Le Parlement européen a voté le budget européen après de longues négociations avec le Conseil. Daniel Cohn-Bendit a fait un discours pour dénoncer cet accord. La Rédaction du Taurillon vous propose de donner votre avis pour dire qui a raison : ceux qui ont voté le budget ou ceux qui l’ont refusé ? À vos commentaires !

« Chers Collègues,

Jamais encore je ne me suis senti aussi minoritaire avant. Je ne comprends pas cette auto-satisfaction. Je dois vivre sur une autre planète. J’entends dire "les citoyens vont nous dire merci", mais les citoyens ils ne nous comprennent plus. Ils ne comprennent pas l’Europe, ce que nous faisons. Et vous dîtes que nous avons un budget à hauteur du défi de la crise et bien non. Nous n’avons pas un budget pour le développement du sud de l’Europe. Non, non, non.

Nous avons un accord aujourd’hui qui est au rabais, même avec 9 milliards pour les jeunes. Le même jour où le président social-démocrate du Parlement européen, M. Martin Schulz, fait un accord de 9 milliards sur les jeunes, le candidat social-démocrate Steinbrück au Bundestag dit qu’il faut 20 milliards, au moins, pour arriver à lutter contre le chômage des jeunes. Je voudrais savoir si dans la mathématique européenne, 9 milliards et 20 milliards c’est le même chiffre. J’ai appris à l’école que ce n’est pas la même chose.


Daniel Cohn-Bendit sur le budget européen... par EurodeputesEE

De qui se moque-t-on ici ? Vous avez trouvé un accord et ce Parlement, nous ici, a raté un moment historique pour remettre la démocratie européenne sur les pieds. Nous ratons le moment de montrer au Conseil européen que ce n’est pas comme cela que nous allons construire l’Europe, pas avec l’égoïsme national mené par un certain M. Cameron que de plus en plus de gouvernements sont entrain de développer. En tant que Parlement européen, nous n’avons pas su résister à cet égoïsme national.

Quand nous demandons un budget européen avec des ressources propres, on nous dit "non". M. Verhofstadt nous dit "et vous allez voir ce que nous allons obtenir avec la révision, là nous aurons des ressources propres"... Nenni ! Vous n’aurez rien, rien, rien. Car les chefs de gouvernements à l’unanimité veulent le pouvoir sur l’Europe. Ils ne veulent pas le pouvoir démocratique, ils veulent le pouvoir qui est au-delà d’une certaine démocratie. C’est pour cela que vous n’aurez rien avec la révision. C’est pour cela que nous aurions du dire "non" maintenant car le seul langage que comprennent les politiques, c’est le rapport de forces, quand on sait leur dire "non". Quand M. Cameron dit qu’il va mettre son véto, tout le monde se met à genoux. Ce Parlement aurait du dire qu’il mettait son véto tant qu’il n’y avait pas de budget tourné vers l’avenir. Les fonds structurels, nous les avons toujours eus. Nous n’avons pas de plan pour soutenir le sud ou pour les jeunes.

Pour le dire franchement, j’ai le blues. Je ne vous comprends pas. M. Habermas a raison : ici c’est la technocratie froide qui a le pouvoir et pas l’émotion pour les citoyens européens en crise. Je vous remercie de m’avoir écouté gentiment. »

La Rédaction du Taurillon vous propose de donner votre avis pour dire qui a raison : ceux qui ont voté le budget ou ceux qui l’ont refusé ? A vos commentaires !