Elargissement

Tous nos vœux pour la nouvelle UE !

La Bulgarie rejoint la famille européenne.

, par Traduit par Emmanuel Vallens, Margarita Lazarova

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Tous nos vœux pour la nouvelle UE !

Le dernier élargissement de l’Union européenne est déjà une réalité. Le 1er janvier 2007, deux Etats des Balkans, la Bulgarie et la Roumanie, ont rejoint la famille européenne. La Bulgarie ouvre en ce début d’année un nouveau chapitre de son histoire. L’événement est peut-être un petit pas pour l’UE, mais c’est un grand pas pour la Bulgarie.

Niché au cœur des Balkans, ce petit pays a eu une histoire belle mais complexe. A cours des siècles, les Bulgares sont passé du statut d’envahisseurs guerriers à celui de demandeurs de l’aide étrangère. Du combat pour l’indépendance au XIXème siècle à l’adhésion à l’UE, en passant par la chute du communisme, l’arrivée de la démocratie et l’élection comme Premier Ministre d’un Roi formé à l’étranger, les Bulgares ont toujours attendu que les problèmes soient résolus de l’extérieur. Nous en sommes aujourd’hui à la dernière étape de cette habitude ; après avoir été reconnus comme membres de plein droit de l’Union européenne, les Bulgares n’ont plus à se plaindre de rien. Il est temps pour eux de prendre leur destin en main. « Lève-toi et marche ! » : voilà la plus grande résolution de Nouvel An que la Bulgarie puisse prendre.

Adhésion à l’UE : il y a encore du travail

Malheureusement, cela ne sera pas non plus possible sans l’aide de l’UE. Les questions comme les lois de transposition, la réforme du système judiciaire et la lutte contre la corruption ne peuvent être résolues qu’avec l’assistance de l’UE. Avec l’adhésion à l’UE, la Bulgarie devient encore plus stable et propice aux investissements étrangers, qui stimulent l’économie. D’un autre côté, les entreprises bulgares vont devoir mettre en œuvre des normes élevées exigées par l’UE et devenir compétitives face aux sociétés occidentales, ce qui sera extrêmement difficile. Le consommateur bulgare moyen devra survivre avec un salaire des Balkans dans une économie basée sur les prix européens.

The disputed nuclear power plant in Kozloduy

Un autre problème, qui rend les Bulgares sceptiques à l’encontre de l’UE et de ses intentions, est la fermeture d’un des réacteurs nucléaires les plus gros et les plus importants des Balkans, Kozloduy. Si certains observateurs jugent positivement cette décision, en raison de préoccupations liées à la sécurité des installations, la population locale et certains spécialistes étrangers estiment qu’elles ne sont pas très différentes de celles qui existent dans toute l’Europe. Ces opposants maintiennent que la fermeture du réacteur forcera la Bulgarie à acheter son énergie à l’étranger et augmentera de manière spectaculaire le prix de l’électricité dans les Balkans. Mais la fin annoncée de Kozloduy pourrait bien avoir des retombées positives insoupçonnées, en réorientant le pays vers des sources d’énergie plus respectueuses de l’environnement, comme l’énergie solaire ou éolienne, dont la Bulgarie est riche.

La valeur ajoutée de la Bulgarie

De par sa position géographique, la Bulgarie n’a pas qu’une importance stratégique, mais également culturelle, pour l’UE. A la croisée des sphères d’influence civilisationnelles occidentale et d’Europe centrale et orientale, la Bulgarie est un mélange de cultures. On y trouve une grande diversité de groupes ethniques, de religions et même de cultures culinaires. La Bulgarie fait beaucoup d’efforts pour favoriser une coexistence pacifique des divers minorités et pour les inclure dans la vie sociale.

Les droits et privilèges dont bénéficient les minorités turque et rom en Bulgarie pourrait être un bel exemple de tolérance politique pour d’autres pays de la région.

Cette diversité culturelle est l’une des qualités qui rendent la Bulgarie fascinante et indispensable pour le maintien de la paix dans les Balkans.

La Bulgarie a un gros potentiel pour devenir un pays prospère et un facteur de stabilité dans la région. L’avenir de cette transformation dépend entièrement des Bulgares. Il faut qu’ils fassent plus confiance à leurs propres talents et à leurs capacités. Ils devraient se voir en vrais Européens et cesser de considérer qu’adhérer à l’Union européenne, c’est « entrer dans l’Europe ».

Il me semble que l’une des responsabilités d’organisions comme la JEF Bulgarie est de persuader l’opinion publique bulgare, et tout particulièrement la jeunesse, que la Bulgarie a toujours appartenu à l’Europe et que l’adhésion était le résultat logique et largement mérité d’un long chemin.

Conclusion

Malgré toutes les difficultés et les changements que la Bulgarie devra affronter avec l’aide de l’UE, elle ne sera pas la seule bénéficiaire de cette unification. Les doutes et les obstacles laisseront la place à une Europe qui parviendra à surmonter les désaccords futurs. La Bulgarie peut apporter beaucoup à ce processus. Le défi qui commence avec le Nouvel An est de canaliser l’énergie et la détermination de la Bulgarie pour servir l’objectif d’une Europe plus unie et fédérale.

Article traduit de l’anglais par Emmanuel Vallens, Rédacteur en chef du Jungstier, Magazin der Europabürger

Egalement sur le Taurillon : La Bulgarie, pays néo-entrant

Vos commentaires

  • Le 3 janvier 2007 à 15:26, par Alain En réponse à : Tous nos vœux pour la nouvelle UE !

    J’ai parcouru un article du journal Le Parisien sur la libéralisation du secteur de l’électricité qui doit avoir lieu en 2007 et j’avoue que je ne suis pas sur de bien avoir compris le message.

    Je retiens que la libéralisation implique obligatoirement l’émergence de concurrents à EDF. Je retiens également que cette libéralisation aura pour conséquence d’augmenter les tarifs de manière substantielle. Je retiens que le consommateur n’aura dans bien des cas guère le choix de son fournisseur contrairement à l’idée que l’on se fait habituellement de la libéralisation totale prônée par les instances européennes. Je retiens toujours que la commission de Bruxelles a le droit de se retourner contre la France si elle estime que les prix offerts par l’opérateur de référence, EDF, sont trop bas.

    Mais ais-je bien compris ? Si oui à qui profite cette libéralisation pas si libérale que cela ?

    Une réponse me vient à l’esprit ; La libéralisation a pour but d’offrir à bon compte aux capitaux de la mondialisation orchestrée par l’hyperpuisance américaine de nouvelles opportunités d’investissement. Mais où est donc passé la « gauche du NON » Chevènement ! Mélenchon ! Emmanuelli ! Montebourg ! OU ÊTES-VOUS ?? http://pourlafranceetgroslay.over-blog.com

  • Le 3 janvier 2007 à 18:22, par Fabien Cazenave En réponse à : Tous nos vœux pour la nouvelle UE !

    Qu’il y ait une libéralisation ou pas, nous avons beosin d’une Europe politique pour pouvoir engager le continent vers des choix plus libéraux ou plus sociaux.

    A priori, les libéraux veulent la concurrence pour offrir le choix au consommateur et les « sociaux » veulent un service public de l’énergie pour assurer la distribution de l’électricité à tous les consommateurs.

    S’il y a une ouverture du marché, il me semble que la création d’un organisme supra-national qui s’assure de la bonne qualité des services énergétiques rendus est une priorité.

    Et il n’y a qu’une Europe politique qui puisse faire les choix nécessaires pour que nous ne soyons pas dépendants par exemple du bon-vouloir des Russes de gazprom.

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