Avenir de l’Europe

Le comité de sages, pour quels résultats ?

Quelques réflexions sur la proposition de Nicolas Sarkozy

, par Lionel Luttenbacher

Le comité de sages, pour quels résultats ?

Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d’un comité de sage regroupant une douzaine de personnalités ayant pour objectif de réfléchir au rôle de l’Europe ainsi qu’à ses contours aux alentours des années 2020-2030.

ACette proposition a reçu un accueil plutôt favorable dans les chancelleries européenne notamment en Allemagne mais plutôt mitigé au niveau des milieux associatifs.

Qu’en est il exactement ? Est ce une énième réunion d’experts qui vont réfléchir à huit clos sur l’avenir de l’Europe ? Ou le moyen pour le président de faire croire que l’on traite des vrais problèmes de l’Europe, alors qu’au fond c’est seulement le moyen de contrôler les futures élections européennes et de faire oublier le fait que le futur traité simplifié ne sera soumis qu’au vote du parlement. Si l’objectif est louable, les moyens mis en œuvre sont insuffisants et inadaptés face à l’énorme défi qui résulte de l’échec du 29 mai 2005 et la perte de confiance d’une grande partie des citoyens européens dans l’idéal politique d’une Europe unie !

Passer pour un lobby citoyen sur cet espace de réflexion

Ce comité peut être le moyen de se faire entendre sur nos revendications et sur notre vision de l’Europe. A ce sujet depuis deux ans certains ont travaillé sur un nouveau projet de constitution, ce groupe de travail s’est intitulé « CIPUNCE » (Convention Internet pour une Nouvelle Constitution Européenne), et ils comptent bien remettre leurs travaux à ses membres. De plus divers associations s’étaient regroupées pour former « Ensemble pour l’Europe », bien que n’ayant qu’une existence officieuse, ce type de regroupement d’associations est nécessaire pour se faire entendre.

Le comité de sages s’est donné pour objectif de réfléchir aux frontières de l’Europe.

Ces questions sont essentiels à nous de voir qu’elles seront les conclusions de ce comité et de voir si il sera le reflet de la position française sur l’intégration ou non de la Turquie en Europe notamment.

Une structure contrôlé et inadapté aux vrais défis :

La crainte que l’on peut avoir c’est le fait que cette initiative vienne d’un seul pays (en l’occurrence de la France) et que les derniers développementsqui tendent à un renforcement de l’intergouvernementalisme s’intensifient. Il reste à savoir qu’elle sera la composition de ce comité mais dors et déjà l’on peut dire qu’il sera chapoté d’une manière ou l’autre indirectement par le président de la république qui pourra s’en servir comme cadre pour diriger les débats lors des prochaines élections européennes dans le but de faire oublier que le futur traité simplifié ne sera ratifié que par voix parlementaire et non soumis à l’approbation populaire.

De plus ce comité n’a aucune légitimé démocratique, puisqu’ils seront nommé par Nicolas Sarkozy, ce qui enlève encore un peut plus de légitimité aux futures recommandations qui seront prisent.

Cette idée de créer un comité ne pourrait contenir des points positifs qu’à la condition qu’il ne reste pas enfermé dans des débats entre douze personnes. La société civile aurait alors une marge de manœuvre pour influencer à la marge ou du moins lui faire part de ses convictions et de ses positions.

Mais ce comité n’est pas la solution qui permettra une approbation populaire de l’idéal européen. Il est nécessaire que ce comité se restreigne à l’objectif de formuler des propositions et qu’ils ne deviennent pas comme précédemment dit un outil politique pour l’ambition d’un seul et en ne fixant aucun cadre pour les futures élections européenne de 2009.

La solution serait dans le courant 2008, après l’adoption du traité modificatif de réunir une nouvelle convention européenne chargée de réfléchir sur l’avenir institutionnel de l’Europe.

Il ne faudra pas se voiler la face si aucun accord n’est possible à 27, le choix d’une Europe à plusieurs vitesses devra être clairement mis sur la table.

Illustration : Photographie du Musei Capitolini où le texte du TCE avait été signé, issue du site Wikicommons.

A lire : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/09/des-sages-pour-.html

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Vos commentaires

  • Le 21 octobre 2007 à 15:28, par Ronan En réponse à : Le comité de sages, pour quels résultats ?

    Bilan des courses : on (i. e : les Etats-membres) refuse de donner à l’UE les institutions démocratiques et transparentes que ses citoyens demandent. Mieux encore, on rejette toutes les options vraiment démocratiques qui auraient pu (dû) s’imposer : pas de Constituante (on pouvait l’imaginer), pas de nouvelle Convention, pas de mandat constituant pour le Parlement européen élu en 2009. Rien.

    Et, pour rapidement camoufler tout ça, on nous organise à nouveau, ’’à la va-comme-j’te-pousse’’, un comité « Théodule » de plus pour (entre personnalités distinguées et choisies...) (désignées sinon cooptées...), doctement réinventer le fil à couper le beurre autour d’un nouveau tea-time mondain à l’échelle continentale (comme lors des séance du dernier en date des nombreux comités des sages réuni pour - déjà - palabrer des questions européennes...).

    Si on pouvait peut-être (à l’époque) émettre quelques réserves quant à la composition de la Convention (pour l’avenir de l’Europe), celle-ci nous apparait aujourd’hui - à côté de ce qu’on nous propose désormais - comme un modèle quasi absolu de démocratie représentative. Et un recul, un !

    Et (de plus en plus fort...) pour que l’écran de fumée soit absolument parfait, on décide de mettre à l’ordre du jour la fameuse question des fameuses... (je vous le donnes en mille...) ’’frontières de l’Europe’’ (mais si, mais si...). Aaaaaaah, trop chouette !!! : on va enfin pouvoir recommencer à stérilement polémiquer en invoquant Hérodote, Virgile, Jean Monnet, Moreau Défarges et toute la bande !!! Ouaaaais !!! (Ode à la joie).

    Pendant ce temps là, on ne parlera en tout cas pas de la démocratisation des institutions communautaires. Et, pendant la bataille d’érudits s’étripant joyeusement à coup de citations latines, les Etats-membres garderont le contrôle politique qu’ils - en toute souveraineté - exercent aujourd’hui sur l’Union. Qui a osé dire de Sarkozy qu’il n’était pas génial ?!

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