Depuis le début de la semaine, les négociations se sont tendues entre Athènes et les différentes parties prenantes de l’Eurogroupe et de la Troïka. Alors que les créanciers refusent d’accorder à la Grèce un nouveau plan d’aides tant que le gouvernement d’Alexis Tsipras ne se sera pas engagé sur des réformes plus radicales, la banqueroute menace le pays, les banques frémissent et les épargnants grecs craignent pour leurs économies. Nous assistons à un mauvais film à suspens, où les rebondissements s’enchainent et peuvent mener au pire, à une gestion de crise irresponsable qui appelle une réorganisation des institutions dirigeant la zone euro.

L’absence de vision de long-terme dans ces négociations

Ces négociations, qui portent sur l’équilibre du budget, les réformes à mettre en place et la mise en place de nouveaux prêts [1] pour renflouer les caisses vides de l’Etat grec et honorer à temps les remboursements de sa dette, sont sous haute tension. Pour l’heure, la rupture semble consommée : à l’annonce par Tsipras d’un référendum le 5 juillet en Grèce sur le plan de réformes et d’aides proposé par les créanciers, et à son appel à voter « non », l’Eurogroupe a choisi d’envisager un « plan B », autrement dit, une sortie de la Grèce de la zone euro. Au vue de la situation, de la chevauchée solitaire de Tsipras et de la volte-face de l’Eurogroupe, les négociateurs semblent avoir perdu de vue le sens même de la monnaie unique et des mesures qui ont été prises depuis 2010.

Si nous, Européens, avons décidé de mettre en place des plans d’aides, d’injecter des liquidités dans l’économie, c’était d’ores et déjà parce que la participation de la Grèce à la zone euro nous paraissait essentielle et non négociable. En 2011, quand les premiers plans d’aides ont été mis en place, une sortie de la Grèce de la zone euro nous semblait inenvisageable au regard du projet et de l’idéal européens. Aujourd’hui, certains chantres politiques clament, inconscients, que la sortie de la Grèce n’aura pas de conséquences sur l’économie européenne. La chute libre des bourses européennes dans la matinée et l’envolé des taux d’emprunt pour les Etats viennent démentir ces propos inexacts et menacent d’un nouveau krach boursier.

Quatre ans après, tous les six mois environ, c’est toujours la même histoire, des négociations, des tensions, parce qu’un plan d’aides global n’a pas été mis en place. Et tous les six mois, les mêmes appréhensions pour les Européens, et en particulier pour les Grecs. Un film à suspens qui n’en finit pas de rebondir et en devient lassant, répétant sans cesse les combats stériles entre nations créancières et nations débiteuses, jeux politiques irresponsables au vue des conséquences pour les citoyens de l’Union.

Un gouvernement de la zone euro selon le principe de solidarité

Cet épisode montre l’échec des décisions prises entre les Etats, où chacun défend son intérêt propre au détriment d’une vision commune du projet européen. C’est la raison pour laquelle, les Jeunes Européens appellent à la mise en place d’un gouvernement de la zone euro avec une formation Euro du Parlement européen devant qui seront responsables les membres de l’exécutif [2], mettant fin à l’incontrôlable et coupable gestion de la crise par les gouvernements nationaux et les membres de la Troïka.

La vision de long-terme et l’intérêt des citoyens européens ne peuvent être portés, dans un contexte de crise, que par des députés élus et responsables devant les citoyens européens. Grâce à un gouvernement économique européen, nous devons parvenir à une vision commune d’un projet politique pour une zone euro intégrée, reposant sur une monnaie unique stable et pouvant faciliter la résolution de la crise actuelle.

Nous, Jeunes Européens, affirmons notre solidarité avec l’ensemble des 500 millions de citoyens de l’Union et notre volonté que la zone euro demeure entière et unie. Nous voulons mettre fin à ces rebondissements sans fin et qu’enfin, un accord acceptable pour chaque partie soit conclu dans l’immédiat. Nous appelons également à ce qu’une solution durable soit trouvée à la gouvernance de la zone euro pour ne plus connaître les tensions et les angoisses que les Européens partagent à chaque sommet « de la dernière chance ». Nous avons besoin d’une structure fédérale de la zone euro pour garantir la vision de long-terme, la représentation légitime et démocratique des Européens et l’intérêt de l’ensemble des citoyens.