Entretien : Thierry Repentin nous confirme le maintien de l’envoi du courrier électoral

, par Fabien Cazenave

Entretien : Thierry Repentin nous confirme le maintien de l'envoi du courrier électoral
Thierry Repentin, Ministre Délégué aux Affaires européennes CC BY-NC-ND 2.0 Parti socialiste

Entretien avec Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes. Propos recueillis le 26 septembre 2013, par Fabien Cazenave.

Le Taurillon : Le projet de loi de finances, accessible sur le site du Ministère de l’économie, annonce en son article 61 que le courrier électoral serait « dématérialisé ». Confirmez-vous que les professions de foi seront bien envoyées par courrier pour les Européennes de 2014 ?

Thierry Repentin : Effectivement, la proposition de « dématérialisation » de l’envoi de le propagande électorale pour les élections européennes apparaît dans le projet de PLF dont la version qui figure sur le site et qui a été imprimée pour le Conseil des Ministres date de plusieurs semaines. Hier soir, l’arbitrage en faveur d’un maintien de l’envoi de la propagande électorale par courrier m’a été reconfirmé au plus haut niveau de l’État.

Le Taurillon : Y a-t-il une fatalité à l’abstention et à la montée des extrêmes pour les Européennes l’année prochaine ?

Il n’y a de fatalité, ni dans le résultat des élections, ni dans le taux d’abstention. Il faut aujourd’hui parler d’Europe au quotidien, créer d’ores et déjà un climat propice à ce que nous parlions de l’Europe de façon positive.

Thierry Repentin : Il n’y a de fatalité, ni dans le résultat des élections, ni dans le taux d’abstention. Il faut aujourd’hui parler d’Europe au quotidien, créer d’ores et déjà un climat propice à ce que nous parlions de l’Europe de façon positive. Les élections municipales du mois de mars prochain vont masquer beaucoup d’autres échéances politiques. Pour ma part, je vais contribuer à ce que nous parlions régulièrement des élections européennes dès maintenant, y compris en Conseil des ministres, avec l’accord du président de la République, pour qu’il y ait des communications régulières sur ce que l’Europe apporte.

Par ailleurs, il y a un certains nombre de rendez-vous dans l’agenda de l’Union européenne qu’il faudra mettre en exergue. Je pense au Sommet du mois d’octobre où nous allons parler de l’Union Économique et Monétaire et, je l’espère, de son volet social. En décembre, un volet important du Conseil européen sera consacré à la Politique de Sécurité et de Défense Commune, laquelle suscite beaucoup d’attentes. Nous avons aussi dans les prochains mois un rendez vous sur la constitution d’une politique industrielle européenne et un autre qui sera consacré à l’énergie. Les deux sujets sont liés : l’énergie touche à la fois les personnes en situation de précarité qui ont besoin d’ un accès à l’énergie abordable et les industries pour lesquelles l’énergie est en quelque sorte une matière première. Donc les sujets européens ne manquent pas pour mes collègues et moi dans les prochaines semaines.

Le Taurillon : Vous souhaitez politiser le débat européen. Est-ce que cela permettrait d’avoir réellement des visions différentes sur l’Europe ?

Thierry Repentin : L’intérêt de politiser ou de cliver le débat sur l’Europe c’est aussi de ne pas laisser s’installer un débat entre les pro- et les anti-européens. Le vrai débat politique est entre proeuropéens, quitte à ce qu’ils portent chacun une vision différente : libérale, conservatrice, sociale-démocrate... Il n’y a pas d’avenir possible seul pour aucun pays européen. Sortir de l’Europe ou de la zone euro ne sont en aucun cas des solutions. Mon souhait est que les formations politiques élaborent un projet européen et se confrontent sur les solutions pour un raffermissement de l’Union européenne. Les priorités qui en ressortiront iront peut-être dans des directions opposées, mais le débat entre pro-européens doit prendre le dessus.

Le Taurillon : Êtes vous favorable à ce que les partis européens présentent un candidat à la présidence de la Commission européenne aux prochaines élections européennes, comme le traité de Lisbonne leur en laisse la possibilité ?

C’est une avancée positive que l’on puisse incarner un projet au travers d’une femme ou d’un homme qui joue un rôle dans la constitution de la Commission.

Thierry Repentin : L’esprit du traité de Lisbonne est effectivement que des leaders politiques puissent animer la campagne électorale et porter un programme pour l’Europe, afin d’incarner le projet européen.

Les partis ont la possibilité, ce n’est pas une obligation, de nommer un leader selon des formes qu’ils définiront eux-mêmes. Ce leader peut être alors candidat à la présidence de la Commission. Ensuite, il est indiqué que le nouveau président de la Commission européenne doit être proposé par le Conseil européen au Parlement européen. Pour ce faire, les États membres devront tenir compte du résultat des élections.

Ces deux processus (désignation d’un chef de file dans les partis politiques européens et désignation du président de la Commission) ne sont pas directement liés, il n’y a pas de carcan imposé, mais ils doivent se rejoindre. C’est une avancée positive que l’on puisse incarner un projet au travers d’une femme ou d’un homme qui joue un rôle dans la constitution de la Commission.

Le Taurillon : Avant-hier soir, vous étiez à Montreuil dans le 93 pour un café-débat sur invitation du Mouvement Européen - France. Vous aimez vous confronter directement aux citoyens ?

Thierry Repentin : Oui, c’est une forme un peu originale de dialogue, sans tabou. Si nous voulons une Europe plus proche des citoyens. La responsabilité de celles et ceux en Europe, qu’ils soient ministres ou députés, est d’aller sur le terrain car beaucoup de nos concitoyens ignorent que l’Europe est tous les jours dans leur vie, notamment au travers de services proposés par les collectivités locales, départementales, régionales et nationales. Trop peu de nos concitoyens savent que leur vie quotidienne est accompagnée par l’Europe. Aller à leur rencontre est une façon de le leur dire de façon plus accessible qu’ils n’en ont conscience en lisant certains articles. Lutter contre l’abstention, cela passe par la pédagogie. Cela se joue sur le terrain.

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