Barnier, Weber, Kern, Keller… qui sont les potentiels Spitzenkandidaten ?

, par Louise Guillot

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Barnier, Weber, Kern, Keller… qui sont les potentiels Spitzenkandidaten ?

Michel Barnier a annoncé le 28 septembre dernier sur Twitter ne pas être candidat à la nomination pour mener la liste du Parti Populaire Européen (PPE) lors des prochaines élections européennes de mai 2019. Il ne souhaite donc pas devenir le Spitzenkandidat du PPE et donc potentiellement prendre la présidence de la Commission européenne, à conditions toutefois que le parti remporte la majorité aux élections et que les chefs d’Etat et de gouvernement siégeant au Conseil européen consentent à cette nomination. Dans une lettre adressée à Joseph Daul, président du PPE, Michel Barnier justifie sa décision en expliquant qu’il préfère se consacrer pleinement à l’aboutissement des négociations sur le Brexit, dont il est le négociateur en chef pour l’Union européenne.

Michel Barnier : le candidat « naturel » du PPE ?

Les tractations au sein des principaux partis politiques européens commencent à s’intensifier pour désigner les hommes et les femmes politiques qui seront les candidats tête de liste pour la présidence de la Commission. Michel Barnier a reçu les encouragements de nombreux soutiens politiques en France (Laurent Wauquiez, président de Les Républicains souhaite qu’il soit le Spitzenkandidat du PPE) mais aussi en Europe.

En effet, Michel Barnier s’est imposé tout au long des derniers mois comme une personnalité clé de l’actualité européenne. Son rôle en tant que négociateur en chef de l’UE dans le dossier du retrait du Royaume-Uni de l’Union, en a fait une figure de proue des questions européennes et de la réflexion sur l’avenir de l’UE. Mais surtout, le fait qu’il s’impose et affirme une position européenne parfois très ferme face à Theresa May, le Première Ministre britannique, concernant certains aspects du Brexit tels que la préservation de la liberté de circulation des personnes dans le cadre du marché unique par exemple, font de lui une personnalité respectée. Par conséquent, certains l’aurait bien vu à la tête de la prochaine Commission européenne. Mais Michel Barnier en a décidé autrement.

Toutefois, certains commentateurs pensent que Barnier a tout de même ses chances de devenir président de la Commission en 2019. En effet, les chefs d’Etat et de Gouvernement européens ont réaffirmé lors d’une réunion informelle du Conseil européen le 23 février dernier, qu’ils ne pouvaient garantir que la personne qu’ils nommeraient à la tête de la prochaine Commission serait obligatoirement un des candidats tête de liste aux élections européennes. Par conséquent, il est possible que Michel Barnier soit tout de même désigné par le Conseil européen à l’issue du scrutin. Si cela venait à se produire, il devrait alors convaincre le Parlement européen de l’approuver, ce qui ne serait pas une tâche facile puisque certains partis européens ont annoncé qu’ils ne voteraient pas en faveur d’un candidat qui n’aurait pas été tête de liste pendant les élections.

Mais alors, quels sont les autres candidats à la nomination pour prendre la tête de la liste du PPE ?

Pour le moment, deux autres candidats se sont déclarés pour mener la liste du PPE : l’allemand Manfred Weber et le finlandais Alexander Stubb. Manfred Weber, actuel chef du groupe du PPE au Parlement européen, est présenté dans les médias comme le candidat d’Angela Merkel. Ce vice-président de la CSU, la branche bavaroise du parti de la chancelière (la CDU), chrétien-démocrate et conservateur, s’est récemment fait remarquer pour la position parfois ambivalente du PPE à l’égard de Viktor Orban et de son parti (le Fidesz) qui siège au sein du groupe.

Suite à l’annonce de Michel Barnier et aux expressions de soutien mitigées à l’égard de Manfred Weber, qui ne recueille pas l’unanimité au sein du PPE, l’ancien Premier Ministre finlandais Alexander Stubb a décidé de se porter candidat à son tour. Ce député européen et actuel vice-président de la Banque européenne d’investissement, a davantage d’expérience à des positions exécutives que son concurrent allemand. Il se distingue également par sa ligne politique plutôt centre-droit et déclarait récemment « je crois que les valeurs européennes sont attaquées, dans l’UE et dans notre propre parti. Les droits fondamentaux, la liberté, la démocratie libérale, l’Etat de droit : si nous ne nous attachons pas à ça, nous n’avons plus rien » et d’ajouter « à propos du Fidesz, le parti d’Orban, je pense que les valeurs sont l’élément le plus important. Or les valeurs, c’est binaire, soit on est avec nous, soit on est ailleurs ».

Qu’en est-il des autres partis européens ?

Plusieurs partis européens ont également annoncé vouloir mettre en place encore cette année le principe des Spitzenkandidaten. Du côté du Parti socialiste européen (PSE), Christian Kern, ancien chancelier autrichien, a annoncé en septembre son intention de briguer l’investiture. Quant à Pierre Moscovici, actuellement commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, qui avait évoqué l’idée qu’il ne serait pas contre être le Spitzenkandidat de la formation social-démocrate, il vient tout juste de déclarer qu’il y renonçait.

Le 10 octobre, Frans Timmermans, actuel Vice-président de la Commission européenne, notamment en charge des relations inter-institutionnelles et de l’Etat de droit dans l’UE, a à son tour annoncé sa candidature pour mener la liste du Parti travailliste néerlandais (PVdA) et pour être le candidat du PSE en mai 2019.

Les Verts désigneront quant à eux le 25 novembre prochain un binôme de candidats, une femme et un homme, lors de leur Congrès à Berlin. Ska Keller, qui était déjà l’une des têtes de liste du parti en 2014, semble favorite et pourrait être accompagnée de Bas Eickhout, également député européen. Aucun candidat ne s’est encore déclaré pour représenter l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe (ALDE). Le chef du parti, Guy Verhofstadt, pourrait à nouveau concourir comme il l’avait fait en 2014. Quant à Margrethe Vestager, la commissaire européenne en charge de la concurrence, son avenir au sein de la Commission européenne semble compromis comme le décrit cet article de Cécile Barbière (Euractiv).

Pour ce qui est de la Gauche Unitaire Européenne (GUE), il n’est pas encore sûr que le parti présente une tête de liste. Toutefois, si tel était le cas, il est probable que ce soit le président de la Gauche Européenne, l’allemand Gregor Gysi ou sa compatriote et cheffe du groupe GUE/NGL au Parlement européen : Gabi Zimmer. En outre, le nom du chef de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, circule également mais il apparaît peu probable qu’il brigue la tête de la liste, souhaitant se concentrer davantage sur des enjeux nationaux qu’européens comme le prouve son objectif de faire du scrutin de mai 2019 « un référendum anti-Macron ».

Dans un récent article de blog, Jon Worth, consultant et commentateur de la politique européenne, recense les candidats potentiels et déjà déclarés qui brigueront l’investiture de leur parti pour être la tête de liste aux élections européennes de mai prochain. Interrogé sur Twitter, il parie sur Manfred Weber pour le PPE, Christian Kern pour le PSE, le tandem Ska Keller et Bas Eickhout pour les Verts et Jan Zahradil pour l’Alliance des Conservateurs et Réformistes Européens.

Et vous, sur qui pariez-vous ?

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