Les élections européennes de 2014 arrivent à grands pas. Après plus de quatre années de crise, de montée des populismes et de l’euroscepticisme ; il devient urgent de réformer l’Union. En temps que média fédéraliste, le Taurillon a à cœur de proposer des changements concrets en faveur d’une Union citoyenne et démocratique. Nous vous invitons à découvrir des propositions ambitieuses qui relanceront le projet européen et renforceront la démocratie.

Il a toujours été normal d’associer l’initiative législative, c’est à dire le droit de proposer une loi, au travail des parlements. Dans tous les États démocratiques les différentes assemblées ont en effet un tel droit leur permettant d’être acteur de la vie politique et non pas une simple chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales. Dans certains pays, seul le parlement est doté de l’initiative législative, c’est le cas des États-Unis, dans d’autres, ce pouvoir est partagé entre le parlement et le gouvernement, c’est le cas de la France.

Le cas européen est en ce sens à la fois atypique et scandaleux. Le Parlement européen, cœur du pouvoir législatif européen et assemblée du peuple puisque les députés sont élus par les citoyens européens, n’a pas le pouvoir d’initiative législative. Ceci est d’autant plus scandaleux que ce pouvoir d’initiative législative est détenu par la seule Commission européenne, organe non directement élu par les européens.

Pourquoi cette initiative législative n’existe pas

La plupart des hommes politiques nationaux et des ministres semblent s’accommoder de cette situation ubuesque qu’est l’absence de pouvoir d’initiative législative. Un Parlement européen doté de l’initiative législative serait pour eux un Parlement dangereux tant il prendrait des initiatives ambitieuses pour faire de l’Europe un espace non seulement économique mais également politique et social. Ils se souviennent en effet de l’initiative audacieuse de la première législature du Parlement européen (en 1979) qui avait proposé un projet de constitution pour l’Europe.

Les députés européens, par contre, pestent contre ce pouvoir pourtant intrinsèque à tout parlement qui leur a été retiré au profit d’une commission qui certes dans les années 1990 était ambitieuse mais qui aujourd’hui en plus d’être totalement effacée au profit du duopole Hollande-Merkel ne semble s’occuper que du bienfait des marchés et non du bienfait des citoyens.

Cette absence d’initiative législative est un des vestiges d’une Europe qui se voulait interétatique et non politiquement intégrée. Elle a eu pour conséquence deux choses. D’une part, l’Union européenne est devenue totalement inefficace car non dotée d’un processus législatif opérationnel et légitime. D’autre part, et voyant cette inefficacité, les Etats européens ont décidé de faire l’Europe entre Etats, et non à partir des représentants européens, c’est à dire du Parlement européen. Il aurait été tellement plus facile de réviser les traités européens en créant une fois pour toute un texte constitutionnel modifiable par le Parlement européen, quitte à y associer les parlements nationaux, plutôt que de signer traité sur traité entre les 27 Etats européens.

En 2014, réclamons un vrai Parlement !

Le rôle d’un parlement n’est pas de faire plaisir à tel ou tel gouvernant ou à tel ou tel exécutif. Il est de voter la loi en fonction des intérêts du peuple. Comment un Parlement européen qui se veut représentant des citoyens européens pourrait remplir ce rôle de représentation si il ne peut pas de sa propre initiative proposer et voter des lois au nom des Européens ? Tous les fédéralistes, et plus généralement tous les europhiles sont aujourd’hui en faveur d’un droit d’initiative législative accordé au Parlement européen.

Il faut également insister sur le fait qu’une telle mesure, un tel pouvoir accordé au parlement européen serait un grand pas vers une démocratie européenne. On a souvent critiqué l’union pour son caractère anti-démocratique, cette critique en serait balayée si les représentants des européens avaient le pouvoir d’écrire la loi. Peut être qu’une telle mesure renforcerait également l’intérêt aujourd’hui faible que les hommes politiques nationaux portent à cette assemblée européenne. Un homme politique serait plus motivé à se présenter aux européennes si il savait qu’il a un réel pouvoir dans ce parlement.

Le problème est que les élections européennes de 2014 risquent d’être aussi scandaleuses que celles de 2009, c’est à dire que les partis nationaux qui vont se présenter vont dans leur grande majorité ne pas avoir de programme et être élus (ou non élus) sur le bilan de François Hollande. Si ce bilan est bon en 2014 on pourra s’attendre à une majorité de gauche, si il est mauvais, la droite sera en tête. Dans tous les cas, le débat sur l’Europe et plus spécifiquement cette mesure démocratique sera oubliée.

Il est grand temps de faire cesser cette mascarade, pour 2014, réclamons des programmes politiques et réclamons un Parlement européen doté de l’initiative législative !