COVID-19 : une lueur d’espoir dans la lutte contre le virus ?

Premiers essais cliniques d’un vaccin en Allemagne

, par Sarah Bronsard

COVID-19 : une lueur d'espoir dans la lutte contre le virus ?
Image : Gerd Altmann de Pixabay

Allemagne - Une percée majeure dans le développement d’un vaccin contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 insuffle l’espoir dans la lutte de l’endiguement de la pandémie. L’institut Paul-Ehrlich, agence fédérale de recherche pour les vaccins et les biomédecines, a autorisé la société BioNtech, située à Mayence, à tester un vaccin sur un échantillon de 200 personnes saines et volontaires. Que va t-il se passer dans les semaines à venir ? Peut-on s’attendre à une généralisation rapide du vaccin outre-Rhin et en Europe ?

Une élimination de l’agent pathogène en 48 heures

C’est un pas décisif dans le développement d’un vaccin en Allemagne. Peut-être même pour les patients du monde entier. Dans un communiqué de presse, l’institut fédéral Paul Ehrlich a autorisé l’entreprise BioNtech à commencer les tests cliniques d’un vaccin à ARN messager sur un échantillon de 200 personnes en bonne santé. Il s’agit d’une approche très prometteuse ayant déjà fait de premières preuves aux États-Unis. Ce vaccin serait en mesure d’éliminer tout agent pathogène du COVID-19 en seulement 48 heures. L’entreprise américaine Pfizer s’est par ailleurs associée à l’entreprise allemande BioNtech afin d’accélérer le développement de leur programme. Une coopération qui pourrait bientôt s’avérer fructueuse à condition que les essais cliniques soient une réussite.

Début de la phase 3 du développement du vaccin

L’autorisation de l’institut fédéral marque le début de la phase 3 dans le développement d’un vaccin ; celle des essais cliniques. Dans un premier temps, seuls des essais sur un nombre restreint de personnes en bonne santé seront effectués. La réaction de ces personnes aux vaccins déterminera l’avancée de cette période d’essais : si tout se passe bien, les tests seront élargis à une population de 1000 à 10 000 personnes, puis à des personnes à risques.

Un développement lent - quelles sont les différentes phases ?

Peut-on donc s’attendre à l’arrivée d’un vaccin efficace et fiable dans les temps à venir ? Selon les virologues allemands, il faudra malgré tout être patient, le développement d’un vaccin prenant beaucoup de temps. Dans une présentation explicative, le président de l’institut Paul Ehrlich Klaus Cichutek a tenu à éclairer la population. Si le développement d’un tel vaccin prend autant de temps, c’est parce qu’il doit suivre différentes phases avant de pouvoir être utilisé massivement.

Les deux premières phases sont dites exploratrices. Durant la première phase, il s’agit d’identifier de manière assez générale la teneur maximale de l’agent infectieux que devrait contenir le vaccin pour qu’il soit à la fois efficace, mais aussi inoffensif. S’en suit la production du vaccin et la réévaluation de la dose maximale de l’agent infectieux, qui constitue une valeur clé dans le développement du vaccin. Il s’agit d’examens pré-cliniques effectués dans les laboratoires de recherche. La précision de cette dose maximale, vecteur de sécurité, constitue la deuxième phase exploratrice.

Ces deux phases étant achevées, il est possible de passer aux essais cliniques : c’est la troisième phase. Là aussi, la précaution est au rendez-vous, puisque les essais sont d’abord effectués sur quelques personnes saines, avant d’être élargies à un échantillon plus important et enfin aux personnes à risques.

Concrètement, à quel stade se trouve le développement du vaccin par l’entreprise allemande BioNtech ? Ayant eu le feu vert de l’institut, la phase 3 a pu commencer, celle du début des essais cliniques. Il s’agira donc d’observer les réactions du système immunitaire des personnes testées pour déterminer la suite.

Le port du masque rendu obligatoire outre-Rhin...

En attendant, les mesures de sécurité sanitaire les plus importantes sont le port du masque et la distanciation sociale. De par son organisation fédérale, l’obligation de porter un masque dans les lieux publics a été introduite de manière différée. La Saxe fait figure de précurseur en introduisant cette nouvelle mesure le 20 avril, les autres Bundesländer ont suivi l’exemple. Cette semaine, le port du masque devient obligatoire sur l’ensemble du territoire de l’Allemagne pour quiconque souhaite faire ses courses ou prendre les transports en commun. Certaines régions ont défini un âge minimum. En Sarre ou en Rhénanie-Palatinat par exemple, les enfants dès 6 ans seront contraints à respecter cette nouvelle règle sanitaire. Bien qu’une large majorité des citoyens allemands juge cette mesure appropriée (86%), des sanctions plus ou moins importantes seront appliquées en cas de non respect.

C’est en Bavière qu’une contravention risque de s’avérer particulièrement onéreuse, pouvant monter jusqu’à 5 000 € pour les responsables de commerces qui ne s’assurent pas que leur personnel porte l’équipement de sécurité adéquat.

... qui se heurte à la liberté de mouvement

Cette nouvelle mesure qui s’avère nécessaire pour assurer un dé-confinement progressif réussi pose tout de même des questions touchant au respect des droits fondamentaux.

Elle s’accompagne non seulement de sanctions monétaires en cas de désobéissance, mais aussi d’une entrave à la liberté de mouvement : toute personne ne portant pas de masque dans les lieux publics s’en verra refuser l’accès. Une décision qui ne porte cependant pas atteinte au droit de la personne selon le tribunal administratif de Hambourg, étant donné qu’elle contribue à assurer une protection sanitaire nécessaire. Les juges du tribunal administratif de Mayence ont également décliné le recours d’urgence pour la même raison.

Face au casse-tête que provoque la mise en place d’un déconfinement progressif, la chancelière allemande Angela Merkel se heurte aux critiques de membres de son propre parti politique, mais aussi à celles des libéraux du FDP, qui exigent un retour à la normale plus rapide et brandissent l’argument économique. De nombreux experts préviennent cependant du risque de déclenchement d’une deuxième vague de contaminations qui obligerait le gouvernement à durcir à nouveau les mesures de confinement. Face à ce risque, il ne reste plus qu’à espérer que le vaccin testé progressivement par la société BioNtech, en tête dans la course contre la montre au vaccin contre le COVID-19, s’avère efficace.

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