Faisons vivre la démocratie européenne !

, par La Rédaction du Taurillon

Faisons vivre la démocratie européenne !

Les jeunes de la société civile appellent à faire vivre la démocratie européenne dans cette tribune signée par plusieurs responsables associatifs jeunes engagés sur les thématiques européennes et soucieux d’une campagne véritablement transparente et démocratique.

Dans moins d’un mois les citoyens européens se rendront aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement européen. Nous, jeunes engagés associatifs, sommes très préoccupés par les récents sondages montrant que la majorité des citoyens européens ne savent pas quand auront lieu les prochaines élections européennes et prévoyant jusqu’à 70% d’abstention.

Mais, à qui la faute ? Comment blâmer les citoyens quand les partis et les représentants politiques ne jouent pas le jeu ?

Alors que ces élections concernant l’institution européenne démocratique par excellence se dérouleront dans moins d’un mois, nous ne connaissons même pas la totalité des listes des candidats.

La désignation des listes donne lieu en France à de regrettables tractations entre les différents courants politiques à l’intérieur des partis, écartant parfois des députés européens actuels pourtant reconnus pour leurs compétences au sein de l’hémicycle européen.

Et, si être membre du Parlement européen constitue l’apogée d’une carrière politique dans certains pays comme la Belgique, le Danemark ou la Finlande, peu d’Hommes politiques français imaginent une destinée européenne, synonyme pour eux d’exil, de lot de consolation, de complément de revenus ou de locomotive électorale se retirant une fois la liste élue. Des pays comme la Grande Bretagne ou l’Allemagne ont compris que c’était à Bruxelles et Strasbourg qu’il fallait être influent et ont décidé d’y envoyer leurs meilleurs élus. En France, les partis politiques considèrent trop souvent le mandat de député européen comme une sorte de « parachute doré de la politique » qui viserait tantôt à compenser une carrière déclinante, tantôt à adoucir une traversée du désert ce qui n’est pas à proprement parler la meilleure garantie d’un investissement sincère et efficace.

Ainsi trop de nos eurodéputés français actuels brillent par leur absence et parfois leur total manque d’intérêt pour l’Europe.

Nous voulons des candidats qui soient des députés européens fiers de leur mandat.

Alors qu’il est souvent reproché à l’Europe un soi-disant déficit démocratique et que ces élections doivent permettre aux citoyens européens d’exprimer leurs souhaits quant à l’orientation à donner aux politiques de l’Union européenne, les prémices de la campagne ne portent pas sur les enjeux européens.

Nous appelons les partis politiques et les candidats aux élections européennes à exprimer leur position quant à l’avenir de l’Union européenne, et non pas chercher à faire de la politique interne en appelant soit à une sanction du gouvernement ou au contraire à un soutien. Telle n’est pas la question posée. Nous attendons des réponses aux grands enjeux auxquels l’Union européenne doit faire face : Quel budget européen pour demain ? Quelle politique environnementale et énergétique au niveau européen ? Quelle recherche européenne ? Quelle réaction européenne face à la crise ? Ou encore quelle défense européenne ?

Nous pensons que ce n’est qu’en politisant le débat et en traitant réellement des enjeux européens, que les citoyens seront intéressés par ces élections. La campagne doit également leur montrer que l’action du Parlement européen influence leur vie quotidienne et que l’Europe n’est pas si loin. Les électeurs savent-ils réellement que la politique régionale finance en grande partie le développement des régions françaises ? Que c’est le Parlement européen qui permet à leurs enfants de jouer en toute sécurité avec des jouets répondant à des normes strictes ? Ou encore que les droits du consommateur, l’égalité des chances et les droits de l’Homme sont défendus dans tous les textes soumis au vote des parlementaires ? Notre génération n’a pas peur de rendre l’Union européenne plus proche de ses citoyens et attend des discours courageux de nos leaders nationaux et européens.

Parce que l’Europe est notre avenir, nous ne voulons plus d’une juxtaposition de campagnes nationales n’abordant que des questions purement nationales.

À quand une campagne à l’échelle européenne avec des programmes politiques à dimension européenne traitant d’enjeux européens ?

Alors que l’Union européenne apparaît souvent trop lointaine et technocratique, les élections européennes sont l’occasion de susciter un vrai débat idéologique et de donner un visage à l’Europe. L’élection du Parlement européen doit avoir un enjeu visible : le choix du président de la Commission européenne doit dépendre de son résultat. Les différents partis devraient tous annoncer leur candidat à la présidence de la Commission européenne avant l’élection du Parlement européen et cela même s’ils estiment n’avoir aucune chance d’être majoritaire au Parlement. Ne pas désigner un candidat à la Présidence de la Commission c’est renoncer au principe même de la démocratie.

Parce que l’Europe est l’aventure politique de notre génération, parce que la crise économique actuelle accentue encore davantage le besoin d’une Union européenne forte, unie et solidaire, nous voulons des candidats qui soient ensuite des eurodéputés assidus, actifs et impliqués. Des eurodéputés qui défendent l’intérêt européen, au moment où celui-ci est menacé par des partis pris nationalistes et la défense d’intérêts particuliers. 497 millions de citoyens européens comptent sur eux !

Signataires

- Guillaume AUBANEL, Jeune Chambre Economique Française, Président

- Jessica CHAMBA, Jeunes Européens Fédéralistes, Vice-présidente

- Mathieu COLLET, Euros du Village, Président fondateur

- Elvire FABRY, ProEuropa 2009, Vice-présidente

- Pauline GESSANT, Mouvemet Européen - France, Secrétaire Générale

- Nicolas JEAN, Jeunes Européens - France, Président

- Laurent NICOLAS, Taurillon.org, Rédacteur en chef

- David SOLDINI, Union des Fédéralistes Européens - France, Vice-président

Illustration : Logo de la campagne officielle du Parlement européen pour les élections européennes

Vos commentaires

  • Le 20 mai 2009 à 07:15, par Ronan En réponse à : Faisons vivre la démocratie européenne !

    Comment blâmer les citoyens quand les partis et les représentants politiques ne jouent pas le jeu ?

    Et voilà le drâme : ce que disent les candidats ne m’intéresse pas...

    Les socialistes appelent au vote sanction (pourquoi pas...) mais d’une politique nationale. Ils nous ressortent le refrain habituel de l’Europe sociale sans s’être jamais donné des moyens de la construire.

    L’UMP appelle au soutien d’une politique très largement surrévaluée (ah, la propagande sur la « présidence française » !!!). Et fait assaut de démagogie (Turquie, frontières, tout ça...) pour rameuter l’électeur en goguette.

    Cette élection est devenue l’occasion d’un énième réglement de compte gauche/droite où - à coup de référence à notre politique nationale - on m’intime de choisir mon camp et d’émettre un vote qui sera interprêté non pas en tant que tel mais à leur guise par les intéressés.

    Pas envie davantage d’apporter mon suffrage au Modem et aux « élites » qui le gouvernent (les mêmes qui - il y a à peine deux ans - ont suicidées l’UDF pour des questions de stratégie et d’ambitions personnelles...). Alors, les verts peut-être...

    Cette élection était l’occasion de « construire l’Europe avec les citoyens ». Au lieu de quoi... Comment dire autrement les choses que ras le bol de ces eurocandidats en recherche de rente électorale et de cette classe politique qui - quatre ans après la campagne référendaire et la vague de participation civique qu’elle a suscité - n’écoute pas les citoyens et n’en fait décidément qu’à sa tête ?!

    Irais-je seulement voter ?! Même pas sûr...

  • Le 20 mai 2009 à 10:55, par Laurent Nicolas En réponse à : Faisons vivre la démocratie européenne !

    Tu n’as pas encore écarté tous les choix, il te reste les deux fronts, celui de Le Pen et celui de Mélanchon, ou bien encore Libertas ou le NPA. Tu as l’embarras du choix pour exprimer un ras le bol contestataire.

    Sérieusement, pourquoi tu t’étonnes que le débat soit droite-gauche, partisan ? Les européennes, comme les régionales, sont des élections de mi-mandat et elles sont toujours un référendum pour ou contre le gouvernement. C’est déplorable, oui. Mais au lieu de s’insurger contre cet état de fait, il faut essayer de tirer le maximum de ce contexte « imposé » par notre culture politique. Le débat partisan et nationalo-centré est en permanence braconné, phagocyté, par des gens comme nous, qui tentons de l’élever au niveau européen, le niveau où il devrait être.

    Moi je ne peste pas tant contre les candidats : il y’en a des bons, des mauvais, dans toutes les listes. Ils ont tous leur Rachida Dati. Nan ce qui est vraiment consternant, et je pense que tu seras d’accord avec moi Ronan, c’est l’absence de programme. Chaque tête de liste défend ses thèmes (c’est flagrant à l’UMP) sans même partager une vision, un projet européen à long terme. Et je ne parle même pas de coordonner les programmes des partis du même bord entre différents pays ! On en est à des années lumières. Au mieux on arrive à tomber d’accord sur des textes déclaratoires et très généraux, « vers une Europe sociale » ; « vers une Europe durable »...oui, ok...et ?

    Vite, du concret !!

  • Le 20 mai 2009 à 12:34, par Ronan En réponse à : Faisons vivre la démocratie européenne !

    Non, Non et Non :

    Je n’irai pas voter UMP car mon vote sera interprêté comme un plébiscite de l’actuelle politique gouvernementale de MM. Fillon et Sarkozy.

    Je n’irai pas voter PS car je me contrefoue des rivalités d’appareils entre Martine Aubry, Ségolène Royal et Cie (et ne comptez pas sur moi pour départager ces gens là).

    Je n’irai pas voter Modem car je suis un ancien de l’UDF qui n’en n’a absolument rien à secouer des ambitions personnelles et présidentielles de M. Bayrou (et un orphelin du centrisme qui - à seul titre personnel - s’est assez fait cocufier comme ça...).

    Voter à l’extrême droite c’est absolument hors de question.

    Voter à l’extrême gauche - tiens, pourquoi pas. Je suis désolé de dire ici que (depuis longtemps) je comprends parfaitement (hélas...) les arguments des nonistes de gauche.

    Quoi qu’il en soit, vu l’atmosphère de la campagne, les quatre ans de perdus qui viennent de s’écouler, le manque d’ambition de tout ce beau monde, j’espère surtout que l’establishment européiste va (après l’échec du référendum de 2005 et après le Non irlandais de 2007) se prendre encore, via le taux d’abstention, une nouvelle bonne paire de baffes bien méritée.

    ça leur apprendra à ne pas écouter les citoyens, de n’utiliser les enjeux européens que pour ne satisfaire leurs petites ambitions personnelles, de n’avoir que des ambitions de nains et de n’être - dans le fond - qu’une bande de médiocres. Dont on attend - vainement (un jour, peut-être...) - une véritable remise en question. Mais pour lesquels, franchement, on n’a vraiment pas envie de se déplacer pour aller voter, en juin prochain.

    Les sondages (les mêmes...) montrent qu’une très large majorité de la population veut l’Europe. Les sondages (les mêmes...) disent qu’une aussi large majorité de la population n’ira pourtant pas voter en juin prochain. De là à en déduire qu’une majorité de nos concitoyens estime aujourd’hui que ce genre d’élection et de campagne électorale ne contribuent pas efficacement à la construction européenne, il n’y a qu’un pas. Reste à essayer d’expliciter pourquoi. Et à pointer du doigt les insuffisances de l’actuelle offre politique et de la prétendue « campagne électorale » qui fait aujourd’hui la promotion d’un tel vide politique absolument intersidéral.

  • Le 21 mai 2009 à 06:27, par Martina Latina En réponse à : Faisons vivre la démocratie européenne !

    L’« aventure politique » de la jeunesse actuelle ne doit pas se briser sur des agacements ou des fatigues, même accumulés depuis des décennies. Qu’est-ce que cette lassitude à côté des millénaires fougueusement traversés par EUROPE et par notre nom ? Comment comprendre une telle impatience après un demi-siècle d’inventions fédératrices et créatrices ?

    Ne laissons pas voler à L’EUROPE avec sa démocratie son potentiel d’innovation, donc ses chances de construire la justice autant que la paix, dans la fraîcheur audacieuse et la ferveur harmonieuse que lui a confiées la jeune EUROPE en accélérant l’histoire par son envol fondateur ! Ayons le courage de l’espérance, de la patience, de l’écoute, même dans les apparentes déroutes : savourons et diffusons le goût de l’action comme de la concertation pour le bien commun EUROPEEN.

  • Le 21 mai 2009 à 20:40, par Ronan En réponse à : Faisons vivre la démocratie européenne !

    Pardon, Martina Latina, mais je ne céderai pas. Je supporte de moins en moins ces déclarations européistes lénifiantes et caricaturales qui - façon spams - réussissent davantage à me mettre en colère qu’à anesthésier définitivement ce qui me reste encore d’esprit critique.

    (Peut-être d’ailleurs êtes vous une eurosceptique fondamentale à lire au 17e degrès : auquel cas votre travail de sape par l’agacement - façon billard à trois bandes - est remarquablement efficace...).

    Je maitiens que je n’irai voter en juin prochain (si jamais je vais voter ; et ce n’est pas acquis...) et que je n’accorderai ma voix qu’aux candidats qui proposeront de construire l’Europe avec les citoyens, pas à ceux qui cherchent à se faire élire à une assemblée où bon nombre d’entre eux ne siègeront pas tout en cherchant - aujourd’hui - à nous enfumer à propos de projets de lois dont le futur Parlement de leur rêves d’ambition n’a pas même la compétence légale de les rédiger.

    De même que j’espère que seront tous très sévèrement punis (électoralement, s’entend) tous ceux qui ont sciemment décidé de transformer cette occasion unique de « construire l’Europe avec les citoyens » (ce que bon nombre d’entre ces mêmes citoyens auraient tout de même bien volontiers apprécié...) en l’actuel insipide, terne et exaspérante campagne d’élections législatives classiquement triste et inintéressante au possible (pour ne pas dire autre chose).

    Seuls ceux qui proposeront très clairement la refondation de l’Union européenne sur des bases saines et enfin assainies, par la voix démocratique, auront ma voix. Les autres peuvent aller se brosser.

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