La gauche auto-proclamée à la tête du gouvernement de la République française veut tuer la libre-circulation entre les États européens en invoquant le prétexte de la lutte contre le terrorisme.

La dérive séculaire est amorcée

Le gouvernement conservateur à la tête de la France est décidé à s’allier aux nationalistes européens pour détricoter les quelques acquis fondamentaux de la construction européenne parmi lesquels la liberté de circuler sur le continent européen de la même manière que l’on circule sur le territoire de l’État dont on est ressortissant. La lutte contre le terrorisme devient ainsi, comme aux États-Unis, le concept fourre-tout au nom duquel les États entendent renforcer leur domination sur la société civile.

Victoire des terroristes, défaite de Charlie ?

Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement se décide à instrumentaliser les attentats de Paris ainsi que les manifestations du 11 janvier pour asseoir son autorité en berne, y compris pour faire passer des propositions liberticides en matière de circulation des personnes. Curieuse manière de rendre hommage à ces journalistes soixante-huitards qui ont mis leur liberté au-dessus des menaces des intégristes les plus dangereux. En faisant l’exact inverse, le gouvernement offre une triste victoire aux terroristes. L’effet Charlie aura donc été bien éphémère.

Un repli national qui ne va pas assez loin

Le premier réflexe de nos politiciens pour « garantir notre sécurité » consiste étrangement à prendre une fois de plus l’échelle nationale comme unité pertinente quant à la restriction des libertés individuelles. Il est regrettable que le raisonnement ne soit pas appliqué jusqu’au bout. On aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement se montre plus ambitieux en voulant protéger les Français des flux criminels internes. Hélas, nous n’avons pas eu le loisir d’écouter le ministre proposer des contrôles douaniers entre les vols inter-régionaux ou dans les grandes gares. Nul doute que nous serions pourtant beaucoup plus en sécurité en altérant les potentiels flux de criminels sur le territoire de la République. Ce choix arbitraire de l’échelle nationale est dommageable. Il occulte les premières réalités sociales que sont les flux locaux.

Intégrer les politiques de sécurité

Assez d’ironie. Il est malheureusement beaucoup plus facile de se retrancher derrière la forteresse nationale que de s’ouvrir à des alternatives plus progressistes. On est pourtant dans la capacité d’envisager de multiples solutions pour renforcer nos libertés tout en satisfaisant les impératifs de sécurité. Intégrer les politiques de sécurité en Europe fait partie de ces solutions. Bien évidemment, cette intégration doit aller de paire avec le renforcement du contrôle parlementaire des administrations européennes, contrôle altéré voire impossible par l’intergouvernementalisme actuel. C’est sans doute pourquoi les nationalistes à la tête de nos gouvernements ne sont pas prêts à lâcher le morceau pour accroître au plan transnational le contrôle parlementaire de politiques de sécurité défaillantes, car totalement éparpillées.

Le besoin d’une diplomatie intégrée et ambitieuse

Enfin l’intégration des politiques de sécurité en Europe ne doit pas être un prétexte pour ériger à l’échelle continentale une forteresse que l’on abhorrerait tout autant à l’échelle des États. L’Europe doit également coopérer avec son voisinage pour promouvoir les valeurs de liberté à l’extérieur de son territoire et sécuriser les flux de personnes entre le continent européen et les autres continents. A l’intérieur comme à l’extérieur de l’Europe, les populations n’ont pas à s’asservir pour satisfaire la haine d’une minorité de radicaux. Les Européens devraient enfin se montrer moins hypocrites avec les régimes liberticides soupçonnés de soutenir les mouvances terroristes.