Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

, par Fabien Cazenave

Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

Le Conseil européen a désigné, jeudi 19 novembre 2009 à Bruxelles, son premier président stable : le Premier ministre belge Herman Van Rompuy. La diplomatie européenne sera dirigée par la commissaire européenne au commerce, l’anglaise Catherine Ashton. Comment en est-on arrivé là ?

Cette rencontre a été particulièrement bien préparée par les services diplomatiques des 27 pays de l’Union européenne. En effet, l’annonce de nomination a été faite très « tôt » (avant les grands journaux européens du soir) à la surprise générale. Autant la nomination de M. Van Rompuy était fortement pressentie dans les milieux européens, autant celle de Mme Ashton crée une mini-surprise même si le Royaume-Uni avait réussi à être incontournable dans les négociations.

Pourquoi choisir Herman Van Rompuy ?

Pour Fenêtre sur l’Europe, M. Van Rompuy « s’est fait une réputation dans son pays par sa capacité à nouer des compromis entre les différentes communautés linguistiques, francophone et flamande. C’est un chrétien-démocrate flamand de 62 ans qui dirige le gouvernement belge depuis un peu plus d’un an. » Jean Quatremer avait sur son blog soulevé la polémique au sujet de sa préférence marquée pour un renforcement de l’autonomie de la Flandre.

Sa concurrente lettone Vaira Vīķe-Freiberga sur Europe 1 vendredi-matin 20 novembre 2009 « espérait » qu’il serait acteur « d’une présidence plus efficace à défaut d’être plus visible ». Ambiance. Dans sa déclaration après sa nomination officielle, Herman Van Rompuy a indiqué vouloir rester « discret », et se concentrer sur un rôle de facilitateur de compromis entre pays.

Pourquoi choisir Catherine Ashton ?

Catherine Ashton est la surprise sortie du chapeau européen. Elle est une novice en diplomatie et occupe aujourd’hui le poste de commissaire européenne britannique, chargée des dossiers commerciaux. Personne n’avait pensé à elle pour le poste de Haut(e) Représentant(e) pour les Affaires Etrangères. On le voit notamment à la taille de sa biographie dans les journaux ce matin... Pourtant elle symbolise une double réponse aux négociations diplomatiques qui ont eu lieu.

Elle est une femme, premier argument. Sa nomination répond ainsi à la thématique de campagne de Vaira Vīķe-Freiberga qui avait fait de son genre une force. On commençait même à percevoir dans les médias une Vairamania sur la thématique « une femme, voilà un beau symbole ». Tant pis pour les compétences, mais il est vrai que le symbole aurait été fort.

Elle est anglaise, deuxième argument. La diplomatie britannique a demandé une compensation pour retirer la candidature de Tony Blair. Si l’ancien Premier ministre anglais ne pouvait pas être président du Conseil européen, alors le « second poste » ne pouvait que leur revenir... Considération apparemment logique dans le milieu diplomatique.

D’autant plus que le Parti Socialiste Européen (notamment par la voix de l’Espagnol José Luis Rodríguez Zapatero) réclamait un équilibre politique au sein des institutions. Ainsi si la droite avait la présidence du Conseil, il fallait que la direction des Affaires étrangères reviennent « de droit » à la Gauche. Argument bien pratique pour les Travaillistes anglais qui ont besoin de ne pas sortir bredouille de ce conseil extraordinaire, surtout avec la perspective des prochaines élections législatives en 2010.

Exit donc la candidature pourtant évoquée de l’actuel Ministre des affaires étrangères anglais David Miliband qui se voyait bien déménager de Londres à Bruxelles. La seule femme britannique réellement connu dans le milieu européen était Catherine Ashton. La rumeur quant à son rôle dans l’adoption par la Chambre des Lords (qu’elle présidait) à adopter le traité de Lisbonne lui a servi de diplôme européen.

Les réactions à ces nominations

Daniel Cohn-Bendit a permis de sonner la charge. Le Nouvel Obs explique que « le chef de file des Verts au Parlement européen a dénoncé la nomination d’un Herman Van Rompuy »falot« à la présidence de l’UE et d’une Catherine Ashton »insignifiante« aux Affaires étrangères. »

Dans tous les médias, on sent poindre une déception certaine. Pourtant, le Conseil européen a exactement réalisé ce qu’il était censé faire... Il a mené des négociations diplomatiques, donc non transparentes. Il a nommé des personnes qui ne lui feront pas de l’ombre. On dit pourtant que M. Van Rompuy est fédéraliste. Sa première déclaration montre qu’il a bien compris que son poste sera de toute façon verrouillé par le Conseil européen, instance intergouvernementale par excellence. Les chefs d’États et de Gouvernements ne laisseront pas un leader prendre toute initiative qui ne soit pas totalement avalisée.

La présidence du Conseil européen n’est pas notre combat

Tous les médias utilisent pour traiter cette information de « président de l’Union européenne ». Bien sûr, cela est erroné et dénote du flou dans lequel se trouve l’Union européenne aujourd’hui malgré l’adoption du traité de Lisbonne. L’intergouvernementalisme est le cancer de l’Europe avec cette opacité et ces négociations où l’intérêt national l’emporte sur l’intérêt commun.

Les Fédéralistes ne doivent pas se tromper de combat : il ne se situe pas au niveau de la présidence stable du Conseil européen. Obama continuera d’appeler directement Londres, Paris ou Berlin, sûrement sous prétexte qu’il s’agit d’une « affaire qui concerne particulièrement ce pays » comme le souligne Vaira Vīķe-Freiberga. Notre victoire cette année, c’est que l’élection du Président de la Commission européenne par les eurodéputés a eu plus d’importance que sa nomination par le Conseil européen, même avec José Manuel Barroso.

Le prochain combat est double. Premièrement que la Commission européenne ne soit plus composée de commissaires « nationaux » mais de personnes nommées pour leur compétence. Deuxièmement que les partis politiques européens deviennent réellement... européens. Tant qu’il n’y a pas d’espace politique européen, il sera dur d’inverser la tendance à l’abstention pour les prochaines élections européennes.

Illustration : photographie de Herman Van Rompuy issue de Wikipedia et réalisée par Luc Van Braekel.

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Vos commentaires

  • Le 20 novembre 2009 à 12:46, par Lygaz En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Je ne peux m’empêcher de penser que les dirigeants européens ont dû commencer le Beaujolais Nouveau vraiment très tôt pour être ivre si vite et nommer un Flamby à la présidence du CE et une courge aux affaires européennes !!! C’est honteux et vraiment pas sexy ces nominations !

  • Le 20 novembre 2009 à 14:50, par laenen En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Excelent choix qu’on fait les dirigeants europeens. Un belge a la tête de l’europe, quoi de plus normal .pays fondateur de l’UE mutilingue premier ministre de la Belgique et donc competent en politique . Si il sait diriger la mosaïque qu’est la Belgique il sera donc tres competant pour diriger la mosaïque qu’est l’europe.et tant-pis pour la petite fierté des autres (grandes) nations.

  • Le 20 novembre 2009 à 18:29, par Ronan En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Tout ça pour ça ?!

  • Le 20 novembre 2009 à 19:34, par Stéphane En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    A toute chose malheur est bon : avec son charisme légendaire, Herman ne risque pas de devenir « le président de l’Europe » dans l’imaginaire des gens. Certes, les équilibres bougeront peu, mais au moins le Conseil ne prendra pas définitivement le dessus dans l’inconscient collectif.

    On me dira que je me console comme je peux. Certes, mais il vaut mieux ça qu’un Parlement définitivement par terre.

  • Le 21 novembre 2009 à 07:33, par Quentin En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Je trouve dommage que les JE n’aient pas profite de l’occasion pour mettre sur la table le federalisme defendu.

    En effet, comment peut on se sentir federaliste et ne pas etre attriste par ce semblant de democratie face aux peuples ? Les chefs d’Etats decident encore une fois seuls sans meme tenir compte de l’avis de leur concitoyens...

    pourquoi une organisation comme les JE defendant un federalisme affirme ne se sont pas investis dans cet enjeu ? Pourquoi ne pas avoir fait pression sur nos chefs d’Etat en menant une campagne d’opinion ?

    Facile de se dire decu mais plus dur de prendre parti avant le resultat en essayant d’influer sur les choses plutot que de laisser le train passer...

    Pour combattre lintergouvernementalisme en Europe, il est necessaire que les citoyens puissent prendre toute leur part dans les processus de decision et pour cela il faut leur en donner les moyens et les outils, je pense aue les JE auraient pu etre cet outil !

    « Notre victoire cette année, c’est que l’élection du Président de la Commission européenne par les eurodéputés a eu plus d’importance que sa nomination par le Conseil européen, même avec José Manuel Barroso. »

    Quelle victoire ? Je ne comprends pas ! La non plus je pense que les JE, organisation europeenne, nont pas su jouer le role qui etait le leur.

    Mais rien nest perdu et je pense encore possible que dans le futur cette organisation puisse etre a l’avant garde des combats plutot qu’a leur remorque.

    plutot que de reagir a l’actualite, soyez en les acteurs !

  • Le 21 novembre 2009 à 10:15, par Ronan En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Absurde : pendant des mois on nous dit « génial, ce traité va donner uin visage à l’Europe » (OK, fort bien...).

    Et alors même que le dit traité trouve enfin application on nous dit : « de toute façon, ce n’est pas un président pour l’Europe mais une nomination intergouvernementale sans pouvoirs et toute pourrite »... (alors pourquoi donc soutenir ce traité ?!) et - surtout - « ne pas y nommer qui que ce soit qui épice la sauce ».

    Enfin, réalisant enfin les problèmes de doublons et de conflits de légitimités des uns et des autres, on finirait désormais presque par nous dire « ouf, les chefs d’Etat n’ont finalement nommé qu’un ectoplasme » (souvent ainsi la mise à Barroso, l’autre fantôme...).

    Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! Et, de contradictions en incohérences, comment diable voulez-vous que l’idée européenne en ressorte indemne dans l’esprit de nos concitoyens ?!

  • Le 21 novembre 2009 à 10:29, par Manu En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Pour ma part, aucun regret.

    Je n’attendais pas du Président du Conseil européen qu’il me fasse rêver. Le rêve, c’est ce que j’attends du Président de la Commission. Le vrai exécutif, le vrai gouvernement de l’UE, c’est lui. Ce que j’attends du Président du Conseil, c’est qu’il ait les qualités qu’a Van Rompuy : diplomatie, sens du compromis. Rien de plus...

    Et puis franchement, une solution qui tue dans l’oeuf l’idée d’un Président fort qui écraserait la Commission, je trouve ça cool. Et j’avais très peur que le Haut représentant, à cause de sa double casquette et de sa double légitimité, ne soit en conflit permanent avec le Président de la Commission. Avec Catherine Ashton, ce risque est un peu réduit, d’ailleurs plus parce qu’elle a plutôt un bon bilan comme commissaire au commerce (en tout cas bien meilleur que son prédécesseur Peter Mandelson !) que parce qu’elle n’est pas charismatique.

    En résumé, au lieu d’avoir trois problèmes, on n’en a plus qu’un : le Président de la Commission. Même si c’était pas l’objectif premier des chefs d’Etats et de gouvernement, c’est plutôt positif, je trouve...

  • Le 21 novembre 2009 à 11:50, par Fabien Cazenave En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Le principal soutien apporté au traité de Lisbonne portait sur le fait que nous souhaitons un équilibre institutionnel plus favorable aux citoyens dans cette construction européenne. Les pouvoirs du Parlement européen sont renforcés, le président de la Commission européenne doit absolument recevoir l’aval du Parlement et le PE aura son mot à dire sur beaucoup de choses quant au budget.

    Juste des avancées fondamentales...

    Après si les partis « européens » ne sont pas capables de se mettre en branle et de s’imposer face aux Etats, est-ce que c’est la faute du Traité ?

    Tu as raison sur un point : cette cacophonie mériterait qu’une personnalité politique de première importance (donc ni Lamassoure même si il l’a dit cette semaine et on peut lui en être gré, ni la société civile comme le Taurillon) fasse une grande déclaration devant les médias. Mais peut-on nous remplacer les politiques ?

    On peut juste leur mettre la pression.

  • Le 21 novembre 2009 à 12:05, par Fabien Cazenave En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Un peu bizarre Quentin ton message parce que les Jeunes Européens - France sont actifs sur ces questions institutionnelles depuis pas mal de temps...

    Nous défendons une Europe fédérale avec les citoyens au coeur. C’est pour cela que nous avons mener des campagnes d’informations dans les facs dès la présidence française pour les élections européennes de 2009. Toute l’année dernière et cette année, nous avons soutenu activement la campagne pour que les partis européens présentent un candidat clair pour les élections européennes pour incarner celle-ci. Nous aurions sûrement eu un meilleur résultat avec moins d’abstention (même si cela n’aurait pas tout résolu).

    Vis-à-vis des représentants politiques, la plupart des candidats « importants » (les têtes de listes des partis non extrémistes) ont eu à répondre à nos interpellations sur cette question durant la campagne. Que peut-on y faire si les partis européens ne se bougent pas derrière et laissent seulement Barroso en course ?

    Peut-être aurions-nous du mener une campagne durant les 2 derniers conseils européens ? Difficile alors que nous étions en pleine élection interne et que personne ne savait encore fin août si cette question serait à l’ordre du jour puisque les Irlandais n’avaient pas (re-)voté. En plus, comme nous ne sommes pas intergouvernementalistes, quel message envoyé clairement alors que le vote pour le président de la Commission européenne a déjà eu lieu il y a plusieurs mois ?

    Faire pression sur les chefs d’Etats et de gouvernements, c’est bien, mais leur reprocher de faire ce pourquoi ils doivent se réunir, c’est plus compliqué. Quel profil aurions-nous pu réclamer ? La question n’est pas fermée puisque l’UEF l’a fait de son côté.

    Enfin, pour Barroso, même s’il n’est pas de ton côté politique, il est élu parce que la droite est majoritaire au Parlement européen. Voilà quelque chose de plus clair pour les citoyens. Cette avancée sera complètement gâchée si les partis européens n’en tirent pas les conséquences. Déjà que la composition de la future Commission va altérer ce message avec des gens de gauche et de droite nommés en fonction de la couleur politique du chef de gouvernement de leur pays...

    Si tu as des idées, adhère :-)

    ici sur le site

    On est toujours à l’écoute des adhérents motivés ;-)

  • Le 21 novembre 2009 à 12:34, par Valéry En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Tout à fait d’accord, nous avons échappés au pire : un président du Conseil européen qui soit une personnalité d’envergure et charismatique et qui aurait pu dans un coup d’État rampant faire prévaloir le mythe qu’il existerait un « président de l’Europe » et que ce serait lui.

    Au final le grand gagnant de ce Conseil européen est J.-M. Barroso, et quelque part les fédéralistes puisque la Commission est un embryon de gouvernement fédéral, responsable devant un parlement élu, là où RVR devient l’équivalent régional d’un secrétaire général des Nations-unies, le chaiman d ’un machin somme.

  • Le 21 novembre 2009 à 19:14, par fp1881 En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Je suis d’accord avec vous, je pense même qu’Herman Van Rompuy peut nous surprendre, malheureusement, à ce niveau de responsabilité une élection pour trente mois n’a aucun sens, les dés étaient pipés. Si c’est un homme de pouvoir, il pensera à sa réélection et ne fera rien, passée la première année. Si, comme je le pense, s’est un homme de conviction, nous pouvons espérer que premier dans la fonction il imprime un style qui sache mettre en valeur les forces de l’Europe. L’ Europe dont les fondamentaux sont dans la richesse de sa culture, de son architectures, de ses origines religieuses qui a éclairé le monde qui est la fondatrice de la civilisation occidentale qu’adoptent les pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, et bientôt l’Afrique etc...Nous avons une responsabilité morale de les avoir entrainé là, ce sont d’anciennes colonies,nous avons un ascendant naturel sur eux, et nous l’oublions. J’ai bien l’impression que notre nouveau président ne me contredirait pas. L’Europe doit guider les autres peuples.

  • Le 21 novembre 2009 à 19:54, par Ronan En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Et bien c’est justement ça le problème : bon nombre de citoyens attendaient une personnalité charismatique qui puisse incarner l’Europe, à la Commission comme à la tête du Conseil européen. Bilan, y’en a finalement pas.

    On attendait fébrilement Juncker et/ou Verhofstadt (ou quelque chose comme ça...), et on aura eu... Rompuy et Barroso.

    Pardon de trouver complètement incohérent qu’on nous ai vendu pendant des mois l’antienne du « enfin un numéro de téléphone pour l’Europe » (« c’est Kissinger qui va être content », etc) pour finalement tourner casaque au beau milieu du gué.

    Et se déclarer - tout bien pesé (surtout depuis que les Irlandais ont dit Oui à ce fichu traité, et encore plus depuis que Barroso a été reconduit dans ses fonctions...) - finalement vachement contents que le dit numéro de téléphone aboutisse - au mieux - à un répondeur, et au pire : absolument nulle part.

    Barroso et van Rompuy : un président de la Commision fantôme et un chairman perroquet : comment peut-on se satisfaire - sans rire - d’une telle médiocrité ?! Ainsi que des institutions qui mécaniquement les portent ?!

    Souhaiter une « présidence du Conseil européen » la plus invisible possible, en espérant sourdement qu’on ne voit ainsi finalement pas trop à quel point la Commission européenne est devenue médiocre ?! Auquel cas, dans l’ambition politique (et par cette course au nivellement négatif...), on est vraiment tombés bien bas...

    Bien sûr il ne peut y avoir qu’un seul roi en Europe de même qu’il n’y a qu’un seul soleil dans le ciel : et il ne fallait sans doute pas qu’un van Rompuy puisse faire de l’ombre à un Barroso (à l’évidence : le principal soucis de ces dernières semaines...).

    Seulement voilà : Barroso est un astre mort qui n’émet absolument aucune chaleur, aucun rayonnement, aucune énergie... Alors, si l’avenir de l’Europe doit désormais vraiment s’envisager au diapason d’un « président » pareil... autant dire que c’est pas gagné.

    Grands vainqueurs de l’affaire : non pas Barroso et la Commission (comme on croit pouvoir le lire ci-dessus...) mais tous ceux qui ont « fait » Barroso et van Rompuy. Autrement dit : les chefs d’Etats et de Gouvernements dont nos deux « chairmen » ectoplasmiques sont les poupées. Pour être plus précis, les vainqueurs : Sarkozy, Merkel, Brown, Berlusconi...

    Ainsi, à la fin de cette séquence « institutionnelle » bâclée, il n’y a point du tout d’ « équilibre politique renforcé au profit des citoyens » (comme on croit pouvoir également le lire ci-dessus...) : les Etats ont (Commission, Conseil...) absolument tous les grands leviers politiques en main et dominent le système dans à peu près tous les compartiments du jeu, pouvant même délégitimer à volonté le Parlement en spéculant sur l’abstention enregistrée lors des élections européennes (comme au printemps dernier...).

    En résumé : l’Union est aujourd’hui devenue une confédération dominée par ses Etats membres où l’aspect communautaire et intégrateur passe désormais, en sourdine, au second plan. Le grand n’importe quoi continue... Il serait dommage qu’on s’en satisfasse. Et - donc - beaucoup reste à faire.

  • Le 21 novembre 2009 à 20:19, par Européen En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Pourtant, ce ne serait pas compliqué de fusionner le poste de président de la Commission et du Conseil européen. A quand également la création d’un gouvernement économique plutôt essentiel en ces temps de crise ? Ce serait un pas de plus pour l’Europe.

  • Le 22 novembre 2009 à 00:29, par Laurent Nicolas En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Dans l’idéal, et à long terme, il faudra un gouvernement économique européen ; mais concrètement, ce qu’il est le plus urgent, c’est une gouvernance économique européenne. Parler de gouvernement économique c’est s’aliéner l’Allemagne, le Danemark et bien d’autres. Un « gouvernement », on peut le souhaiter et l’attendre, mais ça prendra du temps et il faut trouver des voies communes pour y arriver.

    En attendant, et puisque l’emploi du bon terme est déjà un acte politique, parlons de Ministre des Affaires Étrangères !

  • Le 23 novembre 2009 à 16:04, par euromarianne En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    « Elle est une femme, premier argument.[...] « une femme, voilà un beau symbole ». Tant pis pour les compétences, mais il est vrai que le symbole aurait été fort. »

    Fabien, voici un raccourci qui bien malheureusement propage l’idée qu’il n’y a pas de femmes compétentes en Europe pour remplir ce genre de poste. Or c’est complètement faux, des femmes compétentes, on en a, il suffit de les chercher. En voici quelques unes, et la liste est loin d’être complète... http://www.genderbalancedcommission.eu/female-commissioners/

    Je conclus en pied de nez avec cette citation de Françoise Giroud "on aura atteint la parité quand des femmes incompétentes seront nommées à des postes à responsabilité"...

    Serions-nous sur la bonne voie ?

     ;-)

  • Le 23 novembre 2009 à 16:24, par Fabien Cazenave En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    Marianne, je ne remets pas en cause les compétences de cette dame. Je pointe le fait qu’elle est élue pour des raisons que je n’aime pas.

    Je n’aime pas voir nommer une femme parce qu’elle est une femme. Elle doit être nommée parce qu’elle est compétente.

    De la même manière, je n’aime pas voir nommer quelqun parce qu’il ou elle est de la nationalité du pays qui met le plus la pression au cours des négociations (ici la nationalité anglaise).

  • Le 23 novembre 2009 à 16:52, par Eurosocialiste En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    Là où je pense que tu te trompes Fabien, c’est que la première raison pour laquelle la baronne a été nommée n’est pas parce qu’elle est femme mais parce qu’elle appartient à la famille du PSE. Ensuite parce qu’il était convenu qu’il fallait quelqu’un d’un grand pays pour ce poste, pour avoir plus de poids sur la scène internationale, et que Miliband n’a pas voulu de ce poste. Il n’a pas été écarté comme tu le dis, il s’est lui-même disqualifié. Enfin, Ashton était déjà à Bruxelles, c’est peut-être une raison supplémentaire pour les Britanniques de la nommer, et effectivement, c’est une femme. Pour reprendre le commentaire d’Euromarianne, pourquoi faut-il toujours que l’on souligne l’incompétence supposée des femmes placées dans des situations de pouvoir alors qu’on le fait si rarement pour les hommes ? De grâce, donnons lui une chance !

  • Le 23 novembre 2009 à 17:51, par Laurent Nicolas En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    J’avais un professeur d’économie au lycée qui nous disait « l’égalité hommes-femmes dans le monde du travail sera réalisée lorsqu’on aura des femmes incompétentes à des postes à très haute responsabilité, privilège pour le moment réservé aux hommes ».

    Espérons qu’Ahshton fera reculer l’égalité hommes-femmes en se montrant très compétente !

  • Le 24 novembre 2009 à 00:09, par Fabien Cazenave En réponse à : non, femme n’est pas synonyme d’incompétence

    Moi aussi : voir mon blog

    Je suis un peu surpris par ton procès en machisme que tu fais à mon égard. Je ne dis pas que Lady Ashton est incompétente. Je critique les raisons qui ont poussé à son choix par le Conseil européen. C’est la méthode diplomatique qui est en cause, pas la personne. J’espère que j’aurai clarifié ce point d’incompréhension.

     ;-)

  • Le 24 novembre 2009 à 00:17, par Fabien Cazenave En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    Je te re-réponds ici également que tous les éléments que tu pointes à raison sont dans l’article. Sauf pour Miliband, je n’avais pas vu son retrait de candidature.

    Donc si on fait le compte, nous avons comme arguments en faveur de Lady Ashton :
    - qu’elle soit britannique
    - qu’elle soit « socialiste »
    - qu’elle connaisse déjà les arcanes de Bruxelles
    - qu’elle ait prouvé son europhilie durant la ratification par la Chambre des Lords du Traité de Lisbonne

    ...

    et qu’elle soit une femme, ce qui faisait sens car l’argument « féministe » de Vaira Vike-Freiberga faisait un carton plein dans les milieux européens (diplomatiques et médiatiques).

    Le nier sous prétexte que je suis un homme ne nous avancera pas. Par ailleurs, cela ne préjuge en rien de son mandat. Souhaitons-lui qu’il soit le meilleur possible. Pour l’Europe.

  • Le 24 novembre 2009 à 18:59, par Ronan En réponse à : Elle est une femme. [...] Tant pis pour les compétences

    Alors là je suis bien entièrement d’accord avec Fabien ! Ce récent « buzz » à propos de la candidature de MMe Freiberga (qu’il aurait donc fallu plébisciter en raison de... son sexe ?!) est tout simplement hors sujet, voire complètement à côté de la plaque.

    Il faudrait enfin en finir avec toutes ces candidatures « médiatico-publicitaires » derrière lequel le vide politique se pare les apparences souvent trompeuses et faussement consensuelles du politiquement correct. Personnellement je ne veux certainement pas voter pour une femme, un noir, un homosexuel (etc) en tant que tel comme seul « argument de vente » (comme là, finalement, on nous le proposait...).

    Mais bel et bien pour le seul projet politique et l’orientation qu’il porte.

    Il est regretable que certains européistes soient ainsi si facilement tombés dans le piège (le panneau « anti-sexiste » ?!) qu’on - connaissant leur extrême sensibilité sur certains sujets... - leur aura d’ailleurs sans aucun doute tendu à dessein.

    Or là, le « microcsome » semble s’être littéralement pris de passion pour une candidature (pourtant d’une terrible vacuité...) parce que ça permettait ainsi d’exorciser - à finalement très peu de frais - beaucoup de culpabilités tout de même assez mal assumées...

    Du coup, à trop disperser les voix « euro-exigeantes » entre de trop nombreux candidats (dont MMe Freiberga n’était certainement pas la meilleure candidature POLITIQUE possible...), nous n’aurons donc eu ni Verhofstadt, ni Juncker... mais van Rompuy. Chapeau bas...

  • Le 30 décembre 2009 à 10:54, par Franck Dupont En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Une nouvelle petition a été crée dans le but de voir un Président de l’Union Européenne élu par les citoyens européens. Je vous invite à la signer au http://electthepresident.eu

  • Le 30 décembre 2009 à 15:59, par Fabien Cazenave En réponse à : Herman Van Rompuy nommé président du Conseil européen... pourquoi ?

    Au-delà de la question du président du Conseil européen, les citoyens peuvent désormais agir sur leur représentant : le président de la Commission. Car le président du Conseil européen ne sera pas le représentant des citoyens, mais bien des chefs d’Etat.

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