Des milliers de Catalans manifestent à l’occasion de la session inaugurale du nouveau Parlement européen

, par Louise Guillot

Des milliers de Catalans manifestent à l'occasion de la session inaugurale du nouveau Parlement européen
Crédits photo : Louise Guillot Manifestants catalans devant le Parlement européen à Strasbourg le 2 juillet 2019.

Les parlementaires européens nouvellement élus avaient de la compagnie ce matin à leur arrivée devant l’hémicycle de Strasbourg. Des milliers de Catalans s’étaient réunis devant le Parlement européen pour protester contre le fait que trois de leurs eurodéputés s’étaient vus refusés le droit de siéger.

Des milliers de Catalans se sont déplacés

D’après la police et les organisateurs, ce sont environ 10 000 Catalans qui ont fait le déplacement jusqu’à Strasbourg pour manifester leur mécontentement concernant l’impossibilité pour trois députés européens espagnols d’accéder à l’hémicycle aujourd’hui. En effet, pour l’indépendantiste catalan Oriol Junqueras s’est vu refusé le droit d’aller au Parlement à Madrid pour prêter serment sur la constitution espagnole comme cela est la règle pour devenir député européen. En ce qui concerne Carles Puigdemont et Toni Comin qui ont également été élu en mai dernier et qui sont toujours en exil, ils ont refusé de faire le voyage jusqu’à Madrid pour réaliser la prestation de serment et ne peuvent donc être considérés comme des députés européens selon la loi espagnole.

Mais les manifestants ce matin n’étaient pas de cet avis et demandaient à ce que ces trois hommes puissent exercer leur mandat. Sur beaucoup de pancartes était inscrit le slogan “2,3 millions de voix ne peuvent être ignorées”. 2,3 millions c’est effectivement le nombre de citoyens espagnols qui ont glissé un bulletin dans l’urne pour que Oriol Junqueras, Carles Puigdemont et Toni Comin puissent les représenter au Parlement européen. Ces électeurs ont aujourd’hui le sentiment que leur voix et leur vote n’ont pas été pris en compte ni respecté. “Nous sommes ici pour défendre nos députés catalans, ceux que le gouvernement espagnol interdit de devenir député du Parlement européen. Mais nous sommes aussi là pour demander la libération des Catalans emprisonnés” déclare un manifestant au Taurillon.

Une manifestation pacifiste

L’ambiance de la manifestation était joyeuse et bonne enfant. Tout s’est déroulé dans le calme. Des jeunes et des moins jeunes, mais aussi des familles avec leurs enfants avaient fait le chemin jusqu’à Strasbourg. Une scène était installée devant le Parlement, sur laquelle se sont succédées plusieurs prises de parole exprimant leur soutien aux députés catalans. “Nous voulons simplement que notre voix soit entendue en Europe” confiait une manifestante interrogée par le Taurillon.

De l’autre côté du pont où étaient stationnés les manifestants catalans, un autre rassemblement avait lieu, celui des fédéralistes européens. Interrogé par le Taurillon, Rémi Lauwerier, membre du comité directeur de l’Union des Fédéralistes Européens - France, déclarait : "ce que je retiens de cette manifestation des catalans c’est que c’est une manifestation pour la démocratie parce que leurs députés ont été empêchés de rentrer dans le bâtiment du Parlement européen alors qu’ils ont été démocratiquement élus". Selon lui, "peu importe s’ils défendent l’indépendance ou la vision centralisatrice de Madrid, il faut qu’il y ait un débat où tout le monde puisse apporter ses opinions et c’est comme ça qu’on va construire l’Europe de demain".

Une revendication portée à l’intérieur du Parlement européen

Les revendications des manifestants trouvaient leur écho au sein du Parlement européen puisque lors de la session inaugurale un député européen a tenu à prendre la parole pour rappeler que l’hémicycle ne comptait aujourd’hui que 748 députés sur les 751 qui auraient dû être présents.

Interrogée sur ce sujet par les journalistes, Ska Keller, candidate du groupe des Verts / ALE pour la présidence du Parlement européen, a déclaré que ce sujet a été mis sur la table lors de la Conférence des présidents de groupe politique et que le groupe continuerait de rappeler et de défendre le cas des trois députés manquant à l’appel.

José Bové, un eurodéputé vert français qui terminait son mandat aujourd’hui, a aussi insisté sur le fait que le Parlement européen ne devait pas se coucher et céder devant le gouvernement espagnol, mais plutôt réagir fermement puisque trois élus se voyaient interdit de siéger et donc d’exercer leur mandat et leurs droits individuels. Selon lui, les députés européens devront faire pression sur le nouveau président du Parlement européen une fois que celui-ci sera élu pour que le cas des députés catalans ne soit pas oublié.

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