Ce week-end a lieu le congrès fondateur de l’UDI regroupant le Parti Radical Valoisien, le Nouveau Centre et d’autres formations du centre. A cette occasion, le Taurillon donne la parole à l’eurodéputé Jean-Marie Cavada pour qu’il nous explique quelle doit être selon lui la vision de l’Europe de ce nouveau parti.

Deux idées importantes s’imposent aux formations politiques modernes : l’achèvement de la construction européenne, et un profond mouvement de réformes en France. S’agissant de l’un comme de l’autre, c’est aux portes de l’Histoire qu’il faut frapper. Nous sommes en effet dans une époque nouvelle, le temps des atermoiements est passé, et toute indécision pour l’Europe comme pour la France alourdit nos espoirs d’un périlleux risque de déclin.

La construction européenne fut de tout temps la grande affaire des gens du Centre qui n’ont souvent trouvé de convergences que sur cette question. Dans cette nouvelle étape de leur regroupement qu’est le projet de l’UDI, les « Centristes », d’où qu’ils viennent, savent qu’ils doivent énoncer clairement le projet d’intégration politique de l’Europe, le fédéralisme, et les moyens techniques d’y parvenir. Certes la crise financière, la crise économique, les crises sociales, l’insécurité bancaire, les disparités fiscales sont des piliers déterminants de la stabilité de notre Continent. Mais par dessus tout, ces outils ne font que concourir à quelque chose de plus important qui s’appelle la paix, l’équilibre démocratique, la justesse économique et la justice sociale. Ils forment ce projet politique inimitable qui s’appelle le « bien vivre en Europe ».

De la même manière, c’est un esprit européen qui doit présider aux nécessaires réformes de la France. Car l’achèvement de l’Europe et la modernisation de la France sont solidaires, gigognes. C’est le même élan qui doit pousser la classe politique à trouver le courage simple de parachever l’intégration politique de l’Europe et d’entamer le redressement français par quelques réformes de base indispensables : moderniser et responsabiliser les acteurs de la production de richesses, simplifier l’organisation des pouvoirs en France, prendre acte des avancées sociétales notamment.

Qu’on le veuille ou non, la France est avec l’Allemagne, le premier moteur de l’Europe. C’est dans l’Eurogroupe, puis à 27 si possible que cet élan doit être discuté, décidé. Si l’un de ces deux pays initiateurs est en mauvaise santé, c’est l’Europe tout entière qui souffrira d’une envolée solitaire de l’Allemagne. C’est pourquoi je prétends que la France doit s’engager dans la construction politique de l’Europe comme elle doit s’engager dans quelques réformes fondamentales afin de contribuer à la renaissance du Continent européen face à la mondialisation.