Pour la première fois au niveau européen, l’impact et le coût du manque de compétences linguistiques dans les entreprises ont été évaluées à l’occasion d’une étude menée par le ‘UK National Centre for Languages’ (Centre national britannique des langues), à la demande de la Commission européenne, et publiée le 23 février 2007.

Il en ressort que, faute de disposer de compétences linguistiques et interculturelles suffisantes, les entreprises européennes supportent de fortes pertes commerciales, dont la valeur moyenne est estimée à 325 000 € par entreprise sur 3 ans.

Conscientes que les besoins en compétences linguistiques ne pourront qu’augmenter, beaucoup d’entreprises possèdent une stratégie de communication multilingue, recrutent des locuteurs natifs dotés des compétences linguistiques, proposent des sites web dans d’autres langues que la leur, recourent à des traducteurs / interprètes, proposent une formation linguistique à leur personnel.

Une spécificité des grandes entreprises est à souligner : l’anglais y semble davantage utilisé comme langue véhiculaire que dans les PME, probablement parce que – pour des raisons d’efficacité – une utilisation de l’anglais comme « langue d’entreprise » y est souvent encouragée, voire imposée. L’anglais n’est toutefois pas la langue unique : le russe, l’allemand, le polonais, le français, l’espagnol sont également très utilisés.

Selon cette étude, les entreprises européennes pourraient considérablement accroître leurs exportations, notamment en exploitant les possibilités qu’offre le marché intérieur de l’UE, si elles consentaient à investir davantage dans les langues et à élaborer des stratégies linguistiques cohérentes.

Afin de tendre vers cet objectif, l’étude a fait quelques recommandations articulées autour de l’enseignement et l’apprentissage des langues ainsi que de la mobilité. Par exemple :
– améliorer les liens entre entreprises et système éducatif dans le domaine linguistique ;
– promouvoir et adapter les programmes de mobilité tant auprès des travailleurs de PME que des étudiants de troisième cycle ;
– accorder plus d’importance à l’apprentissage des langues à tous les niveaux des systèmes d’éducation et de formation.

Leonard Orban, le commissaire chargé du multilinguisme, a rappelé sa volonté de placer le multilinguisme au cœur de la stratégie de Lisbonne en faveur de la croissance et de l’emploi.