A l’occasion des 10 ans des votes français et néerlandais en défaveur du traité constitutionnel européen, les Jeunes Européens Fédéralistes de France et des Pays-Bas publient un communiqué pour appeler à une Europe plus démocratique pour dépasser les visions simplificatrices et populistes.

Le 29 mai et le 1er juin, les Jeunes Européens - France et les Jonge Europese Federalisten Nederland (JEF Pays-Bas) se rappellent les référendums qui ont eu lieu dans leurs pays il y a dix ans. Parallèlement à la campagne engagée sur les réseaux sociaux avec la JEF Pays-Bas, intitulée “#10yearslater”, les JE - France ont mené un débat lors de tables rondes avec les jeunes issus des divers partis politiques. Le but pour les jeunes présents était de s’emparer du débat et de partager leur vision de l’Europe pour le futur. Le 29 mai, plusieurs actions de rue seront organisées à travers toute la France pour donner la parole aux citoyens et leur permettre de poser des questions à leurs eurodéputés via twitter.

“La dernière décennie nous a démontré le besoin d’une unité plus forte et d’une Europe fédérale”, déclare Leonie Martin, vice-présidente de la JEF Pays-Bas. “C’est pourquoi nos deux organisations ont mis en place ces actions pour permettre aux jeunes de reprendre le débat sur le futur de l’Europe. En 2005, beaucoup de nos membres étaient encore au lycée voire même plus jeunes ; nous n’avons donc pas pu voter et exprimer notre choix. C’est pourquoi il est maintenant important de remettre la jeunesse au coeur de la discussion afin qu’elle puisse donner son avis”, ajoute-t-elle.

Il y a dix ans, contrairement à l’Espagne et au Luxembourg, qui s’étaient prononcé en faveur du traité constitutionnel européen, la France et les Pays-Bas ont tous les deux voté “non” lors du référendum, mettant ainsi fin au processus d’adoption du traité. A la suite de cela, sept autres pays n’ont même pas eu la possibilité de voter sur la question. Dans les deux cas, les études montrent que les résultats ont été davantage liés à des considérations de politique nationale qu’à la véritable question posée aux citoyens concernant le traité constitutionnel. Les discussions publiques n’ont pas réellement eu pour objet le contenu du traité, ce qui fait du manque d’information la première raison pour laquelle les gens ont voté “non”, selon le sondage Eurobaromètre. “Pour nous, cela signifie que nous avons besoin d’un débat public mieux informé sur les sujets relatifs à l’Union européenne, et de médias qui expliquent ce qui se passe au niveau européen. Nous voulons sensibiliser et informer les gens pour rendre les politiques européennes plus compréhensibles”, explique Chloé Fabre, présidente des JE - France. “Nous avons besoin d’hommes et de femmes politiques qui acceptent l’Europe comme un autre niveau de gouvernance : les référendums sont un bon exemple du fait que les politiciens renversent souvent la faute sur l’Union européenne quand il y a des problèmes, mais s’attribuent les succès au niveau national quand il y en a, nourrissant ainsi des positions mal informées, populistes et extrémistes”.

Aux Pays-Bas, plus de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans n’ont pas voté, et de ceux qui se sont effectivement rendus aux urnes, 74% ont voté contre le traité constitutionnel. Pour une association de jeunes dont le but est de promouvoir et d’expliquer le projet européen aux citoyens, une génération qui ne voit pas son futur dans l’intégration européenne est un signal d’alarme.

De plus, les deux associations estiment qu’une Europe démocratique doit être construite avec l’assentiment de ses peuples. Elles sont convaincues que seule une Europe fédérale permettra d’aboutir à une structure démocratique, proche des citoyens, qui servira leurs intérêts au niveau le plus pertinent. De ce fait, elles appellent les hommes et femmes politiques, au niveau national et européen, à améliorer les outils démocratiques pour connaître l’avis des citoyens sur les sujets européens. Les contributions à l’action seront partagées sur les réseaux sociaux grâce au hastag #10yearslater.