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Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

par Arnaud Aebischer, des Euros du village (www.eurosduvillage.com)

, par Arnaud Aebischer

Football : dérégulation à l'européenne et mondialisation forcée

Dans le cadre de notre semaine spécifiquement consacrée à l’Europe et à la construction européenne à travers les thématiques sportives liées au football, nous republions ici un article de nos amis et partenaires des Euros du village.

Dans ce document, publié initialement en juin dernier à l’occasion de la dernière Coupe du monde de football, nos lecteurs auront ainsi l’occasion de mieux comprendre les grands enjeux économiques et sociaux liés à la libre circulation des travailleurs dans ce milieu professionnel bien particulier...

« On y est ! La coupe de monde de football a démarré le 9 juin en Allemagne. Avec elle, ses supporters colorés, sa ferveur mais aussi ses farouches détracteurs, critiques radicaux de la grand messe du "foot business" et nostalgiques du temps des artistes de la balle. C’est en partie l’Union européenne qui a contribué à un changement en profondeur des règles du football professionnel.

Le 15 décembre 1995, la Cour européenne de justice (CEJ) rendait le célèbre arrêt Bosman dont les effets n’ont pas fini de révolutionner le sport le plus populaire de la planète et dont les résultats ont été fortement critiqués par les instances du football européen, l’UEFA (Union Européenne de Football Association), basée en Suisse. Dix ans après, nous vous proposons d’aller droit au but pour mieux comprendre les enjeux économiques du ballon rond.

Le football n’est plus ce qu’il était !

Pour mieux comprendre l’ampleur du changement introduit par la décision de la CEJ, il convient de se replonger dans le football des années 1980-90. A cette douce époque, personne ne songeait à dire qu’un stade sans loge climatisée ni restaurant gastronomique n’était pas confortable, les ouvriers et les employés représentant la grande majorité des spectateurs des matches de championnat et de coupe nationale.

Le football reposait davantage sur l’affect et l’ancrage local des dirigeants que sur le nombre de diffusions télévisées de son équipe. Tout le monde perdait un peu d’argent dans l’histoire, mais la passion conduisait à une certaine déraison pour un sport souvent snobé par les élites médiatiques et politiques (en France du moins). Il faut dire qu’en dehors des stades, c’était plutôt ambiance « soir de défaite » : thatchérisme ou mitterrandisme, chacun pense avoir trouvé la solution pour sortir de la crise une Europe moribonde devenue plus méditerranéenne avec ses trois petits nouveaux (Grèce, Espagne et Portugal) qu’il fallait « remettre à niveau ».

Dans ce contexte déprimant, l’opium du peuple tournait à plein régime. Certains grands clubs périclitaient, d’autres surgissaient en garnissant leur vitrine à trophée, d’aucuns arrivant à prendre une dimension financière considérable au début des années 90 : l’OM de Tapie, le Milan AC de Berlusconi, le Barcelone de Cruyff sont autant de dream teams à dimension européenne, dont le nombre de recrues étrangères fait passer le montant du transfert de Platini à la Juventus de Turin pour l’exception d’un temps révolu. Mais sur le terrain, seuls trois joueurs étrangers pouvaient être alignés par un club, comme le stipulaient alors les règlements de l’UEFA.

Vous ne m’enlèverez pas ma liberté de circuler

Et l’Europe dans tout ça ? Même sans mandat précis du traité de Rome (comme des suivants : Acte unique, Maastricht, Amsterdam, Nice) sur lequel repose la construction européenne, les juges de la CEJ se sont emparés des questions sportives. Dès 1974, dans l’arrêt Walrave et Montero, ils estiment que le sport, en tant qu’activité économique, est soumis au droit communautaire.

De ce fait, l’article 39 du Traité de Rome, relatif à la liberté de circulation des personnes, a vocation à s’appliquer aux réglementations sportives, et les clubs peuvent recruter autant d’étrangers qu’ils le veulent. Ainsi l’arrêt Dona (1976) rend incompatible avec le traité de Rome toute réglementation édictée par une organisation sportive qui réserverait aux seuls nationaux de l’Etat concerné le droit de participer en tant que joueur professionnel.

Cependant, un gentlemen’s agreement (accord international informel) allait empêcher la suppression de toutes les réglementations protectrices : les fédérations sportives pourront continuer de fixer des quotas de joueurs étrangers tout en cohabitant avec les règles de l’UE, du moins jusqu’à ce que la pugnacité d’un joueur belge y mette fin.

Placée devant sa jurisprudence constante depuis 20 ans, et voulant protéger un employé face à une flagrante discrimination basée sur sa nationalité (voir, ci-dessous, encadré sur l’affaire Bosman), la CEJ abolit le 15 décembre 1995 tout quota relatif à la nationalité pour les joueurs ressortissant d’un Etat membre de l’Espace Economique Européen, et permet aux joueurs en fin de contrat avec leurs clubs de partir sans que leur nouveau club n’ait à payer d’indemnités de transfert.

D’aucuns, comme Jean-Philippe Dubey, estiment à ce propos que la CEJ a voulu frapper un grand coup pour « montrer enfin et de manière concrète au citoyen ce que signifiait véritablement l’Europe ». Avec l’arrêt Bosman, le droit commun sape « l’exception footballistique », dont le champ est ramené à sa plus simple expression, celle des règles du jeu, et s’efface dès que la dimension économique du football est en cause.

Dès septembre 1996, les règlements UEFA ne font plus que limiter à trois la présence de joueurs « extra-communautaires » par club sur le terrain. Sans aucune forme de protection pour les clubs, joueurs ou fédérations, la CEJ venait de rajouter un amendement au – plutôt conservateur – cadre réglementaire du football : concernant les transferts, il n’y a plus de règle !

Et quitte à ne discriminer personne, la CEJ enfoncera le clou en considérant comme communautaire les ressortissants de 24 pays de l’Est et du Sud de l’Europe ayant signé un accord de coopération avec l’UE (arrêt Kolpak, 2003, reprenant les conclusions de l’arrêt Malaja du Conseil d’Etat français), puis à une centaine de pays Afrique-Caraïbes-Pacifique ayant signé les accords de Cotonou sur la coopération avec l’UE (arrêt Simutenkov, 2005). Autant dire qu’au sein de l’UE, tout le monde peut jouer partout, ou presque.

Le libéralisme et ses dégâts : la preuve par le football

On allait vite se rendre compte que marché, argent et absence de règles aboutissent très vite à la loi du plus fort, et ce même sans virer dans l’anticapitalisme primaire. A tout le moins, l’idée selon laquelle faire sauter les entraves du marché peut protéger les faibles a ici un beau contre-exemple. L’Europe du ballon rond est devenue un marché hyper inflationniste, dont tous les prix (joueurs, clubs, droits de retransmission télévisuelle, prix des places au stade, sponsoring) flambent, attirant de la sorte de l’argent de provenance moins en moins « claire » (oligarques russes, fonds d’investissement qataris, banques chinoises, etc.).

Au niveau sportif, les équipes sont devenues de véritables pots-pourris linguistiques et culturels, avec son lot d’absurdités : l’équipe belge de Beveren titularisant 11 Ivoiriens, le Real Madrid alignant plus de joueurs britanniques que les Londoniens d’Arsenal (qui n’en avaient aucun à la même période !). Finalement, devant une FIFA et une UEFA fortunées mais quasiment impuissantes, les riches (clubs et joueurs) deviennent plus riches, et les pauvres plus pauvres. Tout cela prêterait à sourire sans les multiples dérives dont est victime le football depuis dix ans.

Une dérive dans la dimension « sociétale » du football : le monde du ballon rond a été entaché de multiples scandales (corruption, dopage, tricheries) et ses admirateurs se sont trop souvent mués en fanatiques. Violence et racisme sur le terrain et en dehors sont banalisés, tout comme l’irrespect de l’adversaire, de l’arbitre, de la Fédération ou des équipes nationales. Aujourd’hui, à l’instar des jeux olympiques, le football peut difficilement être cité en exemple : parmi ses valeurs, seul l’universalisme perdure.

Une dérive également sportive : il existe désormais deux planètes football : l’une starisée, celle du G14 (ligue des clubs européens les plus « importants »), où l’argent est roi et la législation nationale (notamment fiscale) souvent complaisante, composé d’équipes de ballons d’or en puissance prêts à tout pour gagner la Ligue des Champions. L’autre est celle du terrain, de la formation, celle qui fait éclore les jeunes talents dans les petits clubs ou les petits pays avant que le destin doré ne viennent frapper à leur porte.

De plus, le fossé entre professionnels et amateurs s’est profondément agrandi entre les quelques privilégiés et les autres, que ce soit au niveau des joueurs, des spectateurs (en loge ou en virage), des clubs ou des fédérations. On pourrait facilement opposer que ce trait est grossier, et surtout qu’il ne tient pas compte des grandes mutations du monde moderne sur cette période : globalisation des échanges et médiatisation starifiante ont eu des effets sur d’autres sports (hier le mouvement olympique, demain le rugby ?) et dans la société toute entière. Evidemment l’arrêt Bosman n’est pas seul responsable de la situation générale du football. Cependant, en brisant trop tôt certains équilibres, il a certainement accéléré le changement et désarmé les amateurs du « foot à papa ».

Troisièmement, une dérive humaine : l’Europe est devenue le triangle des Bermudes ou viennent s’échouer avec un bonheur variable les jeunes espoirs d’Amérique Latine, d’Europe de l’Est et d’Afrique. En dix ans, la part des étrangers dans les clubs européens a doublé, s’établissant même au-dessus de 50 % en Allemagne ou en Angleterre. Ce « rêve européen » est par exemple affiché sans fard par l’équipementier Puma, qui entretien l’illusion du contrat juteux qui va faire des petits africains des Drogba par millions...

Enfin, une dérive économique : si la dérégulation contenue dans l’arrêt Bosman était censée accroître la concurrence et donc faire baisser les coûts du travail, pourquoi l’ensemble des salaires augmente-t-il vertigineusement ? Ce paradoxe économique devrait conduire à considérer l’activité économique footballistique comme différente des autres.

Ce sentiment est renforcé si l’on considère les déficits chroniques, la dimension aléatoire des résultats financiers (qui dépendent des résultats sportifs, des retransmissions télévisées, de la billetterie du stade et de la vente de produits dérivés), et le caractère fortement passionnel de l’affection des supporters (ce n’est pas un hasard si en anglais le même terme désigne aussi bien l’aficionado qui soutient son club que la mère qui porte son enfant).

Qui investirait dans une entreprise susceptible de perdre 20 % de ses revenus sur une simple décision de l’arbitre un soir de mai ; ou parce que l’un de ses acteurs de premier plan se fait une entorse, ou simplement perd de son rendement parce que sa top model de femme s’affiche désormais aux côtés d’un acteur américain ? A l’inverse, certains ont tenté de rationaliser, planifier et rentabiliser le football.

La construction du futur stade est désormais faite sur fonds privés (qui lui donnent leur nom, comme l’Emirates Stadium d’Arsenal), les achats de joueurs amortis en vente de porte-clé à leur effigie... c’est le pari gagné par Jean-Michel Aulas à l’Olympique Lyonnais (et ses succursales, OL boutique, OL coiffure, OL voyages...), dont les résultats sont désormais équilibrés, la gestion assainie, et la stabilité sportive et économique fièrement acquise par cinq titres de champion de France consécutifs.

La Bourse : horizon indépassable du football moderne ?

Autre liberté fondamentale garantie par les textes communautaires fondateurs, la liberté de circulation des capitaux (art. 56) a également fini par faire l’objet des ardeurs communautaires en matière de football. Si la vision économique et mercantile a pris le pas sur la protection de la formation des jeunes, le souci de promouvoir les équipes nationales et l’affirmation d’un lien identitaire fort entre le club, sa région et son pays ; le football devient une compétition entre riches au détriment de sa vocation sociale et culturelle.

Dès lors, difficile d’empêcher les nouveaux chefs d’entreprise de rêver d’une royale introduction en Bourse, ce que certains firent en Italie, Allemagne et Angleterre. Du coup, la Commission européenne encourage les autres Etats membres à faire de même. Or en France, la loi Avice du 16 juillet 1984 a précisément pour objet de prohiber l’appel public à l’épargne pour les sociétés anonymes gérant des clubs sportifs.

Sous la menace d’un recours en manquement devant la CEJ , le gouvernement français va donc renoncer et autoriser cette cotation à l’automne 2006. Si l’objectif de lever des fonds privés n’est pas condamnable en soi, les échecs des clubs cotés à l’étranger peut refroidir certaines ardeurs : les actions de l’AS Roma et du Borussia Dortmund ont perdu 90 % de leur valeur, alors que Manchester United et Chelsea ont été retirées de la cotation...

Cependant, l’espoir subsiste pour tous les « footeux du village ». Le joueur le plus cher de la planète (i. e : Zinédine Zidane, transféré de la Juventus de Turin au Real Madrid pour 75 millions d’euros) tire sa révérence, c’est déjà bon signe. D’autre part, il est rassurant de se dire qu’un club qui semblait avoir sombré dans les dérives du football moderne en a progressivement retourné toutes les règles : jouant sans star, sans stade aux normes européennes, dont le seul Brésilien s’appelle Schmidt, le Lille Olympique Sporting Club sera l’an prochain pour la deuxième année consécutive en Ligue des Champions.

Plus utopique, le globalo-humaniste qui sommeille en chacun de nous se réjouira d’une initiative de « taxe Coubertobienne » appliquée au football (selon Wladimir Andreff) : cette taxe sur les transfert internationaux servirait à couvrir les coûts d’éducation et de formation des joueurs, restreindre les transferts, freiner l’exode européen de jeunes sportifs et alimenter un fonds de développement du sport dans le pays d’origine. Si seulement Pascal Lamy, maintenant directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), était amateur de foot !

En attendant une autre élection en 2007

De manière plus concrète, des jurisprudences récentes permettent d’entrapercevoir les contours d’une spécificité sportive qui peut extraire certaines parties du droit du sport du droit commun. Ainsi, la survivance de périodes de transferts pour les joueurs (en été et en janvier) n’est pas jugée comme une entrave illégitime à la liberté de circulation des personnes.

Allant plus loin, il doit être possible de faire autant de merveilles avec les règles européennes que Ronaldhino avec un ballon : on peut ainsi imaginer ne reconnaître le statut de joueur « Cotonou » qu’à ceux qui comptent un nombre de sélections relativement élevé (dix ou quinze au lieu de une aujourd’hui en France), ou miser sur le fait que la CJCE considère que le système « 6+5 » (six joueurs au moins formés dans le pays du championnat et cinq étrangers) est une entrave acceptable à la libre circulation des travailleurs. Sepp Blatter, le président de la FIFA, s’est fait l’ardeur défenseur de ce projet. Encore faut-il qu’il soit réélu en 2007.

Dans le « western moderne », pour reprendre les termes du géopolitologue Pascal Boniface, entre les « bons » (les fédérations, FIFA et UEFA), les « brutes » (G14, grands clubs, joueurs stars) et les « truands » (sponsors et medias), le combat de titans entre le duo Blatter-Platini et Franz Bekenbauer en 2007 à la tête de la FIFA sera de prime importance.

Que les premiers l’emportent, et le consensus mou autour de certaines valeurs d’éthique sportive, de retour à des quotas « acceptables par tous » et d’importance des équipes nationales, continuera de lutter contre l’argent roi.

Si le second rafle la mise, les idées du G14 seront alors au pouvoir (comme indemnisation des clubs par les fédérations pour la participation aux matches de l’équipe nationale), et le football européen risque fort de traverser une période « berlusconienne », avec les conséquences morales, politiques et économiques que l’on connait ».

Arnaud Aebischer (Euros du village)


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Trois décisions fondamentales pour deux principes transformateurs

Extension du critère de nationalité aux pays de l’EEE : Arrêt Bosman (CJCE, 15 décembre 1995).

L’arrêt fédérateur en la matière concernait le belge Jean-Marc Bosman, à propos de la fin de son contrat avec le RFC Liège, le club exigeant une indemnité de transfert au club de Dunkerque accueillant M. Bosman. La Cour européenne de justice (CEJ), le 15 décembre 1995, pose le principe de l’application aux sportifs du droit de libre circulation de tout travailleur. En dehors de ce principe fondamental, à l’occasion de cette affaire, la CEJ a également annoncé que le nombre de ressortissants de l’Union Européenne au sein d’une équipe n’est pas limitatif, et a supprimé par voie de conséquence les indemnités de transfert en fin de contrat (à la différence des indemnités de transfert en cours de contrat).

Le champ d’application de l’arrêt Bosman concerne l’ensemble des membres de l’Espace Economique Européen, soit les membres de l’époque de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède) ainsi que la Norvège et l’Islande.

Extension aux ressortissants d’un pays signataire d’un accord de coopération (Arrêts Malaja, Conseil d’Etat, 30 décembre 2002) et signataire des accords de Cotonou (Arrêt Kolpak, CEJ, 8 mai 2003).

Moins médiatisée, une autre affaire jugée par le Conseil d’Etat en France, a considérablement étendu le champ d’application de l’arrêt Bosman. La basketteuse polonaise Lilia Malaja s’était vue refuser par la Fédération française de basket (FFB) sa licence après avoir signé avec le club de Strasbourg. Les motifs invoqués par la FFB tenaient au nombre de joueuses extra-communautaires déjà intégrées dans ce club. La Cour Administrative de Nancy, puis le Conseil d’Etat, par un arrêt confirmatif du 30 décembre 2002, ont annulé la décision de la FFB en raison de l’accord de coopération signé en 1991 entre l’Union Européenne et la Pologne. Le champ d’application de l’arrêt Bosman devient donc considérable puisqu’il s’applique dorénavant à 22 nouveaux pays (dont les pays de l’ex-URSS, des Balkans, la Turquie et les pays du Maghreb).

Cette décision a connu récemment une importante extension par la confirmation de ses principes, par un arrêt du 8 mai 2003 de la CEJ. Il s’agissait en l’espèce du cas du handballeur slovaque Maros Kolpak, recruté par le club d’Östringen (Allemagne) et qui se voyait opposé à nouveau, comme dans l’affaire Malaja, les quotas de nationalité. La CEJ a alors confirmé, dans les mêmes termes que le Conseil d’Etat français, la non application des quotas de nationalité aux ressortissants des pays signataires d’accords de coopération avec l’Union Européenne, en étendant ce principe aux ressortissants des 77 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique signataires avec l’UE des accords de Cotonou du 23 juin 2000.

- Illustrations :

Le visuel d’ouverture de cet article est une photographie de la finale 2005 de la Coupe de l’UEFA féminine : match ayant opposé - le 21 mai 2005 - à Potsdam (Allemagne) le FFC Turbine Potsdam au club suédois du Djurgårdens IF / Älvsjö Stockholm (ici : les joueuses Ariane Hingst - en blanc - et Conny Pohlers, en rouge).

Sources : Photographie tirée de l’Encyclopédie en ligne wikipédia.

- Sources :

Initialement publié par nos partenaires associatifs des « Euros du village » en juin 2006, à l’occasion de la Coupe du monde, cet article revient sur les à côtés économiques de la vie et du monde du football.

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Vos commentaires

  • Le 13 octobre 2006 à 08:08, par Fabien En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    L’arrêt Bosman a renversé le rapport de force entre les joueurs et les clubs. Aujourd’hui, on voit que ce sont les joueurs qui ont vraiment le dernier mot.

    En tant que supporter du PSG, je pourrais citer les « affaires » Fiorèse ou Cana, partis à l’OM en faisant ceux qui ne voulaient plus jouer dans l’équipe.

    C’est donc un trop grand pas en avant qui a été fait, mais comment revenir en arrière ? Comment trouver l’équilibre ?

    Parce que nous supporters, nous sommes toujours là...

  • Le 13 octobre 2006 à 13:21, par Alfredo Pamine En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Ouh là !

    Je n’avais pas vu passer cet article qui fleure bon la réaction et qui impute les évolutions actuelles du football à l’Europe et au libéralisme (la confusion entre les deux étant allègrement entretenue). Ah « le foot à papa » ! Ah « le football n’est plus ce qu’il était » ! C’était mieux avant !

    Il faut arrêter d’agiter « l’exception footballistique » pour dénoncer la vision commerciale du football professionnel.

    Le football professionnel n’a pas attendu l’intervention de la CJCE et de l’Union européenne pour avoir une dimension commerciale. C’est plutôt le raisonnement inverse que tient la Cour européenne : puisque le football a une dimension commerciale, il doit être soumis, pour ces seules activités commerciales, aux mêmes règles que les autres activités économiques. Cela me semble cohérent.

    La dimension économique du football résulte donc de l’attitude des offreurs. Les fédérations, les clubs se comportent comme des entreprises lorsqu’elles organisent des championnats et des matchs. Ces offreurs doivent donc en tirer toutes les conséquences. Autrement dit les instances du football ont choisi elles-mêmes de se soumettre aux règles de libre circulation et de libre concurrence.

    Que critique l’auteur de cet article ? La dimension cosmopolite des clubs résultant de la dimension commerciale du football professionnel ? Je cite l’auteur : « les équipes sont devenues de véritables pots-pourris linguistiques et culturels » ou encore « la vision économique et mercantile a pris le pas sur la protection de la formation des jeunes, le souci de promouvoir les équipes nationales et l’affirmation d’un lien identitaire fort entre le club, sa région et son pays »

    (Au passage vous observerez que cet article ne dénonce pas l’approche identitaire du football mais ambitionne plutôt de la restaurer. Quelle incongruité pour les fédéralistes !!!)

    Pourquoi vouloir réglementer à tout prix les activités footballistiques commerciales ? Pour lutter contre le cosmopolitisme des équipes ? Pour mettre fin aux salaires mirobolants des joueurs ? Pour diminuer le montant des transferts ? Pour empêcher l’entrée en bourse des clubs ? Si la dimension économique du football vous dérange, cessez de « consommer » ces matches, n’investissez pas dans les clubs, en clair désintéressez-vous du football profesionnel. Profitez-en, l’offre de football est pléthorique et, mieux encore, vous avez le choix de ne pas y souscrire.

    L’attitude des institutions communautaire est cohérente puisqu’elle distingue les activités footballistiques ayant une dimension commerciale et les autres activités. Ce positionnement n’empêche nullement la prise en compte des spécificités des activités sportives en dehors de cette sphère commerciale (dopage, règles du jeu, promotion du sport amateur). En dehors, des activités économiques, l’application des principes de libre circulation et de libre concurrence est logiquement écartée par la Cour de justice.

    Au lieu de dénoncer les dérives du football professionnel, consacrez donc votre énergie à la dimension non commerciale du football à savoir la lutte contre le dopage, le respect du beau jeu, la promotion du football amateur. Venez le samedi ou le dimanche sur les terrains de football amateur. Vous verrez que ce que signifie la spécificité du sport qu’il convient d’encourager !! D’ailleurs, au risque de vous décevoir, vous constaterez que le cosmopolitisme n’est pas l’apanage des grands clubs !!

  • Le 13 octobre 2006 à 17:15, par Ronan Blaise En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Nos contributeurs écrivent. Leurs articles vous font réagir. Vous êtes d’accord, vous n’êtes pas d’accord : vous vous exprimez, vous exposez vos idées. Jusque là tout va bien.

    Veillez juste à ne pas forcément faire dire à nos auteurs ce qu’ils n’ont pas nécessairement dit. Qu’aucune grille d’analyse par trop systémique, par trop systématique et par trop simplificatrice ne vienne fausser, déformer (voire dénaturer...) le raisonnement de nos auteurs. Merci pour eux.

    Ronan (rédac’chef)

  • Le 13 octobre 2006 à 19:24, par Fabien En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Alfredo Palmine,

    Je me permets d’intervenir pour vous faire remarquer que l’aspect merchandising du football n’a été reconnu que très récemment, puisqu’il n’a été autorisé que sous... (attention surprise) le Ministère de Marie-George Buffet.

    Si l’Europe devait intervenir au niveau communautaire, ce serait pour établir des règles commerciales équivalentes dans le domaine spécifique du sport (qui reste une compétence nationale) pour demander aux Etats d’établir les mêmes règles fiscales pour les dfférents championnats.

    Enfin, l’arrêt Bosman a changé le rapport de force au sien de l’Europe du football... Il n’est pas question de dire qu’avant c’était mieux pour l’auteur à mon avis.

    Même dans le foot amateur que vous mettez en avant, l’argent est important et l’argent est important, notamment pour continuer à financer une pratique pour des milliers de jeunes (sponsorisation du maillot, petite aide financière aux « stars » locales)...

  • Le 13 octobre 2006 à 21:07, par Alfredo Pamine En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    A Fabien,

    Je m’excuse, j’avais oublié qu’en France la dimension commerciale du football, comme l’histoire d’ailleurs…, avait besoin d’être reconnue par le Parlement ou par le gouvernement pour exister. Le transfert de Kopa au Real de Madrid en 1956 pour une somme substantielle n’a jamais existé. Les fédérations et les ligues de football n’ont jamais vendus les droits télévisuels sur les matches avant l’intervention de Buffet.

    Sur l’intervention communautaire dans le football elle est limitée à son domaine de compétence. Effectivement, là où il y un marché, une activité économique et une dimension communautaire, il y a une compétence communautaire. L’absence de compétence communautaire dans le domaine fiscal devrait elle empêcher la Commission et la Cour d’assurer la libre circulation des personnes et des services ainsi que la libre concurrence ? Mais à ce tarif là Fabien, l’Europe n’aurait rien fait depuis 1957 !!

    Sur les rapports de force entre les clubs et les joueurs. Trop dur ! Oh les pauvres clubs à la merci des caprices de leurs joueurs !! Et oui, dans le monde professionnel les talents s’arrachent à prix d’or (surtout les talents du PSG ;-))

    Enfin, je n’ai pas dit que le football amateur n’avait pas besoin d’argent, je considère que c’est à ce niveau qu’il doit y avoir intervention publique car le marché ne suffit pas à promouvoir les bienfaits du sport à ce niveau. Pareil pour les clubs formateurs. Si on se rend compte que de simples stipulations contractuelles doublées de fortes indemnités de rupture n’empêchent pas la fuite des jeunes prodiges, il peut être concevable d’intervenir pour rétablir un équilibre.

    De grâce n’imputez pas à l’Union les turpitudes des fédérations, des clubs et des joueurs, cessez de vouloir réglementer le football professionnel parce qu’il vous semble trop gouverné par l’argent et concentrez vous sur l’épanouissement du sport amateur.

    Si l’attitude des instances du football professionnel entraîne une désaffection envers ce sport et par contrecoup une baisse des rentes qu’il engendre, il restera toujours le sport amateur qu’une intervention étatique bienvenue aura veillé à préserver…

  • Le 13 octobre 2006 à 23:36, par Fabien Cazenave En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Alfredo Pamine,

    Je vous signale que je me permettais de réagir à votre phrase : « puisque le football a une dimension commerciale, il doit être soumis, pour ces seules activités commerciales, aux mêmes règles que les autres activités économiques. Cela me semble cohérent. » Vous devez donc être content. :p

    Vous pouvez vous gausser du rapport de force en joueurs et clubs. Cependant, c’est un des effets de l’arrêt dont il est question.

    « De grâce n’imputez pas à l’Union les turpitudes des fédérations, des clubs et des joueurs, cessez de vouloir réglementer le football professionnel parce qu’il vous semble trop gouverné par l’argent et concentrez vous sur l’épanouissement du sport amateur. » Il serait gentil de votre part de ne pas déformer ce que nous disons... Vous vous trompez de personnes dans ce que vous dîtes.

  • Le 19 octobre 2006 à 23:10, par JB En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Cette reaction est fort confuse et peu juste sur le fond. Si vous connaissiez l’histoire juridico-historique de l’Union europeenne, vous verriez que c’est effectivement des decisions de la Commission europeenne ou de la CJCE que decoulent de nombreuses evolutions du monde economique. L’arret Bosman n’a pas valide un etat de fait, il a interprete une situation particuliere au regard de dispositions des traites europeens, pour justment creer une nouvelle donne economique. Le « tampon » « activite economique » delivre par la CJCE n’est pas d’un grand secours puisque celle-ci a une facheuse tendance a voir de l’economique qbsolument partout. Quant a savoir si le football est une activite economique comme les autres, cela n’a rien de « coherent » dans l’absolu. C’est en tout cas nier l’histoire de cette discipline et du sport de maniere generale.

    Si l’on se penche sur le « ’l’economie » du monde footbalistique, sait-on reellement si les clubs et les federations ont interet a la libre circulation et au libre echange. Les federations nationales et leurs ancrages montrent que non. Ce sont autant de « marches » clos. L’UEFA organise une sorte de Ligue inter-nationale, qui a une facheuse tendance a l’endogamie du fait des trusts de plus en plus puissants des clubs les plus riches (forte entorse a la belle doctrine liberale). La libre circulation finit d’achever le cercle vicieux puisque l’argent attirant l’argent les meilluer vont chez les plus riches, et en toute logique les suivants se partagent les restes des pauvres clubs de second rang. Meme notre pretendant national lyonnais pleure encore d’avoir perdu son milieu en or au profit du « grand mechant » Real... dix fois plus riche que lui.

    La remarque sur l’identitaire est tellement peu claire que je n’arrive pas a repondre. Oui il y a des coupures entre supporters locaux et les equipes instables et peu soudees. Lyon ne deroge pas a cette regle (pour parler du business model de M. Aulas). Et oui, l’attachement sportif et affectif etait largement plus developpe il y a quelques decennies, c’est une evidence.

    Ce n’est pas parce que ce football professionnel nous degoute parfois qu’on va se detourner de lui. C’est peut etre lui qui devrait repondre a certains criteres plus « ethiques » et sportifs. Et si il doit y avoir regulation, c’est bien evidemment pour baisser les remunerations folles, les transferts douteux (qui pourrissent meme la situation de la venerable League britannique), et eviter les entrees en bourse, synonymes de naufrages financiers dans les 10 ans.

    Quant a la « prise en compte des specificites » autres que l’economique, faites-moi rire ! Comment ne pas voir que ce sont ces derives financieres qui alimentent le dopage et les magouilles en tout genre. Si vraiment vous n’etes pas convaincus, je vous suggere de vous plonger dans les delices de la corruption orchestree a tous les niveaux chez nos amis transalpins... dont certains arrivent comme par hasard a jouer encore cette annee en Ligue des champions...!

  • Le 21 octobre 2006 à 12:56, par gaetan En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Bonjour je fais un travail de fin d etudes sur le racisme et le fascisme dans le monde du football si vous pourriez m envoyez quelques dossiers sur ce sujet se serait sympa

  • Le 21 octobre 2006 à 19:09, par Alfredo Pamine En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    A JB et aux autres

    Vous vous égarez. Dans sa jurisprudence Bosman, la Cour a précisément indiqué que dans sa dimension économique le football n’avait rien de particulier, autrement dit rien de différent des autres activités économiques. Qu’est-ce qui justifie une différence de traitement entre un footballeur salarié et un salarié quelconque ? Une discrimination en fonction de la nationalité pour celui-ci et une interdiction d’une telle discrimination pour celui là ? L’ordre public, la sécurité publique, la santé publique ? Évidemment non. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait admettre une différence de traitement.

    Sur l’histoire du football, vous ne pouvez pas nier que l’on est passé d’une pratique d’amateurs à une pratique d’amateurs et de professionnels. Ce n’est donc pas nier l’histoire que de soumettre l’activité des professionnels aux règles de libre circulation et de libre concurrence.

    Sur la question identitaire : il me semble qu’il y a une différence entre décrire, comme vous le faites, une coupure entre les supporters et les clubs et critiquer ce phénomène comme le suggère l’article.

    Vous soulignez le risque que les meilleurs joueurs soient embauchés par quelques clubs qui trusteraient les meilleures places. Mais ce risque existe dans tous les secteurs économiques. Si vous travaillez dans la finance, il vaut mieux vous tournez vers la City. Si vous êtes un scientifique renommé, les États-unis vous accueilleront les bras ouverts ou plutôt le portefeuille ouvert.

    Votre description de l’économie du football me fait penser à l’économie de tout autre secteur d’activité. Une intervention publique au cas pas cas est dès lors concevable lorsqu’il est possible de constater des problèmes de concurrence. Au fait croyez-vous vraiment que l’UEFA ait intérêt à l’établissement de « trust » pour reprendre votre expression. Pourquoi alors ne reprend-elle pas à son compte l’idée d’un championnat fermé ?

    Vous ne souhaitez donc pas vous détacher du football professionnel. Alors vous appeler à la régulation. Mais quelle régulation ? Pour ma part, je pense que si les fédérations internationales, européennes et nationales (et donc les clubs) croient vraiment dans la dimension sociale du football, elles devraient commencer par s’autoréguler. Après, il est possible pour les autorités publiques d’intervenir au cas par cas. Mais vous jugerez probablement plus utile d’adopter une loi. Une de plus ! Pour baisser les salaires vous n’aurez pas le choix !! Allez, un plafond salarial pour les footballeurs ! À quand un plafond salarial pour les professionnels d’autres secteurs économiques ? Les footballeurs comme les fonctionnaires ?

    Vous me faîtes penser à un visiteur du salon de l’automobile qui craquerait pour une Logan™ et dans le même temps se plaindrait du dumping social exercé par la Roumanie ; ou encore à celui qui mange du Mc Do™ ou du Pizza Hut™ et qui ensuite va voter antilibéral.

    Selon moi pour être cohérent, soit vous ne consommez pas, soit vous ne critiquez pas. Or, comme l’auteur de l’article vous adoptez une attitude différente : vous critiquez et vous continuez à consommer. Êtes vous à ce point dépendant ?? Et depuis quand le football professionnel est-il un produit de première nécessité dont chaque être humain aurait besoin ?

    Selon vous, les dérives financières sont responsables du dopage comme de tant d’autres maux. Vous m’invitez à me plonger « dans les délices de la corruption orchestrée à tous les niveaux chez nos amis transalpins... dont certains arrivent comme par hasard à jouer encore cette année en Ligue des champions... ! » Vous n’allez tout de même pas sous entendre que sur la question du dopage et des tricheries, les États membres, et l’État Italien en particulier, sont de mèche avec le grand capital ? Il ne serait donc même plus possible de compter sur l’intervention des autorités publiques acoquinées avec les puissances financières de la planète ?

    Personnellement, et au risque de vous surprendre, je pense que les responsables du dopage comme d’autres tricheries ne sont pas les dérives financières mais les pouvoirs publics qui pendant longtemps sont restés inactifs et qui le sont encore ici où là en Europe. Je n’irai toutefois pas jusqu’à dire que cette absence d’intervention ou cette intervention mollassonne est le résultat d’une « corruption orchestrée à tous les niveaux ». L’écueil constaté est plutôt le fruit de priorités arrêtées de manières hasardeuses voire de l’absence de priorité. À vouloir intervenir partout, les pouvoirs publics se dispersent et oublient l’essentiel…

    Non définitivement. Ce qui me dérange avec l’article publié par le Taurillon est que si j’adhère aux thèses soutenues par l’auteur, j’ai une bonne raison de voter contre « l’Europe libérale » si vous voyez ce que je veux dire… « Se tirer une balle dans le pied » comme dirait l’un de mes jeunes européens préféré.

    Au fait, qu’est-ce qu’un JE ?

  • Le 21 octobre 2006 à 20:01, par Ronan Blaise En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Pour répondre à cette seule dernière question : un JE est qq1 qui milite pour une Europe unie dans la diversité, pour la paix ; et ce : sur un mode institutionnel fédéral (c’est la question prioritaire).

    Mais n’attendez pas de lui qu’il tranche en seuls termes de modèles de développement économique entre éventuel libéralisme effréné ou possible (supra)étatisme économique systématique (question secondaire). Cela n’est là pas fondamentalement de son ressort même si ce n’est cependant pas complètement inintéressant (ex : Quid, à long terme, d’un welfare state européen ou d’une harmonisation des standards européens en la matière ?!).

    (Même si je veux bien, pour ma part, considérer avec sympathie tout ce qui peut effectivement développer la mobilité des européens ainsi que toutes sortes de ’’solidarités concrètes’’ entre eux...).

    Maintenant, qui dit système fédéral (ce qui nous intéresse prioritairement...) dit à la fois répartition des compétences, suprématie du droit et subsidiarité. C’est pourquoi on peut dire qu’il est effectivement nécessaire que l’Union intervienne dans les domaines de compétences qui lui sont reconnus quand cela est nécessaire et quand son intervention représente effectivement une indéniable valeur ajoutée.

    Alors, si c’est pour rétablir l’équité sportive dans un cadre spécifique où il existe présentement et aujourd’hui encore trop de distorsions réglementaires (de passe-droits ?!) d’un pays membre à l’autre (puisque, en l’occurrence, c’est en fait là qu’est le vrai problème...), pourquoi pas ?!

    Puisque tant est qu’on ne peut décidément pas jouer ensemble au même sport si les règles ne sont pas les mêmes pour tous. Ce qui est effectivement bel et bien le problème actuel, notamment sur le seul plan financier (budgétaire et fiscal), en tout cas pour ce qui concerne les clubs (employeurs)...

    Esprit du fédéralisme, es-tu là ?!

  • Le 23 octobre 2006 à 17:12, par Ronan Blaise En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    A ce sujet, Gaétan, nous ne pouvons que te conseiller de jeter - dans un premier temps - un petit coup d’oeil à notre petit dossier spécifique tout spécialement consacré à ces questions : ici.

    On y parle de football, certes, mais aussi - effectivement - d’exploitation économique et d’intrumentalisation politique (parfois pour le meilleur, souvent pour le pire, malheureusement...) de ce ’’sport roi’’ de notre vieux continent (et au-delà...).

    Et on y parle d’Europe (aussi...), fédérale (souvent...) ; de même que du respect nécessaire des identités de chacun, ainsi que du dépassement politique tout aussi nécessaire de celles-ci si l’on veut encore espérer construire quelque projet politique commun.

    Par ailleurs, nous ne pouvons que te conseiller la lecture de l’ouvrage « Histoire (politique) des Coupes du monde de football » des spécialistes et historiens du sport Paul Dietschy, Yvan Gastaut et Stéphane Mouriane (document récemment publié aux Editions Vuibert), ouvrage dont la fiche de lecture est en lien ici.

    De même que la consultation du site référencé ci-dessous : riche en informations pour l’étude des problématiques que tu nous dis explorer.

    Ronan Blaise (Rédacteur en chef)

  • Le 1er novembre 2006 à 19:41, par Arnaud Aebischer En réponse à : Football : dérégulation à l’européenne et mondialisation forcée

    Bonjour à tous,

    je souhaite répondre ici sur les rmarques faites au sujet de cet article, notamment celles d’Alfredo Palmine.

    Tout d’abord, oui, cet article est teinté d’un peu de nostalgie bon enfant, mais je réfute totalement l’esprit réactionnaire que vous semblez y lire.

    L’ambition de cet article est de décrypter la manière dont un arrêt de la CJCE a amplifié une dérive à la financiarisation du football. Qu’à vouloir protéger un salarié contre une discrimination objective, on a ôté toutes les limites du marché des transferts, provoquant ainsi une hyperinflation favorisant un tout petit nombre de privilégiés contre l’immense majorité...

    Oui, je pense que l’arrêt Bosman est responsable, directement ou indirectement d’une grande partie des dérives de ce sport depuis 10 ans (dopage et corruption surtout), dérives accentuées par les autres évolutions de la société (starfication, médiatisation des violences stadières...).

    Comme toute activité professionnelle, le sport en général et le foot en particulier ont une dimension commerciale et économique. Pour autant, je crois réellement qu’une spécificité sportive existe, au même titre que l’art ou les « biens culturels ». Libre à vous de penser le contraire. Mais je vois mal comment une activité par essence tributaire des subventions publiques, structurellement aléatoire et non rentable pourrait être réduite à son seul aspect commercial et financier.

    Vous dites que « les instances du football ont choisi elles-mêmes de se soumettre aux règles de libre circulation et de libre concurrence ». Il me semble pourtant que cet arrêt prouve le contraire ! L’UEFA, les clubs, les fédérations, tout le monde s’était mis d’accord pour limiter la libre circulation des joueurs...

    Sur l’aspect identitaire du football (et une nouvelle fois du sport en général), je ne vois pas pourquoi le fait d’y être attaché m’empêcherais de souhaiter l’émergence d’une culture et d’une peuple européen. Il y a quelque malice dans vos propos à mettre l’un et l’autre en opposition. D’autant plus que cet article s’attache plus aux côtés locaux, régionaux, que nationaux. Au rapport entre un club, son centre e formation, son jeu et son public (Nantes, Liverpool par exemple). A ce titre, c’est pour conjuger spécificités locales et liberté de circulation des personnes que je trouve intéressants les dispositifs remplaçant les critères nationaux par des quotas de joueurs formés au club/pays et à l’extérieur. Une telle solution permettrait un mouvement, un dialogue sportif entre les différentes cultures fooballistiques.

    Vous interpellez ensuite : Pourquoi vouloir réglementer à tout prix les activités footballistiques commerciales ? Parce que la FIFA compte plus de pays que l’ONU. Parce qu’il y a plus de spectateurs de la finale de la Coupe du Monde que de citoyens votant dans le monde. Parce que le football est un vecteur privilégié de blanchiement d’argent. Parce qu’il est indécent que des pays peu riches défiscalisent les revenus du football professonnel pour que leurs 2-3 clubs les plus attractifs le deviennent encore plus, créant ainsi un effet boule de neige dans toute l’Europe. Je ne suis pas forcément favorable à une limitation des salaires ou des montants des transferts. Par contre, pour faire une comparaison avec le monde del’entreprise, je trouveque plus de transparence (d’où vient l’argent ? où va-t-il) et une fiscalité adaptée (comme pour les stock-options) ne feraient pas de mal.

    Sur la distinction amateur professionnel, si je vous suit bie, on devrait se concentrer sur les amateurs et laisser le monde professionnel faire comme bon lui semble ? Transposez-vous ce raisonnement aux théâtre, aux journalistes, aux peintres ?

    En tout cas, merci à tous de vos contributions sur ce débat ;-)

  • Le 5 novembre 2006 à 16:51, par Alfredo Pamine En réponse à : Un monde de foot

    Arnaud Aebischer ; vous faîtes une interprétation biaisée et excessive des conséquences de l’arrêt Bosman (1995). Bis repetitia placent : le football n’a pas attendu l’arrêt Bosman pour connaître certaines dérives. Rappelez-vous la caisse noire de l’AS Saint-Etienne (1982), le scandale OM-VA (1993), et dans un registre plus sombre, la tragédie du Heysel (1985). Et ce ne sont que des exemples. Puisqu’il existe des faits solides tendant à montrer que l’arrêt Bosman n’est pas à l’origine des méfaits que vous dénoncez, vous donnez l’impression de déformer la réalité pour les besoins de votre démonstration.

    Comme tant d’autres, vous focalisez essentiellement sur le manque de transparence financière dans le football. Il serait également possible d’évoquer la question des transferts et du rôle des agents de joueurs…

    Vous vous doutez que l’ensemble des États membre connaît une législation réprimant l’infraction de blanchiment ou d’autres infractions auxquelles le football peut donner lieu. Vous sous-entendez néanmoins que dans certains États membres, les clubs de football bénéficieraient de certaines largesses.

    Mais qu’est-ce qui empêche la fédération européenne (UEFA) autrement dit les fédérations nationales organisées (dont les clubs sont membres) d’exclure les clubs des pays en question ? Si les pratiques que vous dénoncez sont avérées, qu’est-ce qui s’oppose à ce que les clubs dont la gestion n’est pas transparente se voient interdire, par leurs pairs, de participer aux compétitions de la fédération compétente ? Ce n’est en aucun cas l’Union européenne. C’est avant tout, l’absence de volonté des fédérations (et donc des clubs qui les composent directement ou indirectement) de s’autoréguler.

    Vous ne diriez pas à un médecin que vous connaissez un remède contre les jambes lourdes alors même que, d’une part, vous n’êtes pas en mesure de vous assurer qu’il a effectivement les jambes lourdes et, d’autre part, ce médecin est probablement le mieux placé pour savoir si ce mal requiert un remède et, dans l’affirmative, pour choisir le remède en question.

    Cessez de voir les fédérations sportives (internationale, européenne ou nationales) comme des entités dépourvues de pouvoir. Dans les statuts de l’UEFA, il y a des règles tenant à l’admission, la suspension voire l’exclusion des fédérations nationales membres. L’UEFA a également la faculté de prendre des mesures disciplinaires à l’égard de ses membres mais aussi des clubs et des joueurs. J’ai gardé le meilleur pour la fin : pour pouvoir participer aux compétitions organisées par les fédérations, les clubs doivent obtenir une licence dont la délivrance est subordonnées au respect de conditions sportives, financières et juridiques. La transparence des comptes fait partie de ces conditions…

    Dès lors, s’il est admis que les fédérations connaissent un fonctionnement démocratique, il convient d’admettre que la situation actuelle du football résulte en premier lieu de la volonté d’une majorité de membres (fédérations nationales ou clubs). Si l’on suit votre raisonnement, les clubs ayant une gestion saine et transparente accepteraient donc de concourir avec des clubs à la gestion opaque alors même que les premiers, les clubs sérieux, ont la possibilité statutaire de s’opposer à la participation des seconds. De deux choses l’une, soit les clubs qui composent les fédérations nationales sont majoritairement gérés de façon opaque de sorte que les clubs « vertueux » sont minoritaires ; soit l’opacité que vous décrivez est jugée négligeable ou inexistante par des clubs majoritairement gérés de manière saine et transparente.

    Vous estimez néanmoins qu’une minorité de clubs est privilégiée par la situation actuelle au détriment d’une majorité. Suggérez-vous que les statuts et le fonctionnement actuels des fédérations ne sont pas démocratiques et donc qu’une majorité est susceptible de se voir imposer des décisions qu’elle refuse ?

    Vous croyez également « qu’une spécificité sportive existe, au même titre que l’art ou les "biens culturels" ». Cette analogie ne peut que prêter à sourire. Un art avec des règles du jeu ! Un art envahi de publicités en tout genre ! Plus sérieusement, si spécificité il y a, cela ne peut résulter que de la présence d’une dimension « non professionnelle ». Si ce n’est pas cette pratique amateur, c’est peut-être cette nauséabonde dimension identitaire qu’elle soit locale, nationale ou européenne. Non. En réalité, une manière neutre de percevoir le football professionnel est de le considérer comme un divertissement pour les spectateurs et une activité lucrative pour les organisateurs.

    (Au passage, vous avez raison : être attaché à la dimension identitaire du football n’empêche pas « de souhaiter l’émergence d’une culture et d’une peuple européen », au contraire. Amateur de la complexité et à la diversité, je ne suis personnellement attaché ni à la première, ni aux seconds…).

  • Le 8 novembre 2006 à 12:01, par ? En réponse à : Un monde de foot

    Relisez-moi !

    Vous restez attachés à lire dans mon article que l’arrêt Bosman est responsable de tout : ce n’est pas ce qui y est écrit, et je vous ai déjà répondu là-dessus...

    Quant à cela : « vous vous doutez que l’ensemble des États membre connait une législation réprimant l’infraction de blanchiment ou d’autres infractions auxquelles le football peut donner lieu. Vous sous-entendez néanmoins que dans certains États membres, les clubs de football bénéficieraient de certaines largesses. » , je parlais de la fiscalité avantageuse pour les clubs et les joueurs professionnels, au mépris des règles générales de justice sociale et fiscale. Ces règles fiscales étant adoptées par les Etats-membres eux-même, il serait difficile d’extraire tous les clubs et tous les pays qui en profitent des compétitions européennes ! Quant à l’évasion fiscale organisée pour les joueurs d’Arsenal, elle est tout à fait légale, mais parfaitement nauséabonde à mes yeux. C’est tout.

    Je parle également des sites de paris en ligne, acteurs majeurs dans les récentes affaires belge, allemande et italienne, permettant tantôt un simple "délit d’initié sportif", tantôt une opération de blanchiment au profit de la mafia chinoise. Une fois encore, l’UE est sur le point d’imposer sa vision des choses sur l’UEFA, les ligues et les clubs.

    Je parle enfin de blanchiement d’argent opéré par certains fonds d’investissement douteux provenant de Russie ou d’Angola, essayant de prendre le contrôle de clubs anglais ou monégasque. Heureusement ils échouent à de nombreuses reprises, mais pour combien de temps encore ? Voir également le transfert de Tevez à West Ham, alors que le joueur est la "propriété" non d’un club mais d’un fonds d’investissement qui aujourd’hui tente de prendre le contrôle sur le club...

    Je sais que l’UEFA a de nombreux pouvoirs. Et elle est aujourd’hui particulièrement vigilante sur ce type de dérives. A titre tout à fait personnel, je souhaite vivement l’élection de M. Platini à sa tête, car il me semble le plus à même de trouver des consensus pour éviter le pire (ligue européenne fermée)

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