Le Maghreb, c’est l’Europe !

, par Benoît Pélerin, Nessim Znaïen

Le Maghreb, c'est l'Europe !

La question de l’adhésion de la Turquie revient régulièrement dans les médias et à chaque fois, certains ne manquent pas de faire appel à l’argument géographique pour justifier leur refus d’une adhésion. Quid des pays du Maghreb ? Une question absurde ? Peut-être pas si on se souvient de la demande de candidature du Maroc en 1987, que l’UE a rejeté gentiment, le Maroc « n’étant pas en Europe ».

La question des limites géographiques de l’Europe a toujours posé problème. Quel obstacle majeur arrêterait l’Europe à l’Es t ? Le mont Narodnaïa, point culminant de l’Oural, et ses 1894 mètres ? Pas vraiment. Il y a pourtant une cohérence géographique à l’espace européen me direz-vous. Oui, bien sûr. La cohérence de l’Europe tient à sa continuité, parce que c’est bien de ça dont il s’agit, la géographie s’occupe essentiellement de continuité et de discontinuité.

La mer Méditerranée dans ce cas constitue-t-elle une discontinuité géographique ? On peut répondre sans trop se risquer : pas plus que la mer Baltique ! N’était-ce l’île de Sjælland (DK), le détroit de Gibraltar (15 km) rivaliserait aisément avec les détroits du Cattégat et du Skagerrak qui séparent le Danemark de la Suède. Pourtant qui a déjà nié l’appartenance de la péninsule scandinave à l’Europe ?

Comme pour la mer Baltique, la densité humaine de certaines voies de passage de la Méditerranée est supérieure à la densité humaine de certains départements en France. Si on continue notre aventure vers le Sud de la Méditerranée, on trouvera là une vraie barrière qui rompt la continuité de l’espace géographique : le désert du Sahara. L’Europe ne serait il pas finalement un espace de peuplement homogène d’environ un milliard d’habitants, cerné par trois déserts : le Sahara, le désert d’Arabie et les steppes russes ? Rappelons au passage qu’en tant que départements français, l’Algérie a été cinq ans dans la CEE sans que personne ne s’en offusque.

Une Unité de fait

La Méditerranée n’ayant jamais été un obstacle, l’intégration du Maghreb dans l’Union Européenne pourrait se justifier par un socle culturel commun antique. Les limites de l’Union Européenne à venir pourrait très bien ressembler d’assez près à celles de l’Empire romain à son apogée au IIème siècle après JC.

Les détracteurs de l’entrée de la Turquie et donc a priori du Maghreb, avancent souvent le facteur culturel pour étayer leur argumentation : la différenciation au Moyen-Âge entre une Europe chrétienne contre un Maghreb, ou une Turquie, musulmane. Cette opposition doit, sur le terrain, fortement se nuancer dans l’histoire quand on sait l’importance que l’Empire ottoman a pu avoir dans une partie des Balkans (l’Albanie dont personne ne peut nier l’appartenance à l’Europe est à majorité musulmane), et si l’on rappelle qu’un bon tiers de l’Espagne a été musulman durant 800 ans.

De plus, certes, l’influence des religions chrétiennes et juives dans le destin historique européen est indéniable, mais l’Europe est également à l’époque moderne la fille des Lumières et d’autres mouvements qui se sont battus pour faire de l’Europe un espace de liberté religieuse, de liberté de pensée (sans mentionner les grecs et les romains), de valeurs humanistes. Les valeurs que l’Europe fait sienne comme la solidarité n’ont pas à être marquées du sceau indélébile de la religion, ce sont les valeurs de tous les européens, elles ne peuvent avoir de référent religieux. Les Lumières, la sécularisation des sociétés, et le fait que l’Église n’a pas à avoir le monopole des valeurs européennes, font que le christianisme ne peut être au cœur d’une identité européenne, ce que la commission européenne a d’ailleurs reconnu en refusant de retenir les racines chrétiennes de l’Europe.

Par ailleurs, à l’époque contemporaine, le Maghreb, influencé par 80 à 130 ans de domination coloniale européenne au XIXème reste fortement imprégné de culture européenne. Le système administratif, judiciaire, l’université provient en Tunisie du modèle français, la jeunesse tunisienne parle couramment le français et éventuellement l’italien, et apprend au lycée l’anglais et l’allemand.

Au delà de la culture et de l’Histoire, l’unité entre le Maghreb et l’Union Européenne est dans le présent, d’abord économique et humaine. Des centaines de milliers d’Européens vivent au Maghreb (90 000 Français) et 4 millions de Maghrébins vivent en Europe, soit l’équivalant de la population de l’Irlande et plus que celle les pays baltes ou la Slovaquie. Les échanges économiques entre le Maghreb et l’Europe représentent 30 milliards d’Euros par an, ce qui est égale, à titre de comparaison, au quart du budget de l’Union Européenne, et si 70% du commerce maghrébin se fait avec l’Europe, le Maghreb est une destination privilégiée des touristes européens (8 millions par an), des entreprises européennes, (notamment dans le textile ou l’automobile). La moitié du commerce africain français se fait avec le Maghreb et en nombre d’entreprises françaises commerçant avec un pays étranger, le Maroc et la Tunisie en 2009 étaient devant 20 des 26 autres pays de l’Union Européenne.

L’espace méditerranéen représente donc une zone économique homogène, tout comme d’autres régions européennes : la Baltique, l’Europe Centrale. Le marché communautaire est la somme de ces zones économiques particulières, et non pas un seul grand ensemble où tout le monde échange avec tout le monde sans distinction, pourquoi ne pas intégrer donc la région méditerranée entière ?

Un intérêt pragmatique à inclure le Maghreb

Le vieillissement de la population européenne fait la une de l’actualité avec le débat sur les retraites. Rappelons que le nombre de plus de 80 ans va être multiplié par six entre 1970 et 2030. Dans ces conditions, deux démarches paraissent judicieuses : d’une part adapter notre économie à un nouveau marché, celui des personnes âgées, d’autre part, revoir nos politiques en matière d’immigration, et, pour des raisons pratiques intégrer davantage de pays plus jeunes sur le plan démographique, le Maghreb restant un espace où 30% des habitants ont moins de 15 ans (contre moins de 20% en France). Des milliers d’emplois méritent d’être créés en matière de service à la personne par exemple et la complémentarité humaine et démographique entre l’Europe et le Maghreb mérite d’être mieux prise en compte.

Le baril de pétrole était de 20 dollars en 2000. Il est maintenant à environ 80 dollars, après être monté à 130. Il va régulièrement continuer à augmenter dans les prochaines années, notamment après 2013. Plus le coût du transport augmente, plus le périmètre de la vie des populations se restreint. Dans ces conditions, faire partie d’un même ensemble politique, et échanger davantage avec des pays situés à quelques dizaines de kilomètres des côtes siciliennes ou des côtes espagnoles se révélera sans aucun doute de plus en plus intéressant. La restriction du périmètre de l’économie européenne passera par des liens de plus en plus forts avec des pays au voisinage de l’Union Européenne.

On pourrait ajouter que si l’Union Européenne ne profite pas du potentiel des pays du Maghreb, d’autres pays le feront à sa place. Alors que les échanges de la France avec le Maghreb stagnent, les échanges commerciaux du Maghreb avec les États-Unis ont été multipliés par quatre en six ans, et si l’élargissement à l’est avait été un moyen de contrer les ambitions de pays extérieurs à l’Union Européenne, celui au sud se justifierait de la même manière.

Ouvrons un débat sans a priori

Deux obstacles sont indéniables quant à l’intégration immédiate des pays du Maghreb dans l’Union Européenne : la richesse de ces pays, et la forme politique de certains régimes. Le PIB par habitant des pays du Maghreb reste bien inférieur à celui de l’Europe occidentale mais est néanmoins comparable à celui de la Roumanie et la Bulgarie, membres de l’UE, et devance l’Ukraine, l’Albanie ou la Serbie, candidats potentiels. Quant à l’argument politique, si des progrès méritent indéniablement d’être faits (même si en terme de laïcité par exemple, un pays comme la Tunisie est bien plus en avance que la Grèce), on peut espérer que la transparence va gagner du terrain, comme elle a pu le faire en Roumanie ou en Bulgarie avant leur adhésion en 2007.

Évidemment, une intégration des pays du Maghreb dans l’Union Européenne ne peut être immédiate, ni même réelle à moyen terme. Mais on pourrait envisager de les inscrire dans les candidats potentiels pour les dispositifs de pré-adhésion pour l’exercice 2013-2020, afin d’aider ces pays à se mettre au niveau d’une part, et d’autre part d’imprégner les acteurs européens de l’idée que cette union est aussi une façon de concevoir l’Europe, que sans nécessairement la souhaiter, il serait bon de ne pas rejeter a priori du revers de la main. De même que la perspective de l’intégration à l’UE a indéniablement fait progresser les droits de l’homme en Turquie, on peut imaginer qu’il pourrait en aller de même avec le Maghreb, dont certaines zones ont besoin de progresser sur ce plan et aussi en terme de démocratie.

En résumé, tous les moteurs de l’expansion européenne, à savoir un plus grand marché, le progrès de la démocratie peuvent s’appliquer au Maghreb. Ni l’argument géographique ni l’argument culturel contre un tel projet ne sont indiscutables. Et à l’éternel argument du trop grand nombre de membres dans l’UE, nous pouvons répondre simplement : fédéralisme. Ce fédéralisme dont on entend parler de moins en moins au moment où la crise économique et d’autres facteurs crient sa nécessité. L’inclusion du Maghreb dans l’Union Européenne pourrait être à terme l’occasion d’envisager une gouvernance davantage pragmatique, ne reposant plus sur la nécessaire approbation des 27 pays.

L’Union de la méditerranée et le processus de Barcelone sont de bonnes choses, mais il n’est pas impossible d’aller plus loin. Alors que notre inconscient collectif est pénétré de l’idée d’un occident vieillissant, deux fois moins peuplé qu’une Chine en pleine croissance et impuissant sur le plan international, une union d’un milliard d’habitants, rivalisant démographiquement et surtout économiquement avec le reste du monde, si elle reste dans l’immédiat assez utopique, pourrait être un jour un bel aboutissement. Saint-Simon, visionnaire en son temps, écrivait déjà "La Méditerranée a été une arène, un champ clos où, durant trente siècles, l’Orient et l’Occident se sont livrés des batailles."

Désormais la Méditerranée doit être comme un vaste forum sur tous les points duquel communieront les peuples jusqu’ici divisés » (De la réorganisation de la société européenne, 1814), un programme intéressant et un bel idéal auxquels il vaut la peine de réfléchir. En définitive nous n’affirmons pas que la question de savoir si l’intégration possible ou souhaitable du Maghreb a déjà une réponse claire, mais nous pensons que les décideurs européens et surtout les peuples de l’UE doivent rester ouverts à la question, débattre, proposer. La question pourrait se poser plus vite qu’on ne le pense.

Illustration : Averroès, philosophe et théologien de l’Islam du XIIème siècle, né et ayant vécu en Espagne (1126-1198).

Source : Flickr

Vos commentaires

  • Le 23 avril 2010 à 12:10, par Bail Romain En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Cela fait bien longtemps que je n’ai lu un article d’une telle teneur ! Felicitations et en effet, posons-nous la question ! R Bail - Pdt JE-Caen

  • Le 23 avril 2010 à 14:57, par arnaud En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Ridicule :-((

    L’europe n’arrive déjà pas a marcher actuellement avec des pays européens et on accepterait la Turquie et le Maghreb ? Et pourquoi pas le Lybie, l’Égypte ? C’est une union européenne pas union de la Méditerrannée. L’ue c’est pas l’ONU. L’ue ça n’est pas qu’une zone de libre échange, il faut arrêter de vouloir faire entrer des pays juste parce qu’ils sont jeunes et qu’ils ont des ressources. La turquie n’est pas européenne, le Maghreb non plus. Le Maghreb c’est l’Afrique, vouloir l’intégrer c’est un comportement néo-colonial. Si vous parlez des liens cuturels pourquoi ne pas accepter toutes nos anciennes colonies ? Acceptons le Canada, l’australie, allons y. L’ue est un ensemble territoriale, linguistique, économique cohérent. Elle ne peut accepter ni la Turquie, ni le maghreb, ni la russi, ni le caucase.

    Le Maghreb ça n’est pas et ça ne pourra jamais être l’Europe.

  • Le 23 avril 2010 à 19:53, par Cédric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Très bonne question. Pourquoi ne pas permettre au Maghreb d’adhérer, après tout ?

    Je suis plutôt pour. Mais pas pour des raisons géographiques, démographiques, économiques, ou même géostratégiques, qui sont forcément secondaires. Un argument culturel me convainc beaucoup plus : nous, ex-puissances coloniales sud-européennes, partageons bien plus avec le Maghreb qu’avec l’Europe centrale ! L’Europe centrale a bien sûr toute sa place dans l’UE. Mais avec le Maghreb, nous partageons la langue, les structures administratives, judiciaires, éducatives, mais aussi tout simplement un certain nombre d’attitudes. Parfois, j’ai même l’impression, en discutant avec des Maghrébins, qu’on partage les mêmes approches, les mêmes grilles de lectures sur la question du voile, sur le rapport à la religion, bien que le phénomène ait une autre dimension là-bas. Et demandez à quelqu’un d’Arabie Saoudite s’il considère que les Maghrébins sont arabes. Il paraît qu’ils les définissent plutôt comme Européens !

    Cet article est un très bonne initiative. Bien sûr, le Maghreb ne peut pas adhérer en l’état, loin de là. Il faudra s’assurer que la cohésion de l’UE sera sauvegardée, que le projet d’intégration communautaire et démocratique ne sera pas (davantage) remis en question. Mais peut-on leur refuser toute perspective d’adhésion ? En quoi Chypre est plus européenne que le Maroc ?

  • Le 24 avril 2010 à 01:35, par Nessim Znaien En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Petite réponse à Arnaud.

    "L’europe n’arrive déjà pas a marcher actuellement avec des pays européens et on accepterait la Turquie et le Maghreb ?" La réponse de notre article est très claire : le bon fonctionnement de l’Europe ne dépend bien évidemment pas du nombre de pays, mais des institutions. Nous tentons une piste à la fin de notre article, qui ferait en soi l’objet de beaucoup d’autres articles : la formation d’une Europe par cercles, de cartels, où des pays qui le souhaiteraient pourraient s’associer sur des projets précis, sans la nécessaire approbation de tout les membres.

    "Et pourquoi pas le Lybie, l’Égypte ?" En effet pourquoi pas. Cela pourrait faire l’objet d’un autre article. Ce que nous disons dans cet article, c’est que cette idée est dans l’immédiat encore utopique, mais à terme, pas forcément. Il est possible qu’en 1957, il apparaissait aussi saugrenu pour certains d’intégrer un jour l’Espagne du Franco de l’époque, qu’en 2010, il paraît saugrenu d’intégrer la Libye de Kadhafi. Nous avons fait notre article sur le Maghreb, car, il nous paraît évident que ce sont les pays méditerranées pour lesquels la question d’une intégration à l’UE est la plus pertinente.

    "C’est une union européenne pas union de la Méditerrannée". Ce que nous disons est que justement, l’opposition entre la Méditerranée et l’Europe n’est qu’une opposition de mots, mais n’a aucune réalité géographique, c’est à dire aucune réalité du point de vue de l’organisation et la répartition des hommes à la surface de la terre. On apprend dès l’école primaire que l’Europe s’arrête à l’Oural à l’Est et à la Méditerranée au Sud. Mais ce n’est qu’une façon parmi d’autres de voir les choses, et j’ai été surpris de constater à quel point elle n’était pas partagée par tout les géographes anciens ou actuels.

    "L’UE c’est pas l’ONU. L’UE ça n’est pas qu’une zone de libre échange, il faut arrêter de vouloir faire entrer des pays juste parce qu’ils sont jeunes et qu’ils ont des ressources." C’est exact, L’UE n’est pas qu’ une zone de libre-échange et c’est bien pour cela que nous disons que l’intégration des pays du Maghreb n’est pas possible à court terme.

    "La turquie n’est pas européenne, le Maghreb non plus". D’un point de vue géographique si, d’un point de vue culturel à moitié, d’un point de vue politique, pas encore.

    "Le Maghreb c’est l’Afrique, vouloir l’intégrer c’est un comportement néo-colonial". Je ne comprends pas très bien le sens de cette phrase. Etant historien de la colonisation, j’attends avec intérêt ce qu’Arnaud entend par attitude coloniale ou postcoloniale. Le Maghreb c’est l’Afrique d’un point de vue conventionnelle, mais d’un point de vue économique par exemple, les échanges sont bien plus importants entre l’Europe et le Maghreb qu’entre le Maghreb et l’Afrique noire.

    "Si vous parlez des liens culturels pourquoi ne pas accepter toutes nos anciennes colonies ?" Nous avons parlé de culture simplement pour dire que refuser le Maghreb, ou la Turquie d’ailleurs, « pour raisons culturelles » était à notre avis un peu léger. Nous n’avons à aucun moment dit que l’intégration à l’UE était uniquement une question culturelle.

    "Acceptons le Canada, l’australie, allons y". Si l’on regarde une carte du monde, les grandes discontinuités, donc les grandes limites de l’Europe sont au Nord le cercle polaire arctique, à l’Ouest l’océan atlantique, au Sud la Méditerranée et le désert d’Arabie, et à l’Est les steppes russes. Donc pour nous, l’intégration européenne ne peut être infinie contrairement à ce que semble penser Arnaud de notre vision des choses.

    "L’UE est un ensemble territoriale, linguistique, économique cohérent." Territoriale oui (cf plus haut), et nous attendons l’argument disant que la Méditerranée est un obstacle territorial. Linguistique, certainement pas (23 langues officielles dans l’UE). Economique oui, et nous donnons quelques chiffres du commerce entre l’Europe et le Maghreb.

    "Elle ne peut accepter ni la Turquie, ni le maghreb, ni la russie, ni le caucase." J’invite Arnaud à donner des arguments solides pour étayer son point de vue.

    "Le Maghreb ça n’est pas et ça ne pourra jamais être l’Europe." Le titre peut être un peu provocateur de l’article est un clin d’oeil à la phrase du ministre de l’intérieur François Mitterrand « l’Algérie c’est la France ». Dans la réalité du terrain, des échanges présents et passés des hommes, j’ai bien peur que le Maghreb, ce soit déjà l’Europe. Pour ce qui est de l’institution « Union Européenne », nous ne disons pas que l’intégration des pays du Maghreb à l’UE est une nécessité absolue, encore moins à court terme. Nous disons qu’il faut en débattre. Ce que nous faisons grace au Taurillon.

    Nessim Znaien, vice-président des JE Rennes

  • Le 24 avril 2010 à 16:12, par ? En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    “Le Maghreb c’est l’Afrique, vouloir l’intégrer c’est un comportement néo-colonial.”

    Au contraire je pense que ça montrerait qu’on a enfin réussi à mettre notre passé colonial derrière nous. Il ne s’agirait en rien d’ "exploiter" ces pays mais bien de les intégrer comme des égaux dans l’UE à condition bien sûr que leurs gouvernements et leur population le souhaitent et bien entendu s’ils remplissent les conditions nécessaire pour entrer, au même titre que tout autre candidat.

    “Acceptons le Canada, l’australie, allons y” Ce n’est pas pareil : lien culturel oui, continuité géographique non. La logique derrière une éventuelle intégration du Maghreb n’est pas que culturelle. La Méditerrannée est-elle réellement un obstacle géographique ?...

    “L’ue ça n’est pas qu’une zone de libre échange,” Je suis tout à fait d’accord, et il va bien falloir qu’un jour ou l’autre nos dirigeants se décident à nous dire ce que c’est d’autre plutôt que d’éviter le sujet pour ne pas froisser leur électorat. Et si enfin un jour on a une véritable europe politique avec des peuples qui se la seraient réellement appropriée (et idéalement fédérale), pourquoi ne pas accueillir d’autres pays s’ils souhaitent un jour souscrire au même élan politique et aux mêmes valeurs (liberté, démocratie etc.).

    “L’ue est un ensemble territoriale, linguistique, économique cohérent.”

    Je ne crois pas que l’UE soit un bloque territorial : je la vois plus comme un ensemble de zones territoriales cohérentes qui se juxtaposent et se superposent (Espace de la mer Baltique, espace méditerranéen, arc atlantique etc.), ce qui se voit aussi dans les échanges économiques intra-européens. L’Algérie réalise déjà la moitié de son commerce extérieur avec l’UE ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie#Commerce_ext.C3.A9rieur ), et je ne me risquerait pas à dire qu’elle est plus tournée économiquement vers son voisin nigérian que vers l’Espagne.

    Ensemble lingistique cohérent ? À ma connaissance il y a peu (pas ?) de région du monde plus diverse en ce qui concerne les langues jouissant d’un statut officiel (langues slaves du nord/du sud, latines, germaniques, anglo-saxones sans parler du finnois, du hongrois et l’estonien, toutes reconnues par les institutions de l’UE et autres langues avec ou sans statut officiel au niveau national : basque, langues celtiques...).

    Je ne vois donc pas en quoi l’UE serait moins cohérente si elle intégrait le Maghreb, tant sur le plan territorial, que linguistique et économique.

    Bien sûr, le préalable, c’est une Europe plus solide institutionnelement, il faut favoriser l’approfondissement avant toute nouvel intégration d’un grand pays, quel qu’il soit et malheureusement ça ne va pas dans ce sens en ce moment.

  • Le 24 avril 2010 à 19:14, par Valéry En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    ça tombe bien cet article, on se demandais comment avoir plus de commentaires :-)

  • Le 24 avril 2010 à 19:17, par Valéry En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Pourquoi, pas, la Russie aussi en même temps, mais peu importe : l’Union européenne en revanche ce n’est pas l’Europe, c’est une organisation politique à vocation fédérale qui rassemble des pays d’Europe. Nuance. Suite aux élargissements précipités des années 1990 et 2000, alors que la construction européenne n’était pas encore achevée, ne recommençons pas l’erreur d’accueillir de nouveaux pays dans l’Union alors même que celle-ci est largement insuffisante.

  • Le 24 avril 2010 à 19:27, par KPM En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Tres bon article, merci d’ouvrir ce débat !

  • Le 24 avril 2010 à 19:31, par Ronan En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Suis ravi, également, de retrouver ce genre de réflexions politiques dans les colonnes du Taurillon.

    C’est effectivement à l’aune de progrès politiques que tel ou tel à sa place (ou non) dans l’union. Et non pas en fonction de critères géographiques « fumeux » dissimulant en fait des clivages « identitaires » (ici : une « frontière » culturelle n’exprimant en fait rien l’autre que l’ancien rapport de force territorial entre monde chrétien et monde musulman).

    Où l’on retrouve les récentes réflexions d’un géographe comme Christian Grataloup, enseignant à l’université Paris VII (In « L’invention des continents. Comment l’Europe a découpé le monde », ouvrage récemment publié aux éditions Larousse).

    A savoir que la Géographie - discipline apparemment « bonasse » et semble-t-il dénuée d’enjeux (mais en fait beaucoup moins innocente qu’on ne le pense...) - nous impose en fait des visions du monde extrêmement violentes ; et d’autant plus violentes qu’on nous dit qu’on ne peut surtout pas les remettre en cause, puisque « naturelles ».

    Or les limites qu’impose la Géographie « traditionnelle » n’ont absolument rien de « naturel » : elles sont entièrement culturelles et conceptuelles. Et seule la politique permet (éventuellement) de les dépasser...

  • Le 25 avril 2010 à 08:35, par Manu En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Cet article a au moins un mérite : il montre que si la Turquie intègre l’Union européenne, alors plus rien ne s’oppose théoriquement à des élargissements ultérieurs, y compris aux pays du pourtour méditerranéen. Les partisans d’une adhésion turque doivent en être conscient.

  • Le 25 avril 2010 à 12:19, par François Vié En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Le meilleur moyen d’enterrer tout projet d’Europe politique est de poursuivre dans ce genre de délire. La création progressive d’une identité européenne et de l’adhésion des citoyens à un projet politique commande que notre projet soit associé à un territoire et que l’on cesse d’envisager une extension sans fin. Fixons des limites ultimes et maximales à l’extension, en y incluant les Balkans, la Turquie et l’Ukraine, adhésions dont l’opportunité se verra en avançant, en prenant le temps. Quand à des adhésions au sud de la Méditerranée, il faut les écarter à priori et leur préférer des partenariats consistants, de véritables politiques partagées sur l’économie, les migrations, le développement, l’énergie, allant éventuellement jusqu’au « tout sauf les institutions »

  • Le 26 avril 2010 à 00:01, par Laurent Nicolas En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Merci pour toutes ces réactions et pardon pour le délai de validation et donc d’apparitionee ceux-ci sur le site, seminaire jeunes européens oblige.

  • Le 26 avril 2010 à 09:42, par Cédric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Pas d’accord.

    Pourquoi l’Ukraine et pas le Maroc ? Pourquoi l’Albanie et pas l’Algérie ? Ce tri des candidatures n’a aucune logique.

    Par ailleurs, je ne vois vraiment pas en quoi l’Europe politique est davantage enterrée à 37 qu’à 27 membres. On l’a de toute façon enterrée nous-mêmes le jour où on a accepté l’adhésion britannique, n’est-ce pas ?

    Bien sûr, j’exagère. Mais rappelez-vous bien que l’Europe centrale n’a pas adhéré dans une optique d’une Europe politique basée sur une identité européenne. Alors, imaginons qu’en leur donnant des perspectives d’adhésion, le Maroc et la Tunisie développent de véritables garanties démocratiques et fassent preuve d’un authentique engagement fédéral. Comment pourrions-nous les rejeter ?

  • Le 26 avril 2010 à 12:31, par Nessim Znaien En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Là où je rejoins François Vié, c’est lorsqu’il dit que l’idée d’une adhésion du Maghreb à l’UE est, dans l’étât actuel des choses, politiquement impossible à assumer vis à vis de l’opinion publique. Par conséquent, si l’adhésion des pays du Maghreb était précipitée, cela nuirait sans doute à la construction européenne, et au sentiment d’appartenance des opinions publiques occidentales vis à vis de l’UE.

    Benoit et moi, nous en sommes conscient et c’est pour cela que nous disons qu’avant que la question de l’adhésion ne se pose dans les gouvernements, il faut que la question se pose dans les opinions publiques.

    Quant aux limites de l’Europe, encore une fois nous en fixons et nous ne sommes pas pour une adhésion sans fin des pays.

    Nous disons juste que la vrai limite de l’UE n’est sur le terrain, pas la mer méditerranée, mais le désert du sahara. Et dans notre esprit, il n’est pas question de prolonger une éventuelle UE au delà du Sahara.

    De même, la vrai limite de l’UE à l’Est, n’est évidemment pas dans les faits, les malheureux 32km du détroit du bosphore, mais plutôt les 2,3 millions de km2 du désert d’Arabie.

    Merci à Laurent Nicolas et Fabien Canevaze pour leur intervention durant le séminaire.

    Nessim Znaien, vice-président des JE Rennes

  • Le 26 avril 2010 à 13:59, par Benoît Pélerin En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Ça ouvrirait plus la porte à l’Arménie ou à la Géorgie, voisins directs de la Turquie, qu’au Maghreb. Je pense qu’on peut-être partisan de l’entrée de la Turquie tout en étant indécis ou contre une éventuelle entrée du Maghreb.

    Par ailleurs, que l’on voit ça comme une bonne ou une mauvaise chose, il est clair qu’on ne peut pas sérieusement opposer l’argument géographique aux Turques, quand on regarde où se trouve Chypre comme le fait remarquer Cédric (outre le fait que les traités n’ont jamais dit jusqu’où pouvait aller l’Europe). Devrait-on alors demander à Chypre de quitter l’UE ?

  • Le 26 avril 2010 à 14:25, par Benoît Pélerin En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    J’ai oublié de signer... Et j’ajouterais à titre de comparaison que l’Algérie exporte proportionnellement presque autant que le Royaume-Uni vers l’UE.

  • Le 26 avril 2010 à 15:33, par Aymeric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    D’accord avec Arnaud.

    La question que vous posez pourrais être posée différemment. La France, est-ce l’Afrique ? L’Espagne, est-ce l’Afrique ?

    Votre réponse serait bien entendu « non ». Car la France ou l’Espagne, n’est pas selon plusieurs critères dont le premier est géographique, en Afrique. De même, le Maghreb, n’est pas, par définition, en Europe.

    Pour reprendre les termes d’Hubert Védrine, vous défendez d’avantage l’idée d’une ONU bis, à la rigueur d’un « club des démocraties » puisque vous réclamez des changements politiques, que d’une Union européenne.

    Comment voulez vous que les européens aient un sentiment d’appartenance à l’Union si vous leur dites qu’elle regroupe la Suède et la Tunisie ? Bien entendu, ils ne se reconnaitront pas au niveau culturel ni géographique. Car vous avez beau dire, géographiquement, le Magrheb n’est pas en Europe. De même, vous avez beau dire, les cultures tunisiennes, algériennes et marocaines sont absolument différentes des cultures européennes. Seule la question religieuse ne se pose pas, l’Albanie par exemple étant européenne et musulmane.

    Pour terminer, je pense que ce sont des affirmations comme celles-là « le Maghreb c’est l’Europe », qui font que de nombreuses personnes ne veulent plus de l’Europe. Comment leur en vouloir, vous même ne savez pas la définir...

  • Le 26 avril 2010 à 18:21, par Laurent Nicolas En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    et la Finlande et Malte ?

  • Le 26 avril 2010 à 18:33, par Aymeric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    La Finlande, Malte sont en Europe. Vous auriez pu me parler de Chypre plutôt. Plutôt que de parler du Maghreb, il serait bien plus logique d’intégrer la Norvège, la Suisse, la Croatie, les Balkans...

    Ces intégrations permettraient au contraire de renforcer la cohérence européenne et de donner une vraie identité européenne dans laquelle chaque européen pourrait se reconnaitre.

  • Le 26 avril 2010 à 19:00, par Aymeric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Ensemble linguistique cohérent : Toutes les langues européennes sont d’origine grèque, romaine ou slave. Ce sont ce que l’on appelle des langues indo-européennes. Ce n’est pas le cas de l’arabe, langue officielle dans les pays du Maghreb, même si le français ou d’autres langues sont également parlées (d’ailleurs principalement par les plus vieux)

  • Le 27 avril 2010 à 09:23, par Cédric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    D’une part, concernant la Norvège et la Suisse, vous connaissez la réponse. Les intégrer serait plus logique, bien sûr, mais on ne va pas le faire de force.

    D’autre part, n’exagérez pas les relations entre élargissements et identité européenne. Avec les élargissements de 2004-2007, l’Europe est certes un territoire moins cohérent qu’à l’époque où elle ne comprenait que des membres occidentaux. Mais ces élargissements n’ont eu, de fait, aucun impact sur l’identité européenne telle qu’exprimée par les Européens. Il suffit de regarder l’Eurobaromètre pour s’en convaincre. En réalité, beaucoup de gens ignorent que la Bulgarie ou la Slovaquie appartiennent à l’Europe. Ca n’influe pas leur sentiment d’adhésion. En fait, d’autres facteurs ont un impact beaucoup plus fort sur le sentiment d’appartenance à l’UE, comme le fait de faire passer Lisbonne par ratification au Congrès par exemple...

  • Le 27 avril 2010 à 10:32, par Nessim Znaien En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    « Principalement par les plus vieux », c’est malheureusement complètement faux. J’ai le privilège d’aller tout les ans en Tunisie, et je peux garantir que ce sont plutôt les jeunes qui parlent bien français. D’autre part, si vous allumez la télé marocaine, une bonne partie de ses programmes sont en français.

    A mon avis, d’autres arguments pourraient être convaincants, mais pas l’argument linguistique. Quel point commun entre le grec et son alphabet cyrillique, et le français et son alphabet latin ?

    Pour clore ce débat vis à vis des langues, contrairement à ce que dit Aymeric, toutes les langues de l’UE ne sont pas issu indo-européennes : Le finnois, par exemple, est une langue finno-ougriène et n’appartient pas aux langues indo-européennes.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_finno-ougriennes

    Nessim Znaien, vice-président des JE Rennes

  • Le 27 avril 2010 à 12:35, par Nessim Znaien En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Petite réponse à Aymeric :

    Le point d’accord qu’il y a entre Aymeric et moi réside dans le fait, que dans l’état actuel des choses, les opinions publiques ne sont pas prêtes à accepter la candidature des pays du Maghreb dans l’UE.

    Pour le reste,

    le problème que nous soulevons dans notre article est l’écart entre les conventions (celles qui ont découpé les noms des continents de cette manière à l’époque moderne, et qui s’expliquent pour des raisons géopolitiques entre autres expliquées par les livres de Christian Grataloup), qui correspondent à de la géographie politique du XVème siècle , et la réalité des dynamismes, des flux, des liens, c’est à dire la géographie humaine, la géographie enseignée à l’Université au XXIème

    Pour nous, si l’Europe est un même ensemble, elle comprend plusieurs cercles, dont le cercle méditerranéen, cercle auquel appartient les pays du Maghreb. La question donc n’est pas de savoir si la France ou l’Espagne sont en Afrique, nous disons simplement qu’il n’y a pas ou peu de discontinuité entre la France, l’Espagne et le Maghreb. Effectivement, il n’y a sans doute pas beaucoup plus de différence entre Chypre et la Suède situés à 4000km l’un de l’autre, qu’entre la Sicile et la Tunisie, qui sont à moins de 200 kilomètres l’un de l’autre !

    Le point de vue d’Aymeric peut se justifier et est acceptable, mais il doit se construire sur un argumentaire précis

    Aymeric dit : "vous avez beau dire, géographiquement, le Magrheb n’est pas en Europe". Nous répondons : "étant donné qu’il y a 7 fois plus de commerce entre l’Europe et le Maghreb qu’entre le Maghreb et l’Afrique noire, qu’il y a plus de mariage mixte entre l’Europe et le Maghreb qu’entre le Maghreb et l’Afrique noire, qu’il y a plus de voyages entre l’Europe et le Maghreb qu’entre le Maghreb et l’Afrique noire,  cette réalité est contestable sur le terrain

    Aymeric, comme nous tous, a appris à l’école primaire par son institutrice, que l’Afrique commençait après le détroit de Gibraltar, et que le maghreb « par définition n’était pas en Europe » mais lorsque la commission européenne a lançé des études sur le futur Aménagement du territoire de l’UE, des universitaires géographes comme Jean Ollivro avaient proposé d’inclure la Méditerranée dans cette opération.

    "cultures tunisiennes, algériennes et marocaines sont absolument différentes des cultures européennes". Tout d’abord, il faudrait se mettre d’accord ce qu’entend exactement Aymeric par culture. Pour nous, la culture demeure l’ensemble des faits et des traditions qui forment l’identité d’un peuple. Le premier moteur d’une culture, quelle qu’elle soit, est la religion, ou s. Or Aymeric écarte justement cet élément là comme facteur de différenciation entre L’Europe et le Maghreb. Nous attendons donc ce qu’Aymeric entend précisément par "cultures différentes". 

    Pour ce qui est de la définition de l’Europe, nous en avons proposé une, qui est dans notre article, notamment dans la dernière partie. Nous attendons qu’Aymeric nous demande précisément les points d’incertitude qu’il a repéré. 

    En fait, l’argument principal d’Aymeric est que le Maghreb n’est pas, pour raison culturelle, en Europe. Je souhaite qu’il réponde précisément s’il le souhaite à la première partie de notre article, en reprenant nos paragraphes, qui tend à contester cette affirmation. 

    Enfin, nous ne disons à aucun moment que l’entrée du Maghreb dans l’UE serait la priorité vis à vis d’autres intégrations. L’article de Benoit récemment sur Sebrenica prouve que, pour nous l’entrée des balkans dans l’UE est un sujet au moins aussi important

    Nessim Znaien, vie-pdt des JE Rennes

  • Le 27 avril 2010 à 18:29, par Ronan En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    « Etre ou pas être » (en Europe), ça n’a précisément pas de sens : la Géographie (en général) et la délimitation des continents (en tout particulier), tout cela n’est qu’affaire de conventions. Et, pour le coup, des plus arbitraires qui soient.

    En même temps, à l’heure actuelle, AUCUN élargissement n’est véritablement souhaitable sur le plan politique : ni vers le Maghreb, ni vers les Balkans, ni vers la Suisse, la Norvège ou même l’Islande. qu’il s’appuie sur quelque prétexte que ce soit (culturel, politique, économique et autre).

    Pour la bonne raison que tout élargissement de l’Union devrait désormais être soumis à un principe politique clair : celui d’opportunité. Avec un préalable tout aussi clair : celui d’une réforme radicale des institutions communautaires, dans le sens de plus de fédéralisme, plus de transparence et plus de démocratie.

    Quitte à faire entrer de nouveaux Etats membres dans l’Union, autant alors s’assurer (à leur plus grand bénéfice, d’ailleurs...) qu’ils entreront alors dans un ensemble qui fonctionne ! Au risque, sinon, de planter davantage encore le projet intégrateur des pères fondateurs.

    A l’heure où la Belgique semble - encore sur le point d’exploser (pour des raisons identitaires exactement similaires à ce que certains ici tentent d’ériger en critère pour l’adhésion...), à l’heure où la Grèce semble sur le point d’imploser sur le plan financier (pour des raisons économiques similaires à certaines barrières que d’autres veulent également ériger en critère strict pour de futures adhésions...), à l’heure où l’Union européenne n’arrive pas même à régler ses problèmes domestiques (et où la zone euro, au bord de l’implosion, fonce dans le mur du réel économique en gueulant pim-pom...), cette conversation, si elle ne manque pourtant pas de sel - n’en semble pas moins complètement surréaliste.

    Quant à l’identité, ce n’est pas non plus le problème. Et ce n’est donc pas à l’aune de ce critère là qu’on devrait pouvoir parler des futurs élargissements. A moins de vouloir construire... A moins de vouloir construire quoi, au fait ?! Un club de pays riches, vieux chrétiens, bien blancs et tous bien propres sur eux ?! Alors ce sera sans moi... Si le projet c’est une Europe « identitaire », alors il vaut carrément mieux pas d’Europe du tout.

  • Le 27 avril 2010 à 18:40, par Ronan En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Langues indo-européennes : le basque, le magyar, le finnois, l’estonien ?! Vraiment ?! (oui mais c’ets vrai que les hongrois sont bien blancs...) Et le maltais, qu’est-donc sinon une langue sémitique matinée d’emprunts divers ?! (oui mais c’est vrai que les maltais sont cathos...).

    Où on nous dit également que Chypre ou Malte (puisqu’on en parle) sont aujourd’hui « en Europe ». Bien sûr, bien sûr. Comme les enclaves espagnoles de Ceuta et Mélilla, on suppose...

    De quoi presque regretter cette France des années 1960 qui (Etat membre fondateur de la CEE de l’époque...) allait autrefois « de Dunkerque à Tamanrasset » (sic). Quand l’Algérie, c’était la France (souvenez vous).

    Comme quoi, la Géographie, c’est surtout un instrument politique à qui on peut faire dire un petit peu tout (et son contraire). Mais de là à dire absolument n’importe quoi, tout de même... ;-))

  • Le 28 avril 2010 à 17:44, par Cédric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Je suis assez d’accord avec votre approche, qui est honnête.

    Mais comment concrètement justifier le choix du non-élargissement, car si élargir est un choix, ne pas élargir serait aussi un choix dans une Europe qui, dans le passé, s’est élargie un peu machinalement (sans se réformer). Ca donnerait une impression de ’deux poids, deux mesures’.

    Ne pas élargir peut ainsi susciter d’énormes frustrations, surtout dans des pays auxquels on a fait miroiter l’appartenance à l’UE. On le voit avec la Turquie. De ce point de vue, il me semblerait politiquement impossible de ralentir volontairement l’adhésion des Balkans, au prétexte que l’UE doit d’abord se réformer.

    C’est différent pour les autres candidatures (Maghreb, Ukraine), car l’Europe ne leur a rien promis. Là, votre approche peut trouver à s’appliquer.

  • Le 28 avril 2010 à 19:40, par Ronan En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    La priorité des priorités, ce n’est pas l’élargissement, c’est l’approfondissement. Même s’il ne faut pas insulter l’avenir (et ne rien s’interdire a priori à ce sujet).

    Pour le reste, cela a déjà été dit ci-dessus : l’Union européenne n’est pas l’ « Europe géographique » (si tant est que celle-là existe vraiment). Vouloir absolument les faire coïncider toutes deux sans néanmoins jamais se doter des outils politiques susceptibles de la faire fonctionner correctement relève du grand n’importe quoi « idéologico-identitaire ».

    Et le projet politique (l’ambition politique) des fédéralistes n’est sans doute pas non plus l’UE d’aujourd’hui, mais bel et bien l’Europe fédérale de demain. Rien à voir, donc.

  • Le 29 avril 2010 à 09:51, par Cédric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Bien dit :)

  • Le 29 avril 2010 à 11:13, par Aymeric En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Petite réponse à Nessim Znaien

    En fait, l’argument principal d’Aymeric est que le Maghreb n’est pas, pour raison culturelle, en Europe

    Vous vous trompez. La base de mon raisonnement est tout autre. Elle se situe au niveau de la réalité de l’UE. Que voulons nous faire de l’UE, qu’est-ce qu’est cette entité ? Je ne sais pas ce que vous en pensez. Vous m’affirmez que la réponse se situe dans la dernière partie de votre article, mais je ne la trouve pas. La seule référence à l’essence de l’UE que j’ai pu trouver est : une union d’un milliard d’habitants, rivalisant démographiquement et surtout économiquement avec le reste du monde.

    Pour vous, l’Union se définit donc par rapport au reste du monde,pour moi elle se définit aussi par rapport à elle même. Pour vous, elle se définit principalement par l’économie. Je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision de l’UE. Pour vous, l’UE est un groupement économique, de démocratie (puisque vous dites attendre des changements politique des pays du Maghreb avant toute intégration). Vous ne fixez pas d’autres limites que le régime politique et l’intérêt économique. Pourquoi pas, sur le très long terme, intégrer la corée du Sud, le Vietnam ou autre pays d’Asie. Après tout, il n’y a pas de vrai rupture géographique, ces pays sont très proche de nous, et même sur le même continent.

    Pour ma part, j’ai une vision différente de l’UE. Je pense que l’UE doit remplacer à terme les Etats, qui deviendraient des « régions européennes », dans le sens où on serait Européen puis Français puis Breton... Cela passe avant tout par un ressenti de chaque personne. Pour créer ce ressenti, il est indispensable que l’UE soit acceptée et comprise par ces citoyens. Or, pour qu’elle soit acceptée et comprise, il faut qu’elle soit définie. Par conséquent, on ne peut pas l’élargir indéfiniment. Il faut fixer des limites. C’est le seul moyen de permettre aux citoyens de comprendre l’Europe, de savoir la décrire, l’apprendre, la transmettre. C’est le seul moyen de permettre aux citoyens de développer un sentiment d’appartenance à l’UE.

    Et c’est pour ce sentiment d’appartenance, que je juge nécessaire, que je vais fonder la suite de mon raisonnement. Pour développer ce sentiment, il faut, je l’ai dit, délimiter l’Europe. Il faut que tous les citoyens aient des points communs. Ces limites, ces points communs, peuvent et doivent être culturels et géographiques dans un premier temps. Il faut donner des limites géographiques à l’UE. Jusque là, ça ne contredit pas l’idée d’un Maghreb dans l’UE. Mais pour moi, les limites géographiques doivent être l’Europe continentale. C’est à dire grossomodo, la chaîne de l’Oural et le fleuve Oural, le Caucase, la Mer Noire, la mer Méditérannée.

    Vous me dîtes « pourquoi la Méditérannée et pas la Baltique » ? Certes. Mais les pays Baltes et les pays nordiques sont intégrés et appartiennent à ce que l’on définit comme l’« Europe ».

    Selon votre argument, l’Oural et le Caucase ne sont pas des discontinuités importantes non plus. Il n’y en a en fait pas à l’Est, puisque nous sommes sur le continent Eurasiatique. Il faut donc se référer à des limites « conventionnels », « historiques » et donc « culturelles ». Sinon, encore une fois, pourquoi ne pas intégrer tous les pays d’Asie à l’UE ?

    La culture, je la rattache à l’histoire, aux traditions, aux habitudes, au langage. La religion fait partie de la culture, mais n’en est pas la principale actrice. Cependant, la culture européenne et la culture maghrébine n’est pas la même. Qu’elles tendent à se rapprocher sous l’effet des échanges de plus en plus nombreux, je n’en doute pas. De manière général, les cultures du monde entier tendent à se rapprocher de la culture américaine. Pourtant, chaque région gardera toujours ses spécificités. Et la culture ancrée en nous, de manière profonde reste sensiblement différente sur le moyen terme. Peut-être que dans 50, 100 ou 200 ans, il n’y aura aucune différence entre la vision du monde d’un marocain et d’un allemand. Peut-être n’y aura-t-il plus aucune différence alimentaire, artistique, sociétale... Ce n’est pas le cas pour l’instant.

    Tout ça pour réaffirmer mon opposition à l’entrée du Maghreb dans l’UE. Cela empêcherait aux citoyens de se l’approprier, de s’affirmer à travers elle, de penser par elle.

    J’espère avoir été compris, et peut-être même vous ais-je convaincu de la pertinence de mes arguments.

  • Le 2 mai 2010 à 23:29, par nanou En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    coucou, peut-être créer une autre union qui cette fois ne se limitte pas qu’a un « schéma » géographique ou changer le nom de celle-ci si c’est ce qui met mal à laise, je trouve domage de ne pas y integrer des pays comme le Magreb et la Turquie qui sont en plein expention.

  • Le 8 août 2010 à 14:39, par Ronan En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    Hé, hé...

    Si « Chypre-sud » est dans l’U.E., n’est-ce pas surtout en fait (et peut importe là l’emplacement géographique) parce qu’elle est, avant toute chose, un « territoire grec d’outre-mer » ?! (i.e : une île parmi tant d’autres de l’ « archipel hellénique »...).

    N’ayant pû rejoindre la « Mère patrie grecque » ni en 1919, ni en 1948, ni en 1960... et pas davantage en 1974.

    Que ne dirait-on pas si les Grecs avaient pu se maintenir en Cyrénaïque ?! Sans même parler de leurs liens avec le monde arabe (et de leur communauté à Alexandrie...).

  • Le 18 septembre 2011 à 19:54, par cristobal En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    En tout cas je suis pour l’europe et j’éspére que la Turquie et le maghreb et la russie nous rejoindrons un jour quand ca ira mieux et la on sera plus fort. J’épere qu’ un jour on aura une seule monaie mondiale comme ca il n’y aura plus de spéculation. En tout cas vive l’europe car on est dans une nouvelle ére qui enfin rapproche les peuples. L’union fait la force.

  • Le 31 mai 2013 à 21:58, par Interrogé En réponse à : Le Maghreb, c’est l’Europe !

    On oublie sans doute une chose, mais tous les Etats membres de l’Union Européenne sont considérés comme européens et sont membres du Conseil de l’Europe. Si la Turquie peut adhérer à l’Union Européenne, malgré les problèmes qu’elle traverse dans cette étape, c’est parce qu’elle est considérée comme européenne. Tant que les Etats du Maghreb ne seront pas considérés comme européens, ils ne pourront adhérer à l’UE : ils doivent intégrer le Conseil de l’Europe car à mon avis c’est là que sont nés les multiples projets européens (CECA, AELE...) et que le caractère européen est affirmé.

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