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Les Euros du Village 2.0 sont arrivés !

Notre partenaire sort une nouvelle version de son site

, par Fabien Cazenave

Les Euros du Village 2.0 sont arrivés !

Les Euros du Village sont partenaires du Taurillon depuis quelques mois déjà. Par leur sérieux et la qualité de leurs articles, ils ont réussi à se créer une place dans le monde européen de l’Internet. Devant ce succès, ils se sont restructurés et ils passent à la vitesse supérieure avec une 2e version de leur site. Mathieu Collet, l’un des fondateurs des Euros répond à nos questions en avant-première, puisque le « nouveau » site arrive mardi.

Mathieu, peux-tu nous dire comment s’est créée l’aventure des Euros du Village ?

Les Euros du Village (EV) : Tout a commencé à vrai dire un peu par hasard, sans vraiment de préméditation. Pour faire court, tout a commencé le lendemain du référendum, dans ma chambre, à Cracovie, où je vivais alors, par mon blog sur l’Europe, un peu du style : « c’est la catastrophe, il faut que je réagisse, que je créé un blog, comme tout le monde ». Puis j’ai proposé à des amis de me rejoindre et il y a eu un effet boule de neige.

Petit à petit, je me suis mis à travailler jour et nuit pour créer quelque chose qui serait un peu plus qu’un blog, sans savoir où j’allais. Mes amis se sont aussi lancés dans l’aventure, et l’enthousiasme n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que nous construisions un vrai projet. Et puis nous voilà aujourd’hui, avec une grosse association, un site plutôt reconnu comme une référence et toujours autant l’envie de continuer.

L’Euro a plutôt mauvaise presse ces derniers temps... Avez-vous eu des réactions négatives vis-à-vis de votre nom, les Euros du Village ?

EV : Curieusement, non. Le nom « Euros du Village » n’est pas nécessairement associé à la monnaie, en français, et donc nous n’avons pas eu de remarque à ce sujet, ou alors nous ne les avons pas vu passer ! Il en va autrement pour d’autres langues. Ainsi, pour la version allemande, qui verra le jour d’ici peu, l’équipe s’est pas mal prise la tête pour savoir que faire d’un tel nom (qui, je signale au passage, est né le jour de la création du blog, un peu par hasard - mais au final, on y est très attaché).

On a tourné le problème dans tous les sens, le terme « Euro » faisant inévitablement penser à la monnaie pour nos amis germanophones. L’équipe de rédaction allemande, basée principalement à Lille et Münster, a planché dessus pendant plusieurs semaines, et au final, le nom de « Euronauten » a été retenu ; « Euro » est devenu un préfixe. La version allemande arborera probablement ce nom à l’avenir, après rôdage, mais rien ne dit que le nom « Euros du Village » ne restera pas si cela ne choque finalement pas les lecteurs et s’ils s’y habituent.

Aujourd’hui, les Euros connaissent un certain succès grâce au travail de qualité mené par toute l’équipe. Les liens fleurissent un partout dans la blogosphère... Comment votre équipe s’est-elle étoffée ?

EV : L’équipe compte aujourd’hui une cinquantaine de personnes, bientôt soixante, d’une dizaine de nationalités différentes. Le « recrutement » n’a pas été vraiment difficile, et s’est fait au fur et à mesure des rencontres des membres « historiques », les gens intéressés par l’Europe étant souvent emballés par le projet. On se structure cependant de plus en plus : un pôle décentralisé permanent voit ainsi le jour au Collège d’Europe, à Bruges, et cette première expérience nous permet d’en envisager dans d’autres institutions et universités, mais là, c’est encore un peu tôt pour parler de ces projets. On a aussi un pôle « charnière » entre les versions linguistiques qui se met en place, et qui bosse sur les aspects de langue, tant dans la communication interne que sur le site lui-même.

La difficulté réside plutôt dans l’organisation d’une structure sans cesse en mouvement et qui n’a pas de fonds propres ni de base à l’origine (comme ce peut être le cas pour le Taurillon par exemple, qui s’appuie sur le réseau des Jeunes Européens) : il faut tout créer avec nos propres moyens et le temps dont nous disposons, car nous avons tous des activités à côté, en tant que travailleurs ou étudiants. L’association se consolide peu à peu, mais repose surtout sur la motivation de ses membres. Nous travaillons ainsi depuis des mois sur l’organisation interne, la communication entre membres, la coordination des publications, nos réseaux de contacts, la création des nouveaux sites, les outils de communication, etc.

C’est vraiment une tâche énorme dont on ne prend l’ampleur que lorsqu’on découvre vraiment ce qu’est d’animer une association, éclatée dans plusieurs villes en Europe, et qui s’est de plus développée de manière très rapide. D’autant que nous développons, au delà du site internet, une partie ONG de la société civile européenne. On pourrait par exemple publier plus et plus fréquemment sur le site, mais nous n’avons pas encore matériellement les moyens de faire davantage si l’on veut préserver la qualité de nos publications et le sérieux de notre démarche. Mais j’ai bon espoir que tout cela évolue et nous faisons toujours des progrès, y compris sur la qualité des articles.

Les Euros ont un partenariat avec le Taurillon. Comment vois-tu le réseau de militant européen sur la Toile qui s’est considérablement développé depuis le Référendum français en 2005 ? Quelles sont selon toi les grandes tendances ?

EV : Il est toujours difficile de faire de la prospective sur le monde de l’internet, tant les choses évoluent vite. Cependant, on a assisté ces derniers mois à une consolidation de l’Europe citoyenne sur le web autour de quelques sites moteurs : le Taurillon, les Euros, le blog de Jean Quatremer. On recense d’autres initiatives, mais dont l’objet est différent : Café Babel a par exemple une position très forte depuis longtemps, mais dans une démarche plus « magazine de société », Europeus est plus éclectique. D’autres blog et sites intéressants voient toujours le jour, des mois après le référendum, et je pense que l’on est parvenu à transformer un sursaut suscité par l’agitation du référendum par un vrai mouvement de fonds. Même si celui-ci demeure quand même restreint aux passionnés, il ne faut pas se voiler la face.

Je pense que l’on va faire face à plusieurs défis :
- l’ouverture réellement européenne, c’est dire le dépassement de l’ancrage national, qui est un cap délicat, qui suppose non seulement le multilinguisme mais aussi l’adptation du contenu aux sensibilités propres des lecteurs des différents pays (le deuxième aspect est peut-être le plus difficile, et de notre côté, nous y faisons très très attention)
- la visibilité, qui je crois va s’accroître dans les mois à venir pour quelques acteurs, en emportant d’autres dans leur sillage. Le site « Touteleurope.fr » est à ce propos un bon relai.
- intéresser les lecteurs : défi évident, mais pas du tout facile à relever surtout avec un thème comme l’Europe. Et c’est à nous de nous débrouiller !

Quoi qu’il en soit, je suis plutôt optimiste : il y a de plus en plus de petits blogs qui se créent sur les questions européennes et beaucoup sont de très bonne qualité. Je parie sur l’effet boule de neige !

Quelles vont être les nouveautés de la nouvelle version du site des Euros du Village ?

EV : Ah ah ! Mystère...! Non, pas de secret : les Euros se muent en véritable média, tout en essayant de garder la fraîcheur associative et le côté « bande de potes ». On aura désormais des versions en trois langues, qui se mettront en place petit à petit (les premiers mois constitueront une période de rôdage). On utilisera désormais la plateforme SPIP, qui permet plus de souplesse et un plus grand confort d’utilisation pour le lecteur. Il y aura donc un très grand saut qualitatif au niveau visuel et de navigation. On a fait le choix de plus de simplicité et de clarté, et d’une refonte complète de notre identité visuelle : la surprise sera surtout là. Sinon, on a poussé SPIP assez loin dans ses possibilités et le site sera évolutif : tout au long de l’année, des nouveautés et des expérimentations techniques verront le jour, pour plus d’interactivité.

On passera ainsi progressivement à la vidéo dans une nouvelle rubrique, « Ecoutez voir », et un espace sera réservé dans les prochains mois aux associations qui veulent faire connaitre leur projet sous forme de sorte de « mini blogs ». Mais toutes les publications resteront exclusivement du travail « maison ». On a aussi fait un gros travail sur l’accessiblité à l’information la plus pertinente possible dans la nébuleuse internet. Tous nos articles sont déjà accompagnés de liens triés sur le volet pour que le lecteur qui veuille aller plus loin puisse le faire facilement ; désormais, nous aurons un catalogue dynamique de plusieurs centaines de sites internet que l’internaute pourra parcourir en fonction de l’information qu’il recherche, mais auquel il aura aussi accès de manière contextuelle, selon l’endroit où il se trouve dans le site. Chaque site sera décrit de manière précise et succinte pour une plus grande lisibilité.

La nouvelle version nous a demandé un travail gigantesque, de plusieurs mois, mais le résultat est, je pense, à la hauteur de nos efforts. On a tout fait pour valoriser au maximum le contenu et faire apparaître l’Europe comme un sujet normal, qui mérite d’avoir ses médias dédiés. Espérons que nous saurons relever le défi que nous nous sommes engagés à relever !

Quels vont être les grands sujets que les Euros pensent aborder avec un dossier spécial cette année ?

EV : Le guide la relance constitutionnelle, qui reprend une série de trois articles publiés l’année dernière, sera.... relancé ! L’idée est de poursuivre ce feuilleton, en reprenant les avancées et débats au sein de trois types de mouvements : les institutions, la société civile et les think tanks, les hommes politiques. On aura plus d’articles sous format feuilleton d’ailleurs, histoire d’aller à fond dans les sujets sans lasser les lecteurs. On va aussi parler un peu plus d’économie et des réalisations concrètes de l’Europe (l’énergie sera un thème important), mais également de relations internationales, ou encore de sujets de société (les religions, les modes de vie, etc.).

On parlera aussi des présidentielles, mais sans trop en faire : la presse française en fait déjà assez et on a surtout vocation à parler « autrement ». Enfin, les 50 ans du Traité de Rome ne seront pas abordés en tant que tels, mais par le biais de nos articles et de nos invités, qui seront amenés à dire aux internautes quel est leur rêve européen et comment ils voient l’Europe dans 50 ans.

L’idée est plus de « teinter » le contenu avec le cinquantenaire du traité plutôt que d’en faire un dossier spécial : encore une fois, on préfère parler concret.

L’Europe politique est en panne actuellement. Comment les militants européens peuvent-ils agir auprès de la population pour redonner du souffle au rêve européen ?

Je ne suis pas, personnellement, un « militant » d’une Europe particulière, bien que j’ai des idées, plutôt claires, sur le sens de la construction européenne aujourd’hui. Je ne suis pas, par exemple, défenseur d’une Europe fédérale à tout prix et si l’Europe politique reste en veilleuse pendant quelques années alors que l’Europe économique et sociale avance, cela ne me rendra pas malade : tant qu’on ne recule pas, qu’il y a des avancées, même petites et qu’on consolide les acquis... Mais bon, c’est pas gagné !

Je préfère donc dire « citoyen engagé » ; mon objectif, avec les Euros du Village, n’est pas de faire passer une vision de l’Europe, mais de montrer que celle-ci est primordiale et n’a pas la place qu’elle mérite dans le débat public. Ce qui importe, me semble-t-il, c’est d’inciter les gens à penser « européen », voire « mondial », plutôt que de s’enfermer dans une vision nationale voire nationaliste. Et cela n’enlève rien à la nation, au contraire. L’engagement, ce doit donc être de ne jamais privilégier la facilité à la volonté et de toujours combattre les idées reçues. C’est de parler et de susciter des débats.

Cela peut sembler un peu simple, mais c’est l’expression et la parole qui font vivre et circuler les idées en démocratie. Après, que le rêve européen des autres ne soit pas le même que le mien, ce n’est pas important : l’essentiel, dans une société qui manque de repères et où peu de gens savent de quoi demain sera fait, est que chacun puisse s’en construire un. Et soyons directs : il faut rendre l’Europe plus « sexy » !

Illustration :

Visuel des Euros du Village

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