Elargissement

Vers l’Union à 27 : le plus tôt sera le mieux !

De l’importance géostratégique de la Bulgarie et de la Roumanie

, par Traduit par Damien Routisseau, Corneliu Manole

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Vers l'Union à 27 : le plus tôt sera le mieux !

Qu’ils soient complétement prêts ou non, l’Union Européenne va laisser embarquer la Bulgarie et la Roumanie en Janvier 2007, comme prévu et pour son propre bien.

Mis à part les discussions portant sur l’imposition éventuelle de mesures limitant l’accès des travailleurs roumains et bulgares aux marchés du travail Européens, aucun débat public majeur ne s’est déroulé dans l’UE sur l’accession de ces deux pays l’année prochaine. Et c’est compréhensible dans une certaine mesure.

La Roumanie et la Bulgarie sont encore considérés comme faisant partie de la dernière vague d’élargissement, lorsque huit pay d’Europe de l’Est ainsi que Malte et Chypre ont rejoint l’Union. Non seulement le sujet de l’élargissement précédent s’est refroidi, mais de plus, étant donné la taille, l’importance de ces pays et l’ignorance largement répandue de leur accession à l’Union Européenne, ce sujet ne fera jamais la une. Mais il se peut que cela soit une erreur.

Parlons Géopolitique

Cela n’est pas simplement un autre élargissement. À elle seule, la Roumanie est un pays de quelque 22 milions d’habitants, plus peuplée que les États Baltes, la Hongrie et la Slovénie réunis. Stratégiquement, son emplacement est une bénédiction. Sur le bord de la Mer Noire et à proximité des “Points Chauds” de la région, la Roumanie pourrait devenir exportatrice de sécurité et de prospérité dans les environs une fois qu’elle aura rejoint l’Union.

Les muscles économiques de ce pays des Balkans ne devraient pas non plus être sous-estimés. Son expension économique est impressionnante de tous les points de vue. Avec une moyenne de 6% de croissance du PIB depuis 6 ans, il a crû de 8,4% en 2004 et de 7,8% durant le deuxième trimestre de 2006. Si ces tendances continuent, la Roumanie pourrait devenir le centre financier de la région et un exemple pour la perspective du changement dans les Balkans.

Son binôme pour l’élargissement, la Bulgarie, n’est pas sans importance non plus. Sécuriser la frontière Bulgaro-Turque contre le traffic de drogues illicites devrait aussi être un souci principal de l’UE également, et non pas uniquement du gouvernement de Sofia. Le plus tôt la Bulgarie rejoindra l’Union Européenne, les plus sûres ses frontières deviendront - et donc implicitement celles de l’Union.

Prêts à entrer ?

Les deux pays apportent évidemment une valeur ajoutée à l’Union, mais sont-ils prêts a satisfaire la date limite de 2007 en matière de réformes ? Selon les dernières estimations, la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas énormément en retard par rapport aux pays du précédent élargissement au moment de leur accession. Même si la corruption (Roumanie) et le crime organisé (Bulgarie) restent un souci majeur de Bruxelles, des progrès impressionnants ont été faits. Le cas de la Roumanie en particulier vaut la peine d’être évoqué.

Depuis que le nouveau gouvernement de centre-droit a accédé au pouvoir en 2005, une Court spéciale anti-corruption a été instaurée et a résulté en des poursuites contre des dignitaires de haut niveau. En résultat, la Roumanie est maintenant un endroit beaucoup plus favorable aux affaires et les signes sont encourageants. La baisse de la corruption a mené à une augmentation dans le niveau de confiance des investisseurs. Pour la seule année dernière, la Roumanie a attiré un investissement étranger direct de quelque 6 milliards d’euros, et est espérée atteindre les 10 milliards en 2006. La Bulgarie a aussi eu des succès, même si la lutte contre le crime organisé est beaucoup plus difficile à mener, et les résultats sont encore incertains à long terme.

Conclusion

Pour les raisons déjà mentionnées, la Roumanie et la Bulgarie vont pouvoir rejoindre l’Union en janvier 2007, comme il est spécifié dans leurs traités d’adhésion.

Ils ne sont peut-être pas 100% prêts, mais tandis que cela aura des conséquences minimes pour l’Union des 25, cela aura certainement un impact décisif sur l’accélération des réformes dans ces deux pays et dans l’ensemble de la Région.

(Un document traduit par Damien Routisseau, Adhérent des JE-France).

- Illustration :

Le visuel d’ouverture de cet article est tiré de l’Encyclopédie en ligneWikipédia.

Vos commentaires

  • Le 4 décembre 2006 à 16:12, par catherine guibourg En réponse à : Vers l’Union à 27 : le plus tôt sera le mieux !

    Cette analyse me semble correcte, mais « quid » de la capacité d’absorption ( en fait pas tant économique, mais plutôt intellectuelle et généreuse..) des anciens pays, dont la France. Comment mieux préparer et informer nos opinions publiques ? cf le 29 mai et son syndrome.

    Cordialement,

    Catherine, blog « l’europe dans la campagne » http://catymi.blog.lemonde.fr/

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