En route vers Strasbourg (Partie 1)

, par Alistair Spearing, traduit par Jean-Mathieu Duchêne

En route vers Strasbourg (Partie 1)

Quel parti obtiendra le meilleur score ? Qui deviendra le prochain Président de la Commission européenne ? Les eurosceptiques envahiront-ils le Parlement européen ? Dans cet article en deux parties, nous ferons l’état des lieux dans les différents États membres de l’Union, à quelques mois des élections européennes.

Autriche (18 sièges)

Le parti qui domine tous les sondages est le Parti populaire autrichien. Après avoir terminé deuxième lors des élections législatives de l’an dernier, derrière le Parti social-démocrate d’Autriche, le Parti populaire, mené par Michael Spindelegger, semble prêt à obtenir de meilleurs résultats et atteindre 25 % des voix. Les sociaux-démocrates et le Parti autrichien de la liberté sont à égalité, avec 21,5 %, tandis que les Verts obtiendraient 12,5 %.

Belgique (21 sièges)

Les comportements électoraux pourraient être influencés par le fait que les élections européennes auront lieu le même jour que les élections fédérales et régionales (un facteur qui, en général, réduit les votes de protestation). Ajustée selon la séparation entre partis wallons et flamands, la Nouvelle alliance flamande devrait arracher 20 % des voix, suivie par les Socialistes, avec 18 %, les Libéraux, avec 17 % et finalement les Centristes, avec 14 %.

Bulgarie (11 sièges)

Les souvenirs de l’année 2013, assez mouvementée en politique bulgare, seront encore frais dans l’esprit des électeurs. Cela nuira aux deux principaux partis. Les sondages révèlent un taux important d’électeurs indécis, parfois jusqu’à 50 %, donc il s’agit d’être prudent. Ceci dit, les sondages placent le parti de centre-droit GERB et le Parti socialiste bulgare au coude-à-coude. L’écart est trop faible pour pouvoir se prononcer.

Croatie (11 sièges)

Après le faible taux de participation de 20,8 % aux dernières élections en 2013, juste après l’adhésion de la Croatie, encourager la participation devrait être la priorité. Aucun sondage européen n’a été publié récemment, mais les sondages nationaux placent les Socio-démocrates en tête. Souvenez-vous cependant que c’est exactement ce qu’avaient prédit les sondages en 2013, mais que l’Union démocratique croate a finalement rebondi et gagné de justesse.

Chypre (6 sièges)

Ces élections européennes seront les premières organisées depuis le programme de sauvetage maladroit qui avait déclenché une éruption de sentiments anti-troïka sur l’île d’Aphrodite. Les Chypriotes ne semblent pas en vouloir au président Anastasiades, vu que les sondages attribuent la première place à son Rassemblement démocratique, suivi par les Communistes, avec 15 %, le Parti démocratique, avec 8,2 % et les Socio-démocrates avec 4,5 %.

République tchèque (21 sièges)

Le nouveau gouvernement tchèque, une coalition de trois partis regroupant les Socio-démocrates, ANO 2011 et les Chrétiens démocrates, en est toujours à sa lune de miel. Aucun sondage européen n’a été publié récemment, mais les sondages réalisés en vue des élections législatives suggèrent que la coalition tient toujours la route, même si le populiste ANO 2011 pourrait bien supplanter les Socio-démocrates en tant que principal parti.

Danemark (13 sièges)

Les Socio-démocrates au pouvoir ont souffert dans l’opinion publique en raison des mesures d’austérité qu’ils ont prises, mais le parti de centre-droit Venstre (dont le nom signifie étrangement « Gauche ») n’a pas été capable d’exploiter cette faille et reste toujours un peu à la traîne. Avec des résultats un peu plus faibles, le Mouvement populaire contre l’Union européenne (tout est dans le nom) va essayer de bâtir sur son succès de 2009.

Estonie (6 sièges)

L’utilisation pionnière du vote électronique lors des dernières élections européennes a fait passer le taux de participation de 27 % en 2005 à 44 % en 2009. Le pays réitèrera l’expérience cette année, et si tout continue à bien se passer, d’autres pays devraient suivre l’exemple. Aucun sondage n’a été publié récemment, mais le Parti du Centre devrait réussir à étendre son hégémonie interne à l’échelle européenne.

Finlande (13 sièges)

Le Parti de la Coalition nationale fait face à son premier test européen depuis qu’il est devenu le plus grand parti du pays en 2011. Les sondages suggèrent qu’il remportera avec les élections avec 22,7 %, devant le Parti du Centre, d’Olli Rehn, avec 21,7 %. D’autres partis qui devraient obtenir des sièges sont le parti eurosceptique des Vrais Finlandais (17 %), les Socio-démocrates (15,5 %), les Verts (8,1 %) et l’Alliance de Gauche (7,1 %).

France (74 sièges)

La France est en train de devenir le principal champ de bataille contre le populisme vu que la coqueluche des nationalistes français, Marine Le Pen, tente de frapper un grand coup en appelant au vote de protestation. La décision des principaux partis de placer certains « politiciens professionnels » en tête de liste a déclenché la colère et apporté de l’eau au moulin de Madame Le Pen. Les récents sondages placent son Front national en pole position, avec 24 % des voix, juste devant l’Union pour un Mouvement Populaire, de droite. Le Parti Socialiste du Président Hollande, est toujours bloqué à la troisième place (19 %).

Allemagne (96 sièges)

Après avoir frôlé les 5 % qui auraient permis son entrée au Parlement allemand, le Bundestag, Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti eurosceptique, essaiera de se faire une place dans ces élections qui sont, peut-être, plus adaptées à sa plate-forme politique. Les bizarreries du système allemand font que les partenaires de coalition bavarois d’Angela Merkel, la CSU, devront obtenir au moins 35 % des voix en Bavière pour dépasser le seuil national. Martin Schulz et ses Socio-démocrates essaieront également d’obtenir de bons résultats pour renforcer les prétentions de celui-ci au poste de Président de la Commission. Les sondages donnent 42 sièges à la CDU/CSU et 26 aux Socio-démocrates. Les Verts et la Gauche obtiendraient chacun 10 sièges, et les libéraux du FDP ainsi que l’AfD devraient obtenir chacun 4 sièges.

Grèce (21 sièges)

La Grèce, qui vient de prendre la tête de la Présidence de l’Union européenne navigue toujours en eaux troubles. Alexis Tsipras a travaillé dur pour mettre en évidence ce qui sépare son parti de la coalition au pouvoir. Et, à en juger par les sondages, la technique fonctionne : SYRIZA est en tête, avec 22 % des votes, devant Nouvelle démocratie, avec 20,8 %. La troisième place d’Aube dorée, avec 9,1 %, est plus inquiétante. Entre-temps, le PASOK lutte pour sa propre survie (4,9 %).

Hongrie (21 sièges)

Si Victor Orban a été ébranlé par les menaces européennes de sanctions pour ses réformes constitutionnelles controversées, il ne le montre certainement pas. Le Fidesz est, selon les estimations, proche de rafler 60 % des voix. Le Parti socialiste est loin derrière, en deuxième position, avec 24 %. Le Jobbik, d’extrême-droite, est troisième avec 14 %. Ensemble 2014, une large coalition fondée contre le Fidesz, obtiendra au mieux un siège, illustration supplémentaire, si elle était nécessaire, de l’évolution asymétrique de la politique hongroise.

Irlande (11 sièges)

La République a réformé ses circonscriptions électorales, avec l’abolition des zones Nord-Ouest et de la zone Est et la création d’une zone Midlands-Nord-Ouest. Aucun sondage européen récent n’a été publié, mais les sondages nationaux plaçant le parti de centre-droit Fine Gael fortement en tête se refléteront probablement dans les élections européennes. Fine Gael devrait obtenir 30 %, Fianna Fail 21 % et le Sinn Féin 15 %.

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