Le multilinguisme est l’une des valeurs-clé de l’UE. Il y existe aujourd’hui 20 langues officielles, [1] de l’anglais au maltais. Le Traité garantit à chaque représentant le droit de parler dans la langue de son choix.

Le principe est que toutes les réunions officielles sont interprétées dans toutes les langues.

En théorie, toutes les langues sont égales entre elles, mais, dans les faits, certaines sont plus égales que d’autres.

Lors des réunions non officielles, l’interprétation se réduit habituellement aux langues de travail, et est même parfois supprimée. Le représentant est alors laissé à lui-même.

Le coût du multilinguisme

Lors de la dernière réunion plénière, le Parlement européen a adopté un rapport sur les dépenses d’interprétation. Rédigé par l’Eurodéputé Alexander Stubb (PPE-DE, Finlande), ce rapport montre qu’une journée d’interprétation coûte 1476 euro au Parlement européen et 1046 à la Commission (la différence venant des frais de transport et de logement lors des sessions à Strasbourg...).

Une réunion à interprétation pleine coûte 118 000 euro par jour. Si nous n’utilisions que trois langues (par exemple l’anglais, le français et l’allemand), la dépense s’élèverait à 8900 euro par jour. Le coût total de l’interprétation au Parlement était en 2003 de 57 millions d’euro. Divisé par le nombre de députés (732), cela équivant à un coût d’environ 78 000 euro par député et par an.

Au total, les frais d’interprétation de toutes les institutions européennes s’élèvent à 160 millions d’euro par ans. Combinés, tous les services linguistiques des institutions européennes (traduction et interprétation) ne représentent que 1% du budget du total de l’UE. C’est le faible prix à payer pour la démocratie et la communication.

Du droit d’utiliser sa langue maternelle

L’idée d’une seule langue pour l’UE est illusoire. Les Etats membres ne parviendraient jamais à s’entendre sur une seule langue de travail. Tout le monde pourrait accepter qu’il n’y ait qu’une seule langue, l’anglais, sauf les Français. Tout le monde pourrait accepter qu’il n’y ait que deux langues, le français et l’anglais, sauf les Allemands. Et ainsi de suite.

L’effet domino continue et on aboutit finalement aux 20 langues, et plus encore à l’avenir [2]. La langue n’est pas qu’une question de communication. C’est un élément important de notre culture et de notre identité nationale. Le droit d’utiliser sa langue maternelle est une valeur fondamentale.

Maîtrise des langues et Exercice de responsabilités politiques

Les députés européens sont des représentants élus démocratiquement par les citoyens. Exiger d’eux des connaissances linguistiques particulières serait contraire à l’Etat de droit et à la démocratie : on ne peut tout simplement pas attendre de personnalités politiques qu’ils parlent plusieurs langues.

En revanche, on peut attendre des responsables et des fonctionnaires européennes qu’ils maîtrisent au moins une ou deux langues étrangères.

Quoi qu’en dise le Président Jacques Chirac, l’anglais est la langue officielle des affaires. On ne peut pas faire carrière sans maîtriser des langues. Une bonne maîtrise de l’anglais est un minimum. A Bruxelles comme dans le commerce international, il n’y a pas une seule compagnie qui ne soit pas représentée par quelqu’un qui ne parle pas anglais.

Conclusion

Les langues ne devraient pas être considérée comme un coût. Dans l’UE, le multilinguisme est très appréciable, et il doit être respecté à tout prix. En revanche, nous devrions plus estimer la maîtrise des langues étrangères et encourager les citoyens européens à les étudier.

(Article traduit de l’anglais par Emmanuel Vallens, membre du Bureau national des Jeunes Européens France).