Proche-Orient

Conférence d’Annapolis sur le Proche-Orient : début d’une solution ?

, par Lionel Luttenbacher

Conférence d'Annapolis sur le Proche-Orient : début d'une solution ?

Le conflit Israélo-Palestinien gangrène la région du Moyen-Orient depuis plus de 50 ans et cristallise toutes les animosités entre cette ligne imaginaire que seraient l’Occident et l’Orient.

Les différentes tentatives de règlement du conflit depuis Oslo en 1993 n’ont pas permis d’avancées concrètes sur le terrain. Le retrait unilatéral de la bande de gaza en 2005 initié par Israël n’a fait qu’augmenter la crise, car dans le même temps les colonies sauvages, illégales en vertu du droit international ont continué à pulluler en cisjordanie.

De plus, ce retrait n’avait aucune chance d’aboutir à une résolution globale du conflit puisque il n’y avait aucune institution viable sur le terrain pour faire régner un semblant d’ordre, pire la population a compris ce retrait comme le signal que seul la poursuite de la lutte asymétrique pouvait permettre la création d’un Etat palestinien.

La victoire du Hamas en 2006 n’en fut que plus évidente, et depuis cette victoire les pourparlers en vue d’un règlement global du conflit prévu dans la feuille de route ont été stoppé ou du moins grandement minorés.

Les raisons de l’espérance

Une lueur d’espoir cependant en cette fin d’année 2007, qui permet par la concordance de plusieurs éléments d’espérer un début d’une solution viable à court moyen terme.

Tout d’abord, les gouvernements en place sont affaiblis que ce soit en Israël avec l’affaiblissement d’Ehud Olmert en raison des divers scandales qui le touchent et la semi défaite contre le Hezzbollah pendant l’été 2006, et ensuite celui de Mahmoud Abbas qui n’a pas pu mettre en place un gouvernement d’union nationale viable à long terme côté palestinien.

Enfin les pays du Mashrek ou du proche voisinage israélo-palestinien, ont des régimes en fin de course (l’Egypte par exemple).

Tous ces éléments qui montrent un pouvoir politique fébrile et faible sont propices à un pragmatisme constructif.

Ensuite, l’approche de la présidentielle américaine, qui voit un gouvernement républicain miné par la guerre en Irak et qui cherche à avoir un succès majeur avant les échéances de 2008. C’est également une constante des anciens présidents américains à savoir la recherche d’une solution au problème israélo-palestinien en fin de mandat.

Il y a également un ras le bol général des populations civiles de part et d’autres qui souhaitent dans leur majorité vivre en paix avec son voisin et souhaitent la fin de ce conflit larvé sans aucun fondement valable.

Et enfin la question iranienne, face à un Iran déterminé à acquérir la technologie nucléaire civile dans un premier temps et militaire par la suite, ce qui ne semble faire aucun doute, Israël a tout intérêt à libérer son flan ouest et faire front commun avec la majorité musulmane sunnite.

Les bénéfices d’un règlement rapide du conflit

Les bénéfices d’un règlement rapide du conflit qui se traduira dans un premier temps par le succès de la conférence d’Annapolis sont considérables.

- Au niveau du voisinage proche, la création d’un Etat palestinien permettra une reconnaissance généralisée d’Israël par les pays musulmans, ce sera également la fin d’une souffrance physique et psychologique de deux peuples et enfin la disparition progressive d’une partie de l’extrémisme ambiant et des groupuscules.

- Au niveau international et infra étatique, cette question épineuse qui mine certaines relations permettra des améliorations. Il s’en suivra également une baisse non négligeable de l’antisémitisme et du racisme. De plus des pays comme la France qui concentrent une forte population immigrée d’origine juive ou musulmane verront les tensions intra-ethniques diminuer.

Mais les questions épineuses pour obtenir cette victoire d’étape restent nombreuses, que ce soit le sort des réfugiés palestiniens, le sort de Jérusalem et des lieux saint et la délimitation des frontières. La conférence d’Annapolis n’est pas une fin en soi mais le début d’une solution viable dans la durée de deux Etats indépendants, vivant en paix dans une région qui malheureusement est toujours très instable.

Si la conférence d’Annapolis est un échec, ce qui reste possible, je doute qu’une nouvelle impulsion apparaisse rapidement et la situation dans la région n’ira qu’en s’aggravant surtout avec l’apparition d’un Etat musulman chitte doté d’un arsenal nucléaire. A ce moment là, la question palestinienne serait remise au calandre grecque face à l’augmentation des divisions entre chiite et sunnite et nous pourrions bien assister à la nucléarisation du proche et moyen orient…

On peut enfin s’attrister de la faiblesse de la position Européenne sur ce dossier, pour le moment nous n’avons assisté qu’au déplacement désorganisé de certains, comme ce fut le cas de Bernard Kouchner récemment en visite en Israël et dans les territoires palestiniens. Cet exemple, un de plus, met une nouvelle fois en exergue l’absence de politique étrangère européenne. L’UE ne doit pas seulement donner de l’argent, des subventions, elle doit être présente politiquement et peser sur les décisions.

Illustration : le puzzle israelo-palestinien, source : Lettre du Consistoire

Sources :
- Le Monde Diplomatique
- Le Nouvel Obs

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