#DemocracyUnderPressure : une campagne historique, au nom des droits de l’Homme et de la démocratie en Europe

, par Laura Mercier, Léa Gévaudan

#DemocracyUnderPressure : une campagne historique, au nom des droits de l'Homme et de la démocratie en Europe
« Exprimez vous pour ceux qui ne le peuvent pas. » CC - JEF Europe

C’est en 2006 que la JEF Europe a lancé sa campagne “Free Belarus” en vue de dénoncer les oppressions commises par le gouvernement bélarusse à l’encontre de sa population : peines de mort, entraves à la liberté de réunion, d’association, et d’expression… Malheureusement, force est de constater que ces restrictions à l’état de droit et aux libertés fondamentales ne sont plus seulement circonscrites au Bélarus….

L’Etat de droit et la démocratie menacés

Macédoine, Hongrie, Pologne, Turquie… Les exemples de pays où la démocratie est mise à mal se multiplient de plus en plus en Europe, restreignant de manière notable certains droits fondamentaux des citoyens européens.

En Pologne, le gouvernement ultraconservateur soutient une réforme du système juridique national qui octroie un pouvoir beaucoup plus important au Parlement sur le pouvoir judiciaire. C’est la séparation même des pouvoirs et donc l’indépendance de la justice, principe à la base de tout Etat de droit et d’une démocratie, qui sont ainsi menacées. L’Union européenne tente depuis plusieurs années de faire pression sur le gouvernement polonais, dernièrement en annonçant le déclenchement du mécanisme de prévention de l’article 7 du Traité sur l’Union européenne par lequel elle identifie ainsi un “risque de violation grave” des valeurs de l’Union. Le gouvernement polonais, du parti nationaliste et ultraconservateur PiS (Droit et Justice) s’est également employé à remplacer tous les directeurs des télévisions et radios publiques et de nombreux journalistes, par des pro-Pis, grave entrave à la liberté de la presse. Et ce n’est pas un cas isolé.

Si Jean-Claude Juncker accueillait Viktor Orban, premier ministre hongrois, avec un subtile mais révélateur “Le dictateur arrive” (avec le sourire malgré tout car diplomatie oblige), il n’y a pas de quoi sourire face au nouveau projet de loi du gouvernement hongrois. Celui-ci vise à pénaliser les ONG qui “soutiennent l’immigration”, une attaque directe envers la société civile. Concrètement, cette loi obligerait les ONG à être autorisée par le gouvernement lui même pour mener leur action de soutien à l’immigration, et c’est bien connu, le gouvernement Orban est très hostile à l’immigration. Pour Amnesty International, une telle loi n’a qu’un seul but : “museler celles et ceux qui aident les personnes dans le besoin et qui osent faire entendre leur voix.” Et c’est quand notre voix est interrompue, ignorée, interdite, que la démocratie est en danger. Ce projet de loi n’est qu’une atteinte de plus à la démocratie et à l’Etat de droit en Hongrie. En mai 2017, la JEF Europe dénonçait les attaques du gouvernement hongrois envers la Central European University (CEU) dont la liberté académique et l’autonomie étaient directement menacées.

Malheureusement, la Pologne et la Hongrie ne sont pas des “exceptions”, la Roumanie inquiète également de plus en plus, entre corruption et menace envers l’indépendance de la justice.

Le Conseil de l’Europe s’inquiète également de l’état de la démocratie dans la République turque. Dans un Mémorandum sur la liberté d’expression en Turquie, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, dénonçait : “l’espace du débat démocratique en Turquie s’est cruellement réduit à la suite du harcèlement judiciaire accru dirigé contre des catégories entières de la société, dont des journalistes, des députés et des universitaires, et de simples citoyens, et sous l’effet de mesures gouvernementales ayant restreint le pluralisme et conduit à l’autocensure.” Il rappelle que de telles atteintes à la démocratie, à l’Etat de droit, à la liberté d’expression, ne sauraient être justifiées par un contexte difficile tel que la tentative de coup d’état de 2016 ou les menaces terroristes qui pèsent sur la Turquie.

Une campagne historique et paneuropéenne

La JEF Europe étant une organisation paneuropéenne, sa campagne #DemocracyUnderPressure concerne tous les pays du Conseil de l’Europe.Et l’état de la démocratie, notamment dans les Balkans et les pays de l’est de l’Europe, n’est pas non plus au beau fixe. Au Bélarus, le régime répressif de Loukachenko est considéré comme la dernière dictature d’Europe. Parmi les exemples d’atteinte aux libertés fondamentales des citoyens Bélarus, on peut citer l’autorisation d’action de seulement quelques ONG, et l’interdiction de regroupement de plus de trois personnes sur un lieu public. En février 2017, on note la prononciation de peines de morts, suite à un mouvement de protestation par une partie de la population d’une loi répressive instaurant une taxe à l’encontre des demandeurs d’emploi. Les citoyens sont opprimés, au point de subir une interdiction de dénonciation publique des actes du gouvernement bélarus. Ils ont ainsi trouvé des moyens alternatifs de dénoncer cette politique répressive : “le clapping”, les citoyens tapant dans leurs mains, au même moment sur un lieu public ou encore en déclenchant leurs alarmes de téléphone au même moment.

“Exprimez vous pour ceux qui ne le peuvent pas”

C’est ainsi que la JEF Europe en 2006 a lancé la campagne “Free Belarus”. Au début, le but était alors de lutter contre cette dernière dictature d’Europe. Et puis, les atteintes aux droits et libertés fondamentale, condition de tout Etat démocratique, ont dépassé le seul cadre du Bélarus. C’est dans cette perspective que la JEF Europe a élargi la campagne “Free Belarus” en 2014, pour se transformer en “#DemocracyUnderPressure”, dont le message principal est “Speak up for those who are silenced”, autrement dit, “Exprimez vous pour ceux qui ne le peuvent pas”. Il est réellement temps d’agir pour dénoncer ces atteintes aux libertés d’expression, de réunion, d’association qui gangrènent notre société européenne. Le combat pour la démocratie et le respect des Droits de l’Homme est loin d’être terminé en Europe.

C’est pourquoi Les Jeunes européens France, en collaboration avec la JEF Europe, Le Mouvement européen - France, l’Union des fédéralistes européen - France, les Jeunes européens - Paris, appellent à manifester le 18 mars à 15h, Place de la République à Paris.

Cet article est publié à l’occasion du lancement de la campagne #DemocracyUnderPressure ce 12 mars par les JE France et la JEF Europe.

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