Jean Bizet « L’Europe attend l’Allemagne et la France »

, par Jean Bizet

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Jean Bizet « L'Europe attend l'Allemagne et la France »
Treffpunkt, version linguistique en allemand du Taurillon, interroge des personnalités sur leur vision des élections législatives allemandes. Crédit :ActuaLitté / Wiki/CC BY-SA 2.0

Pour Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes du Sénat, il faut une impulsion commune du couple franco-allemand pour faire avancer l’Europe.

Les élections du 24 septembre en Allemagne seront regardées avec beaucoup d’intérêt en France. Cette élection, si elle permet, comme il est fort prévisible, à la Chancelière de décrocher ensuite son quatrième mandat ouvrira une période de 4 années de travail entre la France et l’Allemagne. Une période de travail pour repenser L’Europe, une Europe qui assume sa puissance, une Europe qui reconstruise sa légitimité et rappelle ses valeurs dans un Monde qui n’a jamais été aussi incertain voire dangereux.

Pour cela le vrai moteur de cette Europe ne peut qu’être d’essence Franco-Allemande ! Les vraies réponses face à une Amérique soudain protectionniste, imprévisible et incohérente sont celles d’une Europe qui refuse toute extra-territorialité des lois américaines, qui refuse toute ingérence dans sa politique énergétique, qui rappelle au monde entier l’ardente obligation de respecter l’accord de Paris sur le climat, qui souligne que les GAFA ne peuvent durablement s’affranchir de toute règle fiscale élémentaire...

C’est d’abord à l’Allemagne et la France de repenser cette Europe. Cette Europe correspond au désirs profonds des Europeens qui dans ce « nouveau monde » ont besoin de protection. Mais une Europe qui protège, ce n’est pas une Europe protectionniste ... c’est même tout le contraire ! C’est une Europe ouverte , conquérante et compétitive. Au préalable, il nous faut assumer plus d’intégration fiscale, une plus grande harmonisation de la zone euro, la création des champions économiques mondiaux en modifiant notre politique de l’Autorite Europeenne de la concurrence, compétence exclusive de l’Union écrite il y a cinquante ans et jamais réellement repensée...

Ce moteur Franco-allemand ne peut fonctionner sans confiance ... et l’épisode du récent dossier Fincantieri - STX entre la France et l’Italie a démontré combien la France avait tort de ne pas faire confiance à l’Italie.

On ne peut « rêver » d’Europe à Bruxelles et avoir des « réponses nationales » de retour à Paris, Berlin ou Rome. La France et l’Allemagne sont attendues par les autres États membres à l’heure du Brexit, de l’islamisme radical, des mouvements migratoires et de l’impérieuse nécessité de construire enfin L’Europe de la défense. Pour cela la France et l’Allemagne doivent être exemplaires et susciter la confiance. Si les élections allemandes du 24 septembre doivent y contribuer, celles ci n’exonèrent en aucune manière la France de conduire enfin les réformes structurelles et sans cesse repoussées dont notre pays a tant besoin ! C’est cela aussi la confiance ! Une confiance partagée et attendue.

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