Erasmus

Erasmus : « Une expérience d’une richesse formidable »

Témoignage d’Annabelle Dullin, ancienne étudiante

, par Sophie Gérardin

Erasmus : « Une expérience d'une richesse formidable »

Aujourd’hui trilingue, Annabelle Dullin a profité d’Erasmus pendant deux ans, dans le cadre de son LEA-Europe. De Cologne à Newcastle upon Tyne, en passant par Aix-en-Provence, elle nous raconte son expérience et la découverte d’autres cultures et modes de vie. Elle en est ressortie grandie, tant sur le plan personnel que professionnel. Rencontre…

Taurillon : Quelles ont été les difficultés rencontrées avant de partir ?

Annabelle Dullin : J’en ai très peu rencontrées car les démarches administratives concernant les inscriptions, les assurances, les équivalences de cours, etc. étaient entreprises par mon université d’origine, à Cologne, en Allemagne. J’avais simplement à envoyer mon dossier et la demande de bourse. Ce qui était difficile, c’était de trouver un logement dans une ville dont on ne connaît ni les quartiers, ni les moeurs. Nous n’avons pas du tout été encadrés dans ce domaine.

Taurillon : Pourquoi as-tu choisi de partir avec Erasmus ?

Annabelle Dullin : Après le bac, je souhaitais suivre un cursus qui me permette de voyager, de découvrir d’autres modes de vie, d’autres systèmes universitaires et de m’enrichir par des rencontres et des expériences, autres que celles que l’on fait dans son pays. Le cursus intégré LEA-Europe, qui oblige les étudiants à partir avec Erasmus pendant deux ans, m’a permis de profiter d’accords passés entre trois universités de trois pays différents et d’acquérir ainsi trois diplômes distincts : BA Wirtschaftswissenschaften und Angewandte Fremdsprachen, BA Hons Business and Applied Modern Languages et Maîtrise Internationale en Sciences Economiques et Langues Etrangères Apliquées.

Je suis partie à Aix-en-Provence, en France, de 2003 à 2004 et à Newcastle upon Tyne, en Grande-Bretagne, de 2004 à 2005. J’y ai été très bien accueillie : un coordinateur nous guidait dans nos démarches universitaires.

Taurillon : Quel bilan tires-tu de cette expérience ?

Annabelle Dullin : J’ai bénéficié d’accords de coopération, ce qui m’a permis d’acquérir trois diplômes en même temps. J’ai eu la chance de faire mes études dans trois systèmes universitaires bien distincts et de vivre la vie quotidienne des « locaux » de trois pays différents. J’y ai fait de nombreuses rencontres plus ou moins enrichissantes et cela m’a bel et bien élargi l’esprit. Je pense être plus tolérante, plus patiente et plus attentive envers les différences culturelles. J’ai pris de l’assurance car je sais que je peux m’adapter et vivre dans un environnement qui n’est pas le mien. J’ai bataillé nombre de fois avec les administrations étrangères pour des questions de loyer, de factures, d’abonnement Internet, de comptes bancaires etc. et les papiers ne me font plus peur ! J’ai beaucoup voyagé, tant en France qu’en Angleterre. Je suis quasiment trilingue et j’ai de belles amitiés là-bas.

je touchais 700 € mais je ne payais pas les frais d’inscriptions de 10.000 €

Par contre, je n’ai pu profiter de la bourse qu’en Angleterre. Mais avec 700 euros par an, ce n’est pas cela qui m’a fait vivre... C’était donc cher de partir, mais je n’ai pas payé de frais d’inscription ni à Aix, ni à Newcastle (alors que les Anglais paient environ 10.000 euros par an), ce qui était déjà formidable. Ensuite, même si nous sommes pris en charge par un coordinateur, nous sommes perdus au début : il faut trouver ses repères, s’adapter à de nouveaux colocataires, à une nouvelle ville, à la langue dont on s’aperçoit qu’on la connaît finalement très peu... Il y a de la paperasse à faire (consulat, banque...), ce qui requiert beaucoup d’efforts personnels. Il faut souvent se remettre en question et parfois surmonter sa peur et sa solitude. Mais cela fait grandir !

Taurillon : Comment ces années t’ont aidée pour la suite ?

Lorsqu’il s’agit de questions politiques ou économiques, j’essaie de voir les choses par les différents angles nationaux

Annabelle Dullin : Ces années ont été une expérience d’une richesse formidable. Je pense être plus ouverte, plus polyvalente et plus « adaptable » à des environnements et des personnes différents, ce qui est indispensable pour travailler dans un cadre international comme le Parlement Européen, par exemple. Lorsqu’il s’agit de questions politiques ou économiques, j’essaie de voir les choses par les différents angles nationaux et je comprends mieux les enjeux des politiques européennes pour certains pays car j’y ai vécu ou je les ai étudiés. J’ai une autre vision, plus objective, des choses. Je suis trilingue, cela aussi m’aide dans mon travail. Quand je côtoie des étrangers, ma connaissance des différences interculturelles m’aide à comprendre certaines façons d’être et certaines réactions qu’il ne faut pas prendre personnellement. C’était un grand atout lors de mon stage de cinq mois chez ARTE GEIE, chaîne de télévision franco-allemande, que je viens de terminer.

Mon employeur actuel, député européen, a également apprécié mon expérience à l’étranger. C’était pour lui un critère de recrutement. Aujourd’hui, je ne me vois plus rester dans un environnement national car le fait de travailler et de vivre avec des personnes de nationalités différentes constitue pour moi un enrichissement perpétuel, dont je ne veux plus me passer !

Illustration : image issue du site Erasmus-Berlin-Paris sur les blogs d’Arte.

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