Beaucoup des décisions prises par les institutions européennes n’atteignent pas l’opinion publique, ou alors quand elles entrent en vigueur. Une grande différence, sans aucun doute, avec la politique nationale et ses débats qui sont rapportés quotidiennement. Mais cela signifie-t-il que les institutions européennes travaillent en coulisse derrière des portes fermées ? Que les décisions qu’elles prennent ne sont pas transparentes ?

La Commission : une politique à base de consultations

Les propositions législatives de la Commission sont publiées sur internet. Elles doivent obligatoirement être précédées d’une consultation publique. Tous les citoyens peuvent participer à ces dernières. Dans les faits, ce sont les fédérations, associations, entreprises et ONG qui répondent aux consultations, et pas Madame ou Monsieur tout le monde.

Mais cela ne signifie en rien qu’il n’y a pas de transparence. Prenons un exemple moyen et banal, la Directive sur les redevances aéroportuaires. Dans ce Document, la Commission a du résumer la consultation et les opinions des participants avant de présenter son texte. Le site internet EUR-LEX publie tous les documents de ce genre.

Le Parlement européeen : Toujours en live

Le Parlement européen, comme ses homologues nationaux, travaille en séances pleinières et en commissions parlementaires. Chaque séance, où sont débattues les propositions de la Commission, est diffusée sur internet et peut être visionnée en direct ou après dans les 23 langues officielles de l’UE.

Les citoyens ont donc accès à ce qui se passe au Parlement et peuvent s’informer sur les positions et idées de leurs représentants à Bruxelles. On peut citer le site associatif Votewatch qui publie les votes de tous les députés européens pour chaque texte. Des années plus tard, il est possible de voir qui a voté quoi.

Des améliorations à apporter… chez les États.

Cette transparence n’est pas parfaite (aucun fonctionnement d’institution ne l’est) et tout comme dans nos Etats nationaux, il y a des améliorations à apporter. Il est par exemple inadmissible et incompréhensible que se multiplient les sommets à huit-clos entre chefs d’Etat et de gouvernement, tel celui du 21 juillet sur la crise de la dette. Il est nécessaire et sain de savoir qui pense quoi. Dans cette optique, les parlements nationaux ou le Parlement européen devraient servir d’exemple.

L’UE ne travaille pas de façon plus transparente que d’autres institutions. Comme les autres, elle doit etre réformée en permanence pour s’adapter et devenir plus démocratique. La première condition pour cela reste une plus grande implication des citoyens. Le cadre pour cela existe, même si il peut etre amélioré.