Au mois de mai, les Jeunes Européens - France ont lancé un Appel des Jeunes pour l’Europe. Aujourd’hui, Karima Delli apporte son soutien à l’une des propositions de ce texte : « Rendre obligatoire une expérience de mobilité dans le cadre scolaire ou extrascolaire pour les jeunes de moins de 25 ans. »

« Face au retour des nationalismes, Erasmus est devenu pour le projet européen un précieux talisman. C’est ce programme de mobilité qui permet, à celles et ceux qui en ont la chance, de rencontrer et connaître leurs voisins tout en accédant à l’autonomie. Et en attendant un cadre unique de l’apprentissage européen afin de favoriser la mobilité de tous les apprentis, l’élargissement d’Erasmus + à des formations et apprentissages non-universitaires, est d’ores et déjà une avancée majeure pour laquelle les Verts se sont constamment battus.

C’est pourquoi je soutiens évidemment la proposition des Jeunes Européens d’aller plus loin encore, en rendant obligatoire la mobilité des jeunes en Europe. Ce ne peut être qu’une garantie supplémentaire pour l’avenir du projet européen, et une chance immense pour les futurs citoyens qui la vivront au quotidien dans les années à venir.

Vivre à l’étranger, c’est une occasion unique de se découvrir des compétences jusque-là inconnues, qui sont autant de richesses à exploiter ensuite pour soi et pour son entourage. C’est apprendre à être autonome, tout simplement. Mais aussi à mieux connaître ses voisins : faire culture commune, parvenir à ce que le vivre ensemble ne soit pas qu’un slogan mais bien une réalité, elle est là, la question fondamentale pour l’Europe après les attentats de Bruxelles, de Paris et de Copenhague.

Pour autant, est-ce que la mobilité des jeunes permettra d’éradiquer le chômage pour les moins de 25 ans ? Non, hélas. C’est le drame de l’Europe. On fait rêver des milliers de jeunes en leur offrant la mobilité pendant quelques mois, puis au retour, ils doivent affronter le mur du chômage, de l’exclusion et de la dépendance. La mobilité européenne des jeunes est hélas aujourd’hui plus subie que choisie. Celles et ceux qui quittent l’Irlande et les pays du Sud tels que le Portugal et l’Espagne ne le font pas de gaité de cœur. Il s’agit de trouver un travail avant tout !

Si la mobilité obligatoire des jeunes est une idée essentielle pour la perpétuation du projet européen, elle ne pourra véritablement porter ses fruits que si l’on redonne sens à ce dernier. Ce sens, c’est la transition écologique. Notre modèle de société ne peut plus être aussi dépendant des énergies fossiles. Il faut changer, vivre et travailler dans une société et une économie moins énergivores, et c’est en nous préparant à cela que nous créerons les emplois et formations de demain, pour les jeunes et moins jeunes, partout en Europe ! »