Née en 1927, Simone Veil est déportée à Auschwitz en 1944 à l’âge de 16 ans. De retour en France, elle poursuit des études de droit et sciences politiques à l’IEP de Paris, puis devient magistrat. C’est dans les années 1970 que Simone Veil fera son entrée dans la vie politique, entrant au Gouvernement sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, en tant que Ministre de la Santé. Ces premières années seront marquées tout d’abord par la célèbre loi sur l’IVG, la loi Veil, et par son engagement européen.

Trois jours et deux nuits de durs débats à l’Assemblée nationale devant une majorité d’hommes, certains revenant même sur ses origines juives.

Son combat pour la cause des femmes

Peu de textes ont suscité la violence, l’antisémitisme, la haine comme ce fut le cas pour la loi IVG. Pourtant, Simone Veil a marqué par sa patience, son intelligence, luttant avec courage et fermeté, rappelant les entorses à la loi interdisant l’avortement par de nombreuses femmes et médecins, pour en tirer la juste conclusion : cette loi n’avait pas atteint son but qui était de limiter au maximum les avortements.

Lors de son discours au Sénat, Simone Veil souligne également l’inégalité des femmes devant une grossesse n’étant pas désirée, la condition sociale des femmes mises en cause : toujours des femmes de milieu modeste. Elle indique ainsi l‘injustice entre les femmes devant avorter, qui voient leur santé, leur maternité liées à leur catégorie socioprofessionnelle : certaines peuvent aller à l‘étranger, d‘autres doivent recourir à la clandestinité, à des procédés mutilants que certaines payent parfois de leur vie ou par la stérilité. Elle insiste également sur l’épreuve que constitue l’avortement pour une femme.

Une grande avancée pour les femmes et pour l’évolution de la société française

En cette journée de la femme, il faut se rappeler la signification de cette loi : l’égalité des femmes devant ce choix d’avorter mais aussi l’indépendance de la femme (marquée dans un premier temps par le remboursement par la sécurité sociale de la pilule contraceptive en 1974), celle-ci ayant le choix désormais, avec l’instauration d’un procédé légal, encadré par des médecins, par une loi permettant ce procédé dans certaines circonstances.

Il s’agissait à ce moment là d’une grande avancée pour la cause des femmes qui, désormais, pouvaient refuser une grossesse sans connaître le risque d’une condamnation pénale ou de graves problèmes de santé.

Simone Veil s’est affirmée au cours de sa carrière par ce que certaines ont appelé son « féminisme pragmatique », favorable à l’égalité des femmes et des hommes, à la parité, sans nier pour autant les différences entre les hommes et les femmes, croyant en leur complémentarité, refusant la supériorité du genre masculin.

Ce féminisme et la volonté de Simone Veil de défendre la cause de la femme se révèle tout au long de sa carrière juridique et politique en commençant en 1959, au moment de la réforme des pénitenciers où Simone Veil se préoccupe des conditions de détention des femmes. En pleine guerre d’Algérie, elle se préoccupe aussi du sort des femmes combattantes algériennes. Soutenant la création d’une commission des droits de la femme au sein du Parlement européen.

Une femme « européenne »

En 1979, conduisant la liste UDF, Simone Veil est élue députée au Parlement Européen, lors de la première élection des eurodéputés au suffrage universel direct. Désignée candidate du groupe libéral pour la présidence du Parlement, elle sera élue Présidente du Parlement Européen le 17 juin 1979 devenant la première femme à occuper ce poste.

Au cours de ce mandat, Simone Veil a tenu à défendre ses conceptions fédéralistes et les sujets lui tenant à cœur, et contribué à faire reconnaître le Parlement à l’opinion publique européenne, afin d’améliorer l’image de celui-ci, et d’accroître ses pouvoirs. Elle développe également des contacts avec les pays tiers, engageant ainsi la Communauté européenne dans une politique d’élargissement.

Son engagement politique continuera après 1982. Restant à la tête du service juridique du Parlement européen, en 1984 elle dirige la campagne pour les élections du Parlement européen de la liste Union pour la France en Europe, avant de conduire en 1989 une liste centriste et pro-européenne et par la suite, en dirigeant le groupe de haut niveau sur la libre circulation des personnes. Elle restera eurodéputée jusqu’en 1993, avant de rejoindre le Gouvernement Balladur au poste de Ministre des affaires sociales.

Elle soutient également de nombreuses associations à vocation européenne telles que le Fonds européen pour la liberté d’expression ou la Fondation de l’Europe des sciences et de la culture dont elle est présidente d’honneur, elle qui a toujours cru en la réconciliation franco-allemande et en l’Europe, et l’a rappelé en citant Victor Hugo lors de son discours à l‘Académie Française.