Haro sur le nucléaire européen

, par Amandine Salmon

Haro sur le nucléaire européen

Alors que le Japon vient de connaître l’un des pires séismes de son histoire, les autorités nippones demeurent sur le qui-vive, pour évacuer la population la plus proche de la centrale de Fukushima. La catastrophe nucléaire annoncée, relance le débat sur un choix énergétique largement accepté en Europe.

Le 10 mars 2011, la Commission européenne rendait son rapport, concernant la mise en œuvre de l’instrument relatif à la coopération en matière de sûreté nucléaire européenne, conformément à ses obligations définies dans le cadre du règlement Euratom n° 300/2007 du 19 février 2007.

En effet, c’est en 1991 que la Commission commença à prendre au sérieux les risques nucléaires, après l’accident de Tchernobyl. Ainsi de 1991 à 2006, l’Union européenne a dépensé environ 1,3 milliard d’euros pour des projets de sûreté nucléaire. Depuis 2007, les actions de l’UE sur le plan de l’assistance et de la coopération en matière de sûreté nucléaire se poursuivent, s’élargissant aux pays tiers.

Car nous ne sommes pas sans savoir que les répercussions d’une catastrophe nucléaire sont larges, aussi bien dans le temps que dans l’espace. Rappelons que le nuage de Tchernobyl ne s’est en aucun cas arrêté à la frontière comme auraient voulu le faire croire les autorités françaises en 1986.

Les scientifiques estiment aujourd’hui qu’il aurait recouvert près de 40% de l’Europe. Combien de cancers, malformations, décès prématurés sont directement reliés à la catastrophe ? Nul ne le sait, ce qui est certain c’est que plus de vingt ans après l’accident, les conséquences radioactives continuent de perturber la santé et le quotidien des victimes de la catastrophe.

Certes nos hommes politiques ne cessent de rassurer leurs citoyens à coup de formules simplistes, telle la ministre française de l’écologie qui rappelait dimanche au journal télévisée, que oui le nucléaire reste « une bonne énergie ».

Elle permettrait aussi à l’Europe de garantir une certaine indépendance énergétique, et donc une marge de manœuvre politique plus large. Merveilleux mais à quel prix ! L’Europe, si elle se tient loin des séismes et tsunamis potentiels n’en est pas moins à l’abri d’une catastrophe nucléaire. La menace terroriste n’est pas à exclure.

Le risque zéro en matière de sécurité nucléaire n’existe pas

Si les autorités veulent assurer des moyens optimaux de sécurité, il faut garder à l’esprit le coût d’une telle dépense.

Et que dire des déchets produits par les centrales nucléaires ? Car il faut souvent des siècles voire des millions d’années pour venir à bout de leur radioactivité. Les enterrer semble une solution, mais comment garantir la stabilité des sous-sols pendant de telles périodes ? Et la non contamination des nappes phréatiques pendant si longtemps ? Impossible !

Des activistes européens ont bien compris ces enjeux et militent pour le développement des énergies vertes. Aujourd’hui la part du nucléaire dans la production énergétique est en Europe assez contrastée. La Belgique, la France, la Lituanie, et la Slovaquie sont les pays où plus de 50% de l’énergie provient du nucléaire. A la différence, la production est insignifiante dans de nombreux Etats de l’Union comme la Pologne, l’Irlande, l’Autriche ou le Portugal.

En Allemagne, Mme Merkel a présenté sa politique visant à n’utiliser que des énergies renouvelables d’ici 2050. Or face à l’impossibilité technique de contribuer aux besoins en électricité, le gouvernement a dans le même temps prolongé l’activité des centrales nucléaires qui devaient fermer en 2020… Lundi 14 mars cependant, la chancelière décrétait un moratoire sur la durée d’activité des centrales. Les italiens quant à eux n’abandonnent pas leur projet de retour au nucléaire.

Pas sûr que le traité de Lisbonne, qui donne une base juridique nouvelle à une politique européenne commune de l’énergie en Europe, suffira à les convaincre du contraire.

Photo : Centrale nucléaire de Cruas, wikimedia

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