L’Union de l’Innovation : une porte ouverte sur des politiques de santé ambitieuses

, par Ophélie Durand

L'Union de l'Innovation : une porte ouverte sur des politiques de santé ambitieuses

Officiellement, l’Union européenne a pour seule mission de compléter les actions nationales en matière de santé. Elle est tout de même parvenue à s’imposer dans ce domaine par le biais de sa politique de soutien aux innovations, avec par exemple la télémédecine rendue possible par les technologies d’information et de communication (TIC). Une preuve que, quand la volonté politique est là, l’Union européenne peut agir efficacement dans tous les domaines et prendre les devants.

En s’appuyant sur les objectifs de la stratégie de santé 2008-2013 en matière de nouvelles technologies, l’Union européenne espère améliorer la qualité de vie de ses citoyens et assurer la viabilité des systèmes sociaux européens.

La politique de soutien à l’innovation dans le domaine de la santé

L’Union européenne soutient depuis 2004 la recherche sur les TIC de la santé. Les avantages sont multiples. Outre la création de débouchés pour l’industrie européenne, la télémédecine, en proposant un suivi médical en ligne, réduit significativement les coûts de santé et améliore la qualité des soins. Le suivi est constant, les visites médicales sont optimisées et les hospitalisations d’urgence réduites.

De plus, ces nouveaux services permettent aux personnes âgées et/ou dépendantes de rester à domicile, améliorant ainsi leur qualité de vie et augmentant bien souvent leur espérance de vie. De nombreux projets ont été et sont toujours menés, répondant aux défis de la sauvegarde des systèmes de santé, de la pénurie du personnel de santé et du vieillissement de la population.

L’Union de l’Innovation est une des sept initiatives phare de la stratégie Europe2020 et devrait fournir un cadre lisible à ces politiques. Elle est fondée sur trois objectifs : développer la recherche de pointe, supprimer les obstacles à l’innovation et favoriser les partenariats public-privé. L’ambition est de soutenir la compétitivité économique européenne tout en répondant aux défis actuels, tels que le climat, la sécurité alimentaire, la santé ou encore le vieillissement de la population.

C’est dans ce contexte qu’ont été créés les Partenariats européens d’innovation. Le premier, lancé en janvier dernier, promeut le vieillissement actif et en bonne santé. De tels partenariats devront à l’avenir améliorer le potentiel de la recherche européenne en optimisant les ressources existantes et en créant des synergies entre les institutions européennes et les Etats-membres.

La santé sera-t-elle un exemple de la réussite européenne ?

L’échelle européenne est souvent la meilleure pour répondre à des défis paneuropéens, tels que la viabilité des systèmes sociaux et de santé, le soutien à la compétitivité, ou le changement démographique.

Mais, si elle veut que les résultats soient au rendez-vous, l’Union européenne ne doit pas agir en soutenant seulement l’innovation. La bonne santé des citoyens européens est aussi due à l’environnement, aux conditions de travail ou encore à l’insertion sociale.

A cet égard, l’objectif spécifique du Partenariat d’innovation d’augmenter de deux ans l’espérance de vie en bonne santé d’ici 2020 ne pourra être atteint sans actions parallèles dans tous les domaines affectant la vie des citoyens européens.

La crédibilité future de l’Union européenne dans le domaine de la santé est en jeu et il ne faudrait pas brûler des ailes à peine naissantes. Le choix d’une Année européenne 2012 sur le vieillissement actif est un pas satisfaisant dans cette direction et il reste à souhaiter que ce ne soit pas le seul.

Photo : Jujana Xhalvashi, nurse - Oxfam International / Health & Education For All

Source : Oxfam International, certains droits réservés

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Vos commentaires

  • Le 7 mai 2011 à 00:00, par Krokodilo En réponse à : L’Union de l’Innovation : une porte ouverte sur des politiques de santé ambitieuses

    Les fameux partenariats public-privé ont une fâcheuse tendance à cacher en fait la promotion des multinationales, un lobbying en faveur de leurs propres intérêts plutôt que le bien public. Par exemple, l’UE n’a pas renoncé à confier la pharmacovigilance à l’industrie pharmaceutique, qui serait alors juge et partie - cf l’affaire du mMdiator. Méfiance, plus que jamais.

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