L’Arménie, l’art d’entrer dans l’UE en étant en insécurité territoriale : se hâter avec lenteur
Rejoindre une communauté économique, sociale et surtout politique n’est jamais chose aisée. C’est encore plus vrai dans un contexte de menace sur la souveraineté nationale et d’érosion des alliances séculaires. Pour l’Arménie, après le blocus du Haut-Karabagh et l’exode forcé de ses 120 000 citoyens organisé par l’Azerbaïdjan en 2023, la situation s’est accélérée. Face à l’inaction de la Russie et au silence de la communauté internationale, le pays est passé de simples déclarations médiatiques à l’approbation d’un projet de loi par le Parlement arménien pour demander officiellement à rejoindre l’Union européenne (UE). L’Arménie a ainsi répondu au premier pas du Parlement européen, qui la considérait comme une candidate envisageable à l’élargissement en 2024. Les dés sont lancés, mais les pas sont lents, la route est minée par ses voisins et la destination est incertaine.