A Bucarest, les élus locaux en appellent à une Europe plus proche de ses citoyens

, par Amaury Bisiaux

A Bucarest, les élus locaux en appellent à une Europe plus proche de ses citoyens
Le 8e Sommet européen des régions et des villes a eu lieu les 14 et 15 mars 2019, à Bucarest. Photo : Flickr - European Committee of the Regions - CC BY-NC-SA 2.0

Le 14 et 15 mars dernier, des centaines d’élus locaux et régionaux, ont présenté la « Déclaration de Bucarest » avec pour objectif de « renforcer le fondement démocratique de l’Union européenne ».

« L’Union européenne a besoin de ses régions et de ses villes autant que celles-ci ont besoin de l’Union européenne » peut-on lire dans la Déclaration de Bucarest, fruit de trois mois de travail du Comité européen des Régions et qui a finalement été adoptée lors du 8e Sommet européen des régions et des villes dans la capitale roumaine.

L’Europe est dans une année fatidique : entre la montée des populistes qui s’annonce pour les prochaines élections européennes et la sortie bien que repoussée du Royaume-Uni de l’Union, l’UE doit se réinventer si elle ne veut pas disparaitre. A l’ère de la mondialisation, de la révolution numérique et du changement climatique, l’Europe doit s’adapter à son époque sans pour autant renier ses valeurs. La Déclaration de Bucarest commence par rappeler que « L’Union européenne [a été] fondée sur les principes de liberté, de solidarité, de démocratie ».

Le problème est qu’aujourd’hui chez la plupart de nos concitoyens, l’Europe rime trop souvent avec Bruxelles ; la capitale européenne qui décide de tout. Les sondages montrent une vision de l’Union Européenne qui serait trop bureaucratique, trop opaque, trop loin, bref, trop éloignée de ses citoyens. Résultat, 58% des Européens n’ont aujourd’hui plus confiance dans les institutions communautaires, selon le dernier Eurobaromètre.

Pour le Comité des Régions, la solution ne peut pas venir du ‘haut’ mais bien du ‘bas’ c’est-à-dire des élus locaux et régionaux. Pas une Europe des nations, mais une Europe des régions. Le sommet était judicieusement placé sous la bannière « (Re)Fonder l’Union européenne » dont la « déclaration de Bucarest » s’inspire.

L’objectif de cette déclaration adressée aux dirigeants européens est bel et bien de refonder l’UE « afin d’accroitre le sentiment d’appartenance [des jeunes] au projet européen » et ainsi éviter que « l’intégration européenne devienne un processus réversible ». Mais comment inculquer ce sentiment européen à la jeune génération qui est de loin la plus abstentionniste lors des élections ? Karl-Heinz Lambertz président du Comité européen des régions et Luca Jahier, président du Comité économique et social européen.

« La démocratie commence au sein de nos régions et de nos villes. »

L’absence de participation aux élections politiques ne signifie pas l’absence de participation à la vie politique. On le voit aujourd’hui avec les nombreux jeunes qui s’engagent pour le climat, pour plus de justice sociale et de démocratie à travers toute l’Europe ; les jeunes ne sont pas absents du débat.

L’Europe que l’on a tendance à voir très hiérarchique, très bureaucratique repose pourtant sur un principe essentiel : la subsidiarité. Le principe de subsidiarité défend l’idée que l’Union Européenne ne peut intervenir que si les Etats ne pourraient pas faire mieux à leur échelle. C’est à dire toujours préférer la strate inférieure autant qu’elle est efficace pour mener une politique publique. Mais si le niveau le plus efficace n’était ni le niveau européen, ni le niveau national, mais bien le niveau régional, voir local ? « La démocratie commence au sein de nos régions et de nos villes. Les élus locaux sont les plus proches de la population et entretiennent des relations quotidiennes avec les citoyens » a rappelé Karl-Heinz Lambertz, le président du Comité européen des régions.

Si l’Union européenne est avant tout une union économique et financière comme l’ont voulu ses fondateurs, il faut que « les droits sociaux puissent être placés sur un pied d’égalité avec les droits économiques ». C’est cela en agissant sur les trois volets que sont l’économie, le social et l’environnement, que l’on pourra réellement mettre en oeuvre les « objectifs de développement durable ».

Tout cela demande une « plus grande décentralisation », mais surtout investissement conséquent ; c’est pourquoi la déclaration de Bucarest réclame également « un budget ambitieux » pour l’Union. L’Europe sera-t-elle prête à faire plus confiance à ses villes et régions pour gouverner ? C’est le grand défi que devra relever la prochaine Commission qui prendra ses fonctions cette année après les élections européennes.

Lors du Sommet, les présidents du Comité européen des régions Karl-Heinz Lambertz et du Comité économique et social européen (CESE), Luca Jahier, ont à nouveau invité les institutions européennes à travailler sur un « mécanisme de consultation permanent ». Du fait des Traités Européens, les recommandations de ces deux comités ne sont que consultatifs. Pourtant, depuis 2015, le CdR a déjà organisé plus de 200 dialogues qui ont rassemblé 40 000 citoyens. Le Comité européen des régions plaide également pour que le prochain budget de l’UE (2020) soit augmenté et porté de 1 % à 1,3 % du revenu national brut de l’EU-27.

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