Avenir de l’Europe

Quel futur après le traité de Lisbonne ?

, par Florent Banfi

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Quel futur après le traité de Lisbonne ?

Le Conseil Européen a pris la décision de transformer la Constitution en un simple traité afin d’éviter de possibles référendums et d’appliquer son contenu le plus rapidement possible. La voie démocratique initiée par la Convention a été écartée et une solution non transparente (Conférence Intergouvernementale) fut proposée à la place.

Nous devons admettre que l’objectif d’obtenir un référendum paneuropéen en 2009 sur la Constitution ne sera pas atteint. Bien que notre proposition eut comme but le maintient du processus de ratification après les non Français et Néerlandais, l’absence de Constitution implique un profond changement dans la campagne.

Que devons nous retenir de cette campagne ?

De nombreuses choses ont été dites sur la campagne et les raisons de son disfonctionnement. Néanmoins, je voudrais insister sur deux éléments spécifiques qui doivent être considérés en vue de la future stratégie de la JEF. Le premier concerne le paramètre temporel. Les précédentes campagnes menées par les fédéralistes duraient plus longtemps, elles étaient lancées par de petits groupes de pays puis rejointes les autres. Le temps était donc un avantage car il permettait de convaincre les personnes, qui progressivement intégraient la campagne. Plus la campagne durait dans le temps et plus le soutien des différents pays augmentait. Pour la campagne sur le référendum, la date de fin (2009) était définie et nous devions courir contre le temps pour atteindre le nombre de signatures requis car plus nous attendions et plus il était difficile d’atteindre nos objectifs.

Le second problème de la campagne fut le manque de capacités dans certains domaines nécessaires pour la mettre en place. Cette dernière étant une campagne sur le net, elle se basait sur une importante stratégie de communication utilisant la toile. Les besoins requis pour réaliser une telle campagne furent sous-dimensionnés. Les actions réalisées d furent de typiques d’une campagne de pétitions « papier ». Néanmoins, nous devons reconnaitre que notre site internet fut réalisé de façon très professionnelle si nous comptabilisons ses 13 différentes langues !

Par conséquent, la campagne nous a montré que les décisions stratégiques ne devaient pas être décidées au niveau européen et appliquées au niveau national et local. Si les personnes qui ont mis en place la campagne avaient été impliquées depuis le début, les moyens disponibles auraient été identifiés plus tôt et la campagne aurait été dimensionnée en fonction de nos réelles capacités. La stratégie finale aurait été moins ambitieuse mais beaucoup plus efficace.

Que faire maintenant ?

Bien que nous sachions approximativement ce qui sera introduit dans le traité, nous ne devons pas négliger la possibilité qu’il y ait de profonds changements. C’est pourquoi, tant que nous n’avons pas le texte final, il nous manque un élément important pour mettre en place une nouvelle stratégie.

Néanmoins, il semble difficile de faire campagne pour ce traité du fait de la différence entre le texte proposé par la CIG et celui de la Convention. La méthode doit être dénoncée mais les améliorations (s’il en reste à la fin) doivent être reconnues.

Mettre un terme la campagne afin de commencer un nouveau processus le plus vite possible n’est pas une solution convenable car d’une part nous n’avons toujours pas digérer les erreurs de la précédente campagne, mais également car la situation politique sera tout sauf simple jusqu’à ce que nous ayons le traité final.

Nous devrions attendre un éclaircissement du contexte et ensuite décider de l’objectif politique à atteindre. Une fois ce dernier clair, nous pourrons définir le moyen de l’atteindre. Cette étape doit regrouper le plus possible de pays. Le contenu de la stratégie doit être défini à la lumière de la diversité et engagements des sections. Cette nouvelle stratégie doit être conçue avec et pas seulement pour les sections.

Elections européennes de 2009

Les élections européennes de 2009 seront la prochaine importante pour l’association au niveau européen. Nous devrions essayer de nous ouvrir aux autres organisations afin de définir une stratégie qui puisse rassembler au lieu de nous isoler.

Les élections européennes sont une période unique où nous pourrons débattre facilement sur les questions européennes (à la fois sur les politiques et les questions institutionnelles) à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union Européenne. Elles sont également une opportunité pour prendre de nouvelles initiatives, pour exposer nos idées et nos propositions aux citoyens.

Notre stratégie doit prendre en compte la diversité des sections au lieu de la considérer comme un problème, elle doit être considérée comme une base sur laquelle nous pouvons créer quelque chose. De cette façon, nous unifierons l’organisation et pourrons nous définir comme la génération qui célébrera le 100ième anniversaire de l’UE... Ensemble en 2057.

Note de l’auteur : cet article fut écrit avant les résultats de la CIG. Par conséquent je n’ai écrit que des considérations pouvant être utiles à la fin du mois d’octobre pour le Congrès quand cet article sera publié.

Illustration : Le Traité réformateur par Marc S.

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