PESC

Quelle future Identité européenne de défense ?

Quel rôle pour l’UEO ? Quelles relations entre OTAN et UE ?

, par Ronan Blaise

Quelle future Identité européenne de défense ?

En cette fin novembre 2006 se réunit à Riga - Lettonie - le sommet annuel de l’OTAN : premier sommet de l’organisation militaire à se réunir dans une ex-république soviétique, émancipée de la tutelle soviétique depuis à peine une quinzaine d’année (1991), membre de fraiche date de l’OTAN ainsi que de l’UE (depuis 2004).

Une réunion au sommet au cours de laquelle la direction de l’alliance devrait envoyer au moins un ’’signal positif’’ à destination de tous ces pays candidats à l’adhésion que sont aujourd’hui les pays des Balkans, certains pays du Caucase, ainsi que la Moldavie et l’Ukraine.

En tout cas de tels événements politiques devraient nous éclairer quant à la très sensible force d’attraction que l’OTAN exerce aujourd’hui sur son environnement géopolitique proche...

En effet le rayonnement de l’OTAN dépasse là, aujourd’hui, très largement les limites continentales de la seule Europe pour déborder sur sa périphérie. Rayonnement auprès duquel l’UEO - son pendant ’’communautaire’’ - fait aujourd’hui bien pâle figure.

Incrédibilité militaire de l’UE, rayonnement de l’OTAN

Ainsi, les questions européennes de défense nous renvoient à des sigles (OTAN, UEO, UE, PESD, etc) qui sont autant de réalités géopolitiques différentes. Et les relations complexes entre chacune de ces structures politiques et/ou militaires ainsi désignées ne sont pas nécessairement évidentes à saisir au tout premier abord. D’où la nécessité d’essayer ici de faire le point...

La politique étrangère de l’Union européenne (PESD, i. e : « Politique européenne de sécurité et de défense ») a longtemps pâti - comme un passé récent l’a démontré de façon irréfutable - de son ’’incrédibilité militaire’’. Aujourd’hui, il semble donc indispensable de donner à l’Europe une réelle identité commune en matière de politique étrangère ainsi qu’en matière de sécurité et de défense. Mais cela passe par une volonté affirmée de la part des Etats membres.

Jusque là, la pierre angulaire de l’édifice de la défense européenne reste toujours l’OTAN : Organisation militaire intégrée - effectivement non communautaire - au sein de laquelle de nombreuses voix se font néanmoins aujourd’hui entendre pour demander la création d’un pilier européen propre.

Dans ce contexte, l’UEO - organisation militaire de l’UE - jouerait un rôle important. Cependant, tous les Etats membres de l’UE n’ont pas , jusqu’ici, les mêmes obligations en matière de défense envers l’OTAN et l’UEO. D’où l’intérêt d’essayer de faire le point sur cette question.

Qu’est-ce que l’OTAN ?

L’OTAN (OTAN) est une alliance militaire regroupant aujourd’hui une vingtaine d’Etat européens [1] associés aux Etats-Unis et au Canada. Née de la signature du Traité de Washington du 4 avril 1949, cette alliance militaire est alors la traduction - dans le contexte de la guerre froide et dans l’ordre militaire - de la doctrine Truman de ’’containment’’ alors préconisée par les Etats-Unis pour faire barrage à l’expansion du communisme soviétique.

L’expansion de l’OTAN, de sa fondation à nos jours

Aujourd’hui, malgré la disparition de l’URSS de la scène mondiale, l’OTAN n’a pas été dissoute. Au contraire même : elle s’est renforcée et s’est même élargie à de nouveaux Etats autrefois membres du pacte de Varsovie rival [2]. Puisque restant l’alliance militaire structurant les relations fortes existant aujourd’hui encore entre pays européens et Etats-Unis d’Amérique. Et c’est de par la volonté de ses Etats membres que l’OTAN conserve aujourd’hui encore le quasi monopole de la défense collective en Europe.

De plus, dans les années 1990 l’OTAN a aussi élargi son influence par l’adhésion directe de nouveaux Etats mais aussi par la conclusion d’accords de ’’coopération’’ : avec la Russie (en mai 1997), avec l’Ukraine (en juillet 1997) et avec l’ensemble des pays de la ’’rive sud’’ de la Méditerranée, dont Israël (en 1994) [3].

Les pays du Caucase ayant également été approché par les autorités de l’OTAN (notamment à l’occasion du sommet d’Istambul de juin 2004) et l’Ukraine ayant également fait acte de candidature (en mai 2003) [4], il n’est donc pas exclu que l’OTAN n’intègre même prochainement la Russie elle aussi. Et, à long terme, l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Chine ne saurait donc être totalement exclue...

Et c’est ainsi que l’OTAN s’est récemment très fortement impliquée en tant que telle dans la ’’stabilisation’’ (i. e : pacification) de l’Afghanistan [5] et de l’Irak post-Saddam. Pareillement, les différents Etats du « Conseil de coopération du Golfe » (CCG) (i. e : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Oman et Qatar) ayant eux aussi récemment déclarés être intéressés par la mise en place d’une coopération avec l’OTAN en matière de sécurité. Et l’OTAN ayant même déclaré - en juin 2005, lors de la crise du Darfour - qu’elle se proposait d’aider l’UA dans ses missions de maintien de la paix sur le continent africain. Une OTAN pareillement sollicitée au Proche orient, lors de la crise libanaise de l’été dernier...

Comme on le voit ici, l’OTAN s’est ainsi transformée en une structure flexible susceptible d’agir dans une zone géographique de projection dilatée englobant les périphéries méridionales et orientales de l’UE, couvrant les confins de l’Europe. Quel pourrait alors donc être le rôle de l’Europe communautaire (et de l’UEO) dans le cadre cette ’’nouvelle OTAN’’ issue de cette ’’dilatation historique’’ ?

Qu’est-ce que l’UEO ? Quelles sont ses missions ?

L’Union de l’Europe Occidentale (UEO) est un ’’surgeon’’ de la défunte CED. Un surgeon ’’réactivé’’ au tout début des années 1990 pour les autorités politiques de l’Union européenne afin de donner à l’UE un ’’bras armé’’ et une véritable ’’identité européenne de sécurité et de défense’’ (IESD).

Les pays aujourd’hui membres de l’UEO

L’UEO comporte 10 États membres (i. e, les sept ’’membres fondateurs’’ de 1954 : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays bas, Royaume uni rejoints en 1990 par l’Espagne et le Portugal, puis par la Grèce, en 1995 : ci-contre en rouge).

Auxquels il faut adjoindre 6 États ’’membres associés’’ depuis les années 1992-1999 (i. e : Islande, Norvège, Pologne, République tchèque, Hongrie et Turquie : ci-contre en vert).

De même que les 5 États devenus ’’membres observateurs’’ depuis les années 1992-1995 (i. e : Irlande, Danemark, Suède, Finlande et Autriche : ci-contre en bleu).

Ainsi que les 7 ’’États partenaires’’ associés à l’UEO depuis les années 1994-1996 (i. e : les trois pays baltes - Estonie, Lettonie et Lituanie - la Slovaquie, la Slovénie, la Roumanie et la Bulgarie ; ci-contre en bleu : ci-contre en violet).

Les missions de l’UEO (reprises, par la suite, par les Autorités politiques de l’UE) ont été reprécisées et redéfinies par une déclaration en date du 19 juin 1992, dite ’’Déclaration de Pétersberg’’ (à proximité de Bonn). Ces missions figuraient dans le Traité d’Amsterdam (1997) et servent aujourd’hui de cadre de référence pour déterminer les objectifs et les moyens de cette « Europe de la défense » naissante.

Ces missions dîtes ’’de Petersberg’’ sont au nombre de quatre : missions humanitaires, missions d’évacuation de ressortissants, missions de maintien de la paix et missions de rétablissement de la paix (y compris des opérations de combats pour gestion de situations de crise). La Constitution européenne prévoyait d’élargir les missions de Pétersberg à des actions conjointes en matière de désarmement, de conseil et d’assistance militaire et en matière de lutte contre le terrorisme.

Dans les années 1990, parallèlement à la construction européenne, la plupart des fonctions et missions de l’UEO devaient progressivement être reprises par l’Union européenne. La fusion complète entre UEO et UE était prévue pour 2000. Cependant, en 2006, l’UEO existe toujours et continue à gérer une part importante de la planification militaire européenne...

Quelles relations entre OTAN et UEO, entre UE et OTAN ?

Les « Accords de Berlin » (de juin 1996) prévoient que cette IESD [6] devrait se construire dans le cadre de l’UEO et au sein même de l’OTAN. Ainsi, l’UEO, bras armé de l’UE, est censée devenir – à terme – le pilier européen et complémentaire d’une OTAN devenue une « Alliance atlantique » bipolaire rénovée. Et c’est à ce titre que cette « Europe de la défense » actuellement en plein développement peut ainsi utiliser les moyens et les capacités que l’OTAN met à sa disposition par les Accords dits de « Berlin plus » (de mars 2003).

Les débats qui ont précédé, en France, le référendum sur le TCE ont vu surgir la question du lien entre « Europe de la défense » et OTAN. Et, effectivement, l’article I-47 (§7) du TCE stipulait très précisément que « les engagements et la coopération dans ce domaine (i. e : des questions de défense) demeurent conformes aux engagements (déjà) souscrits au sein de l’OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre » (sic).

Mais en la matière, la Constitution européenne ne faisait que récapituler là une réalité historique et géopolitique datant des débuts de la guerre froide et déjà prise en compte par les Traités de Maastricht (1992), d’Amsterdam (1997) et de Nice (2000). Donc, rien de nouveau sous le soleil à ce sujet.

Et si l’OTAN reste donc là, pour ces Etats membres de l’UE, le « fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre » (sic), ce n’est là que de par la seule volonté de leurs gouvernements démocratiquement élus, et de part celle - expressement et très clairement exprimée - de leurs populations.

A l’évidence, l’hypothèse exprimée par certains - lors de la dernière campagne référendaire française - comme quoi l’Europe de la défense devrait absolument se construire en dehors de l’OTAN (voire contre la puissance américaine même...) est un non sens.

Ne serait ce que parce que nombre de nos partenaires européens - très attachés à l’Alliance atlantique - n’adhèrent absolument pas à (ni ne comprennent, d’ailleurs) une telle position. De même qu’une grande majorité de leurs opinions publiques dont ils reflètent d’ailleurs assez fidèlement le sentiment général sur cette question.

Autonomie, complémentarité et responsabilité : tels sont, en revanche, visiblement les trois grands principes selon lesquels l’Europe de la défense, nouveau pilier européen autonome de l’Alliance atlantique, pourrait donc revoir - à l’avenir - ses structures, dispositifs et principales missions.

- Illustration :

Le visuel d’ouverture de cet article est le drapeau de l’UEO, « Union de l’Europe occidentale », document tiré de l’Encyclopédie en ligne wikipédia.

- Sources :

A lire : « La nouvelle OTAN : des rivages nord-atlantiques aux confins eurasiatiques » (par Jean-Sylvestre Montgrenier), Article publié dans la revue « Hérodote » (n°118) du troisième 2005 (ici, pages 27 à 47).

Notes

[1i.e : Belgique, Danemark, France, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni dès 1949 ; Grèce et Turquie à partir de 1952 ; Allemagne fédérale à partir de 1955 ; Espagne à partir de 1982, etc.

[2i. e : la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, dès avril 1999 ; puis la Slovénie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et les trois Etats baltes, dès avril 2004.

[3Sans parler de la signature à Dubrovnik et Tirana (en mars, puis mai 2003) de la « Charte de l’Adriatique » préparant alors l’entrée dans l’OTAN de l’Albanie, de la Macédoine et de la Croatie...

[4Les demandes d’adhésion à l’OTAN des pays des Balkans, du Caucase et de l’Ukraine devant ultérieurement faire l’objet d’un examen approfondi, à l’occasion du prochain grand sommet de l’OTAN. Et l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN devant néanmoins faire l’objet d’un référendum (comme déclaré en juin dernier, à Odessa, par le président Viktor Iouchtchenko).

[5Où sont aujourd’hui impliqués plus de 35 000 hommes des forces de l’OTAN (i. e : le plus gros corps expéditionnaire de l’OTAN déployé en dehors du continent européen depuis la création de l’organisation, en 1949 : allemands, britanniques, canadiens, espagnols, français, italiens et néerlandais...) dans le cadre de la « Force internationale d’assistance à la sécurité » (Fias) placée sous le commandement du général britannique David Richards.

[6IESD, i. e : « Identité Européenne de Sécurité et de Défense ».

Vos commentaires

  • Le 29 novembre 2006 à 09:14, par Catherine Guibourg En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Félicitation pour la qualité de cet article. Bien sûr que, dans le contexte géo-politique actuel, l’OTAN est incontournable, mais je suis étonnée que vous ne rendiez aucun crédit aux opérations « autonomes » menées par l’UE dans le cadre de la PESC et la PESD ( FYROM, Bosnie, Congo..opérations militaires et de police ), pour lesquelles le rôle de l’OTAN est marginal, même s’il y a échange d’informations .

    Catherine Guibourg blog « l’Europe dans la campagne » http://catymi.blog.lemonde.fr/

  • Le 29 novembre 2006 à 10:23, par Ronan Blaise En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Je suis étonné de la deuxième partie de votre réaction car il est aujourd’hui tout de même assez clair que les opérations ’’prétenduement autonomes’’ des forces armées de l’UE-UEO (en BiH, en FYROM, au Congo-RDC, etc) sont aujourd’hui menées la plupart du temps grâce à (Cf. « Accords Berlin + », conclus en mars 2003) des structures d’Etat-major préalablement créées, constituées, mises en place dans le cadre otanien et, par la suite seulement, mises à la disposition de l’UE-UEO par l’OTAN (et par décision officielle de sa direction politique et de ses Etats-majors).

    Et ce à la demande même (et expressément formulée) de nos Alliés qui ne veulent justement précisément et strictement pas de structures ’’doublons’’ ni trop ’’autonomes’’ par rapport à une OTAN à laquelle ils tiennent par dessus tout (et ce, même lorsqu’ils se prétendent officiellement ’’neutres’’ ; comme c’est, effectivement et malgré toute évidence, encore le cas pour la Suède ou la Finlande, par exemple).

    Le problème étant précisément que nous avons en France (tradition ’’gaullienne’’ oblige ?) une très mauvaise perception de l’attachement effectif (et affectif) de nos Alliés à l’OTAN. Et quant à leurs réticences (voire refus ’’mordicus’’, manifeste et d’ailleurs très clairement exprimé) de voir prochainement se constituer en Europe quelque ’’Identité européenne de défense’’ qui soit vraiment indépendante de l’Alliance atlantique.

  • Le 30 novembre 2006 à 11:48, par catherine Guibourg En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Peut-être joue-t-on sur les mots ? Si l’UE prend la suite de l’OTAN comme en Bosinie/H, ce n’est pas une opération autonome ? Et au Congo, j’aimerai que l’on vérifie l’implication de l’OTAN.Je joins comme lien un doc que ,j’en suis sûr ,vous connaissez et qui montre que l’UE mène des opérations autonomes et qu’elle a l’intention d’en faire plus avec les nouvelles capacités créees. Qu’il y ait, dans un contexte de coopération intergouvernemental, des tensions entre pro-OTAN et autres au Conseil UE et COPS, celà est évident vu les histoires, références et parfois stratégies différentes des pays-membres.

    http://www.touteleurope.fr/fr/union-europeenne-en-action/les-politiques-europeennes/relations-exterieures/la-politique-etrangere-et-de-securite-commune-pesc.html

    Catherine

  • Le 30 novembre 2006 à 12:21, par Ronan Blaise En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Quand on parle de structures et de missions UEO ’’autonomes’’, effectivement on joue sur les mots dans la mesure où il ne peut en fait pas y en avoir sans l’aval préalable des autorités politiques et militaires de l’OTAN. Souvent les structures en question sont des structures d’Etat-major préalablement mises en place ’’ad hoc’’ par l’OTAN (pour le Congo RDC, depuis Berlin...) mais effectivement par la suite mises à la disposition de l’UEO. Une autonomie de gestion, donc, on ne peut plus relative...

  • Le 30 novembre 2006 à 19:55, par catherine guibourg En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Aval préalable ? votre information m’étonne. il faudrait se renseigner auprès de l’Etat major européen, auprès de J.Solana. Qu’il y ait une certaine coordination oui, mais accord préalable obligatoire sur les opérations UE ( pas UEO !), non.

    Catherine

  • Le 30 novembre 2006 à 20:41, par Ronan Blaise En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    De quel Etat-major militaire de l’UE parlez-vous, s’il vous plaît ? Je n’ai pas connaissance qu’il existe aujourd’hui quelque structure qui porte ce nom et/ou qui assure ces fonctions. (Et pour cause : aujourd’hui il n’y a tout simplement pas d’Etat-major permanent en la matière...).

    De plus, à ce jour M. J. Solana n’exerce plus (Nb : depuis qu’il n’est plus secrétaire gal de l’OTAN comme il l’a effectivement été il fut un temps...) et n’exerce pas actuellement de responsabilités de coordination militaire (et n’en n’a pas le mandat), vu que son actuel mandat ’’européen’’ de M. PESC (fonction strictement diplomatique) ne recouvre absolument aucune fonction militaire.

    Pour le reste, il ne s’agit pourtant jamais que d’une application concrète des fameux accords de Berlin + de mars 2003...

    Puisqu’en fait les choses sont relativement simples : les Etats européens aujourd’hui membres de l’OTAN n’interviennent dans les actions de l’UEO que s’ils le veuillent bien... mais, à leur yeux, leur adhésion à l’OTAN reste une chose essentielle, contraignante et très prioritaire, inscrite dans la longue durée. Alors que leur participation à l’UEO (’’bras armé’’ de l’UE) n’est pour eux qu’une chose strictement subalterne, subsidiaire, ’’éventuelle’’ et complètement conjoncturelle (ne dépendant finalement que de bonnes volontés incertaines, alléatoires et décidément bien mal assurées...).

  • Le 1er décembre 2006 à 17:04, par catherine Guibourg En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Désolé de vous contredire.

    Mais il existe au sein de l’UE d’une part un comité militaire et d’autre part un « Etat-major de l’UE » (EMUE), qui fait partie du secrétariat général du Conseil, dont le boss est J.Solana. Celui-ci est responsable de la PESC comme vous l’indiquez, mais aussi de la PESD (politique européenne de sécurité et de défense), chargée notamment de proposer et mettre en oeuvre des opérations autonomes de défense.

    je joins ce lien pour plus de précisions :

    http://www.consilium.europa.eu/cms3_fo/showPage.asp?id=279&lang=FR&mode=g

    Cordialement,

    Catherine

  • Le 1er décembre 2006 à 19:16, par Ronan Blaise En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Oui, mais à l’heure actuelle, il s’agit là de ’’coquilles vides’’, faute d’accord véritable sur la nature de ces structures et faute de volonté politique préalable.

    Alors, bien sur, il y a certes aujourd’hui dans le monde des opérations labellisées ’’UE / UEO’’ à l’heure actuelle (en RDC, en BiH, en Macédoine). Mais il faut bien se rendre compte que - chronologiquement parlant - leur mise en place à préalablement été envisagée et discutée dans bien d’autres cadres que l’UE et avant même de l’être dans un cadre communautaire qui n’est pas un cadre crédible de mise en oeuvre (car pas vraiment autonome, pas de moyens vraiment propre et donc pas opérationnel). Et que si un Etat clef du dispositif OTAN n’en n’avait absolument pas voulu (et s’il n’y avait pas eut d’accord tacite préalable à ce sujet), il n’y aurait pas eu d’intervention UE du tout et nulle part.

    Encore une fois : pour la plupart de nos partenaires, la priorité reste ailleurs. Et tant qu’il n’y aura pas de volonté politique de construire vraiment quelque chose et tant que les Etats membres ne s’y mettront pas vraiment, l’UE pourra se doter de tout les comités ’’Théodule’’ militaires qu’elle voudra, cela ne changera absolument rien à son actuelle incrédibilité militaire.

    Bref, pour l’instant (malheureusement sans doute), on n’en n’est arrivé qu’au seul stade des voeux pieux et des petites ’’expériences timides’’. Par exemple, en cas de véritable conflit armé, je ne donnes pas aujourd’hui bien cher de l’Eurocorps : ’’force armée’’ qui tient aujourd’hui encore davantage de l’unité de prestige et de parade militaire sur Champs Elysées que du corps d’élite sur théatre d’opération...

  • Le 3 décembre 2006 à 21:11, par Ronan Blaise En réponse à : Quand l’OTAN se préoccupe de la sécurité énergétique de l’Europe

    Complément d’information (et infos de quasi dernières minutes) :

    Juste signaler qu’à la demande de ses nouveaux Etats membres d’Europe centrale (et en l’absence de réponse cohérente jusque là de la part de l’UE) et à la suite du sommet de Riga, l’OTAN envisage désormais de s’impliquer dans la sécurité énergétique européenne.

    Il s’agirait là de sécuriser les infrastructures énergétiques sensibles (dont les oléoducs et gazoducs) ainsi que les routes d’approvisionnements en provenance du golfe de Guinée, du Caucase (voire des Proche et Moyen Orients) et, également, de garantir la protection des sites de production énergétique.

    En tout cas, même si cela soulève de nombreuses objections (notamment de la part de la... France), dans les instances de l’Alliance atlantique, une telle évolution de ses missions (proposition figurant dans un document de travail de l’Alliance formellement appuyé par le secrétaire général de l’OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer) est jugée très favorablement.

    Et juste noter que l’idée de base serait qu’il faut ’’faire jouer la solidarité entre Aliés en cas de besoin’’ et que ’’l’OTAN doit donc prévoir dans sa stratégie des moyens d’aider un allié brutalement privé d’énergie’’. A ce seul titre, juste préciser qu’après la coupure de gaz imposée par la Russie à l’Ukraine, à l’hiver dernier, les pays néo-entrants dans l’UE en mai 2004 (Pologne en tête) ont alors insisté auprès de l’UE pour obtenir une clause de défense mutuelle (en seuls termes d’approvisionnements énergétiques) de la part de leurs nouveaux partenaires de l’UE (i. e : sur le modèle de l’article 5 de l’OTAN).

    Las, faute de trouver là une écoute satisfaisante et leur démarche tournant court, ils se sont alors tournés vers l’Alliance, avec l’appuis et le soutien des Etats-Unis. Bref, en termes de politique de défense, encore une fois : quand l’UE ne répond pas (faute de véritable volonté politique...), reste l’OTAN. Et on ne peut sans doute que regretter l’absence actuelle d’une authentique Europe de la défense vraiment crédible et véritablement affirmée.

    (Sources : « Figaro » du 29 novembre 2006, page 2).

  • Le 4 décembre 2006 à 15:33, par caillmi En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Je tombe sur cette discussion au demeurant intéressante. Je trouve que Ronan est beaucoup trop sévère avec la PESD, qui, quoiqu’il en pense, progresse régulièrement. Bien sûr que vu les faiblesses capacitaires des pays européens, l’appel logisitique à l’OTAN sera souvent nécessaire, mais ceci n’enlève en rien à la « volonté politique » de l’UE de se doter d’une PESD de plus en plus orérationnelle. Attention aux fédéralistes de ne pas tomber dans le piège de l’atlantisme, même si l’on connait les raisons historiques à cet état de fait. Les temps ont changé, et si l’on veut que l’idée du fédéralisme s’épanouisse, c’est en développant un appêtit pour une europe le plus possible autonome dans ces décisions que l’on y arrivera.

  • Le 4 décembre 2006 à 16:43, par Ronan Blaise En réponse à : Quelle future Identité européenne de défense ?

    Mais figurez-vous que je suis entièrement d’accord avec vous. Au demeurant, il ne faut pas non plus tomber dans l’européisme angélique (que l’on retrouve dans l’actuel discours gouvernemental...) comme quoi l’Europe ’’modeste’’ et ’’intergouvernementale’’ d’aujourd’hui ça serait tout beau, tout joli et suffisant en soi.

    Tant il est clair que l’Europe de la défense d’aujourd’hui est à l’heure actuelle très insuffisante pour mener à bien les missions qu’elle prétend officiellement vouloir remplir. (Et, bridée par les réflexes souverainistes des Etats membres, met aujourd’hui bien trop de temps à franchir les grands sauts qualitatifs précisément attendus... par les fédéralistes !).

    Bref, il ne s’agit pas ici de tout condamner en bloc et de tout jeter avec l’eau du bain. En revanche, il s’agit d’appeler à la constitution tangible et urgente de quelque chose d’infiniment plus sérieux en la matière. Puisque quant à l’actuelle volonté politique de construire quelque chose de vraiment sérieux en la matière, permettez moi d’avoir tout de même quelques doutes... (pour l’instant en la matière, c’est plutôt : ’’paroles, paroles, paroles’’...).

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