Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

, par Fabien Cazenave

Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé
Statue de Charles De Gaulle à Varsovie - par Cezary p sur Wikipedia (CC)

A un an des élections européennes, certains partis européens se mettent en ordre de bataille pour présenter un candidat à la présidence de la Commission européenne. Jusqu’à présent, les Etats nationaux décidaient qui avait le poste. Voici un Top 10 de ceux qui auraient pu être nommés il y a quelques années, créant au passage probablement quelques tracas à l’Europe.

N°10 - Dominique Strauss-Kahn (France)

L’ancien directeur du FMI est un fin connaisseur des institutions internationales. Il parle en plus parfaitement le français, l’anglais et l’allemand. Heureusement pour les stagiaires du Berlaymont, depuis le scandale du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn ne sera jamais un candidat crédible pour le poste. On ne rigole pas à Bruxelles sur les affaires de moeurs. Et puis officiellement, c’était le seul client connu de Dédé la Saumure. N’est-ce pas ?

N°9 - Václav Klaus (République tchèque)

L’ancien président tchèque aurait été parfait pour le poste, étant capable dire m**de aux chefs d’Etats et de gouvernements en cas de proposition ne lui convenant pas. Déjà qu’il a fallu des mois et un avis de la Cour constitutionnelle tchèque pour le convaincre de signer pour la ratification du traité de Lisbonne... Cela serait ironique de le nommer à la tête de ce qu’il appelait « l’UERSS ». Ses anciens amis de la StB lui auraient sûrement expliqué comment éviter toute critique dans les médias.

N°8 - Lech Walesa (Pologne)

L’ancien syndicaliste de Solidarnosc est connu en Pologne pour avoir été un formidable opposant et un président... catastrophique. Il aurait sûrement détendu l’atmosphère des réunions avec ses petites blagues (souvent de mauvais goût, on vous l’accorde). Il aurait alors repris son costume favori d’opposant, moustache au vent. Et puis un prix Nobel pour diriger une organisation prix Nobel de la paix, c’est logique non ?

N°7 - Nina Hagen (Allemagne)

Ah Nina... elle aurait amené un vent de folie dans les couloirs trop gris des bureaux des eurocrates. Et puis là, pas de directives idiotes « contraignantes ». La punkette née à Berlin-Est connaît parfaitement l’Europe grâce à toutes ses tournées. Bon, elle risque d’avoir l’envie de revisiter l’hymne à la joie pour nous faire un nouveau « Eisern Union », chanson du FC Union Berlin jouée à chaque début de match du club à domicile. La folie, c’est sympa mais cela a ses limites.

N°6 - Silvio Berlusconi (Italie)

On imagine déjà Bruxelles transformée en un bunga-bunga géant. Dodo la Saumure en rêve sûrement toutes les nuits. Une nouvelle saison de la série Nip/Tuck pourrait être tournée en direct... Mais surtout, le Cavaliere aurait relancé l’économie des salons d’UV. A chaque voyage en Europe, Silvio aurait passé 10h dans un salon de la ville visitée. Pourquoi ? Vous croyez vraiment qu’il accepterait de perdre son bronzage en raison de la localisation de son bureau à Bruxelles ? Soyons sérieux.

N°5 - Jean-Paul II (Vatican/Pologne)

Imaginons que Jean-Paul II ait eu la bonne idée de se retirer comme Benoît XVI au lieu de souffrir le martyre à chaque voyage... les Polonais auraient alors immédiatement manifesté dans toutes les villes d’Europe avec des pancartes « Presidente Subito » ! Il avait déjà la voiture de fonction en plus ! Et on n’a jamais vu Barroso ou Delors rassembler les foules comme lui. En revanche, il aurait fallu lui expliquer qu’on ne pouvait pas retirer l’avortement de la Charte des droits fondamentaux...

N°4 - Viktor Orban (Hongrie)

Notre cher autocrate hongrois est très porté sur les changements institutionnels ces derniers temps. Pour inventer une nouvelle constitution pour l’Europe, il aurait le soutien sans faille des minorités hongroises présentes dans toute l’Europe centrale. Seul soucis, sa mégalomanie l’aurait probablement poussé à changer le nom « d’Union européenne » en « Grande Hongrie ». Et ça, l’Autriche ne l’acceptera jamais. Dommage, cela aurait été une victoire posthume du Général De Gaulle que la Croix de Lorraine devienne le symbole de l’Europe.

N°3 - Margareth Thatcher (Royaume-Uni)

« I want my money back ! ». Autant dire qu’avec elle, les discussions sur le budget européen, c’était vite vu ! On éviterait les réunions qui durent jusqu’à 2h du matin avec celle qu’on surnommait « TINA », pour There Is No Alternative. Seule difficulté, elle aurait été capable d’envahir le nord de Chypre en croyant que c’était aussi simple que pour les Malouines... Heureusement que nous n’avons pas d’armée européenne, hein.

N°2 - Zlatan Ibrahimovic (Suède)

Avec « Ibra », on aurait bien ri. On imagine déjà la scène où il rencontre Herman Van Rompuy et lui dit « Moi je suis Zlatan et vous vous êtes qui put*** » comme il le faisait du temps où il jouait pour l’Ajax Amsterdam. Polyglotte et ayant travaillé dans cinq pays, il serait le symbole d’une Europe où la mobilité professionnelle ne serait plus un obstacle. Et vu le salaire qu’il touche au PSG (14 millions d’euros net par an d’après les rumeurs), il a démontré qu’il savait manier les chiffres avec beaucoup de zéro...

N°1 - Charles De Gaulle (France)

Le Général président de la Commission européenne, cela aurait eu de la gueule en 1969. On n’imagine pas le « Grand Charles » se laisser marcher sur les pieds par les ministres nationaux en réunion. Avec lui, on est sûr que les eurocrates ne nous donneraient pas à la fin un « quarteron de commissaires européens à la retraite ». Il est sûr qu’il n’aurait pas sauté comme un cabris pour crier « L’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! » à chaque conférence de presse, mais Barroso ne le fait pas non plus.

De toute façon, De Gaulle voulait supprimer la Commission, ne voyant pas en elle un organe légitime car pas élu de manière démocratique. Avec les élections européennes de 2014, cela peut changer puisque le parti politique européen majoritaire peut imposer son candidat à la tête de la Commission européenne. Le traité de Lisbonne le lui permet. Mais auront-ils le courage de la faire ?

Mesdames et Messieurs les futurs eurodéputés, donnez tort au Général De Gaulle ! Et que cela soit enfin les citoyens européens qui choisissent directement le président de la Commission européenne. Et plus les chefs d’Etats et de gouvernements réunis dans un conclave.

Vos commentaires

  • Le 1er avril 2013 à 17:16, par Civis Europaeum sum En réponse à : Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

    Amen ! Et vive l’Europe fédérale ! (enfin quand elle sera créer bien-sur)

  • Le 2 avril 2013 à 08:07, par KPM En réponse à : Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

    « il aurait fallu lui expliquer qu’on ne pouvait pas retirer l’avortement de la Charte des droits fondamentaux »

    Sauf que la Charte ne contient nulle part un quelconque droit à l’avortement. Ok cool, on pouvait nommer Jean-Paul II alors !

  • Le 3 avril 2013 à 11:02, par Loïc En réponse à : Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

    Un article pas très drôle, ni très instructif qui surprend sur un site qui est plutôt habitué aux articles de fond intéressants. Surprenant aussi de la part de M. Cazenave qui nous a habitué à mieux !

    Mais vive le Taurillon quand même !

  • Le 3 avril 2013 à 11:29, par Fabien Cazenave En réponse à : Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

    L’humour est toujours quelque chose de difficile car il ne fait pas l’unanimité. L’article a plutôt été bien reçu par ailleurs ;-)

  • Le 4 avril 2013 à 12:06, par ChristainPascal En réponse à : Top 10 des présidents de la Commission européenne auxquels nous avons échappé

    Il nous faut donc un mouton à 5 pattes...
    - capable de rassembler les foules, comme Jean-Paul II, car aujourd’hui la cause Européenne de déplace plus les foules,
    - n’ayant pas peur de réformer, comme Viktor Orban, car il y a peut-être besoin d’un grand nettoyage pour sortir du technocratisme et rendre aux institutions leur rôle : servir les peuples de l’Union,
    - capable de gérer les finances de l’Union comme Mme.Tatcher le faisait avec les siennes,
    - intransigeant vis à vis des Etats-Unis et d’autres puissances comme le Général de Gaulle, plutôt de se chercher à faire coïncider l’Union Européenne et l’OTAN, comme cela donne parfois l’impression, Au lieu de cela, craignons que le choix ne se porte sur quelqu’un dont le seul intérêt sera de déplaire le moins et qui soit seulement fade.

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