#DemocracyUnderPressure : brisons le quatrième mur

, par Diletta Alese, traduit par Christelle Savall

#DemocracyUnderPressure : brisons le quatrième mur
Protestations en septembre à Minsk, la capitale du Bélarus. Crédits : Homoatrox

#DemocracyUnderPressure fête ses 15 ans cette année. La campagne est née en 2006 en tant que « Free Belarus Action » pour condamner le régime de Loukachenko, longtemps défini comme « la dernière dictature d’Europe ». En 2014, elle est devenue « Democracy under Pressure », un outil politique permanent de surveillance et de signalement des violations dans de nombreux autres pays européens et dans le monde. Et précisément au cours de ce quinzième anniversaire, nous nous retrouvons à condamner - parmi les nombreuses infractions à la démocratie d’aujourd’hui - ce même régime, où tout a commencé. L’histoire avance parfois lentement.

La semaine d’action Democracy under Pressure se tiendra du 18 au 25 mars, mais entre-temps, la JEF Europe a tenté de construire un cadre d’action plus large, afin de commencer à se mobiliser en réponse aux événements politiques les plus récents. Alors que je cherchais la bonne façon de décrire la campagne, j’ai instinctivement pensé à une expression qui est utilisée au théâtre, au cinéma et au-delà : « briser le quatrième mur ». Le mur que nous voulons briser en tant que jeunes fédéralistes n’est pas celui entre le spectateur et l’acteur, mais celui qui nous sépare de ceux qui subissent chaque jour des injustices. Un mur qui nous fait nous sentir impuissants, distants et seuls, et qui semble apparemment indestructible.

En combattant l’illusion de cette distance et de cet isolement, nous pourrions jeter les bases d’un renversement des nombreuses prophéties auto-réalisatrices de notre temps et écrire un avenir différent.

Les violations commises dans d’autres pays nous touchent directement, car un monde sans droits est un monde de contradictions dans lequel nous ne voulons pas vivre. « Unir l’Europe pour unir le monde » est le message qui résume peut-être le plus efficacement la bataille fédéraliste. Democracy Under Pressure est ceci, l’espoir de pouvoir « parler au nom de ceux qui sont réduits au silence » - comme dit le slogan désormais historique - et de continuer à se battre, année après année, pour la démocratie et l’Etat de droit en Europe et dans le monde.

Que pouvons-nous faire pour soutenir l’opposition bélarusse ?

La JEF Europe a accepté l’invitation de la chef de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaya à se mobiliser pour le 7 février, journée de solidarité internationale pour le Bélarus. Nous sommes invités à écrire le plus de lettres possible aux prisonniers politiques bélarusses. Nous espérons que beaucoup décideront de passer quelques minutes de leur temps à écrire leurs lettres, en s’inspirant des modèles partagés dans l’Infokit pour les sections, où vous pouvez également trouver la liste des prisonniers. Avec ce petit geste en apparence, nous pouvons avoir un impact sur la vie des personnes qui purgent actuellement une peine non méritée. Imaginez le bruit de centaines de lettres arrivant aux portes des prisons bélarusses. Imaginez l’espoir de ceux qui sauront qu’il existe une communauté internationale tout entière tournée vers l’avenir de la démocratie au Bélarus et dans le monde.

Peu de mots, des mots simples, et pourtant, des mots importants, qui se comptent par milliers et peuvent aujourd’hui faire une différence pour ceux qui ont eu le courage de s’opposer.

Que pouvons-nous faire pour soutenir les droits de ceux qui animent les manifestations en Russie ?

Dans ce cas, la JEF Europe a été invitée à se mobiliser par l’association de jeunesse russe Vesna, engagée dans l’affirmation de la liberté et de la démocratie dans le pays, pour demander à nos universités de condamner les institutions universitaires russes qui menacent d’expulser (ou l’ont déjà fait) les étudiants qui ont participé aux manifestations pour la libération d’Alexeï Navalny.

Les établissements universitaires russes font partie de l’Espace européen de l’enseignement supérieur, créé à la suite du processus de Bologne. La Magna Charta Universitatum, issue de ce processus et désormais signée par 904 universités, souligne le rôle de l’Université en tant qu ’« institution autonome » « au cœur de [la] société », « indépendante de tout pouvoir politique, économique et idéologique ». Un lieu qui peut « garantir à ses étudiants (…) la sauvegarde des libertés ». Malheureusement, la réalité est très loin de cet idéal. Nous espérons que les sections de jeunes fédéralistes de toute l’Europe, également en contact avec d’autres associations universitaires, pourront demander au plus grand nombre possible d’universités de prendre position.

Ensemble, brisons le quatrième mur.

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