction, européenne), voire avec un R, comme recul (ou régression, historique...).

Sources :

- Entre autres choses, on se reférera à l’article de presse diffusé ’’on line’’ et intitulé ’’Les Présidents polonais et tchèques demandent la révision de la Constitution européenne’’ : une récente dépêche de presse du journaliste Vaclav Richter, document daté du 20 février 2006, à lire en français sur le site de « Radio Prague international » (www.radio.cz/fr).

- Par ailleurs, pour ce qui est plus précisément de la vie politique actuelle en Pologne, on lira avec attention le récent n°797 (du 9 au 15 février 2006) du magazine hebdomadaire ’’Courrier International’’ (www.courrierinternational.com), dont le dossier de couverture est tout spécialement consacré à cette question : ’’Pologne, laboratoire de l’ordre moral’’.

En savoir plus, sur Wikipedia :

- Biographie de Lech Kaczynski
- Le Parti Droit et Justice
- La Pologne

Photo : source : www.prezydent.pl

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Vos commentaires

  • Le 21 février 2006 à 20:58, par Laurent BONSANG En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Bravo pour cet article.

    Il est bien malheureux de voir que la Pologne est dirigée par de tels personnages.

    Toutes les déclarations du nouveau président de la Pologne sont en réalité d’une évidente cohérence tant au niveau de ses idées anti-européennes, que ses idées rétrogrades sur les questions de société (d’ailleurs, lorsque l’on relit la Charte des droits fondamentaux, nous ne pouvons que constater que L Kaczynski s’y oppose ouvertement de par ses déclarations) dans une vision nationaliste de la politique

    Ceci m’ammène à une simple remarque qui me rappelle la campagne référendaire sur certains arguments des tenants des non au TCE notamment sur la laïcité ou sur l’avortement.

    Comment avec de tels nouveaux leaders en Pologne pourrions-nous avoir ne serait-ce que ce qui est inscrit dans le TCE et qui était un équilibre ?

    Nous ne pouvons que constater l’absence assourdissante des élites du non à gauche qui se disait si européen sur cette question... comme sur tant d’autres...

    qu’en penses donc nos chers Mélanchon, Fabius, Emmanuelli ?

    silence à l’horizon car le plan « B » si vertueux existe en réalité... il existe par son inexistance qui est en définitive le réel projet européen des élites des non... car comme nous l’indiquions en mai dernier, le non regroupe l’extrême-gauche, l’extrême-droite, les souverainistes de droite et de gauche et des personnes qui par ambition personnelle se sont déclarés pour le non.

  • Le 21 février 2006 à 22:28, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Tels sont effectivement les étonnants paradoxes des tenants du vote « NON » : brandi alors au nom de ’’plus d’Europe’’, il risque en fait d’être aujourd’hui instrumentalisé par des eurosceptiques... et de nous faire ainsi aboutir, à terme et en définitive, à ’’moins d’Europe’’ !

    Un plan B comme Bérézina donc, en somme...

    Sur l’actuelle faillite conceptuelle des prétendus ’’fédéralistes’’ du camp du « NON » prospérent en fait ainsi, aujourd’hui, d’authentiques eurosceptiques national-souverainistes. Qui sont bel et bien les seuls vrais gagnants des scrutins du printemps dernier. Et qui -tels MM. Klaus et Kaczynski- tentent actuellement d’imprimer leurs marques au débat européen d’aujourd’hui.

    Avec, dans leur musette, un plan R comme régression, un plan D comme déconstruction...

    Qu’en pensent donc aujourd’hui nos chers Emmanuelli, Mélenchon, Fabius, etc. qui nous conseillaient alors de voter « NON » au nom de ’’plus d’Europe’’ ?!

    (Ronan)

  • Le 22 février 2006 à 04:42, par Konrad Florczak En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Rappelons que Kaczynski a été démocratiquement élu. Avec, comme candidat au deuxieme tour, Donald Tusk, droite libérale (qui n’a pas d’équivalent en France).

    Donc on ne peut que constater que c’est le choix des polonais, sachant que la campagne qui l’a menée ne cachait en rien ses plans pour les cinq années à venir.

    Que faut-il en conclure ? Que les polonais sont ouvertement anti allemand et anti russe, comme les français sont anti americains ? Que les polonais sont très catholiques (99% de la population) et donc anti gays ? Je pense que oui. La Pologne a une histoire chaotique et compliquée, qui fait d’elle un pays à part en Europe.

    Depuis quelques années, elle a décidément montré qu’elle voulait être dans le camp des libéraux en Europe, avec l’Angleterre, l’Irlande et l’Espagne, tout en copinant avec les USA comme le fait par exemple les deux pays anglos-saxons. Tout en donnant un souffre chrétien sur l’Europe en disant : « regardez nos valeurs, elles nous ont permises de survivre les nazis, le communisme et peut-être que ça serait pas mal de prendre certaines de nos idées. »

    Doit-on les blamer pour cela ? Après tout que pensent-ils de nos problèmes de banlieux ou les voitures brulent ? de notre problème avec l’économie désastreuse qui va endetter à vie nos enfants et petits enfants. Est-ce qu’ils nous critiquent comme nous le faisons depuis quelques semaines. Je ne le pense pas.

    On a toujours tendance à donner des leçons en projettant les autres populations à notre image.

  • Le 22 février 2006 à 08:31, par vxl En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Ce n’est pas parce qu’un choix est démocratique qu’il est incontestable.

    Ce n’est pas non plus parce que l’on est catholique que l’on est anti-gay. De nombreux catholiques acceptent de vivre selon la loi commune et de ne pas imposer leurs croyances à la société. Sans comptes les personnes qui sont à la fois gay et catholiques. Il se trouve que l’on constate en Pologne une influence importante d’une Eglise conservatrice sur la société qui nous impose un devoir de vigilance afin que cette influence en déteigne pas sur le reste de l’Europe.

    Enfin, tu as raison de dire qu’il faut se méfier avant de donner des leçons : lors de la dernière élection présidentielle, les votant ont donné 24,79 % à l’extrême droite et aux populistes (Le Pen, Megret, St.Josse+ Boutin) et 19,14% à l’extrême gauche communiste et nationaliste (Laguiller, Besancenot, Chevénement, Hue, Gluckstein). Il y a donc aussi des raisons d’avoir honte en France aussi, même si l’on en est pas à oir cesgens là au pouvoir comme en Pologne.

  • Le 22 février 2006 à 10:31, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Et rappelons juste qu’au second tour des élections présidentielles polonaises du 18 octobre dernier, M. Kazcynski a été, certes, élu Président de la République de Pologne avec, c’est vrai, 54% des votes alors exprimés mais surtout avec un taux d’abstention frôlant les 50%.

    Ceci se produisant quelques semaines après les élections législatives du 24 septembre où le PiS a remporté, certes, 27% des voix (NB : et 24% pour l’OP libérale, 11% pour la SLD social-démocrate post-communiste, 11% pour les populistes de Samoobrona, 8% pour la LPR de la droite ultranationaliste et cléricale et 7% pour les agrariens du PSL) mais aussi avec un taux d’abstention battant là tous les records, puisque frôlant les 50% !

    Et qu’il me paraît donc vraiment très audacieux d’en conclure que les Polonais seraient massivement rangés derrière les seules thèses du PiS, quelles qu’elles soient.

    Pour ma part j’ai plutôt tendance à penser que ce n’est pas le cas et qu’il existe aujourd’hui en Pologne une majorité sociologique (malheureusement inexprimée lors des derniers scrutins) de démocrates libéraux (i. e : non nationalistes et non cléricaux).

    Un constat visiblement partagé par les dirigeants du... PiS eux-mêmes (!) puisque ces dernières semaines, mis en difficulté sur la question du budget 2006 (ce qui aurait normalement dû provoquer la dissolution anticipée de la Diète et des élections anticipées, au printemps prochain...) le PiS a préféré dénoncer unilatéralement son contrat de gouvernement antérieurement signé avec les Libéraux de l’OP pour finalement conclure une alliance idéologique de circonstances avec Samoobrona et la LPR.

    Et ce, plutôt que d’avoir le courage politique de revenir devant les électeurs...

    (Ronan)

  • Le 22 février 2006 à 14:56, par Konrad Florczak En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Vous faites bien de préciser dans quelles conditions honteuses se sont passées ces élections. Voici les principales raisons qui ont menées Kaczynski au pouvoir :

    -  L’abstention massive pour les mêmes raisons qu’en France (impression des politiques corrompues, ras le bol général)
    -  Donald Tusk a perdu les élections, alors que gagnants dans tous les sondages, car une campagne odieuse a été montée contre lui en lui rappelant ses origines kachoubes (partie ayant appartenu à l’Allemagne entre 1918 et 1945, le fameux couloir de Dantzig etc.) et le fait que son grand père était soldat de la Wehrmacht.
    -  L’appui du prêtre Rydzyk, faiseur de rois, qui lors de ses émissions de Radio Maryja (radio catholique écoutée par 3millions de dévots), poussait à voter pour Kaczynski
    -  Une campagne nettement plus dynamique que celle de Tusk, assez molle et trop élitiste.

    Le plus grand problème à mes yeux de la Pologne est sa partie rurale, qui représente plus de 20% de la population nationale (ceux qui vivent directement ou indirectement de la terre.) Cette partie de la population vivant loin des villes, a 50 ans de retard social (surtout des mœurs) par rapport à la ville. Elle est ouvertement anti-européenne, anti-juive (avec la rhétorique : ils contrôlent le monde, les banque, tout est de leur faute.), anti allemande et anti russe et très « valeurs chrétiennes ». Je ne veux pas stigmatiser cette partie de la population, mais cette constatation doit être faite et surtout expliquée en Europe. Il y a bel et bien deux Pologne, celle qui croit fermement en l’Europe, en l’avancée sociale, des mœurs et au libéralisme économique. Et une autre, nationaliste, ultra-catholique, donneuse de leçons. Les premiers ont eu du mal à se lever et aller voter alors que l’autre partie s’est précipitée dans les urnes.

    J’ai beaucoup de difficultés à faire des parallèles et à expliquer en quelques lignes la mentalité polonaise, qui différent beaucoup par rapport à la France, mais je dirais un ceci : « le patriotisme est l’amour des siens et la nationalisme la haine des autres », en Pologne il y a les deux exclusivement, les polonais sont fiers de leur pays et de leur histoire (Contrairement à une France en questionnement par exemple.)

    La Pologne le lendemain des élections s’est réveillée plus que divisée. Deux réactions possibles :
    -  La Pologne va perdre cinq ans et a raté l’occasion d’incarner le nouveau moteur européen, avec l’axe UK-Irlande-Espagne,
    -  Maintenant on va leur montrer à quel bois on se chauffe, on va pas se faire inonder de leur débauche occidentale de gays, de couple monoparentaux, recomposés, athées, sans espoirs etc

    Bien je pense que je vais arrêter là, en espérant avoir éclairci un peu le débat sur cette Pologne qui a fait un choix. Choix qui ne le plait pas particulièrement, car à mon avis elle se comporte comme un petit pays alors qu’elle aura pu devenir vraiment une grande nation économique et sociale, et ce, à très court terme.

    Gardons tout de même espoir pour les prochaines élections.

  • Le 22 février 2006 à 16:34, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Pan Florczak,

    Juste vous remercier pour ce nouvel apport factuel d’informations essentielles qui nous permettent d’y voir beaucoup plus clair dans ce dossier.

    Et juste vous rassurer quant à nos sentiments pour cette Pologne dont vous parlez si bien, avec honnêteté et distanciation, et dont nous espérons qu’elle pourra nous montrer, bientôt (et le plus tôt possible...), un visage plus ouvert, plus humain, plus généreux, plus ’’libéral’’ (au sens politique du terme), plus respectueux des libertés et des choix individuels, bref, en un mot comme en cent : plus européen.

    Amitiés européennes (et franco-polonaises).

    Ronan BLAISE (Rédacteur en chef)

  • Le 22 février 2006 à 22:04, par Ali Baba En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Il me semble que les propos traitant de la position ultra-catholique du président polonais (dans les premiers paragraphes) sont du ressort des opinions partisanes et que les JE ne devraient pas se prononcer sur un sujet comme celui-ci.

    Il y a bien assez à dire sur son nationalisme et son europhobie (comme le montrent la longueur des paragraphes consacrés) pour ne pas venir ajouter à l’article une coloration anticléricale qui n’a rien à y faire... Ou alors, je n’ai rien compris à la neutralité des JE.

  • Le 22 février 2006 à 22:35, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Certes l’association est neutre, mais les rédacteurs ont aussi leur sensibilité personnelle et - sauf à paraphraser les résolution de l’association à longueur d’article - ce qui risque de donner un résultat sans saveur - ces sensibilités transparaissent forcément dans les articles. Par ailleurs il y a une nuance entre anticléricalisme et réticences envers l’intégrisme et il est indéniable qu’il y a de l’intégrisme religieux en Pologne. À partir de là c’est clair on peut débattre. Je ne trouve pas pour ma part que Ronan fasse partciulièrement preuve d’anticléricalisme (si tu veux de l’anticléricalisme tu peux consulter mon blog perso).

    Toujours est-il est que le problème - en ce qui concerne la Pologne - c’est l’alliance avec l’extrême droite nationalisme et notre association s’est toujours engagée contre le nationalisme en général et l’extrême droite en particulier : nous avons manifestés devantl’ambassade autrichienen ou contre Jean-Marie Le Pen et je pense que nous recommencerons. ce qui est étonnant c’est au contraire le manque de réaction contre ce qui se passe en Pologne. Banalisation ?

    Enfin, et pour préciser, nous ne sommes pas une association « neutre » : la moitié du pays n’approuve pas nos choix - mais transpartisane, nuance. Il est vrai que nous devons éviter de nous diviser sur des thèmes non essentiels : celui qui croit à Dieu et celui qui n’y croie pas ont tous leur place dans l’association... à condition qu’ils croient à l’Europe ! et là ce n’est pas le cas.

  • Le 23 février 2006 à 00:04, par Simon K. En réponse à : Carton rouge...

    Etant polonais, je voudrais tout simplement ajouter quelques réflexions et remarques en rapport à cet article et contribuer par là, je l’espère, à la richesse du débat européen.

    Tout d’abord, il me parait fondamental de rappeler qu’en Pologne, nous avons bel et bien une inversion des valeurs par rapport à ce qui se pratique en France. Pour l’écrasante majorité des polonais, le « socialisme » ainsi que le « communisme » étaient pendant très longtemps les synonymes d’occupation et de destructions des libertés civiles et individuelles. Par contre, ce sont les mouvements chrétiens, en particulier catholiques, qui se battaient en première ligne – et ceci pendant plusieurs décennies – pour les droits de l’homme (avec leurs membres persécutés, mis en prison, parfois tout simplement tués, comme le fameux prêtre Popieluszko)…

    Ensuite, je serais extrêmement prudent dans le classement des polonais en tant que germanophobes et/ou russophobes, au risque d’être pris pour un cynique… Il faut quand même rappeler un peu d’histoire : pas moins de 3 millions des Polonais tués par les Allemands pendant la 2ème guerre mondiale (à côté des 3 autres millions des Polonais d’origine juive, ce qui donne en tout 6 millions des personnes en moins de 6 ans, soit 20% de la population), destruction de l’héritage culturel sans précédent (sous prétexte de l’infériorité des peuples slaves et juifs), exécutions massives et planifiés des professeurs et d’intelligentsia, tant par les occupants Allemands que les Russes (notamment 15000 officiers polonais tués par les communistes de l’Union Soviétique en espace de quelques semaines), puis 45 ans d’occupation soviétique (avec la poursuite de la dévastation économique du pays)… On ne va même pas s’occuper ici de l’histoire du 19e siècle, quand le pays était occupé par la Prussie et Russie avec les politiques de germanisation et de russification particulièrement odieuses…

    Il convient également de noter quelques erreurs manifestes, lorsque l’auteur parle du spectre des « nouvelles réparations de guerre » (puisque la Pologne n’a jamais reçu des quelconques réparations liées à la 2e guerre mondiale (sic !)) et de « destruction partielle de Varsovie » (en effet, la destruction de la ville était quasi complète (plus de 90% des bâtiments rasés au sol après le soulèvement de 1944 (une année après le soulèvement de ghetto), où plus de 200’000 personnes ont été tués, y compris les femmes et les enfants)).

    Voilà pour cette petite mise en perspective, j’espère que les lecteurs (ainsi que l’auteur de l’article) les trouverons utiles dans l’avancement de la compréhension entre les peuples de notre continent…

    Je m’arrête là, puisque mon message précédent (envoyé il y a plus de 12 heures) n’est apparemment pas accepté par la rédaction du Taurillon en raison de sa longueur. J’ose croire que la personne responsable pour la gestion des commentaires sera plus clémente avec moi cette fois-ci :-).

    Construisons l’Europe commune, mais construisons-la sans les préjugés ! Cordiales salutations, Simon K.

  • Le 23 février 2006 à 02:31, par Ali Baba En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Si les rédacteurs expriment leurs opinions personnelles dans les articles, il faudrait peut-être alors éviter de les présenter comme la position de l’association (usage de « nous » au lieu de « je », notamment).

    Par ailleurs, je me fais l’avocat du diable mais en quoi la volonté de parvenir à une Europe fédérale devrait-elle être incompatible avec l’extrême-droite ? L’existence de partis comme Alsace d’Abord semble plutôt prouver le contraire.

    Pour ce qui est du terme « neutre », on peut discuter de son sens. Pour moi la neutralité n’est jamais absolue mais relative. Or étant donné que cet article est publié icitte, il me semble naturel de considérer que les prises de positions europhiles sont neutres vis-à-vis du reste de l’association. Sinon, la Suisse n’est pas neutre, puisqu’elle est de facto capitaliste et pacifiste. La Suisse non neutre ? on remettrait là en cause une vérité multiséculaire ! ;-)

    Bref, pour moi « neutre » ou « transpartisan », c’est bonnet blanc et blanc bonnet dans le contexte de cette réaction.

  • Le 23 février 2006 à 07:45, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Je crois que Ronan parles toujours de lui à la seconde personne du pluriel :-P

    Par ailleurs nous précisons bien que les articles ne refltent pas les positions de l’assiation. Il s’agit d’une publication sur l’Europe écrite par des membres de l’association - mais pas seulement - et qui en ce sens reflète globalement les opinions de l’association - mais pas nécessairement systématiquement. nous sommes entrain de finaliser la charte éditoriale et on pourra en discuter. Si les rédacteurs sont tenus de respecter - dans le détail - le positions officielles de l’association qui édite ce blog - elle sera beaucoup mopins réactive - d’autant plus que nous sommes loin d’avoir des positions sur tous les sujets. Publication officielle, certes, maispas journal officiel : uatant publier directement les résolutions, mais on le fait déjà :-)

    Enfin, quant à l’extrême droite, ous nous y opposons comme à tous ceux qui combattentl’objet social de l’association, c’est à dire tous les nationalistes (les partisans de l’État nation). Qu’il existe une extrême droite régionaliste ou séparatiste ne change rien à celà et le principe du « France d’abord » ou de « Alsace d’abord » sont tous deux incompatibles avec nos convictions (et là le ’nous’ est collectif puisque l’association souhaite une Europe solidaire).

    Enfin je reviens sur la « neutralité » : nous nous sommes engagés en faveur du « oui » à l’Union européenne en 1992 et du « oui » au traité constitutionnel européen : nous ne sommes donc pas neutres, nous nous positionnons simplement sur un clivage qui ne recoupe pas les clivages qui structurent habituellement la vie politique - et de ce fait nous sommes transpartisans. Sur le reste - et on le voit souvent - nous ne nous prononçons pas - et ne sommes pas d’accord entre nous. C’est le as même pour certaines questions européennes comme la question des frontières. Cela ne doit pas dire à mon avis que l’on n’en parlera pas mais que l’on publiera - peut être - plusieurs points de ve.

    Le positionnement est en effet « neutre » en ce qui concerne le clivage droite / gauche même si individuellement des opinions voire des engagements. C’est cela qui nous permet de promouvoir nos objectifs de façon indépendante sans influence des obkectifs tactiques de tel ou tel parti. Ainsi nous nous permettons de critiquer els responsables politiques qui contribuent à la confusion du débat européen quel que soit son appartenance - nous l’avons fait à plusieurs reprises dans ces colonnes - nous nous permettons aussi - et j’en suis désolé pour eux - de considérer que l’Europe devra être au coeur des engagements des candidats aux différentes élections de 2007, même si certains partis aimeraient que l’on oublie très vite la question constitutionnelle et les autres enjeux européens. Mais bien sur l’association en tant que tel - pas plus que cette publication ne se prononcera en faveur de tel ou tel candidat.

    à très bientôt !

  • Le 23 février 2006 à 07:56, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Carton rouge...

    Ce que nous contestons c’est l’extrême droite et le nationalisme. Le problème de la Pologne, comme de l’Autriche ou même de la France et des Pays-Bas, c’est que l’extrême droite - et donc les nationalistes les plus radicaux - pèsent considérablement - en raison de facteurs variés, essentiellement sociaux-économiques.

    Toute compromission des partis de gouvernement « modérés » est une victoire de plus pour les extrémistes et doit à ce titre être condamnée.

    Quant à la religion, le problème n’est pas la question des valeurs : il est vrai que les Églises proclament souvent des valeurs qui sont universelles (et dont elles ne sauraient bien sur revendiquer l’exclusivité) mais ont aussi des idées qui ne le sont pas et qui sont l’objets de débats politiques légitimes. Vouloir les imposer aux autres citoyens par l’intermédiaire de la loi est assez contestable quant on est attaché aux libertés individuelles. Beaucoup des Pères de l’Europe étaient des croyants mais ils n’ont pas dans leur projet imposé leur religion. Il se trouve que l’idée de la construction européenne est au croisement de la démocratie-chrétienne et de la social-démocratie, un point de convergence qui a en commun la reconnaissance de la nécessité de mettre fin à nos conflits en respectant les différences de chaque pays tout en apprenant à construire ensemble.

    La laïcité, c’est en effet à mon sens une question nationale : à chacun sa came. Elle n’a pas de ce fait à figurer nécessairement dans un texte européen, pas plus qu’une référence à des croyances individuelles.

    Enfin tes références à l’Histoire ne nous apprennent rien de nouveau (tu oublies de mentionner la "pause" dans l’avancée de l’armée rouge pendant la répression à Varsovie) : dois-je te rappeler que l’on ne fait la paix qu’avec ses ennemis, que l’idée même de construire l’Europe consiste à apprendre à vivre ensemble avec d’anciens adversaires. Quelque soit les souvenirs historiques que l’on ait, il est indispensable de maintenir leur souvenir justement pour que cela ne se reproduise pas et donc construire un nouvelle relation avec les peuples voisins que l’on a combattu autrefois.

    Je partage pour ma part la détestation du communisme (que le Conseil de l’Europe condamne aujourd’hui, enfin, officiellement au même titre que les autres totalitarisme : voir le carton rouge à Mikis Theodorakis). Mais cela n’excuses pas l’amalgame avec tous ceux qui cherchent à améliorer les droits des salariés. On peut être plus ou moins partisan d’une économie libéralisée ou plus ou moins partisan de la social démocratie, et cela n’a rien à voir avec l’histoire mais simplement avec une analyse de la situation économique et sociale et des moyens de la faire évoluer. Les manipulation de l’histoire dans un but politique sont à mon sens des dérives inquiétantes. Car l’on doit tirer des leçons de l’histoire et non pas la prendre comme prétexte de nouvelles erreurs.

  • Le 23 février 2006 à 10:46, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge...

    Etant moi aussi d’origines polonaises (entre autres...), je crois que je peux moi aussi répondre à ce courriel.

    Il me paraît ainsi faux, entre autres choses, d’affirmer que la Pologne n’a pas reçu de ’’réparations de guerre’’ à l’issue de la seconde guerre mondiale.

    En effet, la Pologne a bien reçu des réparations de guerre : en nature.

    A savoir (conformément même, d’ailleurs, aux revendications territoriales produites par le gouvernement polonais en exil, à Londres, thème d’études de deuxième cycle universitaire pour ce qui me concerne...) : les fameux ’’territoires recouvrés’’ de Poméranie, de Silésie et du pays de Lubush et de Prusse orientale (’’notre’’ Mazurie) sur lesquels la Souveraineté polonaise ne s’était (dans certains cas, parfois) plus exercée depuis près de mille ans (en disant cela je pense, en tout particulier, à certains territoires de la Poméranie...).

    Le problème étant que, l’URSS stalinienne s’étant alors unilatéralement emparée des territoires (polonais) orientaux (’’kraje wschodne’’) de Podolie, Podlachie, Polésie, Volhynie (etc), l’octroi des ’’territoires recouvrés’’ (’’ziem odzyskanych’’) fut perçue par l’opinion polonaise comme une seule ’’compensation’’ de ces pertes récentes et non comme la stricte ’’réparation’’ qu’elle était juridiquement parlant (ce qui fut pourtant -au regard du Droit international- le seul véritable justificatif juridique de ce transfert de souveraineté sur ces territoires, de l’Allemagne vers la Pologne...).

    Mon seul regret véritable, dans cet article, c’est d’avoir effectivement parlé -à propos de Varsovie- de ’’destruction partielle’’ alors qu’il s’agit bien effectivement de ’’destruction quasi totale’’.

    A ce propos je veux bien admettre cette plus qu’erreur rédactionnelle (et éventuellement présenter mes excuses à ceux qui en auraient été blessés), erreur qui est davantage une erreur ’’stylistique’’ que l’expression d’un quelconque jugement ’’personnel’’ ou d’une quelconque opinion ’’qualitative’’ sur la question.

    Cependant, ne nous méprenons pas - s’il vous plaît - et n’attribuons pas la responsabilité de ces destructions du passé aux allemands d’aujourd’hui :

    le seul véritable responsable des crimes du passé, ce n’est ni le Polonais, ni l’Allemand (et encore moins le ’’Polak’’, encore moins le ’’Prusak’’ ou ’’cafard prussien’’ comme on l’a encore très récemment dit chez nous dans la bouche d’(ir)responsables politiques de premier plan).

    Non, le seul et unique responsable de tous nos malheurs, c’est le Nationalisme.

    (Ronan)

  • Le 23 février 2006 à 12:13, par Simon K. En réponse à : Carton rouge...

    Je vous remercie à tous les deux d’avoir pris la position par rapport à ce que j’avais évoqué dans mon commentaire ci-dessus. Je me permets néanmoins de garder quelques réserves, qui résultent tout simplement d’une vision d’Europe et de sensibilité politique peut-être légèrement différente des vôtres.

    Tout d’abord, je suis quand même gêné lorsqu’on se concentre sur le soi-disant l’extrémisme de droite. Je crois qu’il serait plus approprié de parler tout simplement des « extrémismes » tout court, puisque dans le monde politique d’aujourd’hui, surtout dans le monde politique polonais, les étiquettes de « droite » et de « gauche » sont très arbitraires. A cela j’ajouterais encore que, à mon sens, parler de l’extrême droite dans le contexte de nationalisme est fondamentalement faux (puisque le nationalisme est le plus souvent (voir p. ex. l’Allemagne Nazie et le « Nazionalsozialismus ») associé à des politiques d’interventionnisme étatique très profond, quelque chose que la droite (dans son sens le plus basique) abhorre et combat). Mais je sais que corriger les expressions encrées dans la conscience publique est une tâche particulièrement ingrate, surtout lorsqu’il y a des enjeux politiques là-dedans.

    Ensuite, quant à l’idée générale d’« apprendre à vivre ensemble avec d’anciens adversaires », je suis le premier à la soutenir. La question est pourtant plus complexe que cela : en effet, il faut se poser la question sur quelles bases devrait se faire ce nouveau modus vivendi et quels sont les problèmes ouverts qu’il faut encore résoudre. Rappelons ici (même si je risque d’entendre de nouveau que mes « références à l’Histoire ne nous apprennent rien de nouveau » ;-)) le courage et l’ouverture qui émanent de lettre de l’église polonaise de 1966, adressée aux Allemands, dans laquelle ils formulent les fameuses phrases « nous pardonnons et demandons le pardon ». D’autre part, il fallait attendre les années 1990 (sic !) pour que les Allemands acceptent (enfin !) la frontière sur l’Oder/Neisse et ne traitent plus la moitié du territoire polonais en tant que les « terrains sous l’administration temporaire polonaise ». Quant à votre formulation que « il est indispensable de maintenir leur souvenir justement pour que cela ne se reproduise pas et donc construire une nouvelle relation avec les peuples voisins que l’on a combattu autrefois », je pense que les actions de M. Kaczynski s’inscrivent très bien dans cette optique.

    En ce qui concerne les observations de M. Blaise, la problématique des « terres recouvrés » peut paraître complexe, mais c’est justement pour cette raison qu’il faut éviter les confusions. En effet, ces territoires ont été considérés initialement par les Russes comme « leur » compensation de guerre (en témoignent les transferts des usines entières de Silésie vers le territoire russe, sans que le gouvernement polonais n’ait un mot à dire). D’autre part, les frontières polonaises actuelles peuvent être interprétées comme le résultat d’un singulier « échange » que les Russes ont imposé aux Polonais (« vous nous donnez vos terrains à l’est, et, en échange, vous prenez les anciennes terres allemandes »). Donc, il s’agit ici bel et bien d’une compensation et non des réparations de guerre.

    Voilà encore pour l’histoire, une fois ces choses seront clarifiées, nous serons prêts à construire l’avenir européen,

    Bien à vous,

    Simon K.

  • Le 23 février 2006 à 13:07, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge...

    Cher ami contradicteur...

    (1) Comme vous pourrez le constater en consultant les diverses pages de ce webzine, vous constaterez que nous ne nous contentons pas d’y manifester notre désapprobation à l’égard de la seule extrême droite (comme vous semblez, visiblement, le croire...) mais -et nous vous invitons à le vérifier par vous-mêmes- nous y manifestons aussi très régulièrement notre désapprobation aussi à l’égard des propos tenus par l’extrême gauche lorsque celle-ci s’égare (de notre point de vue, tout du moins...) à tenir des propos qui vont à l’encontre de notre projet européen.

    A ce propos, parenthèse souriante dans un sujet de conversation qui l’est sans doute beaucoup moins, nous pourrions envisager l’organisation d’un séminaire de ’’confrontation par le dialogue’’ entre ceux de nos lecteurs qui nous pensent effectivement trop gentils avec l’extrême-gauche et ceux (car ils existent aussi...) qui nous estiment décidément trop complaisants à l’égard de l’extrême droite...

    (ça serait intéressant...).

    (2) Mais ce n’est pas ici l’objet véritable et ’’profond’’ du débat, puisqu’il semblerait que nous soyons en fait d’accord sur l’essentiel.

    A savoir : la guerre (en général) et la seconde guerre mondiale (en tout particulier) ont été d’épouvantables désastres (humains, matériels, psychologiques, etc) lourds de conséquences néfastes pour tous les peuples qui l’ont subi de plein fouet (Polonais et Allemands en toute première ligne).

    (3) A ce titre, permettez-moi de souligner que la seconde guerre mondiale aura eu -pour ce qui est de la Pologne - pour principale conséquence de précisément transformer la société polonaise (autrefois historiquement riche de sa diversité et de sa multiplicité ethnique, religieuse et culturelle...) en une société ethniquement, confessionnellement et culturellement homogène (autant, en tout cas, que ce puisse être possible...).

    A ce propos, l’un de nos Lecteurs (peut-être vous...) nous a récemment écrit que les Polonais étaient fiers de leurs histoire.

    Soit, mais il me plaît à penser que les Polonais sont ainsi effectivement fiers de l’héritage du Royaume de nos grands Rois Jagellons qui -à l’orée des Temps modernes- régnaient alors sur une Pologne multi-ethnique et multi-culturelle, respectueuse de ses composantes, ouverte et -alors, par cela-même- phare de la culture humaniste de la Renaissance.

    Cette Pologne ’’libérale’’ qui par la suite, en janvier 1573 (soit un quart de siècle avant l’Edit de Nantes), par la proclamation de l’Edit de tolérance de Varsovie, s’est alors interdit de faire la moindre ingérance dans la conscience et dans les croyances religieuses de ses habitants, évitant ainsi à ce pays -trop provisoirement, malheureusement, j’en conviens- de connaître alors les affres des guerres de Religion de notre cruel XVIe siècle français.

    Cette Pologne dont deux de nos Rois avaient alors dit ’’Je suis le Roi du peuple et non de vos consciences’’ (Etienne Bathory) ou ’’Ce n’est pas mon affaire d’établir la foi’’ (Sigismond II Auguste), propos malheureusement forts éloignés de ceux que tiennent actuellement les hommes politiques qui, aujourd’hui, sont aux affaires à Varsovie.

    Car, si l’on regarde vraiment très attentivement le passé, on y trouve d’autres exemples sans doute plus réjouissants.

    Et c’est très probablement cette Pologne humaine, plurielle, tolérante, généreuse et ouverte sur le monde que nous aimons tous deux, j’en suis persuadé.

    (Ronan)

  • Le 23 février 2006 à 14:04, par Konrad Florczak En réponse à : Carton rouge...

    Ronan, la je dis bravo !

    Merci pour ce grand rappel historique précis (vous aviez un bouquin à coté non ?).

    On arrive enfin au fond du problème.

    La Pologne ’Rzeczpospolita’, qui régnait de la mer baltique à la mer noire, était effectivement très diversifiée. 1347 la cathédrale de Cracovie, l’une des toutes première d’Europe etc

    Je preciserai aussi une chose importante : la deuxième guerre mondiale n’a pas qu’uniformisé la Pologne (polak, blond, catholique) mais elle a aussi, à cause entre autre de Katyn & Co, décapité l’élite polonaise. Elite politique, élite intellectuelle, élite économique. Il ne restait plus grand chose ou grand monde, après sont passés les russes qui bien sûr se sont empressés de tuer tout ce qui restait d’intelligencia (bah oui c’est au camarade du peuple sous eduqué que reviens le droit de diriger toute l’économie).

    Alors on se retrouve maintenant avec un élite fragile, en sous effectif et qui ne rempli pas son rôle qui est d’élever sa société, qui ne connait pas bien son histoire, et qui a peur de l’autre et pour cause :

    Depuis 1773 : 2 guerres mondiales, 45 ans d’occupation soviétique, 3 partages, 150 ans d’annexions, et seulement 21 ans de libértés (1918-1939) où elle a profité pour donner le droit de vote au femmes !

  • Le 23 février 2006 à 16:35, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge...

    Euh... Et bien oui, je confirmes :

    C’est bien un petit peu par déformation professionnelle (i. e : je suis juste ’’petit prof’’ d’histoire-géo dans le secondaire...), par atavisme familial (puisque vaguement originaire d’un petit coin de chez nous appelé Nowy sacz...) et passion de l’Histoire des pays d’Europe centrale et orientale que, l’autre jour, je me suis effectivement mis à écrire cet article qui, depuis lors, vous fait réagir (et qui, depuis lors, fait couler tant d’encre dans nos colonnes...).

    Mais l’essentiel n’est sans doute pas là : je crois qu’on peut rêver pour la Pologne (et pour l’Europe) d’un autre destin que celui que nous promettent à nouveau les actuelles et récentes crispations identitaires (que j’ai souhaité mettre en évidence dans cet article...).

    Et qu’on peut rêver, pour l’avenir, d’une Pologne plus humaine que ce qu’elle nous en montre d’elle, malheureusement, aujourd’hui (et qu’on peut aussi rêver d’une Pologne aussi diverse et aussi tolérante qu’elle su, pourtant, si bien l’être de par le passé) :

    Dans une Europe unie mais unie dans la diversité, sous une même loi mais dans le respect de chacun ; et dans le respect des principes humanistes, éternels et universels du Temps des Lumières. Tout un programme, effectivement, je veux bien l’admettre...

    En tout cas, merci à vous -encore- pour votre contribution à ce riche débat.

    (Ronan).

  • Le 25 mars 2006 à 11:57, par klm En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Je suis d’origine française et vis en Belgique. Je part en pologne la semaine prochaine et je suis également très intérréssé à la politique européenne. Je suis contre la peinne de mort ! (en france il faut savoir que 38% des francais souhaite la restaurer), et cela me fait bien peur. Je suis contre cette politique chrétienne(que je qualifirai de crétainne). Cette europe de Merckel /Berlusconi me déplai au plus au point. Il est vrai que je n’ai pas connus l’époque de l’occupation, mais il me semble que les problèmes fondamentaux majeurs reste la polution atmosphérique plutot que cette économie( on est loin tout de même d’etre un continent qui a besoin encore plus d’économie et de richesses). Cette économie pollue énormément et nuis par ailleur aux générations futur. (désolé pour les fautes d’ortographe). Il faut évidement une économie , mais ce genre de polititien tel que Lech Kackzynski n’évoque que la hainne et la séparations avec d’autres pays européens ou mondiaux. Ces polititiens sont élu grace à la télé et au magouilles, ils ne représentent en rien la majorité de leurs peuples et nuis considérablement au bon fonctionnement de la paix mondial.

  • Le 21 juillet 2006 à 17:54, par ? En réponse à : Carton rouge...

    Bravo ! Pour votre connaissance qui permet ,effectivement,de comprendre la situation actuelle de ce pays depuis longtemps européen.

  • Le 22 juillet 2006 à 08:53, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge...

    Pour compléter tout cela, nous vous recommandons très chaleureusement la lecture d’un excellent article de Piotr Maciej Kaczyński - publié le 6 juillet dernier sur le site de notre confrère Café Babel - à propos de la trop méconnue (en Occident) « Union de Lublin ».

    L’Union de Lublin : cet accord bilatéral ’’polono-lituanien’’ du 4 juillet 1569 par lequel fut alors mise en place une Confédération du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lithuanie.

    Les deux Etats (jusque là en ’’Union personnelle’’ depuis la fin du XIVe siècle...) formant alors là la toute première « Rzeczpospolita » de l’Histoire polonaise : une République nobiliaire (république parlementaire ?) commune - multinationale et multiculturelle - alors bien en avance sur son temps et sur les moeurs politiques de l’époque.

  • Le 14 août 2006 à 00:24, par Mikolaj M. En réponse à : Carton rouge...

    Bonne mise au point, Simon ! Je connais un peu la Pologne, et en effet il est important de comprendre en France, que nous ne savons pas grand chose de ce pays. Ainsi un autre commentaire parle de la pollution atmosphérique comme étant un problème plus inquiétant que l’économie, car nous aurions déja en Europe assez de richesses. Autant je suis aussi très militant pour les problèmes d’environnement, autant il faut bien comprendre une chose : l’Europe n’est pas un continent homogène. Le salaire moyen polonais est de l ordre de 400 ou 500 euros, avec des prix guere inférieurs aux notres ! C’est la « fracture sociale » puissance 15. D’où des réflexes électoraux « bizarres », sans doute.

    Pour ce qui est des Kaczynski, on peut leur faire des reproches bien plus sérieux que de défendre l’identité nationale ou d’etre europhobes... Ils sont idéologiquement proches des intégristes chrétiens de radio Marija, qui sont ouvertement antisémites voire racistes anti-arabes. Et anti-homos, bien sur. Ils vont tellement loin que le Vatican (!) a demandé la fermeture de cette station de radio privée trop déviante. Les alliés politiques de la Ligue des Familles Polonaises viennent de chanter les mérites de Franco, « homme politique européen visionnaire ». C’est la peste noire à nos portes. Tout chrétien (comme moi) devrait monter au créneau pour rappeler au peuple polonais que les croisades ne sont plus de notre temps, et que d’etre en désaccord avec quelqu’un ne veut pas dire qu’on a le droit de le priver de liberté ou le ridiculiser en place publique.

    Trois faits : 1 : une manifestation Gay s’est finie en chasse à l’homo dans les crues de Cracovie il y a 1 an. 2 : l’avortement est interdit, meme thérapeutique sauf cas les plus extremes. 3 : un collègue à moi, malgache, s’est fait virer d’un bar de Varsovie parce que d’autres clients « n’aimaient pas sa tronche ». Cette Pologne là, intolérante, raciste, dégueulasse, c’est la pologne de ceux qui sont au pouvoir en ce moment.

  • Le 14 août 2006 à 12:18, par Ronan Blaise En réponse à : Carton rouge...

    Je ne comprends pas trop le sens de votre remarque dans la mesure où -à propos de l’intolérance de l’actuel équipe aujourd’hui au pouvoir en Pologne (sur, par exemple, les questions de société)- nous ne disons finalement pas autre chose que vous...

    Par ailleurs nous ne reprochons pas aux Kaczynski de défendre quelque identité nationale : l’identité n’importe qui a parfaitement le droit d’en avoir une (voire plusieurs...) voire d’adhérer éventuellement à quelque identité collective dite ’’nationale’’ (tout hallucinatoire que puisse être ce phénomène psychologique...). Ce que nous lui reprochons - très précisément - c’est d’en faire un instrument de combat politique d’exclusion et de rapport de force, et dans un sens exclusif et nationaliste : le tout entraînant des attitudes agressives et des gestes plus que maladroits voire limite haineux (ou pouvant être interprétés comme tels...) à l’égard de ses voisins (nuance...).

    Enfin, il n’y a rien de plus sérieux que nos reproches d’Europhobie adressés à MM. Kaszynski. Dans la mesure où ce que nous leur reprochons, c’est moins de combattre le principe même d’intégration européenne (après avoir - pourtant - réclamé pendant des années, comme s’il s’agissait là d’un dû, que la Pologne soit sans condition admise immédiatement dans l’UE...) que de surtout combattre les valeurs et les principes humanistes (bref : l’esprit européen) qui soustendent l’idée même de construction européenne (i. e : les Droits de l’Homme). Et cela peut prendre diverses formes : soit, effectivement, par l’homophobie d’Etat aujourd’hui affichée, soit par l’idée récemment proclamée d’essayer d’obtenir du Conseil de l’Europe qu’il revienne sur son interdiction de la peine de mort (et sur toute sa jurisprudence à cet égard).

    Quant à l’idée même que les auteurs de ces articles ne ’’connaîtraient finalement pas grand chose de la Pologne’’, nous ne pouvons que vous inviter à lire l’ensemble des posts publiés à la suite de cet article... (la seule présence de ceux-ci devant normalement réussir à vous convaincre aisément du contraire...).

  • Le 28 avril 2007 à 11:45, par la fille de victimes du régime communiste et du régime soviétique En réponse à : Carton rouge...

    Merci pour le message de Monsieur Lentz qui, étant polonais, comprend mieux certaines choses... Le fait est que dans des situations si complexes du fait aussi qu’elles ont duré des décennies, je pense qu’on ne peut se permettre d’émettre un jugement lapidaire que ce soit pour le nouveau président polonais que pour les intellectuels de l’époque communiste contraints de travailler pour les services communistes afin de survivre, tout simplement. Cela dit, mes parents sont victimes de ce régime communiste depuis 29 ans, privés de travail, de salaire en raison de leur opinion politique. Privés de tout pour la seule raison qu’ils portent en eux une assez noble conception de l’honneur. En outre, sachez aussi, lecteurs, qu’il existe pourtant une résolution de l’onu qui reconnait les crimes psychologiques, moraux et aussi physiques appliquées par les régimes communistes à ceux qui ont refusé de travailler pour eux(Vive la démocratie) Je cite, « ces crimes appellent la compassion pour les victimes et toute leur famille. » Enfin, j’ajouterais que je trouve assez mal venu de se permettre de donner un avis si on ne connait pas cette période de L’Histoire et surtout si on ne l’a pas connue...Bref mon message est le suivant : n’enterrez pas l’Histoire( car de ce fait vous comndanneriez toutes ses victimes au silence) mais sachons nous montrer tolérants.

  • Le 28 avril 2007 à 21:15, par Ronan En réponse à : Carton rouge...

    Bref commentaire de la part de l’auteur de cet article :

    Je ne sais pas si M. Lentz (VXL pour les intimes...) est d’origine polonaise, toujours est-il - si tel est le cas - qu’il n’en s’en est jamais prévalu dans le cadre du travail en équipe de ce webzine. En revanche, juste signaler à notre lectrice que l’auteur de cet article est, lui, d’origine polonaise (relativement ancienne, cette origine là...) mais que cette origine familiale l’a fortement poussé à se renseigner de façon approfondie sur le sujet... (et à y consacrer d’ailleurs une partie de ses études supérieures...). M’enfin...

    Cela dit, juste rappeler que l’article dont vous faites un tel commentaire date du mois de février... 2006. Et ne saurait donc - bien évidemment - traiter des événements postérieurs à cette date. Pas plus qu’il n’est question dans cet article de la fameuse loi de ’’lustration’’ qui est effectivement - actuellement, en Pologne - le sujet politique à la mode et auquel vous faîtes ici très clairement allusion. Cela dit, je mets au défi quiconque de trouver, dans cet article, le moindre déni des souffrances morales, matérielles et physiques subies par ceux qui ont souffert sous le régime communiste. Toutes personnes qui ont, effectivement, le droit à notre sympathie et à notre compassion.

    Cela dit, pour une vision plus large et plus complète de la vie politique en Pologne (et de ses tourments actuels), on ne saurait trop vous conseiller la lecture du tout dernier numéro de l’hebdomadaire « Courrier International » (n°860, daté du 26 avril 2007) qui comporte (pages 38 à 42) un excellent dossier sur le sujet. Ce dossier, intitulé ’’Pologne, la société du soupçon’’ comporte de nombreux articles tirés de titres de la presse internationale et de journaux polonais de diverses obédiences (i. e : Polityka, Przekroj, Wprost - Rzeczpospolita - Dziennik, Gazeta Wyborcza, etc). Une revue de presse d’ailleurs assez critique à l’égard de l’actuel gouvernement polonais : tant pour ses orientations politiques que pour ses pratiques et méthodes. Ce que nous avions déjà précisément voulu mettre en évidence dans le présent article...

  • Le 23 juin 2007 à 07:31, par valery En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Jaroslaw Kaczynski : « sans 1939-1945, la Pologne serait aujourd’hui un pays de 66 millions d’habitants ». On peut aussi partager le carton rouge avec son frère. Tant de bêtise est pitoyable.

  • Le 23 juin 2007 à 09:55, par Ronan En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Bah, historiquement et (strictement) démographiquement parlant, vu les pertes dûes au second conflit mondial et le rythme de la natalité locale ce n’est pas non plus complètement faux.

    La bêtise est donc là moins dans le constat démographique stricto sensu que dans la fierté mal placé (i. e : ’’on est d’autant plus un pays respectable parce que l’on est très peuplé’’) et dans le ressassement perpétuel de ces tragédies du passé (et les rancoeurs qui les accompagnent). Ici, la bêtise est d’autant plus criticable qu’elle est bien partagée par tous ceux qui ne cessent de traiter certains de leurs partenaires en ’’petits pays’’.

    Par ailleurs, allez donc savoir où en seraient aujourd’hui l’Europe et la Pologne s’il n’y avait pas eu de seconde guerre mondiale : les occasions de se faire la guerre entre Européens, entre Polonais et Allemands, n’auraient sans doute pas manqué ; et l’idée d’une Europe unie, d’une manière ou d’une autre, aurait-elle autant progressé dans les esprits ?!

  • Le 26 juin 2007 à 12:04, par Ronan En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    - Rectificatif à ce qui vient d’être dit :

    Quand on regarde le « Quid 2007 » (page 919 pour la Pologne et page 840 pour l’Allemagne ; à l’article correspondant à ces pays : dans la rubrique ’’population, démographie’’), on découvre :

    - 1- que la Pologne comptait environ 32 millions d’habitants en 1931 (suite à quelque recensement survenu dans ses frontières de l’époque, j’imagines : lesquelles frontières ne sont certes pas celles d’aujourd’hui et intégraient alors de nombreuses minorités nationales non polonaises - ukrainiens, blanc-russiens, juifs, tziganes, etc - pas nécessairement toujours très en phase avec les autorités de Varsovie ni avec leurs contemporains polonais dits ’’de souche’’).

    - 2- qu’en 1939 (soit avant le déclenchment de la guerre mais après l’annexion de la région tchèque des Sudètes et après l’Anschluss) l’Allemagne nazie comptait déjà environ 80 millions d’habitants dans ses frontières de l’époque (dont, très probablement, une vingtaine de millions de Juifs allemands, d’Autrichiens et de Tchèques rattachés).

    Bref, nul besoin d’entrer davantage dans les détails de cette affaire pour se rendre très bien compte que le différentiel existant entre les populations de la Pologne et de l’Allemagne a toujours été extrémement important (probablement, dans les années 1930, près de 25 millions de Polonais ’’ethniques’’ pour près de 60 millions d’Allemands : soit un ’’gap’’ démographique d’environ, au bas mot, 30 millions d’individus).

    Donc on voit mal comment même avec des paramètres démographiques complètement surréalistes et hautement improbables pour notre temps - même avec une mortalité anormalement basse, une fécondité, une natalité et une espérance de vie anormalement hautes pour l’époque, absolument aucune guerre et, surtout, aucune perte humaine à cette occasion et dans l’intervalle - la Pologne aurait pu combler depuis lors cet énorme différentiel.

    Bref, après examen rapide du problème il me semble qu’imaginer une Pologne qui serait aujourd’hui démographiquement aussi forte que l’Allemagne (et pourrait ainsi prétendre à une égalité de traitement en termes de droits de vote au Conseil européen) relève ici de la phantasmagorie délirante pure et simple ou de l’oubli idéologique des règles mathématiques pourtant les plus élémentaires.

    Pour le reste, il serait complètement absurde de calculer l’actuel poids des votes des Etats membres en fonction de la réalité politique d’avant guerre : d’abord parce que la répartition des populations civiles (en particulier : les minrités) et les frontières n’étaient pas les mêmes (certains Etats ont disparus, d’autres sont nés...) ensuite parce que les comportements et les équilibres démographiques de l’époque ont souvent grandement évolué et ne sont - bien évidemment - pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Alorsn, pourquoi faire une exception pour la Pologne ?!

    Le plus navrant dans cette histoire, c’est si que les actuels dirigeants polonais ont effectivement beau jeu (si je puis dire...) de rappeler que la Pologne a en effet payé un très lourd tribut au second conflit mondial (soit environ six millions d’individus, civils comme militaires), il en a va de même de l’Allemagne (soit environ 4 millions de personnes, dont plus d’1 million de ’’civils allemands disparus dans les territoires orientaux’’, lesquels n’étaient certainement pas d’épouvantables nazis criminels...).

    Bref, tout le monde a énormément souffert en Europe de cette putain de guerre : Polonais certes, mais Allemands aussi. Et les uns comme les autres, deux générations plus loin - pour peu qu’il se montrent tolérants, démocrates et respectueux d’autrui - ont droit à la même considération. A ce titre, l’attitude de certains ’’politiques’’ polonais d’aujourd’hui (i. e : cette instrumentalisation permanente des souffrances du passé, cette volonté politique d’attiser les conflits, de nourrir inlassablement les rancoeurs et de dresser les gens les uns contre les autres...) est non seulement imbécile mais également complètement irresponsable et tout simplement indécente.

    Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Des raisons personnelles font que je suis très attaché à la Pologne. Mais je suis au regret de dire que je suis actuellement très malheureux de voir ce beau pays et ce peuple éminemment respectable et courageux aujourd’hui gouvernés par des politiques confîts de nationalisme imbécile et égoïste, des irresponsables complètement névrosés et - à tout propos - plein de rancoeurs.

  • Le 28 juin 2007 à 11:48, par Ronan En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Comme en témoigne le document suivant, en Pologne aussi, il y a des gens qui résistent contre ce gouvernement imbécile.

    Cf. « L’Attaque des clones » ou - plus exactement - « Les clones attaquent » ( Atakują klony ) : clip et chanson oppositionnelle satyrique (dont le titre s’inspire de l’avant-dernier opus de la série cinématographique « Star wars »), document à écouter et à visionner sur youtube à l’adresse suivante (http://fr.youtube.com/watch?v=84KM--LyQL0).

    Refrain : ’’Atakują klony, będą nas miliony, dzisiaj Polska i Europa, jutro cały glob.’’ (i. e : ’’Les Clones attaquent, ils seront des millions. Aujourd’hui la Pologne et l’Europe, demain le monde entier’’).

  • Le 28 juin 2007 à 12:06, par Ronan En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Autre témoignage de l’actuelle ’’résistance’’ polonaise contre le gouvernement imbécile des frères Kaczynski : le clip vidéo suivant, également diffusé sur youtube.

    Un clip qui est une dénonciation extraordinairement éloquente et absolument sans ambiguité de tout ce qui fait un régime nationaliste, autoritaire, paranoïaque et manipulateur des masses tel que semble vraiment le devenir l’actuel gouvernement polonais.

    Soit un clip de type ’’collage d’images’’ réalisé par un amateur (polonais) pour illustrer la chanson « Ich will » (i. e : « Je veux ») du groupe d’heavy metal allemand « Rammstein » (Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Rammstein), chanson dont voici les paroles, collectées sur internet :

    .

    Ich will dass ihr mir vertraut

    Je veux que vous ayez confiance en moi

    Ich will dass ihr mir glaubt

    Je veux que vous me croyiez

    Ich will eure Blicke spüren

    Je veux sentir vos regards

    Jeden Herzschlag kontrollieren

    Contrôler chaque battement de coeur

    Ich will eure Stimmen hören

    Je veux entendre vos voix

    Ich will die Ruhe stören

    Je veux troubler le silence

    .

    Je veux que vous me voyiez bien

    Je veux que vous me compreniez

    Je veux votre imagination

    Je veux votre énergie

    Je veux voir vos mains

    Périr sous les applaudissements

    Voyez-moi

    Comprenez-moi

    Sentez-moi

    Ecoutez-moi

    Pouvez-vous m’entendre

    Pouvez-vous me voir

    Pouvez-vous me (res)sentir

    Je ne vous comprends pas

    Nous voulons que vous ayez confiance en nous

    Nous voulons que vous nous croyiez tous

    Nous voulons voir vos mains

    Nous voulons périr sous les applaudissements

    Pouvez-vous m’entendre

    Pouvez-vous me voir

    Pouvez-vous me sentir

    Je ne vous comprends pas

    Pouvez-vous nous entendre

    Pouvez-vous nous voir

    Pouvez-vous nous sentir

    Nous ne vous comprenons pas

  • Le 29 juin 2007 à 11:19, par ? En réponse à : Carton rouge à Lech Kaczynski, Président de la République polonaise

    Tous en choeur pour le refrain...

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